Benoit XVI va-t-il autoriser oui ou non la messe d’avant le Concile ?

(du Blog de Greg

Je crois qu'il faut être très humble et très calme sur cette question qui a déchaîné bien des passions et qui continue de faire des ravages dans certains diocèses par opposition systématique à la majorité progressiste ou traditionaliste de laquelle on se sent plus ou moins proche. Mais c'est altérer ce qu'est le fondement même de la liturgie, le culte que NS Jésus Christ rend à son Père, le culte public que l'Eglise toute entière rend au Père. Il n'y a pas deux voies possibles. Il n'y en a qu'une, celle que nous donne l'Eglise, colonne et appui de la vérité.

La notion de rite tridentin est un abus de language puisque dans l'Eglise catholique romaine, il n'existe qu'un seul rite, le rite latin, dont la dernière mouture du missel n'est autre que celle promulguée par SS le Pape Jean-Paul II et sortie des presses vaticanes en février 2002. Et le latin y serait-il interdit ? Non certes non. Puisque ce document est tout en latin et est en cours de traduction par les différentes conférences des évêques dans le monde entier. J'ai déjà discouru en de nombreuses pages de cette question et il m'est d'avis qu'il n'est pas la peine d'évoquer le caractère législatif des documents pontificaux comme ce Missale Romanum pour en prouver la portée qui va bien plus loin que la simple question de son application. Il conviendrait beaucoup plus que nos abbés nous l'expliquent sous un oeil mystagogique pour que nous en saisissions quelques miettes des enjeux et des trésors qu'il renferme. Bien sûr, ne pas s'en servir, ce serait se priver de ses trésors.

Monsieur de Plunkett, avec l'immense qualité qu'on lui connait, nous entretient de ce sujet sur son blog . Je ne crois pas pour ma part que SS le Pape Benoit XVI se mette à revenir sur le Saint Concile dont il est un des principaux penseurs. L'expliquera-t-il ? Mettra-t-il fin à une dérive liturgique si profondémment ancrée dans nos moeurs tristement empruntes d'un gallicanisme suranné ? Peut être. Mais quoi qu'il en soit, en nous rappelant l'axiome du Pape Célestin Legem credendi statuat lex supplicandi, nous ne pouvons pas oublier non plus cette parole du TRP Abbé Dom Guéranger (Restaurateur de l'ordre de Saint Benoît en France): "La Tradition dans ce second état [la liturgie] est garantie par l'autorité de Dieu qui ne saurait permettre que l'Eglise enseigne l'erreur. Or, la profession de l'erreur par l'Eglise serait un enseignement indirect de l'erreur, et dire que l'Eglise n'est infaillible que quand elle définit formellement, ce serait lui retirer la note de sainteté qui lui essentielle d'une manière permanente." Obéissance d'abord ou réclamation plus ou moins légitime d'abord ? Mon choix est fait. Relativiser la portée du Saint Concile ?, mon choix est fait. Et si SS le Pape Benoît XVI étend l'Indult, cela ne voudra pas forcément dire que c'est un chèque en blanc.

Il n'est pas question de continuer à pavoiser. A critiquer, à dire que "ca ne va pas", "le Pape est un symbole dépassé", "une religion sans contraintes ca serait plus cool". Pas plus qu'il nous faudrait dire encore: "Quand va-t-il nous redonner la messe de toujours ?". Mon opinion est que l'enjeux majeur de ce siècle est de barrer la route au relativime et de combler le fossé qui existe entre nos consciences individualistes, séparant notre foi de nos actes ou de notre vie publique. Le patriarche des moines d'occident rappelle dans sa Règle: "Nihil Operi Dei praeponatur" – Ne rien préférer à l'Oeuvre de Dieu. Serait-ce un voeux pieux ? Non, c'est adhérer au programme de vie sainte que nous propose l'Eglise inspirée. Et ça, c'est beaucoup plus intéressant, c'est même primordial, plutôt que de faire de l'archéologisme liturgique. …

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