Il faut exclure les femmes du lavement des pieds le jeudi saint

On nous demande des idées sur la question du rite du lavement des pieds, le jeudi saint. Oui, il faut exclure les femmes de ce rite liturgique, c’est très clair.

Lotio pedum

10. Completa homilia proceditur, ubi ratio pastoralis id suadeat, ad lotionem pedum. 11. Viri selecti deducuntur a ministris ad sedilia loco apto parata. Tunc sacerdos (deposita, si necesse sit, casula) accedit ad singulos, eisque fundit aquam super pedes et abstergit, adiuvantibus ministris.

Il n’y a absolument aucun doute qu’il s’agit de personne de sexe masculin uniquement. Le problème qu’on a avec ce point particulier, c’est que c’est beaucoup trop axé sur une approche valorisant  uniquement la question du geste de chartié du Christ. C’en est un à ne pas douter, mais c’est aussi  un geste qui est surtout rituel. On  du mal à imaginer historiquement que les apôtres arrivent sales au banquet pascal, qui est une occasion unique dans l’année juive où l’on fait le mémorial du passage de la mer rouge. Et ce d’autant qu’on sait par l’Evangile que ce repas rituel a été soigneusement préparé.

Cf. Mt 26,17-19 :  17 Prima autem Azymórum accessérunt discípuli ad Iésum dicéntes: “Ubi vis parémus tibi comédere Pascha?” 18 Ille autem dixit: “Ite in civitátem ad quendam et dícite ei: ‘Magíster dicit: Tempus meum prope est; apud te fácio Pascha cum discípulis meis.’” 19 Et fecérunt discípuli, sicut constítuit illis Iésus, et paravérunt Pascha.
Mc 14,12-16 : 12 Et primo die Azymórum, quando Pascha immolábant, dicunt ei discípuli eíus: “Quo vis eámus et parémus, ut mandúces Pascha?” 13 Et mittit duos ex discípulis suis et dicit eis: “Ite in civitátem, et occúrret vobis homo lagóenam aquae baíulans; sequímini eum 14 et, quocúmque introíerit, dícite dómino domus: ‘Magíster dicit: Ubi est reféctio mea, ubi Pascha cum discípulis meis mandúcem?’ 15 Et ipse vobis demonstrábit cenáculum grande stratum parátum; et illic paráte nobis.” 16 Et abiérunt discípuli et venérunt in civitátem et invenérunt, sicut díxerat illis, et paravérunt Pascha.
Lc 22,8-13 : 8 Et misit Petrum et Ioánnem dicens: “Eúntes paráte nobis Pascha, ut manducémus.” 9 At illi dixérunt ei: “Ubi vis parémus?” 10 Et dixit ad eos: “Ecce, introeúntibus vobis in civitátem, occúrret vobis homo amphóram aquae portans; sequímini eum in domum, in quam intrat. 11 Et dicétis patri famílias domus: ‘Dicit tibi Magíster: Ubi est deversórium, ubi Pascha cum discípulis meis mandúcem?’ 12 Ipse vobis osténdet cenáculum magnum stratum; ibi paráte.” 13 Eúntes autem invenérunt, sicut dixit illis, et paravérunt Pascha.

Les apôtres ne peuvent donc pas être arrivés « crasseux » au banquet, il ne faut pas faire l’interprétation littérale du rite que célèbre le Christ par le lavement des pieds.

Il faut tout de même rappeler la signification du rite du lavement des pieds : le geste que fait le Christ le jeudi saint n’est pas seulement le signe d’un service ordinaire rendu à chacun, mais signifie un service sacerdotal fait in persona Christi. Les apôtres ne comprennent pas et Pierre le premier ; et c’est ce que dit le Christ à Pierre :

« Quod ego fácio, tu nescis modo, scies autem póstea ».

C’est ainsi dans tout rituel signifiant : il n’est pas à expliquer avant de le célébrer, mais compréhensible après qu’il l’ait été. Ce geste rituel est un geste qui participe à l’institution du sacerdoce ministériel. Le caractère « sacerdotal » du geste du lavement des pieds est bien souligné par la parole du Christ à Pierre :

«Si non lávero te, non habes partem mecum » (Jn 13,8  )

a une signification tirée directement de la tradition juive. L’acte du lavement des pieds est un rituel de préconsécration pour l’ordination des Lévites (Cf. Exode 29,4 : « Tu feras avancer Aaron et ses fils à l’entrée de la tente de réunion, et tu les laveras avec de l’eau. »). Mais de quelle « part » parle donc Jésus ? C’est une « part », qui renvoie  directement et exclusivement aux Lévites : le mot est employé uniquement

dans Dt 10:9 « C’est pourquoi Lévi n’a ni part ni héritage avec ses frères: C’est Yahweh qui est son héritage, comme Yahweh, ton Dieu, le lui a dit ».,

12:12, « Et vous vous réjouirez en présence de Yahweh, votre Dieu, vous, vos fils et vos filles, vos serviteurs et vos servantes, et le Lévite qui sera dans vos portes, car il n’a reçu ni part ni héritage avec vous. » 14:27-29 « Tu ne délaisseras pas le Lévite qui sera dans tes portes, car il n’a ni part ni héritage avec toi. »,

et 18:1-2. « Les prêtres lévitiques, la tribu entière de Lévi, n’auront ni part ni héritage avec Israël; ils se nourriront des sacrifices de Yahweh faits par le feu et de son héritage. Ils n’auront point d’héritage au milieu de leurs frères; Yahweh est leur héritage, comme il leur a dit. ».

