<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Schola Saint Maur</title>
	<atom:link href="http://www.scholasaintmaur.net/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>http://www.scholasaintmaur.net</link>
	<description>Chant grégorien, liturgie romaine, spiritualité</description>
	<lastBuildDate>Wed, 22 May 2013 17:04:15 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency>
	<generator>http://wordpress.org/?v=3.5.1</generator>
		<item>
		<title>Pentecôte : une ou plusieurs ?</title>
		<link>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/pentecote-une-ou-plusieurs/</link>
		<comments>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/pentecote-une-ou-plusieurs/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 22 May 2013 17:00:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre à prier]]></category>
		<category><![CDATA[Pentecôte]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scholasaintmaur.net/?p=1753</guid>
		<description><![CDATA[La particularité de la fête de la Pentecôte, c&#8217;est que le récit de l&#8217;événement qu&#8217;elle célèbre ne se trouve pas dans l&#8217;Évangile, mais, comme chacun sait, dans le livre des Actes des Apôtres. Il est vrai que l&#8217;Évangile du jour évoque aussi à sa façon une effusion de l&#8217;Esprit, puisque c&#8217;est le récit de la &#8230; </p><p><a class="more-link block-button" href="http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/pentecote-une-ou-plusieurs/">Lire la Suite &#187;</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:#333333; font-family:Garamond; font-size:12pt">La particularité de la fête de la Pentecôte, c&rsquo;est que le récit de l&rsquo;événement qu&rsquo;elle célèbre ne se trouve pas dans l&rsquo;Évangile, mais, comme chacun sait, dans le livre des Actes des Apôtres. Il est vrai que l&rsquo;Évangile du jour évoque aussi à sa façon une effusion de l&rsquo;Esprit, puisque c&rsquo;est le récit de la rencontre de Jésus avec ses Apôtres le jour de Pâques, qui comporte le don de l&rsquo;Esprit Saint à ceux-ci de la bouche même du Sauveur qui déclare « recevez l&rsquo;Esprit Saint », au point qu&rsquo;on appelle parfois cet épisode « la petite Pentecôte », en forçant le terme, puisque Pentecôte veut dire cinquante et qu&rsquo;il désigne une fête distincte de Pâques dans le calendrier juif.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:#333333; font-family:Garamond; font-size:12pt">Mais nous sommes déjà alertés sur le fait que l&rsquo;événement survenu au sein de la communauté primitive cinquante jours après Pâques n&rsquo;est pas tout à fait un événement comme ceux qui ont marqué la vie du Christ et que nous commémorons tout au long de l&rsquo;année liturgique (Annonciation, Nativité, etc…). Ce n&rsquo;est pas un de ces mystères uniques qui ont ponctué le temps de la manifestation du Verbe dans notre chair. Nous sommes déjà sur un autre versant, qui est la vie de l&rsquo;Eglise, vivifiée par l&rsquo;Esprit, intimement liée au Christ, sans aucun doute, mais ce nouveau cours correspond à l&rsquo;assimilation que les hommes vont devoir faire du mystère pascal où Jésus a tout donné dans l&rsquo;offrande ultime de lui-même, désormais agréée par le Père. Tout, c&rsquo;est-à-dire d&rsquo;abord et surtout l&rsquo;Esprit qu&rsquo;il a « livré » en mourant sur la Croix (Jean 19,30). D&rsquo;ailleurs, il l&rsquo;avait dit lui-même et clairement annoncé : « le Paraclet, l&rsquo;Esprit-Saint, que mon Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jean 14,26) ; et encore : « quand le Paraclet, l&rsquo;Esprit de vérité, sera venu, il vous guidera dans toute la vérité. Car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu&rsquo;il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Celui-ci me glorifiera, parce qu&rsquo;il recevra de ce qui est à moi, et il vous l&rsquo;annoncera. Tout ce que le Père a, est à moi. C&rsquo;est pourquoi j&rsquo;ai dit qu&rsquo;il recevra ce qui est à moi, et qu&rsquo;il vous l&rsquo;annoncera » (Jean 16,13-15).<br />
</span></p>
<p style="text-align: center; background: white"><img src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/052213_1700_Pentecteune12.jpg" alt=""/><span style="color:#333333; font-family:Garamond; font-size:12pt"><br />
		</span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:#333333; font-family:Garamond; font-size:12pt">Le rôle de l&rsquo;Esprit n&rsquo;est pas d&rsquo;écrire une autre histoire, un prolongement à la vie et à l&rsquo;enseignement du Christ, mais de nous dire le Christ de manière à nous faire entrer chacun personnellement dans l&rsquo;expérience du Premier-Né, de nous assimiler profondément à lui, d&rsquo;une façon toujours nouvelle. Cette inépuisable actualisation du Christ dans nos cœurs et dans nos vies est l&rsquo;œuvre propre de l&rsquo;Esprit, et Jésus lui-même s&rsquo;est effacé pour lui faire place. C&rsquo;est ce qui distingue à jamais la vie des disciples du Christ des sectateurs de n&rsquo;importe quel maître ou gourou : nous ne sommes pas des clones de Jésus, ni perroquets qui répètent ses phrases. Nous ne sommes pas non plus des gens qui « partent » du Christ, comme on peut partir de Jean-Jacques Rousseau ou de Lénine pour élaborer un système qui s&rsquo;inspire plus ou moins de ses paroles, mais qui s&rsquo;en éloignent aussi peu à peu. Nous avons toujours le Christ devant nous et pas derrière, parce que, justement, le Seigneur Saint Esprit nous « fait souvenir de tout ce qu&rsquo;il a dit ».<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"> <br />
 </p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:#333333; font-family:Garamond; font-size:12pt">On s&rsquo;étonne parfois que Jésus n&rsquo;ait pas dit plus clairement certaines choses (sur sa divinité, par exemple). C&rsquo;est parce que justement parce que son rôle n&rsquo;était pas de se rendre témoignage à lui-même et que cette tâche, c&rsquo;est celle de l&rsquo;Esprit : « Il me rendra témoignage » (Jean 15,26). Il l&rsquo;a fait dans la louange liturgique, dans l&rsquo;activité dogmatique, dans la prière des saints. Mais le rôle de l&rsquo;Esprit n&rsquo;est pas seulement doctrinal, il est aussi puissance de vie qui accompagne le dynamisme missionnaire de l&rsquo;Eglise, dans la mesure où celui-ci rend témoignage au Christ. C&rsquo;est lui qui la soutient dans les persécutions et inspire des réponses d&rsquo;une audace et d&rsquo;une justesse incroyables (cf. Matthieu 10,19)…<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"> <br />
 </p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:#333333; font-family:Garamond; font-size:12pt">En ce sens, l&rsquo;Eglise vit une continuelle Pentecôte, qui se manifeste particulièrement quand elle est en prière au milieu de l&rsquo;agitation de ce monde (lire Actes 4,31 : « quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient réunis trembla, et ils furent tous remplis du Saint-Esprit; et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance »).<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"> <br />
 </p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:#333333; font-family:Garamond; font-size:12pt">Courage : l&rsquo;Esprit Saint est toujours à l&rsquo;œuvre !<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; background: white">
 </p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:#333333; font-family:Garamond; font-size:12pt">P. Michel Gitton, recteur de la basilique S. Quiriace de Provins.</span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/pentecote-une-ou-plusieurs/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Le latin aux sources linguistiques du Christianisme</title>
		<link>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/le-latin-aux-sources-linguistiques-du-christianisme/</link>
		<comments>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/le-latin-aux-sources-linguistiques-du-christianisme/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 22 May 2013 13:09:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre à prier]]></category>
		<category><![CDATA[Latin]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scholasaintmaur.net/?p=1746</guid>
		<description><![CDATA[Pour faire suite à l&#8217;article précédent sur le « latin mystique », http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/latin-deglise-latin-de-cuisine-latin-mystique/ nous publions ici, avec commentaires et mises en gras un excellent article sur le latin, dans sa dimension spirituelle tiré de la revue Pâque Nouvelle en 2004. Le latin aux sources linguistiques du Christianisme Il est aujourd&#8217;hui de bon ton de prêcher le retour &#8230; </p><p><a class="more-link block-button" href="http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/le-latin-aux-sources-linguistiques-du-christianisme/">Lire la Suite &#187;</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><em>Pour faire suite à l&rsquo;article précédent sur le « latin mystique », <a href="http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/latin-deglise-latin-de-cuisine-latin-mystique/">http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/latin-deglise-latin-de-cuisine-latin-mystique/</a>  nous publions ici, <span style="color:red">avec commentaires</span> et <strong>mises en gras</strong> un excellent article sur le latin, dans sa dimension spirituelle tiré de la revue Pâque Nouvelle en 2004.<br />
</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><em><strong>Le latin aux sources linguistiques du Christianisme</strong><br />
			</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Il est aujourd&rsquo;hui de bon ton de prêcher le retour aux langues de la Bible, et nombreux sont les chrétiens qui se plaisent à fréquenter les sessions d&rsquo;hébreu, de grec ou autres langues orientales. On ne peut que rendre hommage à ces initiatives qui s&rsquo;efforcent de mieux comprendre la littéralité et le sens de la Parole de Dieu à partir de ses langues d&rsquo;origine. Mais on comprend mal le silence sinon l&rsquo;anathème qui continue de peser en maints endroits sur une de ces langues : <strong>le latin</strong>, dont on oublie trop facilement qu&rsquo;il a aussi été <strong>une des langues majeures de l&rsquo;histoire et de la diffusion de la Bible</strong>, sans compter qu&rsquo;il permet souvent de <strong>remonter à un état du texte biblique antérieur aux versions grecques ou hébraïques connues</strong>. <span style="color:red">[On oublie un peu trop que le latin biblique est au bout du compte plus proche des apôtres que le grec ou l'hébreu… ! Et que dans bien des cas le latin biblique est souvent en grande conformité avec la tradition orale araméenne ce quui n'es tpas toujours le cas du Grec…]</span> Le grand vent du renouveau biblique et liturgique n&rsquo;a pas toujours fait le détail dans l&rsquo;élagage de certaines pratiques jugées obsolètes, et, en l&rsquo;occurrence, la défenestration du latin a induit un appauvrissement, sinon une amnésie culturelle, mais aussi spirituelle, liturgique et théologique qui a gravement affecté la connaissance de la Tradition, <span style="color:red">[La Tradition avec un grand T à comprendre ici comme l'enseignement oral des apôtres transmis puis mis par écrit, et approfondi par le Magistère de l'Eglise.]</span> pourtant si nécessaire à la bonne intelligence et au développement harmonieux de la foi elle-même.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Le christianisme fut d&rsquo;abord pratiqué en Occident par des orientaux parlant grec. Pendant presque deux siècles, le grec fut, en effet, la langue officielle de l&rsquo;Église romaine dans la prédication, la catéchèse et la liturgie, et il l&rsquo;est resté jusqu&rsquo;au milieu du IVe siècle, lorsque, sous l&rsquo;impulsion du pape Damase, <strong>le latin est devenu la langue de la liturgie romaine</strong>.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><strong><em>Le latin d&rsquo;Église dès le IIème siècle.<br />
</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Cela dit, <strong>dès la fin du IIe siècle, les papes utilisent déjà le latin dans leurs lettres officielles</strong>, [<span style="color:red">l'élaboration quasiment immédiatement après les temps apostoliques, d'un magistère en langue latine…]</span> et les premiers textes chrétiens rédigés en langue latine commencent à circuler en <strong>Afrique du Nord</strong> dès le milieu du IIe siècle <span style="color:red">[Une Afrique souvent plus latinisante que Rome elle-même, qui se piquait d'un orientalisme un peu snob en utilsant le « noble » grec]</span> : à côté dés premières traductions de la Bible, le plus ancien document chrétien latin dont la date, peut être fixée avec précision est <strong>la Passion des martyrs de Scillium en 180</strong>, bientôt suivie par la Passion de <strong>Perpétue et Félicité en 203</strong>. <span style="color:red">[Perpétue et Félicité qui sont citées au Canon romain, et qui sont des martyres d'Afrique du Nord. Nos amis Musulmans d'Afrique du Nord, pour revenir à leur propre culture, devraient donc revenir non pas à l'arabe littéraire, mais au latin… ].<br />
</span></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">À la même époque, l&rsquo;apologiste <strong>Tertullien</strong> publie ses premières œuvres, qui exercent une influence décisive sur le premier essor du latin des chrétiens et sur la réflexion théologique; dans une langue nerveuse, difficile et militante, remplie de fulgurances et d&rsquo;émotion, il forge notamment bon nombre de <strong>mots nouveaux</strong>, qui ne seront pas tous retenus par la tradition ultérieure, mais qui illustrent les efforts des écrivains chrétiens pour adapter la langue latine aux idées nouvelles, comme l&rsquo;avait fait jadis Cicéron au moment de traduire en latin les concepts de la philosophie grecque.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><strong><em>Un vocabulaire proprement chrétien.<br />
</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Comme chez Cicéron, le grec a fourni une grande partie du vocabulaire proprement chrétien, bientôt latinisé, à commencer par le nom du Christ, <strong>Christus</strong>, attesté pour la première fois chez <strong>Tacite</strong>, et les noms désignant l&rsquo;organisation et les institutions de l&rsquo;Église : ecclesia, episcopus, presbyter, diaconus, martyr, euangelium, baptisma. Par l&rsquo;intermédiaire de la Bible, quelques hébraïsmes sont même parvenus jusqu&rsquo;en Occident, par exemple sabbatum, pascha, satanas, gehenna. Les Latins ont si bien incorporé ces mots à leur langue qu&rsquo;ils ont pu leur joindre des suffixes, créant ainsi les formations hybrides : episcopatus, episcopalis, baptizator, paschalis.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Alors que les réalités concrètes de la vie de l&rsquo;Église ont souvent été rendues par des mots empruntés, les chrétiens latins ont préféré puiser dans leur patrimoine linguistique pour exprimer les notions abstraites de leur foi. On a ainsi chargé d&rsquo;acceptions nouvelles les anciens mots latins <strong>credere, fides, gratia, salus, reuelatio</strong> et bien d&rsquo;autres pour rendre le contenu chrétien qu&rsquo;avaient les mots grecs correspondants, non sans connoter le concept ainsi exprimé d&rsquo;inflexions proprement romaines induites par l&rsquo;emprunt : l&rsquo;histoire du mot <strong>sacramentum</strong>, qui signifie au départ <strong>le serment du légionnaire romain</strong>, est, sans doute, une des meilleures illustrations de ce phénomène.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">En outre, plusieurs dérivés latins ont été forgés pour exprimer des concepts théologiques nouveaux : ainsi, par exemple, la doctrine chrétienne du salut (<strong>salus</strong>) a non seulement spiritualisé la vieille idée païenne de <strong>« santé » physique ou morale</strong>, mais elle a aussi entraîné la création de mots comme <strong>saluare</strong>, <strong>saluator</strong> ou <strong>saluificus</strong>; les progrès de la théologie trinitaire ont rendu nécessaire la création du mot <strong>trinitas</strong>, et les controverses christologiques du IVe siècle ont favorisé l&rsquo;éclosion d&rsquo;un vocabulaire de l&rsquo;incarnation (<strong>incarnatio, carnalis, passibilis</strong>). <span style="color:red">[On se rend compte ici à quel point notre propre vocabulaire doctrinal en Français est directement tributaire ni du Grec ni de l'Hébreu… Mais du latin !]</span> Par ailleurs, les chrétiens occidentaux ont pu aussi parfois choisir entre plusieurs mots latins quand ils devaient exprimer leurs idées. Le latin possédait, par exemple, toute une série de verbes ayant le sens de « prier » : <strong>obsecrare, orare, petere, precari, rogare</strong>, etc. ; de ces verbes, <strong>orare</strong> fut rapidement supplanté par les autres dans la langue courante et ne s&rsquo;employait que dans quelques formules fixes qui souvent avaient une couleur archaïque et solennelle. C&rsquo;est pourquoi les chrétiens ont choisi ce verbe pour traduire leur prière, et ils ont ainsi donné une vie nouvelle à un mot qui était en train de disparaître dans la langue latine.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><strong><em>Les traductions latines de la bible.<br />
