Dom Hervé Courau, osb : Chant grégorien et participation active.

Un recueil bref mais intéressant qui pose une question très pertinente : on parle beaucoup de « participation active » dans la liturgie depuis Vatican II, mais sommes – nous vraiment fidèles à l’esprit que donnaient à cette expression les Pères conciliaires mais aussi tout le magistère du XX° siècle en ce qui concerne le chant à la messe, et plus particulièrement le chant liturgique par excellence, le grégorien ?

I-Grande-131310-chant-gregorien-et-participation-active.netLe TRP. Abbé de Triors nous livre dans ce opuscule bref mais riche une intéressante réflexion sur la notion si mal employée de « participation active » et l’applique justement à un art réputé non participatif, le chant grégorien.

C’est audacieux, mais réussi : l’art grégorien, art liturgique par excellence, est justement présenté comme une musique permettant le mieux possible d’entrer dans le mystère de la Foi.

Dom Courau nous fait par exemple saisir la différence fondamentale et voulue par les pères conciliaires qui a été établie entre « participatio activa » et « participatio actuosa ». Il nous montre par exemple, que notre notion aujourdhui banalisée de « participaiton active » n’a pas – au regard du texte original de Vatican II – la signification que certains ont voulu lui donner ou lui donnent encore.

La plus belle citation de ce petit opuscule, vous la trouverez en p. 17, revient probablement – à tout Seigneur tout Honneur – à Madame Cécile Bruyère, fondatrice et première abbesse de Ste Cécile de Solesmes :

« L’Eglise doit avoir un chant, autrement elle serait morne. Mais ce chant, nous l’avons, et c’est un chant incomparable. La seconde personne de la Sainte Trinité est descendue sur la Terre,le Verbe s’est fait chair. Et qu’est la seconde personne de la Sainte Trinité, qu’est le Verbe ? Il est tout à la fois un chantre et un chant. Chantre unique qui a donné une voix à la création entière, chant qui ne s’épuise jamais, car Dieu fait tout par son Verbe, chant que nous redisons sans cesse. » (In Spiritu et veritate, Solesmes, 1966, P.123)

Cette citation rappelle à s’y méprendre un passage des Institutions liturgiques de dom Guéranger, commenté pour nous par dom Debout lors de notre session à Solesmes en janvier 2004.


NB :
Voilà en 47 pages très faciles à lire une bonne définition et une vision d’ensemble sur le chant grégorien. C’est court, c’est simple, c’est bien illustré par des citations des auteurs spirituels – souvent bénédictins ! – les plus marquants du XX° siècle. A lire, donc, ce n’est pas long mais très profitable ! (en vente, 5 euros chez Téqui)

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