En parlant de cette « part avec lui », le Christ a un langage explicitement lévitique, sacerdotal. Il préconsacre les apôtres, qui reçoivent lors de la même soirée, la plénitude du sacrement de l’ordre (c’est à dire l’épiscopat). Cela est tout à fait conforme à l’idée relevée dans le Psaume 15 chanté le jeudi aux complies dans le rite romain : Dominus pars hereditatis meae et calicis mei: tu es qui detines sortem meam. Le Seigneur est la part de mon héritage et de ma coupe, c’est Toi qui m’assures mon lot.

De sorte que le Christ, lorsqu’il dit à Pierre, Si non lavero te, non habes partem mecum, il lui dit surtout : si Je ne te lave pas, tu ne deviendras jamais un de Mes prêtres.
Donc de la même façon qu’il n’y a pas de femmes diacres, prêtres, ou évêques, il ne peut pas y avoir de femmes au lavement des pieds, et ce au delà même de la question de la faute de goût que cela représenterait ou de la gêne toute légitime pour un prêtre de faire ce genre de geste sur des femmes. En tant qu’homme marié, je crois que je verrai d’un mauvais œil un autre homme laver les pieds de ma femme et ma femme verrait d’un mauvais oeil le fait que je lave les pieds d’une autre….

Evidemment tout ce genre de réflexion commence à disparaître lorsqu’on a des femmes qui accomplissent des ministères liturgiques, (acolytat ou lectorat), les gens ne comprennent plus et perdent la sève de l’Évangile, en plus qu’un minimum de retenue et de bon goût afférent à leur statut de curé. Et il y a aussi derrière cela le militantisme pour le lavement des pieds des femmes une pression sous entendue, consciente ou inconsciente, pour l’ordination des femmes.

Évidemment, il est tout à fait préférable que l’idée du lavement des pieds se fasse dans une optique pour le curé liée au fait qu’il choisit (viri selecti) des hommes pour donner cette signification. Il est préférable que ce soit des homes mûrs (viri probati) et non pas des enfants :

Cf Jn 15,16 « Non vos me elegístis, sed ego elégi vos et pósui vos, ut vos eátis et fructum afferátis, et fructus vester máneat, ut quodcúmque petiéritis Patrem in nómine meo, det vobis. »

Par exemple ceux des hommes qui auront une charge en lien avec le ministère du curé, dans le cadre liturgique ou non.

Cependant, si ce n’est pas faisable, de l’usage de confier le ministère d’acolyte aux jeunes garçons, on peut inférer l’idée que c’est justement eux qui ceux le mieux préparés à recevoir le lavement des pieds, et ce d’autant plus qu’ils sont dans le sanctuaire dans la bonne tenue (l’aube). Et cela souligne d’autant plus l’idée évangélique du Christ qui se fait serviteur de ceux qui le servent.
L’usage à Rome est de pratiquer ce rite uniquement avec des hommes, en aube – qui est la tenue du ministre

cf. IGMR 336. Vestis sacra omnibus ministris ordinatis et institutis cuiusvis gradus communis est alba, circa lumbos cingulo astringenda

dans le sanctuaire (et non pas en soutane/ surplis), ce qui montre bien le caractère de « ministre » lié à cet usage. Très souvent – mais pas toujours, il s’agit de prêtres qui du coup évidemment, concélèbrent au jeudi saint, et sont donc non seulement en aube mais aussi en chasuble.

COMMENTS

  • JFA+

    (Et non pas soutane/surplis) ??? C’est aussi une tenue des ministres dans le sanctuaire.

    Pourquoi tronquer l’IGMR 336 : « … Alba cum superpelliceo commutari nequit, ne quidem super vestem talarem, quando casula vel dalmatica vel, iuxta normas, sola stola sine casula vel dalmatica induenda est. » ?

    Il n’y a que lorsqu’on porte la chasuble ou la dalmatique qu’on ne peut pas porter soutane/surplis à la place de l’aube.

    L’usage est d’ailleurs constant dans la liturgie papale des clercs en soutane/surplis.

    On sent de petits relents du gallicanisme qui voulait les acolytes en aube, contrairement à l’usage romain…

    Cela dit, bravo pour le fond de l’article.

  • admin

    En fait si on comprend bien l’idée : la soutane et le surplis sont un habit de chœur, qui est tout à fait légitime et qui n’est pas interchangeable avec l’aube. A Rome, le lavement des pieds est fait avec des ministres qui sont toujours en aube, y compris lorsque ce ne sont pas des prêtres ou des diacres (et c’est arrivé sous Jean-Paul II).
    L’idée de la distinction de ces deux tenues vient en fait de la distinction nécessaire justement entre le chœur et le sanctuaire.
    Dans le sanctuaire se tiennent les ministres (évêque, prêtre, diacre, [sous-diacre]) tandis qu’ailleurs (dans le chœur) se tiennent les autres clercs ou ceux qui sont assimilés au clergé, mais qui n’ont pas en tant que tel de fonction ministérielle (prêtres qui ne concélèbrent pas, autres clercs qui ont des fonctions mineures dans la liturgie mais pas ministérielles au sens strict, comme par exemple le cérémoniaire…) C’est en cela que l’usage de la soutane surplis (ou cotta) pour la manécanterie ou la schola cantorum, mais aussi pour les enfants qui tiennent le rôle d’acolyte est tout à fait à recommander et est même pleinement dans l’esprit de la liturgie romaine d’après le Concile. C’est d’ailleurs ce qu’on voit partout… Hors de France… !
    C’est effectivement l’usage gallican qui a étendu l’usage de l’aube à tous. On a vu les petits chanteurs à la croix de bois en aube, qui est en fait une tenue de prêtre…
    Même des manécanteries féminines sont vues aujourd’hui en aube… ! Ce qui est évidemment … N’importe quoi !
    C’est l’usage gallican qui donne le privilège de l’aube à ceux qui ne sont pas ministres… Il ne faut pas inverser les choses. Et pour aller plus loin, on constate en France non seulement l’influence gallicane sur la tenue du clergé mais aussi l’influence de Taizé… L’aube ça « fait »prêtre à partir du moment où justement le texte de la PGMR 336 est respecté, et qu’elle est portée avec amict et cordon. Du coup, beaucoup de personnes se sont senties obligées d’imiter la tenue des religieux de Taizé, y compris chez les prêtres ou les diacres (surtout permanents) pour « déclericaliser » cet habit en se revêtant d’un espèce de sac informe plus proche de la djellaba (on parle d’aube « prénatal », ce n’est pas pour rien). Et quant on sait que cette communauté luthérienne de Taizé au départ avait opté pour cette « aube » spécialement coupée large, pour justement tout faire pour ne pas trop ressembler à la tenue des prêtres catholiques…. Ce n’est pas sans sel !

