Aidan Nichols o.p. : Coopérateur de la vérité. (éd. Ad Solem)

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Chacun aura reconnu derrière le titre de ce livre, la devise épiscopale et cardinalice de Joseph Ratzinger. La couverture de cet ouvrage ne porte qu’une seule illustration : les armes de notre Pape Benoît XVI. La simple juxtaposition du titre et de ces armes est en elle-même un résumé de ce livre. Que l’auteur aurait pu aussi titrer : De Joseph Ratzinger à Benoît XVI, parcours d’un théologien.

Théologien, le mot à son importance, car ce n’est pas un ouvrage à sensation qui voudrait nous faire découvrir, à l’instar d’une certaine presse, les moments secrets des étapes du parcours de notre Pape. En effet ce sont les fondements de la théologie du professeur, de l’évêque, du cardinal et enfin du Pape qu’Aidan Nichols nous propose brillamment de découvrir.

Au moment de son élection au siège de Pierre beaucoup de choses ont été dite sur Joseph Ratzinger. Il est vrai que sa position de préfet de la congrégation de la doctrine de la Foi faisait peur à un certain nombre. Peurs, principalement explicables par une méconnaissance profonde de l’homme et du théologien Joseph Ratzinger.

 

Lors des vingt dernières années la réputation théologique de Joseph Ratzinger n’a cessé de ce confirmer. Dans son introduction, Aidan Nichols qualifie Joseph Ratzinger de « visionnaire analytique ». Il justifie cette oxymore en soulignant la capacité d’analyse dont a fait preuve Benoît XVI  face à des questions ardues et en remarquant qu’il a aussi su peindre un portrait étonnant de l’avenir de l’Eglise. Puissance d’analyse, capacité visionnaire et chaleur spirituelle sont pour Aidan Nichols les principales raisons de son élection.

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Aidan Nichols nous fait découvrir la réflexion théologique Joseph Ratzinger en commençant par ses réflexions, à la suite de Nostrae aetate sur la place des religions dans le monde. Ces réflexions éclairent largement sur la circonspection avec laquelle Joseph Ratzinger a accueilli les prières interreligieuses comme celle d’Assise de 1986 et 2002.

Développement immédiat et logique de cette réflexion sur la place des religions dans le monde, vient la question du rapport entre culture et religion. Question que Joseph Ratzinger a abordée par deux approches différentes et complémentaires, l’une sociologique et l’autre théologique.

En poursuivant dans la même direction, en tirant le même fil,  on arrive naturellement à la question de la compatibilité de la Foi et de la tolérance. Question que le monde moderne pose de manière brutale à toutes les religions sans distinction. Cette question mène aussi à la confrontation de deux compréhensions du concept de liberté, l’une réduite au subjectif, l’autre liée à la raison et aux biens dont elle est inséparable. Confrontation à laquelle Joseph Ratzinger a pris part par ses publications théologiques.

Comment mener la confrontation entre le monde moderne et les religions, en particulier la religion chrétienne, religion révélée ? Joseph Ratzinger, à la suite de son prédécesseur sur le siège de Pierre répond par le primat de la vérité. Il fait remarquer les conséquences des assauts des Lumières contre la religion révélée sur la rénovation du christianisme au dix-neuvième siècle : une exaltation du sentiment et un oubli des droits de la raison.

Avant de revenir sur l’Eglise, Aidan Nichols nous propose de suivre les réflexions de Joseph Ratzinger sur deux questions connexes à celle déjà abordées : la place de la conscience et la dictature du relativisme. Les deux thèmes étant liés l’un à l’autre par la pensée moderne qui lie conscience et subjectivité, laquelle subjectivité mène immanquablement à la question du  relativisme.

Aidan Nichols nous rappelle que l’ecclésiologie de Joseph Ratzinger ne peut être opposée à celle du concile Vatican II, car elle en est immédiatement issue. Cette ecclésiologie mène à deux questions que nous savons chères à Joseph Ratzinger, comme à Benoît XVI : le culte véritable, avec en arrière plan la divine liturgie, ainsi que  le Christ et la communion des saints. Saints dont l’existence même manifeste un contact direct avec la réalité divine.

Cette théologie repose sur trois éléments, qui assurent sa stabilité et sa puissance : la conscience de l’objectivité indépassable de la révélation chrétienne, la conscience de l’historicité de cette révélation et la conscience du pouvoir de cette révélation à satisfaire les besoins les plus profonds de la subjectivité humaine. Au terme de cet ouvrage, on prend la mesure de la puissance et de la finesse de la réflexion théologique de Benoît XVI que l’on retrouve aisément dans ses dernières publications magistérielles ou non.

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