</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Nonobstant ces ajustements linguistiques à l&rsquo;expression de réalités inédites, le latin des chrétiens a surtout évolué au contact de la <strong>Bible</strong>, lorsque celle-ci a commencé d&rsquo;être traduite pour les nécessités de la liturgie et de l&rsquo;enseignement.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Les premiers témoignages massifs de textes chrétiens écrits en latin sont, en effet, des traductions latines de la Bible grecque des Septante et du Nouveau Testament, antérieures au troisième siècle et regroupées sous l&rsquo;appellation générique <strong>ueteres latinae</strong> ou « vieilles-latines ». <span style="color:red">[Et ce sont de ces bibles « vieilles latines » que proviennent la plupart des pièces grégoriennes, et non pas de la Vulgate de Jérôme.]</span> Dans les premiers temps de la latinité chrétienne, les exigences de l&rsquo;évangélisation de ceux qui n&rsquo;entendaient que le latin supposaient que l&rsquo;on s&rsquo;adressât à eux dans une langue simple, essentiellement orale et sans autre prétention que d&rsquo;offrir les rudiments de la foi chrétienne. Mais les nécessités ultérieures de la pastorale, dans la logique même d&rsquo;une religion du livre, ont ensuite obligé les chrétiens à traduire le texte de l&rsquo;Écriture. Par respect pour ce texte considéré comme inspiré, les premiers traducteurs se sont d&rsquo;abord montrés soucieux d&rsquo;en sauvegarder jusqu&rsquo;à la lettre, au risque d&rsquo;écorcher les oreilles formées à l&rsquo;école classique du grammairien et du rhéteur; et l&rsquo;on sait combien la <strong>singularité linguistique</strong> de ces premières traductions a commencé par rebuter saint Augustin avant qu&rsquo;il ne prenne finalement la <strong>langue biblique comme modèle de sa propre écriture</strong>, en particulier dans ses Confessions. Ce premier moment est décisif dans l&rsquo;histoire de la latinité chrétienne, non seulement pour lui-même, mais aussi parce qu&rsquo;il a conditionné l&rsquo;essor du christianisme latin : ces anciennes versions de la Bible ont été celles qu&rsquo;ont utilisées, d&rsquo;abord exclusivement, puis majoritairement, les <strong>Pères de l&rsquo;Église latine jusqu&rsquo;à l&rsquo;époque carolingienne</strong> où s&rsquo;est imposé l&rsquo;usage de la version hiéronymienne des Écritures, mieux connue sous le nom de « Vulgate ».<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">D&rsquo;un point de vue strictement linguistique, ces premières traductions ont induit pour longtemps l&rsquo;usage littéraire d&rsquo;une langue familière et non périodique <strong>qui rompt délibérément avec l&rsquo;état « classique »</strong> de la langue latine; <span style="color:red">[qui est l'état qu'on nous apprend au collège en 5<sup>ème</sup>, alors même que c'est Saint Jérôme qui finalement assure par sa Vulgarte le maintiend e la culture latinisante dans tout l'Occident pendant 20 siècles… ]</span> d&rsquo;autre part, le latin biblique, qu&rsquo;il soit vieux-latin ou vulgate, est marqué du <strong>sceau de l&rsquo;invention lexicale</strong>, qui n&rsquo;hésite pas à créer des néologismes ou à enrichir le sens de certains mots pour traduire au plus près le texte grec ou hébraïque de la Bible.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">En revanche, à l&rsquo;inverse des traductions latines de la Bible, des psaumes et des cantiques bibliques, <strong>le latin liturgique, qui se répand en Occident dès la seconde moitié du IVe siècle, est le produit d&rsquo;une culture lettrée</strong>, <span style="color:red">[Comprendre : le latin de l'hymnographie et des collectes.]</span> d&rsquo;où les emplois populaires de la langue sont pour ainsi dire totalement absents.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><strong><em>Les Hymnes chrétiennes<br />
</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">L&rsquo;art de la poésie hymnique chrétienne <strong>présente des raffinements extrêmes</strong> et une très grande souplesse, qui n&rsquo;hésite pas à <strong>réinvestir les images du paganisme</strong> (le soleil, le phénix, la sibylle, le rituel du triomphe, etc.) et qui recourt aux subtilités métriques des Anciens pour satisfaire les oreilles des lettrés, en même temps qu&rsquo;il ouvre la voie à une poésie rythmique <strong>populaire</strong>. <span style="color:red">[Oui oui, les hymnes latines, un <strong>chant populaire</strong>]</span> À cet égard, les Hymnes <strong>d&rsquo;Ambroise de Milan</strong><br />
			<span style="color:red">[qui sont en lien avec bien sûr le rite ambrosien mais dont beaucoup de productions ont été reprises dans le rite romain. On pourra consulter à ce titre l'excellent livre de Dom Hala…]</span> attestent l&rsquo;efficacité d&rsquo;une poésie liturgique tout à la fois riche d&rsquo;une culture romaine totalement assimilée, <strong>ouverte sur les exigences pastorales et doctrinales</strong>, construite sur une structure métrique simple et sur des jeux symboliques subtilement organisés à travers la composition strophique de chaque pièce.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Ce genre littéraire a connu un <strong>succès fulgurant</strong> dès sa création et il a été une des formes les plus vivantes de la dévotion chrétienne, <span style="color:red">[et avouons le : on n'a jamais égalé ça jusqu'à aujourd'hui…]</span> en particulier dans <strong>le cadre liturgique de l&rsquo;office monastique</strong> dont il est devenu une partie intégrante. <span style="color:red">[Remarquons également que la réforme liturgique de Vaticna II a repris les textes anciens qui avaient été malheureusement « revus » au XXème siècle, et qui sont désormais rétablis]</span> On trouve ce même raffinement dans les oraisons de la liturgie chrétienne, dont la rhétorique est particulièrement bien adaptée à la solennité et à la sacralité de la parole du sanctuaire. L&rsquo;oraison liturgique et les prières de l&rsquo;office chrétien empruntent à l&rsquo;art de l&rsquo;ancienne prière païenne plusieurs procédés de style : <strong>les parallélismes, les antithèses et les chiasmes, l&rsquo;art de la formule, la structure binaire, l&rsquo;accumulation de synonymes, l&rsquo;homéotéleute, l&rsquo;adresse à la deuxième personne, l&rsquo;usage des clausules oratoires</strong>, sans compter les références romaines à la <strong>langue du droit et de la philosophie</strong> et la spécificité d&rsquo;une prière qui réunit le passé, le présent <strong>et l&rsquo;eschatologie dans la célébration du mystère</strong>. <span style="color:red">[faisant un beau pont entre une tradition orientale et la culture d'occident, que malheureusement un certain augustinisme – non pas littéraire mais philosophique a eu tendance à nous faire perdre].</span><br />
		</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><strong><em>Malgré le choc des invasions barbares.<br />
</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Dans les derniers siècles de l&rsquo;Antiquité, le <strong>choc des invasions barbares</strong>, la chute de l&rsquo;Empire d&rsquo;Occident et l&rsquo;effondrement du système scolaire <strong>auraient pu faire craindre un étiolement</strong> de la langue latine. En réalité, si cet étiolement s&rsquo;est bien produit, notamment dans la pratique de la prédication, induisant ainsi des facteurs de diversification et de fragmentation qui ont donné naissance aux langues romanes, <strong>le latin a continué d&rsquo;être la langue de la liturgie romaine et de la Bible</strong> en Occident, et il s&rsquo;est maintenu dans les marges de l&rsquo;ancienne Romania, en Espagne et dans les îles anglo-saxonnes, d&rsquo;où migreront bientôt les artisans de la renaissance carolingienne.<br />
</span></p>
<p style="text-align: center"><img src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/052213_1309_Lelatinauxs11.jpg" alt=""/><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><br />
		</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Triplement encouragé par une réforme de l&rsquo;écriture, qui impose la minuscule caroline dans les grands scriptoria monastiques, par la <strong>généralisation de la liturgie romaine et de la Bible « vulgate »</strong><br />
			<strong>à l&rsquo;ensemble du territoire carolingien</strong>, <span style="color:red">[c'est bien la liturgie romaine et la création du répertoire appelé pour des raisons politiques « grégorien » qui dynamise et pérennise la langue latine]</span> le latin redevient, en effet, à cette époque, et pour longtemps, une langue unificatrice et une langue <strong>d&rsquo;échanges intellectuels</strong>, culturels et administratifs, comme il l&rsquo;avait été dans l&rsquo;Antiquité. Certes avec une différence qu&rsquo;il faut souligner : <strong>le latin des époques médiévale et moderne n&rsquo;est plus une langue « vivante »</strong> dans le sens où il ne repose plus sur l&rsquo;instance normative d&rsquo;un peuple, capable de lui donner les impulsions nécessaires à son développement. Il devient une <strong>langue d&rsquo;école et de débat</strong>, la <strong>langue de l&rsquo;intelligence européenne</strong><br />
			<span style="color:red">[faire une Europe chrétienne, ne serait-ce donc pas redonner sa vraie place au latin dans les organisations de l'Europe… La vraie ?]</span> sans ignorer totalement celle du cœur, mais, en toute hypothèse, une langue qui ne connaît plus les vicissitudes d&rsquo;états de langue concurrents et fluctuants. Une langue de cette sorte, <strong>très robuste et indifférente aux rumeurs de la rue</strong>, a pu résister à tous les éclatements politiques qui ont déchiré les peuples et les nations en Europe; dans le même temps, elle a continué <strong>d&rsquo;accueillir toutes les renaissances intellectuelles et les progrès du savoir</strong>, au-delà des frontières et des particularismes locaux.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><strong><em>Toujours la langue officielle de la l&rsquo;Église romaine.<br />
</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Du reste, nonobstant une ouverture généralisée aux langues vernaculaires, le latin reste encore aujourd&rsquo;hui <strong>la langue officielle de la liturgie et du magistère romains</strong>, en ce compris les textes des <strong>encycliques</strong> pontificales et du <strong>Concile Vatican II</strong>. Capable d&rsquo;exprimer tous les états de l&rsquo;âme croyante et de la foi dans leurs <strong>raffinements les plus subtils</strong> et héritier d&rsquo;une <strong>réflexion théologique et d&rsquo;une spiritualité</strong> qui remonte aux premiers temps de l&rsquo;Église, <span style="color:red">[Peut on donc, - vraiment – faire de la théologie et ignorer le latin ?]</span> le latin est une langue que son ancienneté et son « immobilisme » <strong>immunisent contre les déviances d&rsquo;interprétation</strong>, les singularités, sinon les fadeurs, les banalités ou les excentricités, auxquelles sont soumises les langues vernaculaires. A ce titre, on aimerait retrouver plus souvent dans nos églises d&rsquo;occident une évidence que personne ne songerait à contester dans d&rsquo;autres traditions liturgiques : <strong>il ne convient pas de parler dans le culte rendu à Dieu la langue que l&rsquo;on parle quand on fait son marché</strong><br />
			<span style="color:red">[Cette évidence devait être rappelée fortement : de même que le prêtre n'utilise pas un verre à la place du calice, fut il en cristal, une assiette à la place de la patène – fut il en porcelaine de Limoges, un manteau à la place de la chasuble fut il de Chez Chanel, il devrait utiliser le latin plutôt que le vernaculaire, comme le rappelle le Missel romain actuel et bien sûr le Concile Vatican II]</span> !<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Quoi qu&rsquo;on puisse penser aujourd&rsquo;hui du choix du latin qu&rsquo;a fait l&rsquo;Église ancienne, il est évident qu&rsquo;à l&rsquo;époque le latin était <strong>le mode d&rsquo;expression linguistique le mieux répandu et le plus efficace pour la diffusion du message chrétien</strong>.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><strong><em>Au-delà des vicissitudes temporelles, un garant d&rsquo;indépendance.<br />
</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Lorsque l&rsquo;Empire a disparu, <strong>le latin a ensuite permis à l&rsquo;Église de continuer à faire entendre sa voix</strong> au-delà de toutes les vicissitudes temporelles et des récupérations nationalistes, car <strong>en parlant une langue qui n&rsquo;appartenait à personne</strong>, elle restait en mesure de proposer une référence linguistique stable à laquelle il était toujours possible de revenir pour s&rsquo;accorder sur un discours souverain. <span style="color:red">[Combien le latin serait donc utile à des instances supranationales encore aujourd'hui…]</span><br />
			<strong><em><br />
				</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Certes, on pourra reprocher au latin de véhiculer une culture qui n&rsquo;est plus nécessairement partagée par tous les fidèles d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, mais l&rsquo;objection vaut pour toutes les langues, et en particulier pour les langues vivantes, très liées aux sensibilités identitaires. <strong>Riche d&rsquo;un système linguistique qui peut accueillir tous les progrès de la modernité</strong><br />
			<span style="color:red">[rappelons l'élévation du statut de l'institut Latinitas par le S. Père Benoît XVI…]</span> et porteur d&rsquo;une tradition à la fois humaine et spirituelle qui a incontestablement contribué au rayonnement universel du christianisme, <strong>le latin demeure le meilleur garant de l&rsquo;unité et de l&rsquo;indépendance de l&rsquo;Église romaine</strong> contre toutes les instrumentalisations de son message. <span style="color:red">[Donc aimons apprenons, et chantons le latin !]</span><br />
		</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><em>Paul-Augustin DEPROOST, Professeur à l&rsquo;Université Catholique de Louvain, Pâque Nouvelle 2004/2</em><br />
		</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">&lsquo; <em>Note de Pâque Nouvelle : </em>Les sous-titres sont de notre Rédaction. &#8211; Signalons que, d&rsquo;après Vatican II, la langue officielle de l&rsquo;Église catholique romaine demeure le latin (Constitution sur la Liturgie, nn. 101 et 116).<br />
</span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/le-latin-aux-sources-linguistiques-du-christianisme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Pentecôte : l’octave suprême ?</title>
		<link>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/pentecote-loctave-supreme/</link>
		<comments>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/pentecote-loctave-supreme/#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 22 May 2013 08:00:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre à prier]]></category>
		<category><![CDATA[ars celebrandi]]></category>
		<category><![CDATA[nouveau mouvement liturgique]]></category>
		<category><![CDATA[Pentecôte]]></category>
		<category><![CDATA[réforme de la réforme]]></category>
		<category><![CDATA[Villars les Dombes]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scholasaintmaur.net/?p=1706</guid>