    Tout ça pour dire que le lavement des pieds se fait à des ministres en aube et non pas en habit de chœur parce que ce rite se fait depuis Vatican II dans le sanctuaire et non pas au chœur ou au chapitre, et qu’il prend concrètement le sens expliqué ci dessus, à savoir celui d’un rite apparenté à celui de la consécration des lévites.

    J’affirme cela avec d’autant plus de conviction que votre citation de la PGMR 336 n’indique nullement que l’on peut remplacer ad libitum l’aube par la soutane pour les ministres, mais rappelle simplement qu’on ne met pas le surplis à la place de l’aube si on revêt la chasuble ou la dalmatique… C’est à dire lorsqu’on tient un rôle de ministre dans la liturgie de la messe.
    Toute la question relève en réalité du problème de la suppression du sous-diacre en tant que ministère ordonné. Il y a un usage immémorial du sous-diaconat dans le rite romain, qui tient précisément un rôle ministériel avec la tenue afférente (la tenue de service : la tunique). Le sous diacre tient dans la liturgie romaine le rôle de l’acolyte et du lecteur… Si on lit bien Ministeria Quaedam Paul VI ne supprime pas sa fonction liturgique mais la caractère ordonné de ce ministère. On pourrait considérer que le ministre institué lecteur et ou acolyte puisse tenir la place du sous-diacre dans le rite romain, en tenue de sous-diacre (en tunique) et donc dans la liturgie solennelle, avec l’aube.

    Ceci dit ce que vous dites sur l’usage gallican de l’acolyte en aube est exact. L’usage « gaulois » a de façon multiséculaire considéré que l’acolyte (et non seulement le sous-diacre) est en aube. Encore faudrait il rappeler dans nos contrées qu’on ne devrait jamais porter l’aube sans la soutane ? Le vrai problème provient en France d’une idéologie ancrée qui voudrait faire croire à tous qu’en fin de compte la soutane est réservée au prêtre. Ce qui n’a jamais été le cas. C’est juste un habit de chœur… C’est au contraire l’aube qui est l’habit du ministre ordonné…
    Bref, que de confusions et d’imprécisions.

    • Que de règles dans vos écrits, cher frère en Jésus! Vous êtes à cent lieues du Christ qui a transgressé tant de règles religieuses de son temps pour nous enseigner que l’amour les dépasse toutes. Vous êtes franchement navrant à lire, empêtré que vous êtes dans vos stériles règles liturgiques. Étant moi-même femme ordonnée au sacerdoce ministériel, et mariée à un homme également ordonné, je me sens la responsabilité de votre âme et vous invite à élargir votre coeur : celui de Dieu est immense! Je vous souhaite en cette année 2014 de goûter la liberté et la créativité des enfants de Dieu.

      • admin

        Chère madame,
        Merci pour vos prières et vos voeux. Veuillez également bien recevoir les nôtres pour cette année 2014, au nom du Christ, qui a souffert et est mort pour tous, in remissionem peccatorum.

  • Compostella

    Dans l’évangile de Jean, qui est le seul texte évangélique à mentionner le lavement des pieds, la sainte Cène n’est pas un banquet pascal. En effet, en Jn 18:28, les accusateurs de Jésus prévoient de manger le repas pascal le soir du vendredi saint : « non introierunt in praetorium ut non contaminarentur sed manducarent pascha »

    • admin

      Cher monsieur,
      Merci pour cette remarque et votre intérêt. Je ne saisis pas bien si c’était le but, mais elle n’enlève cependant rien à l’argumentaire développé par l’article, qui est de montrer que ce rite du lavement des pieds est un geste de charité, probablement, mais est aussi un rite de consécration. Pas un rite de purification auquel les femmes ne seraient pas admises :

      Jn 15,3 : Déjà, vous êtes purs, à cause de la parole que je vous ai annoncée.

