Et ne nous laisse pas entrer en tentation.

La nouvelle traduction liturgique de la bible devrait sortir en novembre prochain. Parmi les nouveautés, et de taille : la révision de la fameuse demande du Pater : Et ne nos inducas in tentationem / et ne nous laissez pas succomber à la tentation / et nous soumets pas à la tentation deviendrait : « et ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Mais le psautier n’a pas été revu, et les modifications ne devraient concerner dans que les lectures bibliques de l’office de lecture, avant celles de la messe. Un certain nombre d’incertitudes subsistent en ce qui concerne les cantiques évangéliques (Benedictus, Magnificat, Nunc Dimittis). Apparemment, en tout cas, à ce jour les traductions sont faites sur le Grec et l’Hébreu, pas sur le Latin ou l’Araméen.

Car le Grec lui-même peut poser problème… Et dans beaucoup de cas il faut se référer à l’Araméen. Quelquefois, le Latin donne une version plus conforme, par le croisement du génie de S. Jérôme et du travail de fond d’un certain nombre d’éxégètes sur la Néo-Vulgate (certain diront que la NV pose d’autres problèmes… Certes, mais ce n’est pas le débat). En tout cas pour bien comprendre les enjeux, et pour rappel, un excellent article tiré du bulletin des amis de l’abbé Jean Carmignac sur le Pater.


http://www.abbe-carmignac.org/bulletins/n32.pdf

Que le ciel nous préserve de croire que Dieu puisse nous tenter ! Tertullien, vers l’an 200

Comme promis dans le n°31, nous arrivons au commentaire, par l’abbé Carmignac, de la 6è demande du Notre Père par laquelle, depuis des siècles, en français, on priait Dieu en lui disant « Ne nous laissez pas succomber à la tentation », alors que depuis Pâques 1966 on doit dire « Ne nous soumets pas à la tentation ». L’adoption de cette nouvelle traduction, dite traduction œcuménique, fut pour l’abbé Carmignac une vraie souffrance. Comme chrétien. Que le Notre Père, cette prière à l’état pur, « qui touche le cœur du Père par les paroles du Fils » (Tertullien), qui offre aux humains le don inouï d’être enfants du Père, de Son Père, et qui les fait tous frères, puisse se trouver affligée d’un contresens qui touche au blasphème… Et comme exégète. Que tant d’années d’un travail rigoureux, tant de langues, tant de textes étudiés, qui lui avaient permis en toute humilité de dénouer la difficulté en 1965 (1), soient tout simplement ignorées…(2) [ndlr : les propos de l’abbé Carmignac sont en caractères droits] ?

  • Le grec présente-t-il une difficulté ? Oui, répond l’abbé Carmignac. Oui, répondent des centaines d’auteurs à travers près de 2000 ans d’histoire. La traduction littérale « et ne nous introduisez pas dans une tentation » « ne peut que susciter l’étonnement de quiconque voit en Dieu un Père infiniment bon « qui ne tente personne » et qui ne saurait « tenter pour le mal » (Jacques 1, 13). Car, si l’on demande à Dieu de ne pas nous introduire dans une tentation, c’est qu’il y a risque ou danger qu’il nous y introduise. Le dilemme est alors inévitable et irréfutable : si Dieu exerce le moindre rôle positif dans la tentation, il ne peut plus être infiniment saint, puisqu’il contribue par la tentation à inciter au péché, et il ne peut plus être infiniment bon, puisqu’il contribue à entraîner ses enfants de la terre vers le plus grand des malheurs ; et si, d’autre part, Dieu n’exerce aucun rôle positif dans la tentation, c’est l’insulter que de lui demander de ne pas faire un mal qu’il n’a pas l’intention de réaliser » (p. 236* de Recherches sur le Notre Père)

