Exceptionnelles nouvelles ressources disponibles pour le chant

Le site web du choeur « Ad Dominum » propose des tirages en grand format du propre et de l’ordinaire de la messe pour un bon nombre de dimanches. Jusque là, rien de particulier… sauf :
– que la notation carrée propose une graphie restituée des strophae, oriscus, et autres notes, de façon très proche de l’antiphonale monasticum de 2005.
– que sont présents en dessous des portées, une graphie très lisible des neumes de Saint Gall.
– que les modifications mélodiques sont proposées optionnellement, ce qui n’oblige pas le chœur à réapprendre une mélodie qu’il a parfois acquise d’oreille.

Bref, un travail remarquable, directement utilisable pour permettre aux chantres l’interprétation des pièces grégoriennes de la messe autour d’un lutrin, et sur une partition tout à fait dans l’esprit d’une restitution musicale du répertoire de la messe qui met en valeur à la fois le sens des mots et les avancées de la compréhension des manuscrits les plus authentiques. C’est en quelque sorte un bon complément – mais pour la messe – au travail déjà accompli pour les répons de l’office nocturne par le site gregofacsimil que nous avons déjà mentionné dans nos pages.

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Extrait du site web du choeur « Ad Dominum » :

Notes explicatives :

La notation carrée reprend rigoureusement les mélodies de l’éd. vaticane.

– Des « corrections » mélodiques, fondées sur les indications manuscrites ou travaux musicologiques, sont parfois suggérées au-dessus. Pour ce faire j’ai utilisé la police Meinrad apte à écrire la notation carrée et disponible gratuitement ici.

– la notation neumatique est celle de saint-Gall.

– tout ce travail n’aurait pu exister sans l’immense travail préalable d’Anton Stingl, sur le site duquel, Gregor & Taube, j’ai pu puiser presque systématiquement le document pdf de base à partir duquel j’ai moi-même retravaillé la mise en page. Qu’il trouve ici l’expression fraternelle de ma vive reconnaissance pour son grand travail et sa générosité à mettre à disposition ces ressources !

– lorsque ce document de base manquait, j’ai moi-même copié la page correspondante du PDF du Graduale romanum et ajouté un à un chaque signe de la notation de Saint-Gall, ceux-ci ayant été scannés et enregistrés au préalable, afin d’en faire une base de donnée utilisable à souhait.

– Toute mention d’erreur, ou d’amélioration bienvenue !

Nous sommes donc en présence d’un travail qui est entièrement dans la lignée des idées et du combat de dom Cardine, osb, infatigable militant de la cause de la sémiologie, innovateur en terme de partitions puisque le premier, il nota sur son graduel en notes carrées les signes neumatiques de l’école de S. Gall et de Laon (le graduel neumé) dont un facsimilé est disponible aux éditions de Solesmes.
Nous sommes également en présence d’une tradition de restitution qui fait suite au travaux de dom Gajard (on peut consulter les propositions de restitutions des mélodies du répertorie grégorien – y compris celles concernant le propre de la Messe dans le livre publié par Solesmes en 1985 sous le titre « les plus belles mélodies grégoriennes commentées par Dom Gajard ».
Le site web du choeur « Ad Dominum » prend par exemple la graphie de la tristropha telle qu’elle est présente dans le Graduale romanum de 1975 pour certaines pièces dite « propres à l’ordre de Saint Benoît » et qui sont en fait les mélodies restituées exactes :
subvenite

Graduale Triplex, p. 878 : répons Subvenite.

Et évidemment, toute cette réflexion musicale s’inscrit à plein dans les travaux successifs récents de Solesmes notamment ceux de dom Claire qui fit supprimmer la plupart des épisèmes verticaux des partitions du psalterium monasticum et du Liber Hymnarius ainsi évidemment que ceux qui ont présidé à la parution de l’office (Antiphonale monasticum, Antiphonale romanum, et Les heures grégoriennes) qui ont cette notation avec oriscus, strophae, punctum losangés en ascension, etc… et pour les pièces les plus complexes (répons prolixes) également les neumes de Saint Gall, exactement de la même manière. Bref cette belle initiative – et surtout ce travail énorme ! qui n’est encore disponible que partiellement – permet aux chœurs paroissiaux de bénéficier de tout le matériau musical et neumatique en conformité avec les avancées d’interprétation permises aujourd’hui par la sémiologie, le tout dans le paradigme musicologique qui a présidé au premier mouvement liturgique ou en tout cas de sa partie musicale initiée par dom Guéranger lui même (Chanoine Gontier, Méthode raisonnée de Plain Chant, et dom Pothier, pour l’édition de 1908 du Graduale Romanum).

Merci à eux et Deo Gratias !

COMMENTS

  • admin

    Oui et ce que je n’ai pas mentionné, c’est que j’aime aussi les initiales, qui ont, comme qui dirait… « De la gueule » !

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