      Dans le récit de S. Jean il y a t’il même un « repas pascal » ? Dans Jn 13,2, on a « après le repas ». il n’est pas mentionné que ce soit le repas pascal, et justement l’Evangéliste mentionne juste avant Jn 13,1 « Avant la fête de Pâque ». Vous avez donc raison, la réponse est probablement « non ».
      Jésus les consacre dans une prière à Son père par ces mots en Jn 17,12 :

      Sanctífica eos in veritáte;

      Si l’on s’en tient à ce seul Evangile, on peut légitimement se demander si cela correspond au repas pascal. Or, s’il y a quelquechose de spécifique des récits évangéliques, et donc également de certaines parties de l’Evangile de S. Jean, c’est justement une approche qui fait fi de la chronologie. Cette approche n’a pas pour but de rendre moins fidèle à la réalité historique le texte, mais au contraire de signifier quelquechose de théologique. Par exemple dans son discours Jésus dit – avant le récit de la passion  » in mundo pressúram habétis, sed confídite, ego vici mundum. ». J’ai vaincu le monde. L’Evangéliste fait parler Jésus par anticipation.
      De même dans un autre récit évangélique, dans S. Luc 24, il n’ya qu’un seul jour entre la résurrection et l’Ascension, en contradiction, semble t’il avec les autres synoptiques et S. Jean… Cela donne non pas une contradiction avec la doctrine chrétienne, mais uen signification théologique particulière.
      Enfin remarquons que cette question de date de Pâques, du repas pascal, le comput traditionnel correspondant au 14 Nisân, etc.. fait l’objet de recherches approfondies à l’heure actuelle. Benoît XVI en dit quelques mots il me semble dans son Jésus de Nazareth.

  • Compostella

    Je pense également que les pieds des convives n’étaient pas sales. J’en veux pour preuve que Jésus se lève (Jn13:4 « surgit a cena »), ce qui montre qu’ils étaient probablement pour la plupart déjà couchés sur les banquettes. Ils avaient donc déjà oté leurs chaussures. Ils s’étaient donc déjà lavé les pieds en entrant dans la pièce ou dans la maison. Parmi les tâches liées à l’hospitalité, la charge de laver les pieds des visiteurs revient entre autres aux femmes (1Tim5:10).

    Nous ne savons pas, dans l’évangile selon Jean, qui sont les convives. Les douze? Les apôtres ? Les disciples ? Les saintes femmes sont-elles là ? Y a-t-il des serviteurs ? Des servantes ? Est-ce que Jésus a fait aussi le service des plats pour incarner le Fils de l’Homme serviteur de Lc12:37 [Mt20:28, Mc10:45, Lc22:27] ?

    Si le Fils de l’Homme serviteur de Lc12:37 inverse les rôles, et si le rôle de laver les pieds incombe souvent aux femmes, n’est-il pas naturel de penser que Jésus aurait lavé les pieds des femmes présentes, pour manifester cette inversion des rôles ?

    Lorsque Mc14:17 dit « il vient avec les douze », cela semble indiquer que les disciples qui ont préparé le repas sont restés sur place et que ce sont eux qui voient venir Jésus et les douze lorsque les préparatifs sont prêts. Que sont devenus les disciples préparateurs ? N’avaient-ils pas faim eux aussi ? N’ont-ils pas pris part tout naturellement au repas ?

    Je ne pense pas que le lavement des pieds soit un geste sacerdotal. D’abord parce que dans le récit de la passion, les prêtres sont les « méchants » de l’histoire, ceux qui accusent et condamnent Jésus. D’autre part parce que saint Paul dans l’épître aux Hébreux, prend le soin de préciser que Jésus est grand prêtre selon l’ordre de Melchisedech, ce qui fait remonter cette légitimité à l’époque d’Abraham, pour ne pas mélanger avec les lévites. Je ne vois pas pourquoi Jésus aurait fait un geste incarnant une légitimité de type lévite.

    Dans son commentaire sur l’épître aux Hébreux, saint Thomas d’Aquin dit à propos des préceptes lévites : « Quant à ceux-ci, il n’est plus permis d’observer leur partie cérémonielle » (Alia vero fuerunt partim caeremonialia, et partim moralia, sicut iudicialia: et ista quantum ad id quod caeremonialia sunt, non licet servare)

    • admin

      Evidemment, si vous voyez « seulement » dans le geste de Jésus une inversion des rôles, un peu à la manière, où dans beaucoup de civilisations, on inverse les rôles entre serviteurs et maîtres ou entre roi set sujets une fois par an, vous vous voyez obligé de considérer tout ce que vous décrivez dans votre commentaire… A ce moment là, il devient crédible de penser que la Cène n’est pas une institution, que les apôtres ne sont pas consacrés, qu’il n’y aucun lien entre la pratique de Jésus, et les rituels hébraïques. C’est peut être parce que justement les prêtres sont méchants dans les récits de la passion qu’il fallait que Jésus institue un nouveau sacerdoce dont lui seul détient la plénitude, et qu’il communique aux baptisés (c’est le sacerdoce commun) et aux apôtres (c’est le sacerdoce ministériel).
      Sur le commentaire de S. Thomas d’Aquin, vous comprendrez bien qu’il s’agit ici de quelque chose qui correspond à une réalité théologique qui date d’après la nouvelle alliance, nouvelle alliance que précisément le Christ dans ce passage évangélique est en train de mettre en oeuvre dans l’institution des sacrements et dans Son mystère pascal. Je ne vois pas S. Thomas interdire au Christ lui même de procéder à cette institution sous prétexte que justement c’est trop en rapport avec la culture juive…

  • Compostella

    Le lavement des pieds est une institution, mais c’est une institution du diaconat, comme l’indique la Didascalie : « Vous trouverez encore écrit dans l’Evangile comment notre Seigneur a ceint ses reins d’un linge et a mis de l’eau dans un vase de purification pendant que nous étions couchés (à table), puis il s’approcha, lava les pieds de nous tous, et les essuya avec le linge. Il fit cela afin de nous apprendre l’affection et l’amour pour (nos) frères et pour que nous en fassions autant entre nous. Si donc notre Seigneur a fait cela, hésiterez-vous, vous autres diacres, à en faire autant aux malades et aux infirmes, vous qui êtes les soldats de la vérité et l’exemple du Messie ? » Didascalie, chapitre 16.