Pour contourner cette difficulté, de multiples échappatoires ont été imaginées, l’abbé Carmignac en examine un très grand nombre en les regroupant : celles qui ajoutent une glose, par exemple « ne nous introduit pas dans une tentation « au dessus de nos forces » », celles qui font glisser le sens du mot « tentation » (3) vers celui d' »épreuve », celles qui mettent le verbe au passif, celles qui atténuent le sens du verbe, ou celles qui combinent ces deux moyens, ainsi St Augustin observe que beaucoup de gens disent « Ne souffre pas que nous soyons introduits dans la tentation ». D’autres font apparaître l’idée d’abandon : Dieu n’expose pas ou ne soumet pas à la tentation, mais il cesse de protéger contre elle, il « abandonne » à son action… L’abbé Carmignac conclut (p. 254*) : « Malgré le nombre considérable des auteurs cités (plus de 250, avec leurs références), aucune de ces solutions ne sauraient prétendre à une valeur scientifique, car les procédés qu’elles utilisent sont manifestement des subterfuges, pour essayer d’échapper à une conclusion qu’on sentait inacceptable du point de vue théologique, mais qu’on ne savait comment réfuter du point de vue philologique. C’est parce qu’on était incapable de dégager du texte un sens admissible, que l’on corrigeait ce texte »… Et page 294* : « Mais bien loin de critiquer les échappatoires plus ou moins valables qu’ont imaginées ces centaines d’auteurs – parmi lesquels les plus grands noms de la patristique, de la théologie et de l’exégèse – nous devons admirer le courage avec lequel ils ont préféré se rabattre sur de tels subterfuges, dont ils n’ignoraient pas tous la fragilité, plutôt que de suivre littéralement un texte qui paraissait compromettre l’honneur de Dieu ». ?

  • Le problème ne vient donc pas d’une mauvaise traduction du grec « κα μ εσενέγκς μς ες πειρασμόν,».(
    kaì m
    eisenégkêis hêmâs eis peirasmón,) Ou du latin issu du grec « Et ne nos inducas in tentationem ».
    Non, confirme l’abbé Carmignac (4) : « l’un et l’autre sont équivoques parce que ni le latin ni le grec ne permettent de rendre exactement en un seul mot la formule hébraïque (5). Tout le problème vient du fait que lorsqu’il y a une idée de cause : faire faire, faire entrer, nous, nous l’exprimons par le verbe « faire ». Les Hébreux l’expriment au contraire par une simple préformante ou désinence (6) du verbe au causatif. Si bien qu’ils ne peuvent pas mettre la négation avant, entre, ou après, comme ils veulent, ils sont obligés de mettre la négation toujours avant l’ensemble du verbe. Ils ne peuvent pas dire « faire ne pas entrer » ils sont toujours obligés de dire « ne pas » puis l’idée qui correspond à « faire entrer ». Mais alors, en grec, du moment que l’on traduisait « faire entrer » par un seul mot, on était obligé de mettre la négation devant, si bien qu’on ne savait plus si la négation portait sur « faire » ou sur « entrer ». « Ne fais pas entrer » ou « fais que nous n’entrions pas ». Et c’est pour cela que, semble-t-il, le traducteur grec a compris « ne fais pas » « que nous entrions », comme si c’était Dieu qui nous faisait entrer dans la tentation (entrer dans la tentation, cela veut dire entrer dans le piège de la tentation, dans la sollicitation au mal). Alors qu’il aurait fallu comprendre autrement : « Fais que nous n’entrions pas ». Ce détail de la grammaire hébraïque est cause de la difficulté. Et c’est la même chose en latin, qui a décalqué le grec purement et simplement. « Ne nos inducas » : inducere cela veut dire introduire ou faire entrer, et alors en latin normalement nous avons tendance à traduire « Ne nos inducas » par « ne nous fais pas entrer », ce qui correspond à la traduction actuelle. Mais une chose remarquable c’est que les anciens traducteurs français […] par simple bon sens théologique, avaient compris que cette traduction-là n’était pas admissible, et ils étaient arrivés à « Ne nous laissez pas succomber à la tentation » qui se trouvait être en accord avec le sens hébreu du terme. « Laissez » était un peu faible, « succomber » était un peu fort, les deux choses se compensaient à peu près si bien que le sens était dans l’ensemble valable.

