Gaudete !

« Frères, Réjouissez-vous » « Fratres, Gaudete » 2 Co 13, 11

[Cet] impératif « réjouissez-vous » est très fréquent dans les lettres de Saint Paul, et même, on pourrait dire qu’il est quasi le « cantus firmus » de sa pensée : « Gaudete ». Dans une vie si tourmentée comme l’a été la sienne, une vie emplie de persécutions, de faim, de souffrances en tous genres, toutefois, un mot-clé demeure toujours présent : “Gaudete”. Ici, une question s’élève : est-il possible de ressentir la joie en quelque sorte sur commande ?

{mosimage}Nous aurions envie de répondre que la joie vient ou ne vient pas, mais qu’elle ne peut pas être imposée comme un devoir. Et cela nous aide, ici, de penser au texte sur la joie le plus connu des lettres paulines, celui du dimanche « Gaudete », au cœur de la liturgie de l’Avent : « Gaudete, iterum dico gaudete quia Dominus prope est », « Réjouissez-vous, je le dis encore, réjouissez-vous car le Seigneur est proche » (Ph. 4, 4). (…) L’apôtre peut dire “Gaudete” parce que le Seigneur est proche de chacun de nous. Ainsi, cet impératif est en réalité une invitation à percevoir la présence du Seigneur près de nous. C’est une sensibilisation à la présence du Seigneur parmi nous. L’Apôtre entend nous rendre attentifs à cette présence – cachée mais vraiment réelle – du Christ proche de chacun de nous. Pour chacun de nous, elles sont vraies les paroles de l’Apocalypse : je frappe à ta porte, écoute-moi, ouvre-moi. C’est donc aussi une invitation à être sensibles à cette présence du Seigneur qui frappe à ma porte. Ne soyons pas sourds à Lui, parce que les oreilles de notre cœur sont tellement pleines de tant de bruits du monde que nous ne pouvons entendre cette présence silencieuse qui frappe à notre porte. Réfléchissons, en ce moment même, pour savoir si nous sommes réellement disponibles à ouvrir les portes de notre cœur ; ou peut-être ce cœur est-il plein de tant d’autres choses qu’il n’y pas de place pour le Seigneur et que, pour le moment, nous n’avons pas de temps pour le Seigneur. Ainsi, insensibles, sourds à sa présence, emplis d’autres choses, nous n’entendons pas l’essentiel : Il frappe à la porte, Il nous est proche et ainsi la vraie joie est proche, une joie qui est plus forte que toutes les tristesses du monde, de notre vie. Prions, donc, dans le cadre de ce premier impératif : Seigneur rends-nous sensibles à Ta présence, aide-nous à entendre, à ne pas être sourds à Ton appel, aide-nous à avoir un cœur libre, ouvert à Toi .

Méditation de Benoît XVI lors de la première matinée de travail du Synode sur l’Eucharistie 3 octobre 2005

 

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