Benoît XVI : célébrer la Messe

Lors de l’inauguration du congrès du diocèse de Rome le 15 juin dernier, Benoît XVI a prononcé un discours qui reprend les idées maîtresses de sa pensée liturgique, qu’il a exposées à de nombreuses reprises alors qu’il n’était encore que Cardinal, dans des ouvrages comme la Célébration de la foi ou l’Esprit de la liturgie.

Nous reproduisons ici un extrait particulièrement significatif, avec des mises en gras et des commentaires.

Source : http://zenit.org/article-24769?l=french

Discours de Benoît XVI pour l'inauguration du congrès du diocèse de Rome

« La messe, célébrée dans le respect des normes liturgiques [le pape parle ici du respect des normes – les rubriques et la PGMR, bien sûr mais aussi, conformément à cette dernière, la conformité avec l’usage reçu, la « pratique léguée » – ce qui ne fait pas uniquement partie des rubriques du missel mais qui est conforme au rite] et avec une valorisation adéquate de la richesse des signes et des gestes, [on comprend bien ici aussi que le Saint Père parle de tous les efforts nécessaires et pour favoriser, – dans l’ensemble comme dans le détail ! – le culte divin, au-delà de la question de la validité ou de l’invalidité sacramatelle] favorise et promeut la croissance de la foi eucharistique. Dans la célébration eucharistique, nous n'inventons pas [une pique à la « créativité liturgique » ?] quelque chose, mais nous entrons dans une réalité qui nous précède, [une référence à la notion d’herméneutique de rupture contre l’herméneutique de réforme ?] et qui embrasse même le ciel et la terre, et donc également le passé, le futur et le présent. Cette ouverture universelle, [cette notion d’ouverture de la célébration communautaire, « l’ici et maintenant » liturgique qui est aussi « l’ici et maintenant » du théâtre est évidemment rendu à plein par l’usage d’une langue elle-même à prétention universelle, le latin… ] cette rencontre avec tous les fils et les filles de Dieu constitue la grandeur de l'Eucharistie : nous allons à la rencontre de la réalité de Dieu présent dans le corps et le sang du ressuscité parmi nous. [La liturgie, c’est notre marche vers Dieu, tandis que le sacrement, c’est la marche de Dieu vers nous. C’est pourquoi pour la réception la plus fructueuse possible du sacrement, Dieu désire notre « participatio actuosa ».] C'est pourquoi les prescriptions liturgiques dictées par l'Eglise ne sont pas des choses extérieures, [Le prêtre, les célébrants, la schola, les lecteurs, les acolytes, l’assemblée, endossent un « rôle » la liturgie qui n’est pas le « leur » ; pour autant, en vérité, ce comportement n’est pas extérieur, mais au contraire est à plein la révélation de ce qu’ils sont sous le regard de Dieu, dans la grâce du baptême (sacerdoce commun) ou de l’ordre (sacerdoce ministériel)] mais expriment de façon concrète la réalité de la révélation du corps et du sang du Christ [c’est pourquoi la liturgie est faite de signes tangibles, de véritables matières : des cierges en cire, des lumières naturelles, des fleurs coupées… La liturgie n’est pas un exercice psychique, une « composition de lieu » comme dans la « devotio moderna » du XVIème siècle] et ainsi, la prière révèle la foi selon l'antique principe lex orandi-lex credendi. C'est pourquoi nous pouvons dire que « la meilleure catéchèse sur l'Eucharistie est l'Eucharistie elle-même bien célébrée ». (Benoît XVI, Exhort. apost. post-synodale Sacramentum caritatis, 64). [La liturgie, dans une certaine mesure comme les sacrements agit ex opere operato… Il ne faut pas « commenter » la liturgie : il faut être surpris par le mystère, et puis le comprendre, dans la lumière de la Foi.] Il est nécessaire que dans la liturgie ressorte avec clarté la dimension transcendante, celle du Mystère, de la rencontre avec le Divin, qui illumine et élève également la dimension « horizontale », c'est-à-dire le lien de communion et de solidarité qui existe entre ceux qui appartiennent à l'Église. En effet, lorsque cette dernière domine, on ne comprend pas pleinement la beauté, la profondeur, et l'importance du mystère célébré. [une pique contre les célébrations trop plates et « horizontales »… Et une référence à un thème cher au Saint Père : le regard de tous, célébrant et assemblée, vers la croix.] Chers frères dans le sacerdoce, l'évêque vous a confié, le jour de votre ordination sacerdotale, le devoir de présider l'Eucharistie. Ayez toujours à cœur l'exercice de cette mission : célébrer les mystères divins avec une intense participation intérieure, afin que les hommes et les femmes de notre temps puissent être sanctifiés, mis en contact avec Dieu, vérité absolue et amour éternel. » [Amen :!]

 

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