Et l’abbé Carmignac propose de dire par exemple : « Garde-nous d’entrer dans la tentation ».

  • « Ne nous soumets pas à la tentation », est-ce une formulation calviniste ? Dans notre bulletin n°29 p.5, nous avons publié le témoignage de l’abbé Carmignac où il disait que « la pensée d’un des membres de la commission qui a adopté cette nouvelle formulation était clairement le calvinisme, que son idée était d’insinuer dans le Notre Père une pensée clairement calviniste ». Sur ce point il écrit, toujours dans « Recherches sur le Notre Père » p.303-304* : « C’est en 1922 qu’un anonyme protestant, suivi en 1928 par M. Goguel, a crée la formule nouvelle : « Ne nous soumets pas à la tentation », qui semble bien attribuer à Dieu sans échappatoire possible, une causalité positive dans la tentation : au lieu que Dieu agisse pour nous faire résister à la tentation, il agirait ainsi pour nous y soumettre. Et l’abbé Jean Carmignac poursuit p.303* (note 22) : « Quels sont les rapports entre cette formule et la pensée de Calvin ? Je laisse aux spécialistes de cette pensée le soin de le préciser. Mais j’ai personnellement l’impression que cette nouvelle formule paraît dépasser la position finale de Calvin et semble attribuer à Dieu une causalité plus directe dans la tentation. En effet, Calvin, à ma connaissance, n’emploie jamais l’expression « soumettre à la tentation », mais bien « livrer à Satan » ou « livrer entre les mains de Satan » et il a toujours grand soin de préciser que la tentation vient « du diable et de nos concupiscences charnelles ». Si Calvin, avec sa remarquable précision de langage, évite la formule « ne nous soumets pas à la tentation », n’est-ce pas précisément parce qu’elle risquait d’impliquer une causalité trop directe ? […] Évidemment, je ne sais pas quelle était l’intention de l’anonyme de 1922, mais je constate que sa formule, telle qu’elle sonne, ne paraît pas exprimer exactement la pensée de Calvin, et qu’elle semble l’outrepasser en la durcissant. » ?
  • Ainsi depuis 40 ans, les catholiques francophones adresseraient au Père « la prière à l’état pur » avec une formulation qui outrepasse même le calvinisme en le durcissant… Naturellement le fidèle qui emploie cette traduction par obéissance, ou sans être très conscient de la difficulté, n’est pas fautif. Cependant, p. 295*,
    l’abbé Jean Carmignac, tient à nous mettre en garde : « Même si un esprit seulement sur mille était troublé à cause de cette formule, ce serait un motif largement suffisant pour l’améliorer. »

    Texte et propos de Jean Carmignac (réunis par J. C. Olivier)

(1) Voir J. Carmignac, « Fais que nous n’entrions pas dans la tentation », la portée d’une négation devant un verbe au causatif, dans la Revue biblique, 1965, n°2, pp. 218-226.

(2) Avec sa très grande honnêteté intellectuelle, Jean Carmignac signale qu’il a découvert postérieurement à son propre travail de 1965, qu’un jésuite allemand, Johannes Heller, également excellent connaisseur de l’hébreu, avait aussi trouvé la solution scientifique à la difficulté de la 6è demande en 1901, soit 64 ans avant lui. Il offre en appendice de Recherches sur le Notre Père (pp. 437 à 445) la traduction intégrale du travail de J. Heller, pratiquement introuvable en France et remarque (note 88-1, p. 292*) que J. Heller est formel lorsqu’il présente son explication « non comme un pur essai de solution, mais comme la seule solution possible et exacte ».