    Quant à l’eucharistie, pour saint Jean évangéliste elle est apparemment suffisamment instituée par le discours sur le Pain de Vie (Jn6:55-58) « qui manducat meam carnem et bibit meum sanguinem in me manet et ego in illo »

    On est donc amené à penser que dans les communautés johanniques l’eucharistie était pratiquée sans référence à la sainte Cène, comme c’est le cas dans la Didache ou dans l’anaphore de Addaï et Mari.

    Faut-il chercher à unifier et à faire entrer l’évangile selon saint Jean au chausse-pied dans le moule des évangiles synoptiques ? Toute unification artificielle reviendrait à amputer la Bible de l’Evangile de saint Jean et à déclarer les communautés johanniques primitives hérétiques. Cela reviendrait à excommunier saint Jean évangéliste.

    • admin

      Je ne pense pas que cette unification soit « artificielle » ou alors la liturgie de l’Eglise après Vatican II le serait… Le lavement des pieds a été intégré ad libitum lors de la messe du jeudi saint « in cena Domini » depuis le Concile. C’est donc dans la même fonction liturgique qu’on fait le mémorial de l’institution eucharistique, de l’institution sacerdotale, et de ce geste ô combien significatif du christ, que malheureusement une certaine idéologie marxiste nous fait voir uniquement sous l’angle sociologique…
      Et justement la validité de l’anaphore d’Addai et Mari nous fait voir l’unité du Mystère pascal, dans son ensemble, mystère dont ce geste fait pleinement partie. Si jamais vous le l’avez pas lu, je vous conseille l’opus magnus du RP Louis Bouyer sur la question.
      Bien à vous.

    • admin

      Je vous propose de reprendre ce débat après jeudi soir. On verra bien si en tant que pape, François contrevient à cette règle liturgique. Jusqu’ici aucun pape depuis Vatican II n’a fait ça, ni Paul VI, ni Jean-Paul II, ni Benoît XVI. On verra aussi si le pape souhaite changer la rubrique, qui encore une fois mentionne sans équivoque possible ‘viri selecti ». Il en a tout à fait le pouvoir. Il est pape. S’il ne change pas la rubrique, il faudra en tirer les conclusions.

      Ce qu’a pu faire un archevêque ne correspond pas forcément à ce que fait le même archevêque une fois pape.
      Le titre de votre article est donc délibérément trompeur. Il aurait du être : « un cardinal archevêque contrevient aux règles liturgiques et désobéit au pape ». Non seulement il cherche à influencer dans un sens de désobéissance vos lecteurs, mais en plus de ça il est lui même un appel à la désobéissance.

      Bref : vous avez votre conscience pour vous. Comme le rappelait S. Benoît : « le premier degré de l’humilité, c’est l’obéissance sans délai ». Mais en tout cas, si vous êtes libre des publications sur « le comité de la jupe » ou même ses clones que sont la « conférence des baptisés » ou même « témoignage chrétien », je ne comprends pas votre appétence de venir vous vanter de vos mensonges jusqu’ici. Est-ce une pulsion irrépressible ?

      • Jérôme

        Bonjour,

        On remarque sur divers sites soit des chapelets de louanges envers le Pape François que l’on canonise déjà sans qu’il n’ait encore rien fait en tant que Pape, ou parce qu’il a fait en tant que Cardinal, soit des chapelets de dénonciations de tous les abus dont il a été à l’origine en tant que Cardinal (les progrès pour les uns sont des abus pour les autres).

        Dans tous les cas, comme il a rappelé ici, rien de dit qu’il va faire en tant que Pape ce qu’il faisait en tant que Cardinal.
        Il faut considérer son pontificat avec justice et sans à priori.
        Evidemment, la liturgie s’est un peu dégradée, comme il a été évoqué plus haut, bien que Mgr Marini semble sauver les meubles pour le moment. Mais l’essentiel est préservé pour le moment.
        Prions pour le Pape et pour l’Eglise.

      • ataraxia

        Il ne s’agit en aucun cas d’un mensonge et la photo est vrai.
        Vous n’avez aucune autorité pour juger l’obéissance d’un cardinal. Il a fait ce qui était juste et il n’aurait jamais violé aucune règle.

        • admin

          La photo est vraie, certes. Mais il s’agit du Cardinal Bergoglio avant son élection comme pape. Donc votre article est mensonger puisque comme pape, le même homme n’a, jusqu’à aujourd’hui pas procédé au rite du lavement des pieds sur une femme. En faisant ce geste, c’est donc l’archevêque de Buenos Aires qui contrevient aux rubriques, pas le pape.
          Par ailleurs, sur votre photo, donc, l’archevêque de Buenos Aires contrevient à une règle liturgique sans ambiguité. C’est un abus liturgique. Ceux qui connaissent les textes et leur signification le savent. Il ne s’agit nullement d’un jugement, ni de l’exercice d’une autorité, ou que sais-je encore. C’est un simple constat.
          D’autre part je me répète, mais s’il souhaite changer cette règle liturgique tout à fait claire, qui mentionne que seuls des hommes sélectionnés (viri selecti) doivent participer à ce rite, il le fera, puisque il en a l’autorité comme pape. J’aurai alors tort. S’il ne le fait pas, cela montrera que c’est vous qui avez tort.
          Nous verrons bien …

