Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat

Le XXXIVème dimanche de l’année, c’est la solennité du Christ-roi. Le répertoire grégorien connaît une litanie dont la musique est très simple, un véritable chant de foule. En voici un enregistrement :

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Ces « acclamations carolingiennes » sont notamment couramment utilisées pour la Messe d’intronisation du souverain pontife…. Mais évidemment, elles sont utilisables pour d’autres occasions… Et pourquoi pas pour la célébration du Christ Roi, qui marque la fin de l’année liturgique ?

La XXXIVème semaine de l’année, l’Eglise chante également à l’office la séquence Dies Irae, à cause de la forte teneur eschatologique de ses paroles :

Jour de colère, que ce jour là
Où le monde sera réduit en cendres,
Selon les oracles de David et de la Sibylle.

Quelle terreur nous envahira,
Lorsque le juge viendra
Pour délivrer son impitoyable sentence !

La trompette répandant un son étrange,
parmi les sépulcres de tous pays,
rassemblera tous les hommes devant le trône.

La Mort sera stupéfaite, comme la Nature,
quand ressuscitera la créature,
pour être jugée d’après ses réponses.

Un livre écrit sera fourni
dans lequel tout sera contenu
par quoi le Monde sera jugé.

Quand le Juge donc tiendra séance,
tout ce qui est caché apparaîtra,
et rien d’impuni ne restera.

Que, pauvre de moi, alors dirai-je ?
Quel protecteur demanderai-je,
quand à peine le juste sera secouru ?

Roi de terrible majesté,
qui sauvez, ceux à sauver, par votre grâce,
sauvez-moi, source de piété.

Souvenez-vous, Jésus si doux,
que je suis la cause de votre route ;
ne me perdez pas en ce jour.

En me cherchant vous vous êtes assis fatigué,
me rachetant par la Croix, la Passion,
que tant de travaux ne soient pas vains.

Juste Juge de votre vengeance,
faites-moi don de la rémission
avant le jour du jugement.

Je gémis comme un coupable,
la faute rougit mon visage,
au suppliant, pardonnez Seigneur.

Vous qui avez absous Marie(-Madeleine),
et, au bon larron, exaucé les vœux,
à moi aussi vous rendez l’espoir.

Mes prières ne sont pas dignes (d’être exaucées,)
mais vous, si bon, faites par votre bonté
que jamais je ne brûle dans le feu.

Entre les brebis placez-moi,
que des boucs je sois séparé,
en me plaçant à votre droite.

Confondus, les maudits,
aux flammes âcres assignés,
appellez-moi avec les bénis.

Je prie suppliant et incliné,
le cœur contrit comme de la cendre,
prenez soin de ma fin.

Jour de larmes que ce jour là,
où ressuscitera, de la poussière,
pour le jugement, l’homme coupable.
À celui-là donc, pardonnez, ô Dieu.
Doux Jésus Seigneur,
donnez-leur le repos. Amen.

Ce texte si marquant, a été mis en musique par Mozart ou Verdi. Mais sa version la plus marquante reste celle, grégorienne, que l’Eglise utilise comme hymne à tous ls offices majeurs de la XXXIVème semaine (vigiles/ office des lectures, laudes et vêpres) :

Cette mélodie, comme ces paroles, qui ont tant marqué la liturgie romaine, ne doivent pas être perdues. Certains, à juste titre, considèrent qu’elles font partie du patrimoine mondial de l’humanité.. Chantons donc Dies Irae, la semaine prochaine !

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