(3) En plus de l’étude philologique, le sens de la 6è demande peut être éclairé par le contexte, à l’intérieur du Notre Père. Écoutons l’abbé Carmignac (p. 266-67*) : « La requête précédente vient de parler des dettes contractées envers Dieu dans le passé par tous nos péchés et nos déficiences. Et le stique suivant [la 7è et dernière demande] va demander que nous soyons à l’avenir délivrés du seul mal, le péché, ou de son instigateur, le démon. Encadrée ainsi par la mention du péché passé et du péché futur, la 6è demande ne peut viser que le péché présent, et ce qui en est la cause, la tentation [et non une épreuve]. Sans même se référer aux arguments théologiques […] on est invinciblement orienté en cette direction par la logique interne de la pensée. »

(4) Entretien avec Jean de Beer, le 27-12-1975.

(5) Rappelons que c’est en passant des années à étudier l’hébreu, en particulier à partir des manuscrits de Qumrân, que l’abbé Carmignac a compris cette particularité de la grammaire hébraïque.

(6) Préformante : en hébreu, se dit des consonnes qui, pour former des dérivés verbaux, s’ajoutent au début des racines ; désinence : lettres qui s’ajoutent à la fin du radical.

(*) Cet astérisque renvoie aux pages de Recherches sur le Notre Père, cet incontournable et magnifique travail de l’abbé Carmignac, ouvrage que nous avons eu le plaisir, tout récemment encore, de voir exposé au centre de la vitrine de son éditeur, Letouzey et Ané (87 boulevard Raspail 75006 Paris, livre de 608 pages, paru en 1969 et coûtant 30,70 euros plus 5,90 euros si envoi par la poste en France ). Ces pages se lisent très facilement et sont une mine de renseignements, de même que l’excellent condensé qu’il en a fait A l’écoute du Notre Père, livre de 120 pages, publié en 1995 aux Editions F.-X. de Guibert, 3 rue Jean-François Gerbillon, 75006, Paris, toujours disponible au prix de 15 euros (10 euros pour nos adhérents).

COMMENTS

  • Baudouin

    Merci pour cet éclairage précis.

  • admin

    Vu sur Proliturgia :

    13/9/2013 : Vous n’en entendrez peut-être pas parler dans vos paroisses, alors nous vous l’annonçons : le 22 novembre paraîtra une nouvelle traduction française de la Bible destinée à être proclamée dans le cadre de la liturgie.
    Elle comportera un certain nombre de changements importants. Ainsi, dans le « Notre Père », les paroles « et ne nous soumets pas à la tentation » seront remplacées par « et ne nous laisse pas entrer en tentation ». Et dans le « Magnificat », les mots « amour » et « race » seront remplacés par « miséricorde » et « descendance ». Le texte des Béatitudes présentera aussi quelques modifications.
    Le Cardinal Canizarès Llovera, Préfet de la Congrégation pour le Culte divin, se réjouit de donner ainsi aux fidèles « une Bible liturgique qui leur permettra d’accéder à la source de la foi et de louer le Seigneur dans une langue à la fois compréhensible, claire et magnifique (…) dans la fidélité à la Néo-Vulgate latine qui constitue le modèle de toute Bible catholique. »

  • Jérôme

    Bonjour,

    On pourrait se réjouir de cette nouvelle.
    On peut aussi se demander pourquoi avoir mis 17 ans pour cela seulement.
    Et un psautier non révisé.
    La traduction « Ne nous laissez pas succomber à la tentation » semblait convenir d’autant plus qu’elle était utilisée auparavent dans les traductions. Mais ils n’ont probablement pas voulu la reprendre car elle était utilisée par ceux qui résistaient à la nouvelle traduction.

    Bref, c’est tout de même un pas dans la bonne direction. Et en même temps, une occasion manquée.

    Vive les traductions françaises sur la Vulgate (la vraie !) : Saci, Fillion, etc.

