Denis Crouan : Histoire et avenir de la liturgie romaine

"A la suite du concile Vatican II, la liturgie est devenue – en France particulièrement – la source de prises de positions parfois conflictuelles. De cette situation sont nées des discordes qui continuent à disperser les pratiquants. On ose aujourd’hui reconnaître que les décision prises au Concile et qui visaient à une restauration du rite romain ont été mal appliquées, ou même pas appliquées du tout…"

Un très bon ouvrage, documenté, sérieux, rigoureux, écrit dans un but clair et précis : mieux faire comprendre l’évolution de la liturgie romaine, dans le but de rétablir sans passion la vérité historique, et le sens profond de la rénovation liturgique qui a fait suite au Concile Vatican II.

Pour les grégorianistes, il faudra notamment mentionner l’annexe III, sur le chant grégorien dans la liturgie actuelle : « En effet, en liturgie, la suprême qualité de la vraie beauté doit être la convenance : la beauté qui convient à la liturgie est celle qui commence par se faire oublier pour passer inaperçue et se fondre totalement dans l’action sacrée. La beauté requise par le chant liturgique est donc celle qui veille à ne pas faire passer son propre décorum avant la fonction sacrée. Est il nécessaire de préciser ici que le chant grégorien est la musique qui respecte le mieux tous les principes que nous venons d’énoncer ? Il est la musique qui convient le mieux au culte, dans la mesure où il n’est jamis une musique ajoutée à la liturgie : il est lui même la liturgie en état de musique. »

Un passage savoureux : "Les chasubles droites utilisées par les prêtres qui célèbrent la messe selon le Missel d’avant Vatican II sont elles "traditionnelles" ?

… avec une citation de Dom Guéranger dans le ton qui caractérise si bien le premier abbé de Solesmes, qui fait attaque en règle contre les "boîtes à violon". Dom "Guerroyer", comme on l’appelait alors, ne s’embarasse pas de formes diplomatiques pour expliquer le caractère éminemment "anti-romain" des chasubles droites : "Ces chasubles qu’un inflexible bougran a rendues dans leur partie antérieure, semblables à des étuis de violon, pour nous servir de l’expression trop vraie de l’artiste anglais Welby Pugin.(…) Ce bougran, dont la vogue est inexplicable, était inconnu il y a cinquante ans : nos ornements un tant soit peu anciens n’en ont jamais eu. Otez le, et la ressemblance avec l’étui à violon disparaît avec lui. Le vêtement se prête de lui même : il n’est plus semblable à une planche qu’on a adpatée à un être humain ; il prend la forme du corps : en un mot, il habille celui qui le porte…"(Les Institutions Liturgiques)

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