		<description><![CDATA[Le site web du &#171;&#160;New Liturgical Movement&#160;&#187; nous propose cette semaine la republication d&#8217;un article de Guy Nichols, oratorien britannique. Nous connaissons l&#8217;implication des oratoriens en Angleterre dans le sens du mouvement de ce que l&#8217;on a pu appeler la « Réforme de la réforme » (liturgique, s&#8217;entend, bien sûr). Nous avons traduit ce texte, proposé des &#8230; </p><p><a class="more-link block-button" href="http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/pentecote-loctave-supreme/">Lire la Suite &#187;</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><em><span style="color:black">Le site web du &laquo;&nbsp;New Liturgical Movement&nbsp;&raquo; nous propose cette semaine la republication d&rsquo;un article de Guy Nichols, oratorien britannique. Nous connaissons l&rsquo;implication des oratoriens en Angleterre dans le sens du mouvement de ce que l&rsquo;on a pu appeler la « Réforme de la réforme » (liturgique, s&rsquo;entend, bien sûr). Nous avons traduit ce texte, </span><span style="color:red">proposé des commentaires</span><span style="color:black"> et <strong>des mises en gras</strong>.<br />
</span></em></span></p>
<p style="text-align: center; background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt"><strong>Pentecôte : l&rsquo;octave suprême ?<br />
</strong></span></p>
<p style="text-align: center; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">&laquo;&nbsp;.. considérons les offices du bréviaire pour la Pentecôte et son Octave comme la plus importante, peut être de toute l&rsquo;année&nbsp;&raquo;. (Bienheureux John, Henry Newman.)<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt">L&rsquo;an dernier, j&rsquo;ai lu avec le plus grand intérêt l&rsquo;article de Gregory Dipippo sur l&rsquo;octave de Pentecôte.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">A la lumière de cet article,  et au regard de la saison liturgique en cours, vos lecteurs pourront être intéressés de connaître une nouvelle initiative qui se déroulera lors de cette Pentecôte à Dorchester on Thames, OxfordShire, en Angleterre, une église dont il a été plusieurs fois question sur le site web du &laquo;&nbsp;New Liturgical Movement&nbsp;&raquo; </span><span style="color:red">[NDT : « Nouveau Mouvement Liturgique »]</span><span style="color:black">. Cette fois, j&rsquo;ai ajouté mes propres réflexions sur <strong>l&rsquo;importance de restaurer l&rsquo;observance liturgique de l&rsquo;Octave de Pentecôte.<br />
</strong></span></span></p>
<p style="text-align: center; background: white"><img src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/052213_0759_Pentectelo17.jpg" alt=""/><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt"><br />
		</span></p>
<p style="text-align: center; background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt"><em>Pentecôte 2013 à Villars les Dombes avec l&rsquo;ensemble de l&rsquo;ordinaire et du propre chanté en grégorien.<br />
</em></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">A Dorchester, le dimanche de Pentecôte (Whitsunday </span><span style="color:red">[NDT : le « blanc-dimanche » ]</span><span style="color:black">)  a été célébré avec une magnifique messe solennelle <strong>dans le nouvel ordo missae</strong> et précédé par le chant solennel de <strong>l&rsquo;office de Tierce</strong> en latin tiré du brévaire d&rsquo;avant 1970 (qui comprend principalement le Veni Creator et les sections II à V du psaume 118) </span><span style="color:red">[Nous chantons quant à nous également l'office de tierce avant la messe de la plupart des dimanches dans à la cathédrale S. Charles Borromée de Saint Etienne 42000, mais selon l'antiphonale romanum de 2009]</span><span style="color:black">. Tandis que la messe a commencé en vernaculaire et était quasiment entièrement chantée, <strong>c&rsquo;est la langue latine qui a pris le dessus à partir du Pater jusqu&rsquo;à la fin</strong>. Le Célébrant était assisté par un diacre <strong>et un acolyte vêtu de la tunique</strong>. </span><span style="color:red">[Les oratoriens britanniques tirent donc légitimement parti des rubriques du Missel de 1970 qui prévoir l'action du sous-diacre, comme nous l'avons à plusieurs reprises mentionné dans nos pages.]</span><span style="color:black"> L&rsquo;ordinaire de la messe, la « Messe de l&rsquo;homme armé » de Morales était chanté par le Newman Consort d&rsquo;Oxford, un groupe en lien avec l&rsquo;ordinariat de Notre-Dame de Walshingam, </span><span style="color:red">[ce sont les ex-anglicans, devenus catholiques mais ayant conservé leur usages liturgiques. Notons qu'ils ont gardé l'ensemble de leur prélats ex « évêques anglicans » quibien que mariés ont été orfonnés prêtres et officient avec les pontificalia c'est-à-dire mitre crosse, croix pectorale, en tant qu'ordinaires. Notons aussi la proximité entre les Oratoriens et ces ex Anglicans. La rigueyr liturgique des prmeirs favorisant la conversion des seconds. Il y a bien un lien fort entre liturgie et œcuménisme, liturgie et évangélisation]</span><span style="color:black"> qui a également chanté le <em>Confirma Hoc Deus</em> de Byrd.<br />
</span></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">Plus intéressant et plus marquant, deux jeunes adultes, récemment baptisés, furent confirmés grâce à un indult spécial, après l&rsquo;homélie. </span><span style="color:red">[Rappelons que la confirmation est du ressort de l'évêque, théoriquement. L'indult spécial, c'est que le sacrement a dû être donné par un simple prêtre oratorien.]</span><span style="color:black"> Ils portaient des robes blanches des néophytes, illustrant par là l&rsquo;origine de l&rsquo;appellation familière en Anglais « Whitsunday » </span><span style="color:red">[NDT : « blanc-dimanche »]</span><span style="color:black"> comme c&rsquo;est le moment dans l&rsquo;usage, dans les temps anciens des baptêmes d&rsquo;adultes sous nos climats nordiques. Après la chrismation, l&rsquo;assemblée entière ayant renouvelé sa foi baptismale avec les candidats à la place du Credo, fut aspergée avec l&rsquo;eau baptismale, accompagnée par le chant du <em>Vidi Aquam</em>.<br />
</span></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">Comme il apparaît que la grande fête de « l&rsquo;anniversaire de l&rsquo;Eglise » est célébrée de façon plus appropriée sur une période plus étendue que ce qui est possible pour la seule journée réservée à cela dans le missel de 1970, <strong>l&rsquo;octave de Pentecôte est désormais célébrée avec une série de messes votives du Saint Esprit</strong>, mais avec <strong>quelques différences</strong> importantes. </span><span style="color:red">[Nous avons nous aussi à la cathédrale saint Charles de saint Etienne le lundi de Pentecôte une messe votive du Saint Esprit, en latin avec le propre grégorien de la veille, complet].<br />
</span></span></p>
<p style="text-align: center; background: white"><img src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/052213_0759_Pentectelo28.jpg" alt=""/><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt"><br />
		</span></p>
<p style="text-align: center; background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt"><em>Vêpres de la Pentecôte à l&rsquo;oratoire de Birmingham<br />
</em></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">En cohérence avec l&rsquo;idée du Saint Père exprimée dans <em>Summorum Pontificum</em><br />
			</span><span style="color:red">[le motu proprio de Benoît XVI en 2007 libéralisant la forme ancienne de la liturgie romaine, selon les livres liturgiques de 1962]</span><span style="color:black"> que <strong>les deux formes du rite romain devraient s&rsquo;enrichir mutuellement,</strong> l&rsquo;Octave est <strong>célébrée largement en forme ordinaire</strong>, mais en utilisant des éléments tirés largement <strong>des messes de l&rsquo;octave datant d&rsquo;avant 1970</strong>. </span><span style="color:red">[Rappelons que l'octave de Pentecôte existait jusqu'en 1970, mais a été supprimé pour des raisons nojn expliquées, ce qui est il est vrai curieux, surtout lorsqu'on sait que Paul VI lui-même fut très surpris par cette décision du <em>Consilium</em> pour l'applicaitond e la réforme liturgique et s'en était même plaint à plusieurs de ses proches. L'octave de la Pentecôte est extrêmement traditionnel, et les ligens qui suivent vont non seulement expliquer en quoi, mais aussi comment faire pour en tirer tous les fruits, y compris dans une liturgie utilisant les livres d'après 1970]</span><span style="color:black"> Les chants propres sont tirés du <em>Graduale</em> des messes de l&rsquo;octave d&rsquo;avant 1970, <strong>particulièrement l&rsquo;Alléluia et sa séquence <em>Veni Sancte Spiritus</em> chantés en latin</strong>. </span><span style="color:red">[Notons l'ordre : l'alléluia, puis la séquence.]</span><span style="color:black"> Les lectures de chaque jour sont celles proposées par l&rsquo;ancien missel, étendues <strong>lors des quatre temps du mercredi et du samedi</strong>. </span><span style="color:red">[Les quatre temps, qui sont aujourd'hui réduits à une dévotion populaire ont jusqu'en 1970 une véritable conséquence liturgique, que l'oratoire d'Angleterre n'hésite pas à mettre en œuvre lors de cette octave. Bel exemple.] </span><span style="color:black">A la place des graduels, <strong>pour les messes de semaine, les psaumes responsoriaux sont tirés du lectionnaire actuel</strong> pour être apairés au caractère spécifique de chacun des jours. </span><span style="color:red">[On constate donc que le formulaire de la messe lue est retenu en semaine, donc avec les psaumes responsoriaux, tandis que les graduels sont pour la messe chantée. Ce qui est tout à fait cohérent. Dans une logique extra monastique, il n'ya pas de vraie raison de chanter entièrement chaque jour la messe.]</span><span style="color:black"><br />
			</span></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">Par exemple, l&rsquo;évangile du mardi, « la porte de la bergerie » (Jn 10,1-10) a <strong>comme prélude idéal le psaume 22</strong>, tandis que la longue série des lectures de l&rsquo;ancien testament du samedi reprend l&rsquo;un des thèmes préchrétiens de la fête juive de la Pentecôte, <strong>l&rsquo;offrande à Dieu des premiers fruits de la récolte, pour laquelle les psaumes 64, 106 et 125 qui sont proposés dans le calendrier du Novus Ordo</strong> et qui donc sont choisis ici. </span><span style="color:red">[Enrichissement mutuel des deux formes du rite romain]</span><span style="color:black"><br />
			</span></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt"><strong><em>Observation sur le retour de l&rsquo;octave de Pentecôte.<br />
</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">Le passage au temps ordinaire immédiatement au lundi qui suit la Pentecôte est violent. Ce n&rsquo;est pas seulement le retour au temps ordinaire en soi qui pose problème parce que de toutes façons, il faut bien y revenir à un moment ou à un autre. Non, le problème que plusieurs de vos correspondants partagent avec moi est qu&rsquo;en réalité, <strong>le premier lundi vert après la Pentecôte nous arrive de nulle part</strong>. En plus de ce côté abrupt, les féries qui suivent désormais la Pentecôte appartiennent à une suite entièrement déconnectée qui a été rompue avant le Carême et qui n&rsquo;a aucun élément de continuité avec ce qui la précède immédiatement. La transition </span><span style="color:red">[entre temps pascal et un temps ordinaire qui est en fait une continuité par rapport à une période de précarême]</span><span style="color:black"> avec une fin de l&rsquo;octave de Pentecôte qui se terminait par le samedi des Quatre Temps, en transition avec les 1ères vêpres de la Trinité, qui <strong>marquait le début d&rsquo;une nouvelle saison</strong> par une fête célébrant la descente du Saint Esprit « menant l&rsquo;Église vers la vérité toute entière. »<br />
</span></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt"><strong><em>Concrètement, quel est le résultat de la perte de l&rsquo;octave de Pentecôte ?<br />
</em></strong></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">Premièrement, l&rsquo;effet le plus malheureux est de réduire la Pentecôte <strong>à une voie sans issue</strong>. Parce que désormais, c&rsquo;est <strong>un seul jour qui clôt tout le temps pascal</strong>, à partir duquel tout ce qui suit est sans continuité : le temps ordinaire <strong>ne semble pas être la suite de la Pentecôte</strong>, mais semble la <strong>supplanter</strong>. Si bien que la Pentecôte semble désormais se contenter de regarder en arrière vers Pâques, dont elle est la célébration de conclusion, plutôt que d&rsquo;être à la fois la réminiscence de Pâques et <strong>la mise en marche au travers du « temps vert »</strong> représentant la vie post pentecostale de l&rsquo;Église <strong>jusqu&rsquo;au second avènement</strong>. </span><span style="color:red">[Second avènement, c'est-à-dire parousie, que justement le reste de la dynamique de l'année liturgique post conciliaire a voulu particulièrement mettre en avant, avec la fête du Christ roi au dernier dimanche per annum / ordinaire, le chant de la séquence Dies irae à l'office, et la fameuse anamnèse qui s'achève par deux mots lourds de sens : <em>Donec venias</em> : jusqu'à ce quee Tu viennes.]</span><span style="color:black"><br />
			</span></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">Deuxièmement, cette rupture et cette discontinuité  est encore plus appuyée par <strong>la nomenclature « temps ordinaire ».</strong> Alors qu&rsquo;à partir de l&rsquo;appellation « temps après la pentecôte » seul, l&rsquo;Eglise a pu positionner une relation à cette fête (même de façon différente que le temps après Pâques en fonction de la fête de Pâques elle même), il y a en réalité plus qu&rsquo;un rapport de nom. </span><span style="color:red">[le Graduale romanum de 1961 donne comme appellation <em>tempus per annum post pentecosten</em>. Le Graduale romanum de 1975 supprimme les deux derniers mots pour garder seulement <em>tempus per annum</em>. Derrière cette observation il y aussi la mise en cause légitime de l'interchangeabilité des formulaires pour le temps <em>per annum</em> avant carême ou après pentecôte, qui est probablement la plus grosse faute de goût de l'organisation du temporal d'après le Concile, c'est-à-dire des suppression des semaines de septuagésime et sexagésime.]</span><span style="color:black"> Bien sûr, la temps pascal est plus organiquement et thématiquement lié à Pâques que toute la période « Post Pentecosten » l&rsquo;est à la Pentecôte. Pour autant, la correspondance entre le temps après la Pentecôte d&rsquo;un côté et l&rsquo;ère entière de <strong>l&rsquo;Église désormais dotée du Saint Esprit et dans l&rsquo;attente de la Parousie</strong> d&rsquo;un autre côté, était formellement manifesté dans cette longue période « verte » de l&rsquo;année ecclésiastique. </span><span style="color:red">[Dans cette perspective, et c'est probablement la partie la plus convaincante de l'article de Nichols, c'est justement l'organisation du temporal de la nouvelle année liturgique post conciliaire qui prêcherait pour le maintien de l'octave de Pentecôte, puisque depuis 1970, le temps vert d'après la pentecôte est orienté vers le point d'orgue de la solennité parousique du Christ roi de l'univers.]</span><span style="color:black"> C&rsquo;était spécialement clair au début de la saison avec les fêtes contemplant les mystères de la Trinité et du Corpus Christi, <strong>et à la toute fin via les évangiles eschatologiques des </strong></span><span style="color:red">[derniers]</span><span style="color:black"><strong> dimanches </strong></span><span style="color:red">[per annum / ordinaires]</span><span style="color:black">.<br />
</span></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">Troisièmement, la forte limitation de la présence pentecostale à la méditation d&rsquo;un seul jour laisse un vide que <strong>les charismatiques pentecôtistes chercheront à combler</strong>. Même si historiquement il y a beaucoup de raisons pour lesquelles ce mouvement a grandi à l&rsquo;intérieur de l&rsquo;Eglise, ce n&rsquo;est pas sans signification que le <strong>caractère a-liturgique</strong> des potentiels promoteurs d&rsquo;une vie dévotionnelle pneumatologique à l&rsquo;intérieur de l&rsquo;Église latine a coïncidé avec cette désormais célébration très réduite de l&rsquo;avènement de l&rsquo;Esprit et de Son rôle dans l&rsquo;Eglise jusqu&rsquo;à la Parousie. </span><span style="color:red">[Un prêtre me faisait remarquer d'ailleurs que tous les mouvements du « renouveau » et de la prière informelle des charismatiques sont justement nés de l'absence de célébration de la liturgie des heures et de l'office divin pendant la période transitoire du début de la réforme liturgique où l'Eglise n'avait pas encore sa prière propre des heures en conformité avec la volonté du Concile. Remarquons d'ailleurs que tout cela commence <em>à peine</em> à être corrigé… L'insistance des mouvement du renouveau sur les charismes de l'Esprit Saint ne viennent ils pas aussi de la suppression de la célébration du Saint Esprit donné à l'Église dans l'octave de Pentecôte mais aussi et conséquemment dans la plus grande partie du cycle du temporal, qui peut, certaines années aller en fonction de la date de Pâques, aller jusqu'à 28 semaines ? ]</span><span style="color:black"><br />
