Diaconesses : et si le véritable problème était en fait le diaconat permanent ?

Au regard des récentes déclarations du Souverain pontife au sujet des diaconesses, et du fait qu’il n’y serait pas opposé, j’observe avec circonspection les remarques d’un certain nombre de journalistes ou bloggeurs. Et quelquechose me gêne…Tout se passe comme si la seule question serait que le diaconat, ce n’est pas comme le presbytérat, et que donc, la question pourrait légitimement être ouverte, attendu que s’il n’est pas envisageable d’ordonner des femmes prêtres, le diaconat féminin est soit un compromis, soit un danger potentiel…Compromis pour les féministes et autres genristes : après tout, ce serait une façon de donner des gages, sans trop de douleur, aux femmes qui pourraient se voir ainsi « reconnues »… Puisque l’essentiel n’est pas touché…Danger potentiel pour les conservateurs ou les traditionnalistes, dans le sens où pour eux ce serait une avancée dramatique vers le presbytérat ministériel féminin… Qui finirait en toute logique par être revendiqué, dans 5 ans, 10 ans, 50 ans ou 100 ans…Mon humble opinion est que cette question ne devrait certainement pas être traitée en ces termes. Le diaconat féminin ne sera ni un compromis ni un danger potentiel. Il sera tout simplement un scandale innacceptable. Ni plus ni moins. Et que notre devoir est de nous opposer de toutes nos forces à cette idée. Le diaconat féminin, ce sera seulement la destruction du sacrement de l’ordre, une mesure non seulement illégitime mais blasphématoire et directement contraire aux enseignements du Christ.Il faudrait quand même le rappeler: le diaconat est un degré du sacrement de l’ordre sacerdotal…. Le problème est que cette réalité structurante est oubliée, à cause du diaconat permanent. Tout cela a largement été expliqué sur ce site à plusieurs reprises, je n’y reviendrai donc pas. On a en effet fini par croire que le diaconat était :
– 1 : une sorte de réalité sacramentelle détachée de deux autres réalités qui lui sont pourtant étroitement dépendantes, celle du presbytérat et celle de l’épiscopat. On parle de diaconat permanent mais personne ne parle de presbytérat permanent… Parce que ça n’existe pas. Car chacun sait qu’un prêtre peut en puissance devenir évêque…. Et c’est d’autant plus choquant le précisément, la doctrine des trois degrés du sacrement de l’ordre, qui a abouti à la réforme des ordres, est un enseignement de Vatican II…
– 2 : une sorte de récompense pour bon services utilisable par les curés et les évêques afin de « reconnaître » la pertinence et l’engagement, parfois la compétence, des « bons laïcs ».Evidemment dans ces conditions, on voit mal pourquoi le diaconat serait refusé aux femmes. Ce serait injuste.

A partir de ce moment là, la seule chose que j’aimerais voir aboutir, dans la confusion actuelle sur la pastorale et la doctrine sacramentelle, serait une réflexion actualisée sur la réalité du diaconat, et une remise en cause dela posture idéologique marxiste qui fait ordonner en Occident à tour de bras des diacres permanents – mais je n’y crois pas une seule seconde, malheureusement, au moins lors du pontificat actuel.
L’objectif caché de cette politique activement promue par de nombreux prélats est malheureusement trop souvent de cacher la misère de l’effectif du clergé, même s’ils s’en défendent à hauts cris.
La réalité profonde du diaconat permanent est en fait insaisissable. Elle ne le serait pas si les diacres étaient réellement perçus comme clercs et astreints à la discipline (sexuelle notamment) afférente. Et qu’on voyait en eux des potentiels candidats au presbytérat, et non des réalités hors sol, voire hors sacrement. Les diacres permanents ne sont pas « vraiment » ordonnés dans la mentalité populaire. Ce sont en fait des sortes de « diacres laïcs »…. Beaucoup de diacres permanents expliquent en effet sans rire que de temps en temps, il refusent de « fonctionner » en tant que diacres dans la liturgie car il leur faut équilibrer ou répartir équitablement leur temps entre deux sacrements (qu’ils avouent implicitement être contradictoires) qu’ils ont reçus : le mariage et l’ordre…. Cela légitimerait le fait que de temps en temps, ils restent dans la foule lors de la messe, au milieu de leur famille.
Et c’est là où il est permis à quiconque qui a conservé un minimum de liberté intérieure de se poser la question de la réalité vocationnelle en ce qui les concerne… Il y aurait beaucoup à dire. Parce qu’aujourd’hui, personne n’est capable de vraiment expliquer ce qu’est un diacre permanent. Alors une diaconnesse permanente…. Je laisse cela à votre réflexion.

COMMENTS

  • Jérôme

    Salve !

    Tout cela est fort juste et très bien ciblé.

    Le diaconat permanent est un cheval de Troie car au fur et à mesure que les vocations manquent, la tentation sera grande d’ordonner prêtres en masse des diacres permanents, mettant encore plus à mal le célibat sacerdotal.

    Le diaconat féminin (pas les diaconesses qui est une autre réalité traditionnelle dans l’Eglise) est encore plus pervers car les diacres ne confèrent pas de sacrements in persona Christi (eucharistie et pénitence), ce qui les fait passer pour des auxiliaires dont le rôle, spécialement à l’autel, pourrait être rempli par n’importe qui, à fortiori par des femmes.
    Ainsi, quant bien même une ordination de femme ne serait pas valide sacramentellement, le résultat serait le même, contrairement à l’ordination sacerdotale.

    On voit clairement la perversité avec laquelle la question est abordée.

    • JACQUES

      Je célèbre des baptêmes, des mariages et des funérailles. J’assiste le prêtre lors de l’eucharistie, l’évêque lors des confirmations.
      Je suis diacre permanent, ne vous en déplaise.
      Dans l’Eglise Catholique.

  • José

    Je pense que le veritable problème est qu´il n´y as pas assez de prêtres ni assez de fidèles.

    -grace au Concile-

    La solution n´est pas suivre continuer par le même chemin.

    Je commence par enseigner les verités de la Foi; et insister à la relation personnel avec Dieu et le compromis de suivre la voi de la salvation comme un modèle et un idéal de vie.

    Il faut s´arrêter aussi de utiliser catégories qui ne sont pas religieuses (féminisme, droits humaines, lutte de pouvoir, solidarité, consumisme…) parce que une réligion n´est pas une philosophie ni une chose humanine. Une réligion est une réligion.

    Quand on cherche ces solutions, cela démontre que on a perdu l´éspoir et on joue à la défensive.

    Ce-t-à dire; nous avons déjà perdu le match.

  • brnoites

    Le diacre ou la diaconesse n’ont rien à faire à l’autel. Si l’autel est remplacé par une planche à repasser , on peut concevoir que du personnel féminin s’affaire dessus ,mais uniquement dans le local conjugal. Les livres sont fournis à l’école.

    • JACQUES

      Je suis diacre permanent, j’ai reçu tous les sacrements.
      C’est le saint concile Vatican II qui a rétabli ce beau ministère.
      Ces articles me font mal.

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