  • admin

    Vu sur « News.va » :

    2013-10-15 Radio Vatican
    Le « Notre Père » sera légèrement modifié dans sa traduction française en usage depuis 1966 dans l’Église catholique, a annoncé mardi la conférence des évêques de France, après 17 ans de travail. Une version qui n’entrera pas en vigueur avant 2014 dans les lectionnaires, et pas avant 2015 dans les missels.
    Dans la nouvelle traduction destinée au monde francophone, qui a été validée par le Vatican, la supplique « ne nous soumets pas à la tentation » deviendra « ne nous laisse pas entrer en tentation ». La supplique donnait en effet à penser que c’était Dieu qui tentait le fidèle pour l’éprouver.
    Le Créateur, loin de pousser le pêcheur sur la pente glissante du péché, comme beaucoup de catholiques l’ont intimement perçu, s’érigera en protecteur bienveillant, le retenant pour qu’il ne commette pas la faute.
    Une traduction confuse…
    Une nouvelle édition de la Bible liturgique, réalisée sous la houlette de l’assemblée épiscopale liturgique pour les pays francophones, et disponible en France le 22 novembre, tiendra compte de ce changement, qui sera progressivement introduit dans les autres livres officiels, a indiqué mardi à l’AFP Mgr Bernard Podvin, porte-parole de la Conférence des évêques de France.
    La correction apportée au « Notre Père », si elle ne dépasse pas une ligne, est d’une importance majeure pour les catholiques. Depuis près de 50 ans, la formule « ne nous soumets pas à la tentation » apparaissait « non pas défectueuse, mais confuse », selon Mgr Podvin. « Cette nouvelle traduction met davantage l’accent sur la communion avec le Christ qui a connu la tentation » explique le porte-parole de la CEF au quotidien français La Croix. « Demander au Père de ne pas nous laisser entrer en tentation, poursuit Mgr Podvin dans le journal, c’est Lui demander la force de combattre et d’écarter complètement la tentation comme le Fils l’a fait. »
    …voire perverse
    Pour les Chrétiens, Dieu est « infiniment bon et source de toute bonté ». La possibilité qu’il puisse soumettre, donc entraîner, mettre sur la voie, appâter, tenter l’Homme par le mal, cela paraissait passablement pervers. Pire : pour les croyants, ce rôle est dévolu au démon tentateur, à Satan. En outre, pour eux, Dieu laisse à l’homme la liberté de décider. Autrement dit, Il est censé être neutre et ne l’influer ni dans un sens, ni dans l’autre. Enfin, soumettre à la tentation une créature qui sera par la suite contrainte de Le supplier pour se racheter, est assez paradoxal.
    « Notre Père » figure dans les Evangiles selon Saint Matthieu et Saint Luc et sa première version a été écrite en grec ancien, d’où découlent toutes les traductions. Il s’agit de la seule prière que Jésus a transmise à ses disciples. L’actuelle version française, adoptée après un compromis œcuménique passé en 1966, après la fin du concile Vatican II, avec les orthodoxes et les protestants, est restée sujette à débat. Certains orthodoxes et certains protestants avaient opté pour d’autres formulations.

    Concrètement, il va falloir attendre de nombreux mois avant de voir cette traduction utilisée. De toutes façons, le missel français est une traduction de 1979 de l’édition typique du missel qui date de 1975.. Donc… Largement abrogée. par les textes récents y compris le cérémonial des évêques, l’édition 2000 du Missel, etc… Comme si on se complaisait en France ou en francophonie d’une expression de la foi marquée par l’époque « beatnik ».
    Si bien que cette affirmation « non pas défectueuse, mais confuse », attribuée à Mgr Podvin est pour le moins surprenante. Si c’est juste une correction pour rendre les choses moins confuses, cela vaut il la peine de changer tout cela les habitudes, les mises en musique, etc … ? En réalité la nouvelle traduction du Pater apporter un progrès visant à corriger un scandale de formulation, comme ‘a montré notre article issu des réflexions de l’abbé Carmignac. Il faudrait quand même l’admettre, à la fin, et surtout lorsque l’adoption de cette traduction mais aussi des autres (dont certaines ne sont pas moins fautives) amèneront la levée de bouclier des néo-conservateurs attachés à cette expression dépréciée de la prière. On l’a bien vu lorsque la nouvelle traduction du missel est entrée en application dans les pays anglophones. La Croix n’a pas manqué de faire valoir que cette nouvelle traduction (conforme aux demandes de Jean-Paul II en … 2001 !) blessait l’expression de la prière des fidèles et introduisait du trouble… Dans un article de novembre 2011, puis un nouvel article ces jours ci… Bref , un beau message passé à nos pasteurs : surtout, surtout, ne changez rien ! Restons en à la bonne époque de l’étole en macramé, de l’aube sac jaunâtre, et de la liturgie misérabiliste…