			</span></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">En lien avec un focus pneumatologique sur la liturgie, je trouve difficile de voir <strong>comment la neuvaine de pré pentecôte</strong> (comme défendue par Mgr Bunigni) <strong>peut remplacer de façon adéquate le poids de l&rsquo;octave d&rsquo;après Pentecôte</strong>. Laissez moi immédiatement constater que j&rsquo;ai la conviction que <strong>les Messes de la forme ordinaire pour la période entre l&rsquo;Ascension et la Pentecôte sont admirables en tant que préparation dans la prière à la descente de l&rsquo;Esprit</strong>, et que c&rsquo;est un excellent exemple de la manière dont <strong>certains aspects de la forme ordinaire  peuvent certainement devenir un enrichissement dont la forme extraordinaire pourrait bénéficier</strong> (tout comme <strong>l&rsquo;euchologie et le lectionnaire du temps pascal</strong> en son entier). </span><span style="color:red">[Notons qu'à l'office aux vêpres, la forme ordinaire a également pendant la neuvaine tous le sjours le <em>Veni Creator</em> comme hymne des vêpres.]</span><span style="color:black"> En même temps, il faut considérer qu&rsquo;une phase de préparation est seulement ce qu&rsquo;elle est : une <strong>préparation à l&rsquo;événement, et non pas son accomplissement</strong>. L&rsquo;octave de Pentecôte représente l&rsquo;accomplissement du déversement de l&rsquo;Esprit tel qu&rsquo;Il est manifesté dans la vie post pentecostale de l&rsquo;Église.<br />
</span></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">A ceux qui suggèrent que l&rsquo;Eglise <strong>devrait tout simplement faire avec</strong>, </span><span style="color:red">[j'apprécie chez les oratoriens anglais cette capacité à ne pas se laisser happer par la contrainte, à s'élever au dessus de la problématique pour essayer de pousser en avant des solution fiables et viables. C'est la créativité britannique qu'il nous manque parfois en France ?]</span><span style="color:black"> et passer directement de du dimanche de la Pentecôte au temps ordinaire sans aucun délai, je dis que <strong>l&rsquo;Octave de Pentecôte, bien loin d&rsquo;introduire un retard dans l&rsquo;inauguration </strong></span><span style="color:red">[NDT : de la nouvelle saison liturgique],</span><span style="color:black"> est le moment <strong>de la mise en scène pour le temps ordinaire qui suit</strong>. Tout lecteur attentif des textes des messes et des offices de l&rsquo;Octave se rend immédiatement compte que ce ne sont pas seulement des réminiscences historiques des différents aspects de la descente de l&rsquo;Esprit Saint qui y sont décrites. En fait, <strong>l&rsquo;Esprit n&rsquo;est mentionné dans les Evangiles d&rsquo;aucune des messes au long de l&rsquo;Octave</strong>. Les messes votives du lectionnaire de Paul VI contiennent certes un regroupement des péricopes évangéliques qui mentionnent le Saint Esprit explicitement, mais ce n&rsquo;est pas ce que l&rsquo;Église visait dans les formulaires des messes de l&rsquo;octave de Pentecôte : ce sont les effets du déversement de l&rsquo;Esprit pendant l&rsquo;Octave qui sont célébrés lors de ces passages évangéliques. Pourquoi alors l&rsquo;Église utilisait – elle des passages de l&rsquo;Évangile sans aucune référence à la venue de l&rsquo;Esprit pendant l&rsquo;octave de Pentecôte ? C&rsquo;est bien sûr la conséquence <strong>de la nature baptismale de l&rsquo;Octave, commençant bien sûr avec sa Vigile</strong>. </span><span style="color:red">[Dans plusieurs endroits en France, nous avons une réflexion sur la mise en œuvre de la Vigile de Pentecôte avec toutes ses lectures, en cherchant à lui donner une solennité voisine de la vigile de Pâques. C'est évidemment une excellente chose. Peut être faudrait il aussi en tirer toutes les conséquences et étendre cette réflexion à l'octave qui suit conséquemment cette vigile solennelle.]</span><span style="color:black"> C&rsquo;est le caractère baptismal qui a formé la colonne vertébrale et le matériau catéchétique de l&rsquo;Octave et au regard de son rang particulièrement solennel, d&rsquo;une façon égale à la célébration de Pâques elle même.<br />
</span></span></p>
<p style="text-align: center; background: white"><img src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/052213_0759_Pentectelo38.jpg" alt=""/><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt"><br />
		</span></p>
<p style="text-align: center; background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt"><em>Pentecôte 2013 à Villars les Dombes : au fond la schola Saint Maur chante Spiritus Domini replevit orbem terrarum (Introït, puis Vidi Aquam, Kyrie Gloria. Après chaque lecture, un répons alléluiatique, puis la séquence Veni Sancte Spiritus)<br />
</em></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">Quatrièmement, si le caractère et la solennité de l&rsquo;octave de Pentecôte sont ultimement en lien à la célébration baptismale de la Pentecôte, <strong>l&rsquo;octave devrait continuer à exister dans une forme identique à celle qu&rsquo;elle avait jusqu&rsquo;en 1970</strong> ; et devrait il y avoir ici deux célébrations du Baptême d&rsquo;une solennité voisine à chacune des extrémités d&rsquo;une même saison </span><span style="color:red">[liturgique] </span><span style="color:black">? Si non, alors est ce que la Pentecôte devrait continuer à être marquée par un octave aussi solennel que celui qui était utilisé pour lui donner une telle splendeur ?<br />
</span></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">En ce qui concerne le premier point, il est douteux de considérer le « doublet » de la vigile de Pentecôte pour la célébration du baptême comme redondant. Il peut simplement être considéré comme la remise à plus tard de la cérémonie baptismale à un moment plus tardif et plus clément de l&rsquo;année. L&rsquo;Eglise pendant des siècles n&rsquo;a trouvé aucune incongruité à la célébration des deux vigiles, même si le Baptême n&rsquo;est célébré qu&rsquo;à l&rsquo;un des deux en certains endroits et à certaines périodes.  J&rsquo;avancerai cependant que ce « doublet » n&rsquo;est pas une simple « duplication ». Comme cela a été célébré pendant la plus grande partie de l&rsquo;histoire de l&rsquo;Église latine,  Pâques et Pentecôte ont été comprises comme des fêtes en lien avec les fonts </span><span style="color:red">[baptismaux].</span><span style="color:black"> Elles sont toutes deux, <strong>de façon complémentaire</strong>, une célébration de la fécondité sacramentelle. La Résurrection et le déversement de l&rsquo;Esprit ne devrait pas être traité comme si l&rsquo;on pouvait réduire l&rsquo;ensemble à un seul événement identique, mais <strong>comme les étapes successives d&rsquo;un seul Mystère Pascal dans lequel la seconde et la troisième personne de la Trinité agissent de façon spécifique en fonction de la volonté salvifique du Père des cieux</strong>. </span><span style="color:red">[Notons l'expression de « mystère pascal », qui est aussi également beaucoup sous la plume d'un autre oratorien liturgiste, amsi français : le RP Bouyer, et qui a beaucoup influencé la théologie de la liturgie d'après Vatican II]</span><span style="color:black"><br />
			</span></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><span style="color:black">Pour prendre le second point : <strong>si le baptême n&rsquo;a pas à être célébré avec la même sorte de solennité à la Pentecôte qu&rsquo;à Pâques, alors la Pentecôte a t&rsquo;elle à se voir attribuée une octave du même rang et d&rsquo;un caractère équivalent à celle de Pâques ?</strong> Il faut soulever alors la question du caractère de l&rsquo;octave de Pâques précisément comme baptismal. Toutes les péricopes évangéliques de l&rsquo;octave de Pâques sont tirées des événements tirés des apparitions de la Résurrection. Sous cet aspect, l&rsquo;octave de Pâques, a un caractère bien que baptismal par ses Introïts, oraisons, et épîtres est plus évidemment lié à <strong>l&rsquo;événement historique qu&rsquo;il célèbre</strong> que l&rsquo;octave de Pentecôte. En fait, du point de vue des péricopes évangéliques,  <strong>c&rsquo;est la Pentecôte qui a qui a le plus clairement un caractère post baptismal</strong>. En regardant soigneusement les deux octaves, il apparaît clairement qu&rsquo;ils sont unis par le même caractère baptismal, mais de façon complémentaire : le premier, basé sur l&rsquo;événement historique de la résurrection comme cause originelle de notre salut, et le second célébrant le <strong>déversement de l&rsquo;Esprit come le moyen de la continuité</strong> de l&rsquo;accomplissement de <strong>cette rédemption dans les sacrements</strong> de l&rsquo;Église. </span><span style="color:red">[Avec le rappel au passage que les sacrement sont bien une affaire ave l'Esprit Saint…]</span><span style="color:black"><br />
			</span></span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt">Bien plus, si  tous les dons de l&rsquo;Esprit qui sont donnés au Baptême sont célébrés de façon explicite à Pâques, <strong>pourquoi l&rsquo;Église a t&rsquo;elle besoin de célébrer liturgiquement la Pentecôte</strong>, et pourquoi préparer cette célébration par une neuvaine précédant l&rsquo;Ascension ?<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt">Cinquièmement, la Pentecôte est une fête qui demande <strong>une résonance</strong> à cause de son importance dans la vie de l&rsquo;Église afin d&rsquo;être rendue claire. <strong>Une octave fournit à une fête l&rsquo;espace pour résonner</strong>. C&rsquo;est la réponse à l&rsquo;image que donnait le pape Paul VI de la cloche de l&rsquo;Église qui sonne avant la Messe, en vue de préparer les fidèles psychologiquement à prendre part à la liturgie. Pour amplifier cette image, on pourrait dire que plus la cloche sonne tôt, plus le nombre de cloches qui sonnent est important, <strong>plus la célébration qu&rsquo;elles annoncent est grande et est préparée</strong>.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt">De façon similaire, de la même façon qu&rsquo;un fort son a besoin de temps pour s&rsquo;épanouir afin que son timbre puisse être apprécié, un fête a également besoin de temps. Celle qui se termine en un seul jour a peu d&rsquo;espace où résonner, et donne l&rsquo;impression qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas beaucoup à nous dire alors qu&rsquo;elle a besoin d&rsquo;être entendue à loisir. <strong>J&rsquo;avancerais qu&rsquo;une grande octave emprunte une splendeur proportionnée en avance en ce qui concerne la fête et la splendeur de sa célébration</strong>.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt">En fin de compte, il est également important de ne pas oublier les offices du bréviaire de la Pentecôte et de son octave, que le Bienheureux John Henry Newman appelle &laquo;&nbsp;les plus magnifiques, peut être, de toute l&rsquo;année&nbsp;&raquo; (v. An Essay in Aid of a Grammar of Assent, ch. 5, section 2, &laquo;&nbsp;Belief in the Holy Trinity&nbsp;&raquo;). Ces réflexions issues des Pères sur les lectures de l&rsquo;Évangile de chaque jour nous invitent à approfondir notre assimilation des mystères de la Vie de l&rsquo;Église, dont l&rsquo;âme est l&rsquo;Esprit Saint (CEC 797).<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify; background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt">En résumé le caractère de la Pentecôte comme <strong>consommation et accomplissement du Mystère pascal</strong> suggère qu&rsquo;il est convenable de célébrer cette fête <strong>avec une octave</strong>, similaire en caractère et en rang à celle de Pâques. Pâques regarde à la fois <strong>en arrière</strong> vers la Passion du Seigneur et son « passage vers le Père » <strong>et vers l&rsquo;avant</strong> vers le temps pascal comme la saison liturgique pendant laquelle la résurrection et sa signification pour notre vie éternelle est dévoilée pour nous.  D&rsquo;une façon parallèle, la Pentecôte regarde <strong>en arrière</strong> vers la <strong>promesse du don du Paraclet</strong> qui est faite à Pâques et devant dans le Temps après la Pentecôte qui représente <strong>la vie de l&rsquo;Eglise sous l&rsquo;emprise constante de l&rsquo;Esprit saint</strong> et enrichie de Ses sacrements qui donnent la vie.<br />
</span></p>
<p style="background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt"><strong><em>Guy Nicholls Cong Orat June 25th 2011 and 29th May 2012<br />
</em></strong></span></p>
<p style="background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt"><strong><em>D&rsquo;autres photos de la célébration de la messe de Pentecôte à Villars sont disponibles ici : <a href="http://www.paroisse-villars.com/article-solennite-de-la-messe-de-la-pentecote-117916368.html"/></em></strong></span>http://www.paroisse-villars.com/article-solennite-de-la-messe-de-la-pentecote-117916368.html
</p>
<p style="background: white"><span style="color:black; font-family:Garamond; font-size:12pt">Et là : <a href="http://www.paroisse-villars.com/article-solennite-de-la-pentecote-suite-117922589.html"/></span>http://www.paroisse-villars.com/article-solennite-de-la-pentecote-suite-117922589.html</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/pentecote-loctave-supreme/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>A la messe : présider ou célébrer ?</title>
		<link>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/a-la-messe-presider-ou-celebrer/</link>
		<comments>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/a-la-messe-presider-ou-celebrer/#comments</comments>
		<pubDate>Thu, 16 May 2013 10:15:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre à prier]]></category>
		<category><![CDATA[ars celebrandi]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scholasaintmaur.net/?p=1688</guid>
		<description><![CDATA[Dans de nombreux communiqués de presse, dépêches ou articles de blogs, il semble y avoir une confusion : on annonce la messe du Nième dimanche ou pour la fête de Z. « présidée » par Mgr Y. Sous entendu : ce sera bien Mgr Y qui célébrera la messe, et cette messe sera concélébrée avec le P. O. et &#8230; </p><p><a class="more-link block-button" href="http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/a-la-messe-presider-ou-celebrer/">Lire la Suite &#187;</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Dans de nombreux communiqués de presse, dépêches ou articles de blogs, il semble y avoir une confusion : on annonce la messe du Nième dimanche ou pour la fête de Z. « présidée » par Mgr Y. Sous entendu : ce sera bien Mgr Y qui célébrera la messe, et cette messe sera concélébrée avec le P. O. et l&rsquo;abbé P. Dans le langage général contemporain, nous finissons par avoir l&rsquo;impresssion que les prêtres « président » les messes et ne les « célèbrent » pas (ou plus ?). Or c&rsquo;est fautif, même si cette <em>nomenclature</em> est même revendiquée au nom de la réforme liturgique, car elle peut sous entendre une concélébration, ce qui était rarissime avant le Concile.<br />
</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><br />
		</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Soyons donc précis : dans l&rsquo;absolu, une <strong>messe peut être présidée</strong>, par exemple par un prélat<strong>, sans être célébrée par lui</strong>. Le <em>Cérémonial des Évêques</em> de 1984 le prévoit (cf. CE num. 175 à 178), et l&rsquo;excellent site ceremoniaire.net le mentionne :<br />
</span></p>
<blockquote><p>Il existe des situations pastorales où il serait approprié qu&rsquo;on voie <strong>l&rsquo;évêque présider, sans être le célébrant principal de l&rsquo;Eucharistie</strong>. Les funérailles des parents d&rsquo;un prêtre, la messe de jubilé d&rsquo;un prêtre sont des situations où cette forme de liturgie résout des questions pratiques d&rsquo;étiquette et de bon sens pastoral. En de telles circonstances, le <strong>Cérémonial des évêques prévoit ce qu&rsquo;on appelait jadis une &laquo;&nbsp;Messe en présence d&rsquo;un haut prélat&nbsp;&raquo;</strong> .Un prêtre, en aucun cas un autre évêque, célèbre la liturgie de l&rsquo;Eucharistie, tandis que <strong>l&rsquo;évêque préside la liturgie de la Parole et donne la bénédiction finale</strong>.