  • Grugru44

    Peut-être qu’il faudra reprendre votre argumentaire… Et revoir aussi votre histoire puisqu’il y eut pendant les trois premiers siècles des femmes diaconesses… (notamment pour la raison suivante : les baptêmes se faisant par immersion totale, il était hors de question que des hommes-diacres assistent aux baptêmes des femmes).
    Vous savez, les femmes ont un cerveau, hein ? Les Evangiles ont été écrits par des hommes de leur époque qui même en minimisant la place des femmes, n’ont pas pu nier la part étonnante que Jésus leur donne…

    • admin

      Et bien oui, nous verrons. Il y a une vrai question autour de l’attribution de ministères pour les femmes actuellement dans l’Eglise. Nous en avons souvent parlé dans ces pages.
      Je doute cependant que l’Eglise consente à conférer des ministères ordonnés, ou même des ministères liturgiques, surtout en pleine crise du « genre ».
      Enfin, je ne vous fais pas l’insulte de vous rappeler qu’il a été établi par la CTI que les diaconesses des premiers siècles n’étaient pas et n’ont jamais été assimilées au diacres ordonnés.
      Et enfin je vous rappelle que Vatican II a restauré un ordre extrêmement ancien et extrêmement authentique, qu’on appelle les vierges consacrées, et dont la liturgie de consécration a des traits très apparentés à l’ordination, puisqu’elle se déroule dans le sanctuaire et qu’elle est conférée par l’évêque.
      Dernièrement je vous rappellerai aussi que c’est le mouvement liturgique qui a permis la rénovation de la bénédiction abbatiale pour les moniales, avec y compris le port des pontificalia (la croix pectorale, les armoiries, la crosse…).
      Je ne crois pas que cette question importante puisse simplement se résoudre avec des slogans et des invectives.

  • marie christine mira

    Le pape Francois a lave les pieds d’une femme et il a tres bien fait !!! Voire photo sur le site du Comite de laJupes :catholiques feministes.

    • admin

      Merci j’ai très bien vu la photo sur ce site. Il s’agit du Cardinal Bergoglio avant son election comme pape. Donc il s’agit d’un archevêque qui contrevient aux règles liturgiques. Pas du pape.

  • Gonzague

    ça y est, François a lavé les pieds de deux femmes dont une musulmane !

    http://www.kipa-apic.ch/index.php?pw=&na=0,0,0,0,f&ki=241716

  • admin

    Donc oui, nous avons encore une règle liturgique qui est violée par le pape François. Notons que ce n’est pas la première, puisqu’il ne génuflecte pas à l’élévation, prononce l’homélie debout, donne peu ou pas la communion.
    La vraie question est donc de savoir : le pape en allant directement contre des règles édictées par ses prédécesseurs, souhaite t’il une réforme liturgique ? Le futur nous le dira.

    Notons cependant qu’en insistant davantage sur l’aspect de charité et de compassion du rite du lavement des pieds, le pape va contre la réforme de Mgr Bunigni mise en oeuvre après Vatican II, qui avait souhaité donner une approche rituelle et donc théologique à ce geste, étroitement lié à l’Evangile du jeudi saint, et non plus seulement à une sorte de geste symbolique de compassion avers les pauvres. Souvenons-nous qu’au moyen âge, les lavements de pieds se faisaient auprès de 12 pauvres, en dehors du sanctuaire et hors du choeur. Nous voyons ici un pape célébrer ce rite hors de sa cathédrale (peut être simplement parce qu’il n’en a pas encore pris possession, ce qu’il sera le dimanche dans l’octave / in alblis / de sacra misericordia.

    Evidemment, tous ceux qui souhaitent donner à François une image d’anti-Benoît XVI se focalisent sur un point précis : il l’a fait à des femmes, ce qui sous entend que bientôt, il faudra que ce soit – par exemple – l’ordination de femmes. Cette pression n’est pas surprenante, dans notre époque déboussolée par les attaques contre l’identité masculine et l’idéologie du genre.

    Réfléchissons cependant un peu : François cherche à donner à l’Eglise une image renouvelée, l’image d’une institution de miséricorde, d’accueil, de compassion. Ce qui est très juste. Il le fait y compris en n’hésitant pas à s’abstraire des règles liturgiques : et cet affaire de lavement des pieds n’est pas le premier abus liturgique que nous le voyons commettre. Certains clercs prétendent même que pour être admis à la profession, un jésuite doit impérativement chanter faux et ne rien connaître à la liturgie. En l’occurrence, le pape François ne chante pas ….

    En tout cas pour ce point précis, nous verrons si il souhaite changer les rubriques du Ceremoniale Espiscoporum de 1984, les règles de la célébration du Triduum de 1988, et celles du Missale romanum de 2002. Le cas échéant, nous ferons un nouvel article sur cette question du lavement des pieds, en expliquant qu’après une tentative de donner une dimension théologique à ce geste à la suite de la réforme liturgique voulue par Vatican II, l’Eglise oriente sa piété en ce qui concerne ce geste non plus sur sa signification lévitique mais sa signification compassionnelle, en revenant à une approche liturgique datant d’avant le Concile, pour en faire non plus un sacramental lié au mémorial de l’institution de l’Eucharistie et des ordres, mais un geste de dévotion explicitant son devoir de compassion en le donnant en exemple. Et que ce geste pourrait selon la tradition antique, avoir davantage sa place dans un contexte extra liturgique.
    En tout cas, ce qui est certain, c’est que le pape fait tout cela en conscience, pour des raisons, qui nous échappent à tous. Le grand danger est de surinterpréter et de « tirer la couverture » dans un sens ou dans l’autre.