    http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-nouveau-Missel-anglais-demeure-conteste-2013-10-15-1042782

    Le nouveau Missel anglais demeure contesté
    Introduite en novembre 2011, la nouvelle version anglophone du Missel romain suscite l’opposition d’une grande majorité de prêtres.

    15/10/13

    Depuis fin novembre 2011, les catholiques anglophones utilisent une nouvelle traduction du Missel romain qui se veut plus fidèle à l’original latin. Ainsi, dans les dialogues avec le prêtre, les fidèles anglophones ne répondent plus « Et aussi avec vous » (« And also with you »), après l’invitation du prêtre « Le Seigneur soit avec vous », mais « Et avec votre esprit » (« And with your spirit »).

    De même, dans le Gloria, ils ne chantent plus « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix pour son peuple sur la terre », mais « paix pour les hommes de bonne volonté ». De la même manière, le Credo est désormais récité avec le pronom personnel « Je » et non plus « Nous ».

    D’autres changements souhaités par Rome sonnent plus étrangement aux oreilles francophones, et laissent présager les changements de la prochaine version française. Toujours dans le Credo, c’est désormais l’adjectif « consubstantiel » (« consubstantial ») qui traduit le latin consubstantialem, plutôt que « un avec le Père » (« one in Being with the Father »), là où le français a choisi « de même nature », traduction toujours contestée.

    REJET DE LA NOUVELLE TRADUCTION PAR 51 % DES CATHOLIQUES ANGLOPHONES
    Même si les évêques anglophones avaient préparé leurs fidèles aux changements, le passage au nouveau Missel ne s’est pas fait facilement. « Franchement, cela n’a pas été simple au début. Je prononçais depuis plusieurs décennies les mêmes phrases et il a fallu effacer toutes ces habitudes », reconnaissait ainsi un paroissien interrogé en décembre 2011 par La Croix . D’autres critiquaient « un retour à l’ancien temps, au cours duquel Dieu était trop glorifié, trop lointain ».

    Selon une enquête réalisée en décembre 2012 par l’hebdomadaire catholique anglais The Tablet, un an après l’introduction du nouveau Missel, c’est d’ailleurs le style « trop formel » et « pompeux » qui provoque le rejet de la nouvelle traduction par 51 % des catholiques anglophones. Un chiffre qui s’élève à 63 % en Europe.

    70 % des prêtres rejettent même ce nouveau texte, notamment en ce qui concerne le « consubstantiel » (67 %) ou la préférence du « for many » (« pour beaucoup ») plutôt que « for all » (« pour tous ») pour traduire le « pro multis » des paroles consécratoires sur le vin (là où le français a choisi « pour la multitude »). Aujourd’hui, 81 % des prêtres anglophones se disent en faveur du retour à l’ancienne traduction, 61 % demandant « une révision urgente ».

    Nicolas Senèze

    J’ai une solution, quant à moi, pour les états d’âmes de tous ces « chrétiens en Eglise » et également pour les journalistes de la croix, dont Nicolas (mais mon amie Christine, de Témoignage Chrétien aussi est certainement dans la même catégorie) : ne traduisons pas, c’est plus simple. Mettons-nous au latin, on réglera ainsi très facilement le problème.

Laisser un commentaire