</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Cette forme de célébration est également courante dans les monastères, où en fait l&rsquo;abbé se contente de concélébrer mais préside, alors que c&rsquo;est le moine « hebdomadier » qui est le célébrant (principal). Le président (en l&rsquo;espèce l&rsquo;abbé) qui n&rsquo;est pas le célébrant (principal) donne alors la bénédiction finale et se place en dernier dans la procession de sortie. C&rsquo;est la forme la plus minimaliste de <em>présidence</em>, sachant que pour une célébration pontificale, par exemple à la messe stationale d&rsquo;un évêque dans sa cathédrale pour une célébration de 1<sup>er</sup> ordre (ex : la Pentecôte), il sera bienvenu – dans la mesure du possible et des compétences &#8211; de déployer tous les attributs de la « chapelle pontificale » à savoir les trois diacres, les portes insignes, le ou les chapiers assistants, ainsi que les quatre chantres en chape au lutrin.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Pour pousser plus loin la réflexion, on peut également constater que le mot « célébration » se réfère à une réalité sacramentelle, tandis que le mot de « présidence » renvoie à l&rsquo;idée de préséance en dignité de la personne (le clerc) qui dirige la prière de tous. Pour la liturgie non sacramentelle, comme l&rsquo;office divin, l&rsquo;usage du rite romain donne  une grand importance à la « présidence » et même à la préséance, puisqu&rsquo;il faut que les antiennes et l&rsquo;hymne soient entonnés dans l&rsquo;ordre de dignité au chœur, lorsque ce dernier est précisément, « présidé », notamment pour les fêtes de premier ordre. L&rsquo;usage est de faire entonner l&rsquo;hymne, la première antienne et celle du cantique évangélique au président, les deux autres    antiennes étant entonnées par le premier et le second diacre. Notons au passage qu&rsquo;il est assez curieux de voir certains clercs revendiquer une « présidence » pour la liturgie de la messe mais n&rsquo;en plus vouloir en cas de célébration de la liturgie des heures, réduisant ainsi conséquemment l&rsquo;office divin à une sorte de <em>dévotion en commun</em>, à la manière du chapelet, et non plus la prière de l&rsquo;épouse à l&rsquo;époux que décrit la <em>Présentation Générale de la Liturgie des Heures</em> (PGLH), qui même si elle n&rsquo;est pas sacramentelle revêt cependant une importance capitale en tant qu&rsquo;acte proprement liturgique et public.<br />
</span></p>
<p style="text-align: center"><img src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/051613_1015_Alamessepr23.jpg" alt=""/><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><br />
		</span></p>
<p style="text-align: center"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt"><em>A la messe célébrée pontificalement par l&rsquo;évêque dans son diocèse, le président est assisté de ses diacres et des portes insignes.<br />
</em></span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Le langage liturgique de la plupart des gens, et disons le des journalistes et autres « communicants en Église » fait ainsi depuis maintenant quelques années une sorte de confusion entre deux notions à distinguer : <strong>« célébrer » n&rsquo;est pas forcément « présider », et « présider » n&rsquo;est pas forcément « célébrer »</strong>. Cela s&rsquo;explique notamment par l&rsquo;évolution des rubriques de la messe depuis la réforme liturgique, puisque justement le célébrant, ne se rendant à l&rsquo;autel que pour le sacrifice eucharistique, est bien en position de « présidence » pour la liturgie de la parole – la partie non sacramentelle de la liturgie de la messe -, alors qu&rsquo;avant le Concile, tout se déroulait à l&rsquo;autel, y compris les lectures – sans même mention de l&rsquo;assemblée présente qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait en aucun cas de <em>diriger</em>. Même <em>l&rsquo;Orate fratres</em> dans le rite romain ne s&rsquo;adresse en fait pas à l&rsquo;assemblée mais au clergé présent au sanctuaire. Notons également que la façon actuelle de célébrer est bien en rapport étroit avec la forme de la messe pontificale (par essence « présidée au trône » par l&rsquo;évêque) d&rsquo;avant le Concile, puisque beaucoup de gestes et attitudes autrefois « pontificales » ont été introduites dans la façon ordinaire et actuelle de célébrer pour un simple prêtre, la plus marquante d&rsquo;entre elles étant de célébrer « au siège » et non pas « à l&rsquo;autel ».<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Par ailleurs, l&rsquo;office divin – liturgie des heures – peut donc dans l&rsquo;absolu, <em>en l&rsquo;absence de prêtre</em> &#8211; être <strong>« présidé » par un non prêtre</strong>, par exemple un diacre, ou même le cas échéant par un lecteur / acolyte (i.e. le sous-diacre cf. <em>Ministeria Quaedam</em>, 1972 et CIC. 230 § 3), parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas sacramentel. Celui qui préside signifie que l&rsquo;assemblée est réunie pour la célébration au nom du Christ en tant qu&rsquo;Église. Par contre, un non prêtre ne peut jamais présider une messe, même s&rsquo;il ne célèbre pas le sacrement, puisque celui qui préside est supposé « diriger » la prière de tous, y compris de celui (ou ceux) qui (con)célèbre(ent) le sacrement eucharistique. Ces petites précisions sont importantes, pour ne pas laisser croire que c&rsquo;est l&rsquo;assemblée elle-même qui « célèbre l&rsquo;eucharistie » tandis que le prêtre se contente de « présider » l&rsquo;action de cette dernière, qui serait alors fondée à imaginer avoir une action relevant du sacerdoce ministériel et du sacerdoce commun. Cette manière de voir est malheureusement assez répandue et a même été dénoncée explicitement et même <em>de manière assez</em><br />
			<em>sèche</em> par <em>Redemptionis Sacramentum (2004)</em>.<br />
</span></p>
<blockquote><p>42 &#8211; Il est nécessaire de reconnaître que l&rsquo;Église ne se forme pas par une décision humaine, mais qu&rsquo;elle est convoquée par Dieu dans l&rsquo;Esprit Saint et qu&rsquo;elle répond par la foi à son appel gratuit: en effet, le mot ekklesia est en rapport avec klesis , qui signifie &laquo;&nbsp;appel&nbsp;&raquo;.<a href="http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/ccdds/documents/rc_con_ccdds_doc_20040423_redemptionis-sacramentum_fr.html" title="">[Cf. Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, Instruction <em>Varietates legitimae</em>, n. 22: AAS 87 (1995) p. 297.]</a> <strong>On ne peut donc pas considérer le Sacrifice eucharistique dans le sens univoque de «concélébration» du prêtre avec le peuple qui est présent</strong>.<a href="http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/ccdds/documents/rc_con_ccdds_doc_20040423_redemptionis-sacramentum_fr.html" title="">[ Cf. Pie XII, Lettre encyclique <em>Mediator Dei</em>: AAS 39 (1947) p. 553.]</a> Au contraire, l&rsquo;Eucharistie célébrée par les prêtres est un don «qui dépasse radicalement le pouvoir de l&rsquo;assemblée [ ... ]. Pour être véritablement une assemblée eucharistique, <strong>la communauté qui se réunit pour la célébration de l&rsquo;Eucharistie a absolument besoin d&rsquo;un prêtre ordonné qui la préside</strong>. D&rsquo;autre part, la communauté n&rsquo;est pas en mesure de se donner à elle-même son ministre ordonné».<a href="http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/ccdds/documents/rc_con_ccdds_doc_20040423_redemptionis-sacramentum_fr.html" title="">[ Jean-Paul II, Lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia, n. 29: AAS 95 (2003) p. 453; cf. Concile Œcuménique de Latran IV, 11-30 novembre 1215, chap. 1: DS 802; Concile Œcuménique de Trente, Session XXIII, 15 juillet 1563, Doctrine et canons sur la sacrée ordination, chap. 4: DS 1767-1770; Pie XII Lettre encyclique Mediator Dei: AAS 39 (1947) p. 553.]</a> <strong>Il est nécessaire et urgent de tout mettre en œuvre pour écarter toute ambiguïté dans ce domaine</strong>, et apporter un remède aux difficultés qui ont surgi ces dernières années. <strong>Ainsi, il ne faut employer qu&rsquo;avec prudence des expressions telles que «communauté célébrante» ou «assemblée célébrante», qui sont traduites dans d&rsquo;autres langues modernes par «celebrating assembly», «asamblea celebrante», «assemblea celebrante», et d&rsquo;autres de ce genre</strong>.
</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Sur ce sujet précis, et surlequel nous souhaiterions appeler l&rsquo;attention de nos lecteurs et de tous ceux qui sont chargés de l&rsquo;organisation de la liturgie dans les sanctuaires et paroisses, <a href="http://saint-denis.catholique.fr/rubriques/haut/documents-a-telecharger/celebrer-ph-barras">nous renvoyons à un excellent <em>contre</em>-exemple ici</a>….<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify"><span style="font-family:Garamond; font-size:12pt">Rappelons enfin que plus un office liturgique est « présidé », précisément, moins le « président » agit et plus il est assisté par ses diacres au premier chef, mais aussi par les autres ministres. Si on pousse au bout de sa logique la notion de présidence liturgique, avouons le donc : il y a d&rsquo;ordinaire que peu de messes rituellement « présidées », puisque dans énormément de cas, c&rsquo;est même la forme la plus simple de la messe qui est retenue, avec le formulaire de la messe lue et non chantée. Pour éviter toute méprise ou incompréhension dommageable, il est donc préférable de dire que la messe sera célébrée par Mgr Y. et non pas seulement « présidée », à moins que le prélat en question ne célèbre pas (ce qui demeure rare, même si c&rsquo;est possible, comme on l&rsquo;a vu). Pourquoi ? Non seulement pour être précis dans les termes liturgiques que l&rsquo;on emploie mais aussi pour ne pas laisser s&rsquo;affadir la distinction nécessaire entre sacerdoce commun et sacerdoce ministériel, distinction indispensable au fleurissement des vocations de prêtres. Si on veut mentionner que c&rsquo;est une messe concélébrée, on peut alors très bien le préciser : <em>la messe sera célébrée par Mgr Y et concélébrée par le Père O et l&rsquo;abbé P</em>.</span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/a-la-messe-presider-ou-celebrer/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quelques gestes du diacre à la messe</title>
		<link>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/quelques-gestes-du-diacre-a-la-messe/</link>
		<comments>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/quelques-gestes-du-diacre-a-la-messe/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 13 May 2013 15:03:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre à prier]]></category>
		<category><![CDATA[ars celebrandi]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scholasaintmaur.net/?p=1666</guid>
		<description><![CDATA[Le rite romain n&#8217;envisage pas la liturgie solennelle (aux solennités majeures, à la messe stationale de l&#8217;évêque) sans diacres. La tenue et les gestes du diacre soulignent la dimension théologique du ministère assumé par l&#8217;évêque, qui célèbre et préside in persona Christi capita, avec la plénitude du sacrement de l&#8217;ordre, et dont le diacre est, &#8230; </p><p><a class="more-link block-button" href="http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/quelques-gestes-du-diacre-a-la-messe/">Lire la Suite &#187;</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img alt="" src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/051313_1503_Quelquesges12.jpg" /><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;"><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">Le rite romain n&rsquo;envisage pas la liturgie solennelle (aux solennités majeures, à la messe stationale de l&rsquo;évêque) sans diacres. La tenue et les gestes du diacre soulignent la dimension théologique du ministère assumé par l&rsquo;évêque, qui célèbre et préside <em>in persona Christi capita</em>, avec la plénitude du sacrement de l&rsquo;ordre, et dont le diacre est, selon la tradition apostolique, le serviteur direct. Dans la liturgie, le diacre est donc le premier assistant du célébrant. Il est chargé de toutes les monitions, &#8211; qui par essence sont toujours très brèves &#8211; à l&rsquo;assemblée : <em>Avançons maintenant dans la paix</em>, <em>donnez-vous la paix</em>, <em>allez dans la paix</em>, mais aussi de l&rsquo;Évangile et surtout de la prière universelle qui est spécifiquement diaconale, tout comme l&rsquo;<em>Exsultet</em> pascal.<br />
</span></p>
<p style="text-align: center;"><img alt="" src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/051313_1503_Quelquesges22.jpg" /><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;"><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">L&rsquo;extension des mains est réservée au(x) (con)célébrant(s), y compris pour le Notre Père ; le diacre demeure donc pour toutes ces actions les mains jointes le pouce droit croisé sur le pouce gauche, même pour l&rsquo;Évangile ou en disant <em>le Seigneur soit avec vous</em>. À l&rsquo;offertoire, il reçoit les offrandes et met le vin et l&rsquo;eau dans le calice. À la prière eucharistique, comme l&rsquo;acolyte, il reste debout à côté du célébrant jusqu&rsquo;à l&rsquo;épiclèse, puis s&rsquo;agenouille sur les degrés de l&rsquo;autel jusqu&rsquo;à l&rsquo;anamnèse. C&rsquo;est à lui d&rsquo;élever légèrement la chasuble du célébrant lorsqu&rsquo;il élève l&rsquo;hostie et le calice. Ce geste n&rsquo;a pas de signification – au départ – symbolique. Il consiste simplement à faciliter le geste de l&rsquo;élévation lorsqu&rsquo;on utilise une chasuble de forme traditionnelle (typiquement la chasuble dite « cloche » et non pas la chasuble dite « romaine »).<br />
</span></p>
<p style="text-align: center;"><img alt="" src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/051313_1503_Quelquesges34.png" /><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;"><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">À la doxologie finale, c&rsquo;est lui seul qui prend le calice pour l&rsquo;élever légèrement en signe d&rsquo;offrande : en sa présence, aucun concélébrant ne prend quoi que ce soit sur l&rsquo;autel pour l&rsquo;élever. À la messe, seul le président donne la bénédiction, et comme il ne préside pas à la messe, il ne donne aucune bénédiction.<br />
</span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/quelques-gestes-du-diacre-a-la-messe/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Quelques gestes des fidèles pendant la messe</title>
		<link>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/quelques-gestes-des-fideles-pendant-la-messe/</link>
		<comments>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/quelques-gestes-des-fideles-pendant-la-messe/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 13 May 2013 14:16:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre à prier]]></category>
