De l’élection et la nomination des évêques

Une question écrite à l’Assemblée nationale : Quelles furent les conditions de la nomination de l’évêque de Metz ?


Une seule question, quant à nous : serions-nous revenus au XIXème siècle ? Le retour en arrière, c’est maintenant !

Comment l’Église de France sortira-t-elle de cette difficile position ? Par l’autorité du Souverain Pontife. Que les évêques s’adressent au Vicaire de Jésus-Christ, en lui faisant entendre leurs vœux et leurs désirs, leurs craintes et leurs inquiétudes. Il s’agit de sauver l’héritage de la foi.

MENACÉE dans la loi même de sa perpétuité, que va devenir l’Église de France ? Par quelle issue sortira-t-elle des voies périlleuses dans lesquelles elle se trouve engagée ? Est-elle donc abandonnée sans ressource au milieu des plus redoutables écueils ? Non : Dieu dans sa sollicitude pour son Épouse a pensé à ses besoins d’aujourd’hui, comme à ceux de tous les siècles. Il a préparé un secours permanent à tous ses maux, un rempart assuré contre toutes les attaques auxquelles elle peut être exposée.

« Ils ont dit : Faisons un pacte avec la mort ; concluons un traité avec l’enfer. Plaçons dans le mensonge nos espérances, couvrons-nous de la protection de l’erreur. Mais voici ce que dit le Seigneur Dieu : J’ai placé dans les fondements de Sion une pierre éprouvée, angulaire, fondamentale, et l’espoir des partisans du mensonge sera submergé, et leur alliance avec la mort sera brisée, et leur pacte avec l’enfer sera rompu 1 . » Ainsi prédisait Isaïe. Jésus-Christ, la pierre véritable 2 parut ; et il associa l’un de ses disciples à ce titre glorieux. « Tu es Pierre, lui dit-il, et sur cette pierre, sur toi-même, je bâtirai mon Église 3 . »Ainsi fut garantie l’immortelle durée de l’édifice sacré.

De ce jour c’est contre cette pierre que les portes de l’enfer se sont déchaînées sans interruption : c’est aussi en elle qu’ont espéré les enfants de Dieu. Investie de l’infaillibilité dans la doctrine, Rome, […], a résolu par son autorité souveraine toutes les questions de la foi. Source première de toute juridiction, à elle a toujours appartenu le droit de déterminer quelles lois régiront l’Église.

« C’est à cette Église pour sa puissante principauté, » comme le dit saint Irénée, que toute Église, c’est-à-dire « tous les fidèles de tous les lieux, doivent s’adresser 4  ; » c’est donc à elle, et à elle seule que l’Église de France doit recourir pour sortir de la dangereuse situation où elle se trouve. Et non seulement la raison de sa sollicitude générale conduit directement au tribunal du Saint-Siège la grande affaire qui nous occupe, mais plus que toute autre matière celle-ci en ressortit naturellement.

Dans tous les siècles, la puissance épiscopale n’a cessé de découler médiatement ou immédiatement de la Chaire de saint Pierre. Le pouvoir des Apôtres, pouvoir immense et extraordinaire, ne s’est éteint après eux que pour venir se concentrer dans l’unique siège qui a retenu le nom d’Apostolique. L’évêque de Rome est véritablement Souverain Pontife, parce que les autres ne sont pontifes que par lui 5 .

De là résultent des droits immenses pour l’Église Romaine sur toutes les Églises. Mais ces droits combien sont-ils plus solennels et plus directs encore, s’il est possible, dans les contrées de l’Occident placées sous la juridiction patriarcale du successeur de saint Pierre ! Évêque de Rome, Métropolitain des Églises suburbicaires, Primat d’Italie, le Pape, outre son titre œcuménique de Chef de l’Église, est encore le pasteur ordinaire des Églises d’Occident. En sa qualité de Patriarche de nos Églises, il peut exercer sur elles des droits immenses dont l’usage, quoique souvent interrompu, n’en est pas moins appuyé sur les monuments les plus authentiques. Cette prérogative trop peu étudiée rehausserait seule la puissance du Pape sur nos Églises au-delà de ce que les Décrétales ont offert de plus fort 6 .

Il est un titre qui place l’Église de France dans une dépendance immédiate de l’Église Romaine : c’est son origine.

Quelle Église, demande Bossuet, a enfanté tant d’autres « Églises ? D’abord tout l’Occident est venu par elle, et nous « sommes venus des premiers 7 . » Ce n’est point ici le lieu de redire les noms et les travaux des innombrables apôtres qui descendirent des Alpes, comme autant de sources bienfaisantes destinées à porter la fraîcheur et la fertilité aux terres qu’elles ont à parcourir. Que nos Églises consultent leurs fastes, qu’elles remontent à la première page de leurs annales : elles y verront que le siège de Pierre est le cep dont elles sont les branches ; que jointes à lui par un lien indissoluble, elles n’ont de vie que celle qu’elles tirent de sa puissante végétation.

Aussi la tradition nous apprend-elle que dans tous les temps, c’est au Pontife Romain qu’a été dévolu le soin de régler la forme des élections épiscopales. Les Sirice, les Innocent, les Zozime, les Léon dans leurs immortelles Décrétales ont tour à tour expliqué et. modifié à cet égard les antiques règles de la discipline 8 . Les Innocent III, les Grégoire IX, ont organisé les élections capitulaires. D’autres Papes ont établi les réserves, rédigé les concordats, ou maintenu les élections. Partout l’action du Saint-Siège s’est fait sentir d’une manière souveraine dès qu’il s’est agi du mode à observer dans la provision et l’élection aux bénéfices.

Rien d’étonnant après tout, puisque le Pontife Romain est le pasteur suprême du troupeau ; puisque dans l’Église l’action de chaque évêque n’est que celle du Pape, en qui Pierre vit, parle et régit toujours, comme l’enseigne saint Léon dans ses immortels sermons ; puisque enfin, comme nous l’apprend le saint Concile de Trente, c’est l’autorité du Pontife Romain qui établit tous les pasteurs de toutes les Églises 9

Évêques de France, vous sur qui repose dans ce moment la responsabilité de l’avenir d’une immense Église, ne tardez donc pas. Adressez-vous promptement au Siège Apostolique. Faites entendre au Vicaire de Jésus-Christ vos vœux et vos désirs, confiez-lui vos craintes et vos inquiétudes. Conduisez à ses pieds vos troupeaux fidèles, et demandez-lui de ne pas les laisser exposés à la dent des loups. Il ne s’agit plus de traités et de négociations diplomatiques ; il ne s’agit que de satisfaire le tendre amour que vous avez pour nous ; bientôt vous nous laisserez seuls au milieu de ce monde que vous avez vaincu ; ne nous quittez pas sans avoir assuré à notre faiblesse des soutiens et des protecteurs. Désormais les vicissitudes d’une société qui se dissout n’ont plus rien de commun avec le sort de l’Église ; cette grande affaire n’est plus qu’une affaire de famille. Elle est toute entre vous et celui qui est votre père et le nôtre. Hâtez-vous donc de verser dans son sein le secret de vos douleurs, de lui dire que sans lui nous périssons. Rome vous entendra. Elle viendra à notre secours. Notre héritage ne sera plus donné à l’étranger ; nos pasteurs seront à nous, et lorsque vous nous quitterez pour passer à un monde meilleur, vous emporterez la consolation d’avoir arraché vos Églises au plus affreux des dangers, de leur avoir assuré une longue suite de jours dans l’unité de la foi et de la charité de Jésus-Christ. (Source)

Bref : qui a raison ?


Le ministre des cultes…


Ou le prophète ?

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