    En attendant gardons en tête qu’en l’absence de changement de législation renouvelée tout cela reste du détail : c’est à dire que ce n’est rien de plus qu’un nouvel abus liturgique parmi d’autres. Décevant mais pas surprenant. Quant à nous, comme dit l’évangéliste, efforçons nous d’être fidèles dans les petites choses, dont la règle non abrogée des viri selecti pour le lavement des pieds. Peut être nous en confiera t’on de plus grandes ?
    La règle de Saint Benoit nous enseigne les choses suivantes :
    Le premier degré de l’humilité, c’est l’obéissance sans délai.
    Et : On prendra garde, sur toutes choses, que, par quelque raison que ce puisse être, on ne témoigne pas le moindre murmure, ni par le geste, ni par la parole. Celui qui tombera dans cette faute sera châtié d’une punition rigoureuse.
    Comme je l’expliquais dans un post précédent, le pape Benoît fut le pape duThabor. François est le pape de Gethsemani. Nous commençons à le toucher du doigt… Bon vendredi saint.

  • Sophie Platon

    Je ne comprends pas votre analyse: vous dites qu’il ne faut pas surinterpréter, mais vous ne vous en privez guère quand vous dites « décevant mais pas surprenant ».
    Comment pouvez-vous aussi réduire à un geste « compassionnel » le lavement des pieds simplement parce qu’il n’est pas donné exclusivement à des hommes ? Il y a bien plus que cela voyons !
    Ne sommes-nous pas un peuple de prêtres ?
    Le Christ, en s’incarnant, n’a-t-il pas revêtu TOUTE notre humanité, homme et femme ? Ne suis-je pas, moi femme, à l’image de Dieu, comme vous, homme ?
    St Paul n’a-t-il pas dit qu’au ciel il n’y aura plus ni l’homme, ni la femme ?
    être « fidèles dans les petites choses » pourrait consister, me semble-t-il, à méditer le geste du Pape François – méditer, ce n’est ni surinterpréter, ni en être « déçu ».

    Je suis une femme, et j’ai été personnellement bouleversée par le geste du Pape François. C’était comme si le Christ me lavait les pieds – et me disait de faire de même à sa suite, bien sûr – de façon bien plus personnelle et intime que si l’on m’avait dit « stop! Que les hommes!  »

    Encore une chose: vous parlez de  » la faute de goût que cela représenterait ou de la gêne toute légitime pour un prêtre de faire ce genre de geste sur des femmes ».
    Et bien le Christ était moins gêné par ces fautes de goût que vous, lorsqu’il a laissé Marie-Madeleine lui laver les pieds et les essuyer de ses cheveux !

    S.P.

  • admin

    Chère Sophie,
    Je crois que vous devriez vous reposer un peu, et ne pas prendre pour vous tout ce qui est mis en avant sur ce site web. La surintérprétation, ce serait justement considérer que la règle liturgique a changé parce qu’elle a été contredite par l’action du pape jeudi soir.
    La geste se réduit au « compassionel » s’il ne prend pas en compte sa dimension rituelle de préconsécration lévitique qui a été mis en valeur depuis la réforme de la semaine sainte, puisqu’il se fait ad libitum au sanctuaire, dans la logique et la cohérence de la messe de la Cène du Seigneur.
    C’est parce que le Christ a clairement revêtu notre humanité qu’il est de sexe masculin, et pas androgyne.
    Saint Paul a dit qu’au ciel il n’y a aurait ni homme si femme ? Je n’ai pas vu ça. Donnez moi la citation. Qu’il n’y ait dans la pensée de l’Eglise pas de différence de dignité entre homme et femme, nous sommes bien d’accord; et ça c’est bien l’enseignement de S. Paul. Mais notre nature sexuée ne sera certainement pas niée dans le plan de Dieu.
    Etre fidèle dans les petites choses, ça peut être méditer, bien sûr, mais ça peut être surtout… être fidèle. Dans les petites choses. C’est à dire ne pas aller contre ce que demandent les rubriques.

    Votre allusion à Marie-Madeleine : je vous invite à bien regarder ce passage biblique pour mieux le comprendre. Il ne s’agit pas d’un repas rituel. Il s’agit d’un épisode dont se sert le Christ pour reprocher aux pharisiens de ne pas honorer la personne du Christ et son corps. C’est également aussi une façon pour le Christ de rappeler aux disciples, dans le passage parallèle de l’onction de Béthanie : (Mc 14) : les pauvres, vous les aurez toujours. (Il n’est pas certain que Marie de Béthanie et Marie Madeleine soient une seule et même personne, même si on admet généralement que la pécheresse de Mt 26 est Madeleine). C’est une invitation à faire le mieux possible pour honorer le Corps du Seigneur : « Pourquoi faites-vous de la peine à cette femme? C’est une bonne action qu’elle a faite à mon égard.  Car toujours vous avez les pauvres avec vous; mais moi, vous ne m’avez pas toujours.  En mettant ce parfum sur mon corps, elle l’a fait en prévision de ma sépulture. « 
    Ce geste est encouragé par le Christ, et il demande même que l’on s’en souvienne. Mais il n’ordonne pas qu’on le renouvelle : et pour cause. « Moi vous ne m’aurez pas toujours ».
    Bonne lectio divina.

  • Agathe

    Je crois que dans ce blog on fait beaucoup de masturbation intellectuelle. qu’est-ce que le lavement des pieds ? Reprenons l’historique.