		<category><![CDATA[ars celebrandi]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scholasaintmaur.net/?p=1658</guid>
		<description><![CDATA[Dans la célébration, l&#8217;assemblée est partie prenante de la liturgie et doit participer activement. L&#8217;expression Participatio actuosa de saint Pie X dans le motu proprio Tra le sollecitudini de 1903 et reprise mot pour mot par Vatican II serait rendue plus exactement en français par participation effective. En effet, si la liturgie est « l&#8217;œuvre du &#8230; </p><p><a class="more-link block-button" href="http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/quelques-gestes-des-fideles-pendant-la-messe/">Lire la Suite &#187;</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">Dans la célébration, l&rsquo;assemblée est partie prenante de la liturgie et doit participer <em>activement.</em> L&rsquo;expression<em> Participatio actuosa</em> de saint Pie X dans le motu proprio <em>Tra le sollecitudini</em> de 1903 et reprise mot pour mot par Vatican II serait rendue plus exactement en français par <em>participation effective</em>. En effet, si la liturgie est « l&rsquo;œuvre du Christ-prêtre et de son corps qui est l&rsquo;Église » (<em>Sacrosanctum Concilium,</em> 7), alors l&rsquo;assemblée des baptisés, signe de l&rsquo;Église participe de façon unanime, par des gestes rituels, au corps du Christ.<br />
</span></p>
<p style="text-align: center;"><img alt="" src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/051313_1415_Quelquesges1.jpg" /><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;"><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">Les gestes prescrits par les textes ou l&rsquo;usage étant peu connus, certains fidèles s&rsquo;inspirent à tort de ceux du clergé au sanctuaire (célébrant, diacre, acolyte, lecteur). La tête n&rsquo;étant pas le corps, et le sacerdoce commun étant distinct du sacerdoce ministériel, les gestes de l&rsquo;assemblée ne sont pas ceux du clergé, avec lequel, rituellement, l&rsquo;assemblée est au contraire en dialogue de prière. Mais les rubriques qui jusqu&rsquo;en 1970 ne concernaient pas l&rsquo;assemblée demeurent aujourd&rsquo;hui imprécises à son sujet. Dans chaque diocèse, un <em>coutumier </em>approuvé par l&rsquo;ordinaire peut préciser ce qui ne l&rsquo;est pas ou promouvoir des usages locaux légitimes.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">La position debout marque le respect envers l&rsquo;autorité et la disponibilité pour l&rsquo;action ; la position à genoux signifie l&rsquo;adoration, la supplication, et la pénitence. La position assise exprime l&rsquo;écoute et le recueillement. Le croisement des bras ou des jambes – explicitement proscrit dans les rites orientaux – est à éviter. On peut joindre les mains, en signe de recueillement<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">Le signe de croix marque le début de la prière. Réalisé les doigts joints et la paume ouverte, il est suffisamment ample pour imprimer sur tout le corps le signe du Christ. Il se fait également avec de l&rsquo;eau bénite, en entrant dans l&rsquo;église, en souvenir du baptême – mais pas en sortant. Avant l&rsquo;écoute de l&rsquo;Évangile, c&rsquo;est un petit signe de croix qui est tracé, sans hâte, avec le pouce, sur le front, la bouche et le cœur.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">Le Saint Sacrement est salué par la génuflexion lorsqu&rsquo;on se rend en Sa présence, qu&rsquo;on se retire, ou qu&rsquo;on passe devant le lieu où Il se trouve. La génuflexion est due aussi à la Croix à partir de son dévoilement le vendredi saint (on parle de l&rsquo;<em>adoratio crucis</em>) jusqu&rsquo;à Pâques. La génuflexion n&rsquo;est pas interchangeable avec l&rsquo;inclination profonde. Elle est réalisée sans hâte, le corps et la tête droite, le genou droit devant toucher terre, sans pause.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">Les fidèles sont debout pendant les rites initiaux, pour les chants de l&rsquo;ordinaire et les prières à voix haute du célébrant. À l&rsquo;offertoire, on reste assis, jusqu&rsquo;à la prière sur les offrandes.<br />
</span></p>
<p style="text-align: center;"><img alt="" src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/051313_1415_Quelquesges2.jpg" /><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;"><br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">Une fois debout, l&rsquo;usage impose que l&rsquo;on ne s&rsquo;assoie pas tant que le célébrant n&rsquo;est pas lui-même assis. L&rsquo;Évangile étant écouté debout par le célébrant ou même proclamé par lui, toute l&rsquo;assemblée l&rsquo;est également, dès le moment où celui qui doit le lire se lève.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">La position assise est appropriée pour les lectures, sauf pour l&rsquo;Évangile, ainsi que pour la prière personnelle silencieuse. Pour l&rsquo;homélie, l&rsquo;usage a retenu la position assise, même si c&rsquo;est le célébrant qui la prononce, debout, à l&rsquo;ambon.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">Les fidèles sont à genoux pendant toute la prière eucharistique (PGMR 43) de la fin du Sanctus jusqu&rsquo;à la doxologie finale (« Par lui, avec lui et en lui »), ainsi qu&rsquo;en prononçant <em>Seigneur je ne suis pas digne</em> avant la communion. La Présentation générale du missel romain précise « <em>là où c&rsquo;est la coutume »</em>. Il faut souligner l&rsquo;idée que l&rsquo;habitude ne constitue pas la coutume, et que cette dernière est du ressort de l&rsquo;ordinaire (l&rsquo;évêque). En l&rsquo;absence d&rsquo;une précision contraire présente dans un document approuvé (un coutumier diocésain) c&rsquo;est la loi générale qui s&rsquo;applique (cf. <em>Varietates legitimae, </em>1994). L&rsquo;usage répandu de se mettre à genoux seulement entre l&rsquo;épiclèse et l&rsquo;anamnèse ne concerne en fait que le diacre et l&rsquo;acolyte, qui sont au service du célébrant. L&rsquo;agenouillement est aussi la position ordinaire pour recevoir la communion (cf. Mgr Marco Agostini, <em>Osservatore Romano</em>, 20 août 2010 et Instruction de la Sacrée Congrégation pour le Culte divin du 29 mai 1969). Là où ce n&rsquo;est pas possible ou prévu, on privilégiera le geste d&rsquo;adoration ordinaire (génuflexion) avant la réception du sacrement debout. On demeure à genoux après la réception de la communion, jusqu&rsquo;au moment où le célébrant s&rsquo;assoit avec tout le clergé, pour le silence prescrit après la réception du sacrement (PGMR 88). L&rsquo;agenouillement est la position ordinaire pour la litanie des saints, sauf à la vigile pascale où on reste debout en signe de résurrection. L&rsquo;usage prévoit un agenouillement pour certaines prières et certains versets ou strophes d&rsquo;hymnes liturgiques : <em>Veni Creator, Veni sancte Spiritus (Graduale romanum</em>). L&rsquo;agenouillement est aussi prescrit pour les oraisons sur le peuple (MR 616), les bénédictions en forme solennelle (MR 606) ou pontificales, en présence de l&rsquo;évêque (CE 169).<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">Le geste très ancien de l&rsquo;extension des mains, qui est une belle attitude dans la prière personnelle (attitude de l&rsquo;orante), reste dans la liturgie réservé au célébrant. En agissant <em>in persona Christi capita</em>, il fait seul ce geste au nom de tous même pendant le Notre Père (MR 124).<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">L&rsquo;inclination profonde est le geste de la vénération de l&rsquo;autel (PGMR 274). Il est parfois remplacé pour les ministres non-ordonnés, et donc a fortiori pour les fidèles, par la génuflexion, ce qui n&rsquo;est pas précisé mais souvent préférable pour des raisons pastorales : prescrire la génuflexion au moment où le Saint Sacrement est sur l&rsquo;autel et l&rsquo;inclination profonde dans les autres cas amène souvent des erreurs de la part des jeunes servants ou des autres ministres, et suscite l&rsquo;incompréhension des fidèles qui n&rsquo;entrevoient pas la signification des gestes, surtout si le tabernacle est dans le sanctuaire. L&rsquo;inclination est d&rsquo;ailleurs difficile à effectuer de façon harmonieuse : il s&rsquo;agit d&rsquo;incliner le corps en penchant le torse depuis la ceinture, jusqu&rsquo;à la position horizontale, puis de se redresser immédiatement. L&rsquo;inclination profonde est requise par l&rsquo;usage lors des bénédictions finales en forme simple ainsi que par les textes (MR 18) lors du Credo aux mots <em>Par l&rsquo;Esprit Saint, Il a pris chair de la Vierge Marie, et S&rsquo;est fait homme, </em>sauf si la génuflexion est prescrite, comme à<em><br />
</em>Noël et à l&rsquo;Annonciation (MR 153 et 739).<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">Les textes (PGMR 275a, CE 68a) prévoient l&rsquo;inclination de la tête au nom de Jésus, de la bienheureuse Vierge Marie, et du saint en l&rsquo;honneur duquel on célèbre.<br />
</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-family: Garamond; font-size: 12pt;">On se frappe la poitrine au rite pénitentiel (le <em>mea culpa</em>) ainsi que lors du <em>Seigneur je ne suis pas digne</em> avant la communion (les fidèles sont alors ordinairement à genoux, PGMR 43). L&rsquo;usage de faire également ce geste d&rsquo;humilité à l&rsquo;<em>Agnus</em> est n&rsquo;est pas rare. Le texte officiel du missel a une portée universelle ; ce geste ayant dans certaines cultures la signification inverse de celle qu&rsquo;on lui attribue en Europe, les rubriques liturgiques sont volontairement imprécises à son encontre. Il doit pourtant dans nos régions être encouragé.</span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/quelques-gestes-des-fideles-pendant-la-messe/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Du bon usage de la liturgie (4) : la préparation pénitentielle</title>
		<link>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/du-bon-usage-de-la-liturgie-4-la-preparation-penitentielle/</link>
		<comments>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/du-bon-usage-de-la-liturgie-4-la-preparation-penitentielle/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 07 May 2013 17:19:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre à prier]]></category>
		<category><![CDATA[ars celebrandi]]></category>
		<category><![CDATA[du bon usage de la liturgie]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scholasaintmaur.net/?p=1644</guid>
		<description><![CDATA[Rappel : en 1999, le Centre National de Pastorale liturgique (CNPL) faisait paraître un essai de cérémonial, avec des parties mystagogiques, concernant une « bonne » interprétation des rubriques et des usages liturgiques : « Du bon usage de la liturgie« . Nous en faisons une lecture commentée. Le texte original est en italique. Notre commentaire est en rouge. Rappels &#8211; La Troisième &#8230; </p><p><a class="more-link block-button" href="http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/du-bon-usage-de-la-liturgie-4-la-preparation-penitentielle/">Lire la Suite &#187;</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Rappel : en 1999, le Centre National de Pastorale liturgique (CNPL) faisait paraître un essai de cérémonial, avec des parties mystagogiques, concernant une « bonne » interprétation des rubriques et des usages liturgiques : « Du bon usage de la liturgie« . Nous en faisons une lecture commentée. Le texte original est en <em>italique</em>. Notre <span style="color: red;">commentaire est en rouge</span>.</p>
<p><em><strong>Rappels &#8211; La Troisième formule<br />
</strong><br />
Mettons-nous bien d&rsquo;accord! Il y a un peu plus de vingt-cinq ans </em><span style="color: red;">[On voit par cette ligne que le livre « Du Bon usage » a vraiment vieilli. Mais notre propos ici est justement renforcé que la plupart des gens en restent à une compréhension du rite romain d'après Vatican II qui est imbibé de beaucoup d'affirmations péremptoires contenues dans ce livre issu d'une instance officielle, et qu'il faudra bien tôt ou tard corriger de façon ferme.] </span><em>que commençait l&rsquo;application de la réforme liturgique issue du deuxième Concile du Vatican. Depuis ce temps, des habitudes se sont prises, des façons de faire se sont installées, vis-à-vis desquelles il est indispensable que nous portions un regard critique. L&rsquo;enjeu n&rsquo;est pas de l&rsquo;ordre de la censure, mais de la fidélité. </em><span style="color: red;">[Nous sommes d'ailleurs convaincus que beaucoup de fidèles ont bien avancé dans le sens de la fidélité, aidés notamment en cela par une compréhension renouvelée des rites grâce notamment à tous les efforts dans la célébration mais aussi les catéchèses liturgiques faites par Benoît XVI.]</span><em></p>
<p>Sans doute faut-il à cet effet et par tous les moyens (bulletins diocésains et paroissiaux, homélies, réunions liturgiques, etc.) réintroduire dans notre vie chrétienne la pratique ancienne des «catéchèses mystagogiques», c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;explication détaillée du sens des rites liturgiques que nous vivons, pour en mieux saisir le mystère. </em><span style="color: red;">[Les catéchèses mystagogiques, nous en avons parlé encore récemment </span>sur notre site en ce qui concerne le dimanche In Albis<span style="color: red;">]</span><em></p>
<p><a name="q"></a><br />
</em></p>
<p><a href="http://www.catho.org/9.php?d=gk"><strong><em>QUELQUES RAPPELS SUR LA PRÉPARATION PÉNITENTIELLE</em></strong></a><strong><em><br />
</em></strong></p>
<p><em><br />
1. Contrairement à ce que l&rsquo;on entend souvent dire, la préparation pénitentielle ne forme pas un rite en elle-même: elle n&rsquo;est pas un rite pénitentiel, mais fait partie d&rsquo;un ensemble rituel que l&rsquo;Ordo Missae appelle «l&rsquo;ouverture de la célébration</em>». <span style="color: red;">[Nous l'avons déjà écrit mais en réalité, il s'agit non pas des « rites d'ouverture » mais des « rites initiaux ». Nuance sémantique, certes mais qui a son importance. Par ailleurs, ce n'est pas une « préparation » pénitentielle mais un « acte » pénitentiel. C'est-à-dire que nous ne sommes pas uniquement dans une démarche psychologique, mais bien dans l'action de reconnaître les fautes que nous avons commises, avec une gestuelle… Nous reviendrons là-dessus.]</span><em> Cela ne signifie pas qu&rsquo;elle soit secondaire, mais veut dire qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas un tout en elle-même: elle est une partie de quelque chose qui est plus grand qu&rsquo;elle.</p>
<p>2. Si curieux que cela puisse paraître, la préparation pénitentielle avec toute l&rsquo;assemblée est une création de Vatican II. Rappelons que dans l&rsquo;Ordo de saint Pie V, à la grand-messe, le prêtre célébrant était seul avec ses acolytes à réciter le Confiteor en arrivant au bas de l&rsquo;autel. </em><span style="color: red;">[En réalité, ce n'était pas la question : les choses sont beaucoup plus prosaïques. L'ordo dit de « Saint Pie V » ne prend pas en compte l'idée qu'il y a une assemblée. Donc, évidemment, l'ordo ancien ne prévoit pas de faire réciter le confiteor à une assemblée… Qui n'existe pas !]</span><em> Pendant ce temps était chanté l&rsquo;Introït puis le Kyrie qui est une acclamation au Seigneur miséricordieux et non un acte pénitentiel. </em><span style="color: red;">[Oui et il faut le redire. Le Kyrie lui-même ne fait pas partie de l'acte pénitentiel]</span><em> Vatican II a voulu que ce soit toute l&rsquo;assemblée qui, au début de la célébration, confesse devant Dieu qu&rsquo;elle est faite de pécheurs et proclame la miséricorde de Dieu.</p>
<p>3. A en juger par ce qui se passe dans nos célébrations, on croirait qu&rsquo;il n&rsquo;y a que deux formules de préparation pénitentielle: le «Je confesse à Dieu» et la triple invocation. Or il existe quatre possibilités. Qu&rsquo;est devenue la deuxième formule, courte mais puissante: «Seigneur, accorde-nous ton pardon»? Qu&rsquo;est devenue surtout l&rsquo;aspersion? Trop d&rsquo;Asperges me systématiques l&rsquo;ont sans doute écartée au début; mais il est temps d&rsquo;y revenir. </em><span style="color: red;">[Rappelons que le rite de l'aspersion est réservé aux dimanches, en signe du baptême, c'est à dire de Pâques qui est une fête de dimanche qui et commémorée par la liturgie de chaque dimanche. Cela n'a pas de sens de reprendre le rite de l'aspersion en semaine. L'ensemble de la liturgie – et pas seulement de la liturgie de la messe – du dimanche est en relation avec Pâques, comme en témoigne par exemple aux vêpres le chant du psaume de la sortie d'Égypte 113, au rite romain]</span><em> Il est temps surtout de revenir à une alternance des autres possibilités selon les périodes liturgiques ou les occasions. L&rsquo;aspersion au Temps pascal, par exemple, a un sens pénitentiel lié au baptême, </em><span style="color: red;">[Pas seulement au temps pascal : le reste de l'année aussi…] </span><em>de la plus forte expression.</p>
<p>Ajoutons que d&rsquo;après la dernière édition du Missel romain en français (le petit missel carré d&rsquo;autel, 1978), la troisième possibilité, celle de la triple invocation, a trois formulaires, et non un seul, et qu&rsquo;on peut en choisir d&rsquo;autres, puisque le missel indique: «ces invocations ou d&rsquo;autres». </em><span style="color: red;">[Alors évidemment, depuis l'édition typique latine du missel qui date de 2002, et qui ne contient pas ces options, on doit probablement considérer cette remarque comme nulle et non avenue.]</span><em></p>
<p>4. La Préparation pénitentielle s&rsquo;achève par ce que l&rsquo;Ordo appelle la «prière pour le pardon» que prononce le prêtre: «Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde&#8230;» Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une formule d&rsquo;absolution sacramentelle au sens strict, mais il est bien clair que le prêtre ne parle pas ici pour ne rien dire et que c&rsquo;est bien le pardon de Dieu qui est offert à chaque membre de l&rsquo;assemblée. Cela nous rappelle que si le recours au sacrement de pénitence et de réconciliation est requis pour les fautes graves, l&rsquo;Église dispose de bien d&rsquo;autres moyens pour apporter le pardon de Dieu aux chrétiens qui se reconnaissent pécheurs. Celui-ci en est un; les fidèles doivent le savoir.<br />
<a name="r"></a><br />
</em></p>
<p><a href="http://www.catho.org/9.php?d=gk"><strong><em>LE CAS DE LA TROISIÈME FORMULE</em></strong></a><strong><em><br />
</em></strong></p>
<p><em><br />
La troisième formule est celle qui comporte les trois invocations et qui semble de loin la plus utilisée. </em><span style="color: red;">[Comme si elle était la plus adaptée… Or nous le verrons, il n'en est rien. Bien au contraire.]</span><em> C&rsquo;est celle également qui permet le mieux une certaine adaptation selon, notamment, les lectures du jour. </em><span style="color: red;">[Comme dans plusieurs passages de cet opuscule « le bon usage », il faut probablement considérer cette dernière phrase <strong>comme de trop</strong> . Rien dans l'édition typique du missel n'autorise ici une adaptation d'aucune sorte. Ce n'est pas le lieu. « L'équipe liturgique » n'a pas à « composer » une « prière pénitentielle adaptée aux lectures du jour ». Ce qui est curieux d'ailleurs, c'est que dans l'absolu le formulaire du dimanche ne contient pas que des lectures, mais a une antienne d'introït, de communion, trois prières propres : collecte, sur les offrandes et post communion, parfois une préface propre voire un <em>communicantes</em> ou même un <em>hanc igitur</em> propre. Mais jamais les tentatives de créativité des équipes liturgiques ne s'exercent sur autre chose que les lectures bibliques. Ce qui en dit long sur les présupposés qui alimentent l'esprit de ceux qui « préparent » les liturgies dominicales… ]</span><em></p>
<p>Mais grand Dieu, miséricorde (c&rsquo;est le cas de le dire!), que s&rsquo;est-il passé? Comment en une vingtaine d&rsquo;années seulement, ce qui est une invocation au Seigneur («Seigneur Jésus&#8230;, O Christ&#8230;, Seigneur&#8230;») et un rappel de ce qu&rsquo;il a fait pour nous sauver a-t-il pu devenir cette espèce d&rsquo;examen de conscience maladivement narcissique, où l&rsquo;on ne cesse de se regarder au lieu de le regarder, Lui? «Nous n&rsquo;avons pas&#8230;, nous n&rsquo;avons pas su&#8230;, nous avons oublié de&#8230;» Et quoi d&rsquo;autre encore? </em><span style="color: red;">[Bref : le <em>Bon usage</em> reconnaît que cette idée de « prière pénitentielle » qui a fini par s'imposer un peu partout, et qui est une adaptation française du missel puisque rien de tel n'apparaît dans l'édition typique est nulle et non avenue. Un rappel opportun : la raison pour laquelle la 3<sup>ème</sup> formule n'est pas à privilégier, c'est que de façon antique le <em>Kyrie</em> est traditionnellement attaché à une litanie (comme par exemple la litanie des saints). Que c'était le cri lancé dans l'antique Rome par ceux qui assistaient au triomphe du général. Que c'est concrètement impossible à traduire correctement du grec au français… Et que c'est une acclamation qui est beaucoup plus proche rituellement du Gloria que l'on chantera juste après. La preuve, il n'y a rituellement aucune pause requise entre le chant du Kyrie et celui du Gloria ; au contraire les deux chants doivent s'enchaîner pour justement ne pas laisser le narcissisme du retour sur soi nous faire oublier la présence glorieuse du Christ qui vient visiter Son peuple. L'utilisation de la 3<sup>ème</sup> formule oblige d'ailleurs à proférer la prière d'absolution – bien sûr non sacramentelle - entre ces deux chants : ce qui est contraire à la dynamique du rite. La 3<sup>ème</sup> formule si elle est licite, est dans la plupart des cas victime d'une jansénisation rituelle. Nous la déconseillons donc à cause de toutes les difficultés et les abus qu'elle entraîne…]</span><em></p>
<p>Ces données concernant la préparation pénitentielle doivent rejoindre chaque lieu, chaque équipe, chaque chrétien, prêtre ou laïc, qui prépare une célébration. Comment? Grâce à vous, lecteurs soucieux que la loi de notre prière liturgique soit la loi de notre foi: Lex orandi, lex credendi.<br />
</em></p>
<p style="text-align: center;"><img alt="" src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/050713_1719_Dubonusaged14.png" /><em><br />
</em></p>
<p><span style="color: red;">En tout cas ce qu&rsquo;il faudrait retenir, c&rsquo;est que justement le <em>Kyrie</em> ne fait pas partie de la préparation pénitentielle. Cela a donc plusieurs conséquences : la première, c&rsquo;est que si on utilise par exemple le dimanche le rite de l&rsquo;aspersion (le répertoire grégorien propose l&rsquo;antienne <em>Vidi Aquam</em> au temps pascal et l&rsquo;antienne <em>Asperges me</em> le reste de l&rsquo;année), cela ne veut pas dire que l&rsquo;on supprime automatiquement le <em>Kyrie</em>. Le célébrant peut même asperger les fidèles pendant le <em>Kyrie </em>en cas de besoin. Le répertoire grégorien propose ainsi un Kyrie de forme ornée pour les dimanches du temps pascal… C&rsquo;est bien le signe qu&rsquo;on peut l&rsquo;utiliser ! Sinon, il ne serait même pas dans le livre officiel des chants du rite romain, parce que l&rsquo;aspersion est fortement conseillée le dimanche surtout au temps pascal. La remarque vaut la peine d&rsquo;être précisée : plusieurs fois des prêtres « formés » (!) nous ont expliqué que pour que ce soir « plus liturgique », il « fallait » supprimer le <em>Kyrie</em>. Mais de quelle liturgie parle t&rsquo;on ? Deuxièmement, comme on l&rsquo;a vu, le chant du <em>Kyrie</em> ne peut jamais tenir la place de l&rsquo;acte pénitentiel qui n&rsquo;est <span style="text-decoration: underline;">jamais</span><br />
<em>ad libitum</em> (optionnel) à la messe. Enfin, il faut tout de même préciser que l&rsquo;acte pénitentiel qui est préféré en dehors du dimanche – c&rsquo;est-à-dire les jours ordinaires – c&rsquo;est bien le Confiteor, puisque c&rsquo;est lui qui systématiquement est en choix 1 dans le missel. Nous ne nous étendrons pas sur le fait que la traduction française est bien pauvre par rapport à l&rsquo;original latin, mais nous insisterons sur le fait qu&rsquo;il est juste de s&rsquo;incliner en signe de pénitence, et de se frapper la poitrine par trois fois à Mea culpa, Mea culpa, Mea maxima culpa si l&rsquo;on célèbre en latin ou à « Oui j&rsquo;ai vraiment péché » si on célèbre en Français. Encore une fois, ce n&rsquo;est pas parce que la rubrique ne le mentionne pas que c&rsquo;est interdit. Bien au contraire, c&rsquo;est un geste immémorial en occident, qui est concrètement entièrement dans la culture, et qui doit donc être favorisé. Si le missel dans ses rubriques laisse une place légitime à l&rsquo;inculturation de certains gestes, cela ne signifie certainement pas qu&rsquo;il favorise la déculturation des usages reçus. Et ce geste en fait indéniablement partie. </span></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/du-bon-usage-de-la-liturgie-4-la-preparation-penitentielle/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Exceptionnelles nouvelles ressources disponibles pour le chant</title>
		<link>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/exceptionnelles-nouvelles-ressources-disponibles-pour-le-chant/</link>
		<comments>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/exceptionnelles-nouvelles-ressources-disponibles-pour-le-chant/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 06 May 2013 09:58:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre à prier]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scholasaintmaur.net/?p=1637</guid>
		<description><![CDATA[Le site web du choeur &#171;&#160;Ad Dominum&#160;&#187; propose des tirages en grand format du propre et de l&#8217;ordinaire de la messe pour un bon nombre de dimanches. Jusque là, rien de particulier&#8230; sauf : - que la notation carrée propose une graphie restituée des strophae, oriscus, et autres notes, de façon très proche de l&#8217;antiphonale &#8230; </p><p><a class="more-link block-button" href="http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/exceptionnelles-nouvelles-ressources-disponibles-pour-le-chant/">Lire la Suite &#187;</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le site web du choeur &laquo;&nbsp;<a href="http://www.addominum.ch/Membres/gregorien.html" target="_blank">Ad Dominum</a>&nbsp;&raquo; propose des tirages en grand format du propre et de l&rsquo;ordinaire de la messe pour un bon nombre de dimanches. Jusque là, rien de particulier&#8230; sauf :<br />
- que la notation carrée propose une graphie restituée des strophae, oriscus, et autres notes, de façon très proche de l&rsquo;antiphonale monasticum de 2005.<br />
- que sont présents en dessous des portées, une graphie très lisible des neumes de Saint Gall.<br />
- que les modifications mélodiques sont proposées optionnellement, ce qui n&rsquo;oblige pas le chœur à réapprendre une mélodie qu&rsquo;il a parfois acquise d&rsquo;oreille.</p>
<p>Bref, un travail remarquable, directement utilisable pour permettre aux chantres l&rsquo;interprétation des pièces grégoriennes de la messe autour d&rsquo;un lutrin, et sur une partition tout à fait dans l&rsquo;esprit d&rsquo;une restitution musicale du répertoire de la messe qui met en valeur à la fois le sens des mots et les avancées de la compréhension des manuscrits les plus authentiques. C&rsquo;est en quelque sorte un bon complément &#8211; mais pour la messe &#8211; au travail déjà accompli pour les répons de l&rsquo;office nocturne par le site <a href="http://www.gregofacsimil.net/01-Restitution/Repons-neumes/restitution_repons_neumes.html">gregofacsimil</a> que nous avons déjà mentionné dans nos pages.</p>
<p><a href="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/1IN-ViriGalilaei7-55Ascensio.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1638" alt="1IN - ViriGalilaei7 - 5,5Ascensio" src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/1IN-ViriGalilaei7-55Ascensio.jpg" width="900" height="1662" /></a></p>
<p><em>Extrait du site web du choeur &laquo;&nbsp;Ad Dominum&nbsp;&raquo; : </em></p>
<blockquote><p>
<strong>Notes explicatives :</strong></p>
<p>La notation carrée reprend rigoureusement les mélodies de l&rsquo;éd. vaticane.</p>
<p>- Des &laquo;&nbsp;corrections&nbsp;&raquo; mélodiques, fondées sur les indications manuscrites ou travaux musicologiques, sont parfois suggérées au-dessus. Pour ce faire j&rsquo;ai utilisé la police Meinrad apte à écrire la notation carrée et disponible gratuitement ici.</p>
<p>- la notation neumatique est celle de saint-Gall.</p>
<p>- tout ce travail n&rsquo;aurait pu exister sans l&rsquo;immense travail préalable d&rsquo;Anton Stingl, sur le site duquel, Gregor &amp; Taube, j&rsquo;ai pu puiser presque systématiquement le document pdf de base à partir duquel j&rsquo;ai moi-même retravaillé la mise en page. Qu&rsquo;il trouve ici l&rsquo;expression fraternelle de ma vive reconnaissance pour son grand travail et sa générosité à mettre à disposition ces ressources !</p>
<p>- lorsque ce document de base manquait, j&rsquo;ai moi-même copié la page correspondante du PDF du Graduale romanum et ajouté un à un chaque signe de la notation de Saint-Gall, ceux-ci ayant été scannés et enregistrés au préalable, afin d&rsquo;en faire une base de donnée utilisable à souhait.</p>
<p>- Toute mention d&rsquo;erreur, ou d&rsquo;amélioration bienvenue !