    Le dernier repas de Jésus n’est rien d’autre que le repas du Seder qui se pratique encore de nos jours dans les communautés juives. Or vous savez qu’il est de coutume de se purirfier avant les repas et surtout les repas sacrés en se lavant les mains et les pieds. C’est d’ailleurs l’origine du rite du lavement des mains à l’offertoire (rite que nous ne pratiquons plus dans notre paroisse depuis belle lurette). Ce geste était le plus souvent effectué par un serviteur. Jésus a tenu à faire ce geste lui-même au participants afin de montrer que les chrétiens devaient ête les serviteurs les uns des autres. C’est aussi simple. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait à des femmes ? Probablement parce qu’il n’y avait que des hommes au cours de ce repas pascal.

    Ceci dit ce rite est facultatif : « ubi ratio pastoralis id suadeat ». Il ny aurait qu’intérêt à l’omettre tant cela fait mauvais théâtre ou plus symboliquement à le réduire à un simple lavement des mains.

    • admin

      Je ne crois pas qu’il faille se contenter de la lecture historico critique, non seulement pour la bible mais encore plus pour les passages bibliques retenus comme ossatures des rites liturgiques. Parce qu’il faut associer au renouveau liturgique le renouveau biblique, et en particulier les idées développées par les théologiens du XXème siècle sur les « 4 sens de l’écriture » :

      ROME, Vendredi 24 octobre 2008 (ZENIT.org) – Il s’opère une « résurrection cachée » de la tradition de la lecture de la Bible selon les « quatre sens », affirme Mgr Ravasi, en citant le grand théologien suisse Hans Urs von Balthasar.

      Mgr Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture, bibliste, et président de la commission du Message du synode des évêques, a répondu aux questions des journalistes à l’occasion de la présentation à la presse du Message du synode des évêques.

      Mgr Ravasi a répondu à une question sur le caractère « prophétique » des travaux du cardinal Henri de Lubac (1896-1991), sj, sur les quatre sens de l’Ecriture sainte dans ses quatre volumes « Exégèse médiévale. Les quatre sens de l’Écriture » qui offre une synthèse des différentes formes de lecture de l’Écriture, depuis les héritiers d’Origène jusqu’aux précurseurs de l’époque moderne.

      Mgr Ravasi a salué le caractère « extraordinaire de l’œuvre de la recherche à l’intérieur du monde médiéval » du cardinal de Lubac.

      Et pour répondre à la question, il a cité le cardinal von Balthasar dans le texte en italien « Con occhi semplici. Verso una nuova coscienza cristiana » (« Avec des yeux simples. Vers une nouvelle conscience chrétienne », Herder-Morcelliana, 1970), où il écrit : « Les quatre sens de l’Ecriture célèbrent leur résurrection cachée dans la théologie d’aujourd’hui : en effet le sens littéral apparaît comme celui qu’il faut faire émerger en tant qu’historico-critique ; le sens spirituel en tant que kérygmatique, le sens tropologique en tant qu’essentiel et le sens anagogique en tant qu’eschatologique ». Une citation qui était déjà apparue dans son article publié récemment dans L’Osservatore Romano en italien (13-14 octobre 2008) intitulé « Les soixante dix visages de la Bible ».

      Le bibliste italien a souhaité que soit « reproposée » cette lecture de la Bible selon les « quatre sens » de l’Ecriture : le sens « littéral, historique », le sens « de l’annonce » de la foi, puis celui de « l’existence, de la morale », qui dit comment vivre en chrétiens dans la société, et enfin celui de « l’espérance » chrétienne qui indique « le terme ultime » de cette vie.

      Anita S. Bourdin

      (24 octobre 2008)

      Sur une origine rituelle juive de tout le jeudi saint, par ailleurs, personne ne remet cela en cause, bien au contraire. Il apparaît évident que le Christ lui même – et c’est clair dans les synoptiques comme dans S. Jean – ressaisit la tradition juive pour la sublimer. Et cette ressaisie est d’autant plus frappante que Pierre lui même s’en étonne, se rebelle avant de l’accepter dans la paix. Acceptation qui lui vaudra le martyre, quelques années plus tard, sous Néron.

      Je ne partage pas votre envie de « réduire » ce rite. On ne réduit pas l’Ecriture Sainte, on ne réduite pas la Parole de Dieu, on ne réduit pas la Révélation.

  • Sam

    J’ai lu attentivement vos explications et elles me renvoient à ce que m’expliquait mon père. Il me disait que le lavement des pieds par Jésus était une consécration de son église. Il lavait les pieds de ses disciples, prêtres élus par lui, pour qu’à leur tour, ils lavent les pieds de l’humanité en son nom. Il me disait que ce n’était pas n’importe qui qui devait avoir les pieds lavés selon le rite de l’Eglise.
    C’est pourquoi j’ai été frappé de perplexité quand le pape François a lavé les pieds de musulmans et de femmes.

  • Carolus Magnus

    Vous ne croyez pas si bien dire sur ce point important ! Voici un témoignage qui va exactement dans le même sens.

    http://www.ucanindia.in/news/indian-priest-criticizes-pope-people-walk-out-of-mass-in-italy/34576/daily

  • yvette

    Et vous vous étonnez que l’église se déserte? Tant que les idées machistes vont perdurer, les jeunes vont se diriger dans l’islam et l’évangéliste. Qu’on lave les pieds des femmes ou que les femmes donnent l’hostie ne changent pas l’histoire de la foi de l’église catholique. Arrêter de trouver les problèmes ou il n’y en a pas. L’église doit évoluer.

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