</p></blockquote>
<p>Nous sommes donc en présence d&rsquo;un travail qui est entièrement dans la lignée des idées et du combat de dom Cardine, osb, infatigable militant de la cause de la sémiologie, innovateur en terme de partitions puisque le premier, il nota sur son graduel en notes carrées les signes neumatiques de l&rsquo;école de S. Gall et de Laon (le graduel neumé) <a href="http://www.abbayedesolesmes.fr/FR/editions/livres.php?cmY9MTcz">dont un facsimilé est disponible aux éditions de Solesmes</a>.<br />
Nous sommes également en présence d&rsquo;une tradition de restitution qui fait suite au travaux de dom Gajard (on peut consulter les propositions de restitutions des mélodies du répertorie grégorien &#8211; y compris celles concernant le propre de la Messe dans le livre publié par Solesmes en 1985 sous le titre <a href="http://www.abbayedesolesmes.fr/FR/editions/livres.php?cmY9MTg5">&laquo;&nbsp;les plus belles mélodies grégoriennes commentées par Dom Gajard&nbsp;&raquo;</a>.<br />
Le site web du choeur &laquo;&nbsp;Ad Dominum&nbsp;&raquo; prend par exemple la graphie de la tristropha telle qu&rsquo;elle est présente dans le Graduale romanum de 1975 pour certaines pièces dite &laquo;&nbsp;propres à l&rsquo;ordre de Saint Benoît&nbsp;&raquo; et qui sont en fait les mélodies restituées exactes :<br />
<a href="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/subvenite.jpg"><img src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/05/subvenite.jpg" alt="subvenite" width="484" height="511" class="aligncenter size-full wp-image-1639" /></a></p>
<p>Graduale Triplex, p. 878 : répons Subvenite.</p>
<p>Et évidemment, toute cette réflexion musicale s&rsquo;inscrit à plein dans les travaux successifs récents de Solesmes notamment ceux de dom Claire qui fit supprimmer la plupart des épisèmes verticaux des partitions du psalterium monasticum et du Liber Hymnarius ainsi évidemment que ceux qui ont présidé à la parution de l&rsquo;office (Antiphonale monasticum, Antiphonale romanum, et Les heures grégoriennes) qui ont cette notation avec oriscus, strophae, punctum losangés en ascension, etc&#8230; et pour les pièces les plus complexes (répons prolixes) également les neumes de Saint Gall, exactement de la même manière. Bref cette belle initiative &#8211; et surtout ce travail énorme ! qui n&rsquo;est encore disponible que partiellement &#8211; permet aux chœurs paroissiaux de bénéficier de tout le matériau musical et neumatique en conformité avec les avancées d&rsquo;interprétation permises aujourd&rsquo;hui par la sémiologie, le tout dans le paradigme musicologique qui a présidé au premier mouvement liturgique ou en tout cas de sa partie musicale initiée par dom Guéranger lui même (Chanoine Gontier, <em>Méthode raisonnée de Plain Chant</em>, et dom Pothier, pour l&rsquo;édition de 1908 du <em>Graduale Romanum</em>).</p>
<p>Merci à eux et Deo Gratias !</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/exceptionnelles-nouvelles-ressources-disponibles-pour-le-chant/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Latin d&#8217;Eglise, latin de cuisine ? Latin mystique.</title>
		<link>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/latin-deglise-latin-de-cuisine-latin-mystique/</link>
		<comments>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/latin-deglise-latin-de-cuisine-latin-mystique/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 27 Apr 2013 19:08:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre à prier]]></category>
		<category><![CDATA[Latin]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scholasaintmaur.net/?p=1630</guid>
		<description><![CDATA[On nous fait le reproche d&#8217;aimer le latin ecclésiastique. Un latin qui non seulement n&#8217;est plus enseigné dans sa forme classique au collège ou au lycée mais qui est même méprisé par l&#8217;Eglise, malgré la volonté expresse du magistère, des Conclies et des papes, mais qui en plus de cela ne serait en find e &#8230; </p><p><a class="more-link block-button" href="http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/latin-deglise-latin-de-cuisine-latin-mystique/">Lire la Suite &#187;</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>On nous fait le reproche d&rsquo;aimer le latin ecclésiastique. Un latin qui non seulement n&rsquo;est plus enseigné dans sa forme classique au collège ou au lycée mais qui est même méprisé par l&rsquo;Eglise, malgré la volonté expresse du magistère, des Conclies et des papes, mais qui en plus de cela ne serait en find e compte qu&rsquo;un mauvais sabir décadent, aussi décadent que la période de dérgadation culturelle qui l&rsquo;a vu naître : l&rsquo;antiquité tardive et le moyen-âge&#8230;. Et bien non : le chant grégorien, nous l&rsquo;aimons aussi à cause de la langue qu&rsquo;il chante. Laissez là nous au moins, si votre esprit obtu refuse de la goûter&#8230;</p>
<p><a href="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/04/jerome.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-1631" alt="jerome" src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/04/jerome.jpeg" width="869" height="639" /></a></p>
<p><strong>Extrait de <em>Le</em> <em>latin mystique, les poêtes de l&rsquo;antiphonaire et la symbolique au moyen-âge,</em> Rémy de Gourmont, 1892.</strong></p>
<blockquote><p>Les ordinaires historiques de la littérature latine se clôturent sous la main des cuistres scandalisés, vers le quatrième siècle. Claudien, mentionné par condescendance, le compilateur orthodoxe, craint d&rsquo;avoir été un peu loin et conseille, en épilogue, une relecture de l’Épître aux Pisons. Pour de telles gens, pour tous les professeurs, universitaires ou ecclésiastiques, franchir cette approximative date, c&rsquo;est blasphémer, c&rsquo;est attenter à une religion, c&rsquo;est introduire dans le Canon les Apocryphes : — pas d&rsquo;herbes fraîches : du foin. Pendant que ceux-là broutent au râtelier classique, quelques indépendants, libérés de l&rsquo;étable et reprenant, comme l&rsquo;Ane d&rsquo;Apulée, la forme humaine, se mirent à botaniser parmi les vastes prés de la poésie latine : de ces chercheurs le plus mémorable fut Ebert, dont l&rsquo;œuvre sûre s&rsquo;arrête malheureusement à l&rsquo;époque carlovingienne ; d&rsquo;antres recueillirent des documents, prouvèrent une bonne volonté. L&rsquo;ouvrage d&rsquo;Ebert est un monument d&rsquo;érudition et de critique directe ; les études que nous entreprenons à sa suite sont un travail, non d&rsquo;érudition, mais de littérature, où l&rsquo;exactitude a été priée, non la science ; le plan selon lequel elles se développeront est assez modeste : on voudrait établir une anthologie de la poésie latine du troisième au quatorzième siècle et entremêler de notes les citations et les traductions. Aucun des textes qui seront mis en français n&rsquo;avaient encore été interprétés selon la méthode littéraire-littérale et la plupart n&rsquo;avaient jamais été traduits : à ce point de vue, et aussi par son ensemble et sa logique, ce travail aura donc un intérêt certain pour tous ceux qui ne sont pas atteints de misonéisme qui ont échappé à l&rsquo;incuriosité de ce siècle, à sa stupidité, à son incapacité spirituelle.</p>
<p>C&rsquo;est à l&rsquo;époque précise où on la délaisse que la langue latine commence à offrir çà et là les séductions de la décomposition stylistique, à s&rsquo;exprimer non plus en un immuable jargon de rhéteur, mais selon le tempérament personnel d&rsquo;orientaux ou de barbares étrangers à la discipline romaine, — jusqu&rsquo;à ce que la victoire définitive des idiomes populaires la relègue au musée des instruments oratoires. Définitive, cette victoire, mais combien tardive : longtemps les deux langues, la mère et la fille, vécurent côte à côte dans les pays romans, parlées l&rsquo;une et l&rsquo;autre par de différents clients : le Libéra qui est du onzième siècle est écrit en une langue aussi vivante que la Chanson de Roland, et encore au quatorzième siècle, après l&rsquo;expansion prodigieuse du français, le latin avait gardé des fidèles, qui n&rsquo;auraient su formuler selon la mode du plus grand nombre ni leurs pensées, ni leurs prières. <strong>Ce latin, méprisamment connu sous le nom de latin d&rsquo;église, est, nous semble-t-il, un peu plus attirant que celui d&rsquo;Horace, et l&rsquo;âme de ces ascètes plus riche d&rsquo;idéalité que celle du vieux podagre égoïste et sournois</strong>. Seule, que Ton soit croyant ou non, seule la littérature mystique convient à notre immense fatigue, et pour nous qui ne prévoyons qu&rsquo;un au-delà de misères de plus en plus sûrement, do plus en plus rapidement réalisé, nous voulons nous borner à la connaissance de nous-mêmes et des obscurs rêves contradictoires, qui se donnent rendez- vous en nos âmes éprises de jadis. Horace, pour ce dessein, ni Térence, ne nous sera d&rsquo;aucun secours et <strong>de préférence nous nous adresserons à la Psychomachie de Prudence, aux Séquences de sainte Hildegarde, aux Rhythmes de saint Bernard,</strong> — mais cela sans nier la valeur, dite par les siècles, de spontanés tels que Catulle, ce Verlaine; de tendrement tragiques tels que Virgile; de roués, comme Ovide; de philosophes, comme Lucrèce. Il s&rsquo;agit moins de détruire les vieilles admirations que d&rsquo;en créer d&rsquo;autres. Mystiques, barbares, ou décadents , il les a bien jugés, cet ermite (auquel ne convient que peu le De Laude Eremi de saint Eucher), — et cela serait une surprise pour qui ne connaîtrait pas l&rsquo;absolue conscience littéraire de M. Huysmans, qu&rsquo;en dix-huit pages sur ces ténébreux auteurs, l&rsquo;épluchage le plus minutieux ne puisse trouver une épithète ou une glose, qui ne soit d&rsquo;une merveilleuse précision. Ébert lui a été un bon guide. Ni pour la première période de cette littérature oubliée, ni pour la seconde, plus inconnue encore, nous n&rsquo;avons cru nécessaires de bien particuliers détails biographiques. Moines, prêtres, évêques, ces poètes, à part quelques-uns, comme Théodulphe, comme saint Bernard, menèrent les vies les plus obscures et les plus monotones, des vies qui, écourtées, rapidement résumées, apparaîtraient toutes les mêmes, sans aventures, sans événements, sans presque de relations avec l&rsquo;extérieur.</p>
<p>Un fait général surprend, c&rsquo;est qu&rsquo;à partir des environs du onzième siècle, presque tous les poètes, presque tous les écrivains sont des abbés de monastère ou des évêques : une poésie très différente de la poésie monacale allemande, très différente aussi des inspirations mystiques des Franciscains et des Dominicains, une poésie surgit, parénétique et sermonnaire, lyrique et pastorale. <strong>La surprise, c&rsquo;est de voir qu&rsquo;en des temps mal réputés, les évêques étaient choisis parmi les doctes, les doués de talent et d&rsquo;indépendance d&rsquo;esprit, parmi les dignes, — tandis qu&rsquo;à cette heure ces fonctions très hautes sont uniquement conférées aux plus adroits quémandeurs, que les évêques ne sont plus que des préfets en robe violette, aussi peu mystiques que les autres.</strong> Les dixième et onzième siècles, c&rsquo;est l&rsquo;époque, avec les évêques, les abbés et les moines, de la séquence, de l&rsquo;allitération et de la rime intérieure; c&rsquo;est, depuis Godeschalk et les séquentiaires anonymes, une langue nouvelle, d&rsquo;une simplicité magnifiquement compliquée par des musiciens barbares, que l&rsquo;amour désordonné du verbe induit parfois aux trouvailles harmoniques les plus inattendues.</p>
<p>L&rsquo;objection éternelle et professorale contre de tels poètes, contre tous les poètes de ces temps, c&rsquo;est ce qu&rsquo;on dénomme, en termes de maître répétiteur ou d&rsquo;académicien, l&rsquo;incorrection de leur latin, c&rsquo;est-à-dire la non-conformité de leur lexique et de leur grammaire avec les règles verbales et syntaxiques d&rsquo;usage aux temps augustes, aux siècles n°0 et n° 1, aux deux siècles qui contiennent, précèdent ou suivent le règne du premier imperator romain. Il ne faut pas mentir ; quelques-unes s&rsquo;efforcent vers cette écriture type : ce sont les médiocres, les anti-poètes, les versificateurs, humbles abréviateurs et centonistes. D&rsquo;autres écrivent le latin que l&rsquo;on parlait de leur temps, du moins le latin littéraire tel qu&rsquo;il s&rsquo;était incessamment modifié de livre en livre : là leur mérite et leur intérêt. Il demeure difficile de le faire admettre. C&rsquo;est le bon M. Hauréau, irréprochable savant, mais classique naïvement servile, geignant que les vers de Théodulphe offrent « beaucoup de locutions inconnues au siècle d&rsquo;Auguste ». C&rsquo;est un autre, navré qu&rsquo;Abbon (Abbo le Courbé) néglige la césure, — loi émanée de Dieu même, loi primordiale, règle incréée. C&rsquo;est un autre reconnaissant en une thèse doctorale à Marins Victor, une louable verbalité classique. C&rsquo;est encore M. Hauréau félicitant un carlovingien, le grammairien Smaragde d&rsquo;une langue « sobre d&rsquo;images, plus sobre encore de subtilités ou de trivialités mystiques ». Et c&rsquo;est le même encore qui nous affirme : « L&rsquo;art gothique est élégant, subtil, ingénieux, mais il manque de style », — sottise que devait rééditer Renan. Pas plus que le respect du vocabulaire, ne nous séduit le culte de la prosodie. Le poète, s&rsquo;il n&rsquo;est lui-même, ce qui importe peu, créateur de règles, admet celles que lui dicte son temps, ou bien les récuse et n&rsquo;en reçoit aucunes : des querelles, sont, à ce sujet, bien vaines ; il faut le prendre tel que sa fantaisie l&rsquo;a façonné.</p>
<p>Plus urgente encore cette nécessaire bonne volonté, quand il s&rsquo;agit d&rsquo;une versification aussi factice que la latine, factice même aux années de sa gloire, toute grecque, importée violemment, insensible à des oreilles latines faites seulement pour la numération, l&rsquo;allitération, la rime, l&rsquo;assonance. Selon la plus stricte littéralité, <strong>on entre avec le christianisme dans un nouvel univers : les idées sont baptisées, et les mots.</strong></p>
<p>« C&rsquo;est, dit en son étude très savante sur Grégoire de Nazianze, M. A. Grenier, un des rares dévots de l&rsquo;art rénové, c&rsquo;est une langue neuve, indépendante, caractérisée, faite pour des sentiments nouveaux, ne relevant d&rsquo;aucune grammaire classique, d&rsquo;aucun modèle, imprégnée d&rsquo;hébraïsmes, abondante en locutions et en images populaires, dure et barbare, mais grande dans sa dureté, et souvent d&rsquo;une grâce divine dans sa barbarie. Elle se forma comme le métal de Corinthe, merveilleux alliage dont on ignore les proportions, dans l&rsquo;incendie et la fusion du vieux monde. Se souvient-on de Virgile, d&rsquo;Horace, d&rsquo;Ovide, en écoutant le Pange lingua ? Pense-t-on à Didon ou à Ariane, en lisant le Salve Regina ? » <strong>Cette langue rigoureusement neuve, le texte latin de la Vulgate la contient toute et c&rsquo;est là que vinrent, l&rsquo;un après l&rsquo;autre, puiser tous les écrivains mystiques, — et cette langue est au latin classique ce que Notre-Dame est au Parthénon, ce qu&rsquo;un poème de pierres et de larmes est à une ode de Pindare, ce que le Calvaire est aux jeux Pythiques, ce que Marie est à Diane. Hello, en son livre, l’Homme, dit cela avec la simplicité de celai qui profère l&rsquo;incontestable et le définitif : « Quant à saint Jérôme, il a créé le magnifique idiome dans lequel il a parlé. Tacite et Juvénal sont les balbutiements humains de la langue que saint Jérôme a parlée divinement. »</strong>
</p></blockquote>
<p><a href="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/04/06.jpg"><img src="http://www.scholasaintmaur.net/wp-content/uploads/2013/04/06.jpg" alt="06" width="416" height="600" class="aligncenter size-full wp-image-1634" /></a></p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/latin-deglise-latin-de-cuisine-latin-mystique/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>1</slash:comments>
		</item>
		<item>
		<title>Sonnons le glas.</title>
		<link>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/sonnons-le-glas/</link>
		<comments>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/sonnons-le-glas/#comments</comments>
		<pubDate>Tue, 23 Apr 2013 15:34:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Apprendre à prier]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://www.scholasaintmaur.net/?p=1623</guid>
		<description><![CDATA[Le 23 avril 2013, à 17:05, l&#8217;assemblée nationale a adopté en seconde lecture par 331 voix contre 225 (566 votants) le projet de loi dit &#171;&#160;mariage pour tous&#160;&#187; autorisant le mariage et l&#8217;adoption pour les personnes de même sexe. Glas et Répons Libera me. Interprété ici par les moines de l&#8217;abbaye d&#8217;En Calcat. &#160; &#160; &#8230; </p><p><a class="more-link block-button" href="http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/sonnons-le-glas/">Lire la Suite &#187;</a>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Le 23 avril 2013, à 17:05, l&rsquo;assemblée nationale a adopté en seconde lecture par 331 voix contre 225 (566 votants) le projet de loi dit &laquo;&nbsp;mariage pour tous&nbsp;&raquo; autorisant le mariage et l&rsquo;adoption pour les personnes de même sexe.</p>
<p>Glas et Répons Libera me. Interprété ici par les moines de l&rsquo;abbaye d&rsquo;En Calcat.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><iframe width="420" height="315" src="http://www.youtube.com/embed/86NzSlmqQlc" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></p>
<p>Libera me, Domine, de morte aeterna, in die illa tremenda.<br />
Quando caeli movendi sunt et terra.<br />
Dum veneris judicare saeculum per ignem.</p>
<p>V &#8211; Tremens factus sum ego, et timeo, dum discussio venerit, atque<br />
ventura ira.</p>
<p>Quando caeli movendi sunt et terra.</p>
<p>V &#8211; Dies illa, dies irae, calamitatis et miseriae,<br />
dies magna et amara valde.</p>
<p>Dum veneris judicare saeculum per ignem.</p>
<p>V &#8211; Requiem aeternam dona eis Domine<br />
et lux perpetua luceat eis.</p>
<p>Psalmus 129</p>
]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/sonnons-le-glas/feed/</wfw:commentRss>
		<slash:comments>0</slash:comments>
		</item>
	</channel>
</rss>
