A Christine : moi non plus….

Déjà deux fumées noires. C’est à la troisième fumée qu’en 2005, on apprit l’élection du Cardinal Ratzinger comme pape. Les cardinaux sont retirés depuis hier sans la chapelle Sixtine, sous la fresque du jugement dernier, et sous le regard de Dieu, qui les jugera, votent en leur âme et conscience pour choisir celui qui doit être le successeur de Pierre. Pendant ce temps les médias se perdent en conjectures, les télévisions sont braquées sur une petite cheminée sur le toit, somme toute plutôt banal de la fameuse chapelle. On nous demande quel est notre favori, à la Schola Saint Maur : Mais enfin bien sûr, Mauro Pacienza, qui d’autre ? C’est évident !!! Car nous le savons bien, Maur, c’est le fidèle disciple de Benoît, et comme un autre Pierre, il a marché sur les eaux… Donc…
mauroMais ce pape ne plairait pas à Christine Pedotti… Christine Pedotti qui commet des articles sur le site de magazine (mourant) Témoignage chrétien. Le pire c’est que ses idées sont reprises par des quotidiens nationaux, et même certains qui se prétendent catholiques. Jusqu’où va le buzz ! Comme quoi, lorsqu’on a rien à dire, on finit vraiment par dire n’importe quoi. Comme habituellement, le gras est de nous ainsi que les commentaires en rouge.

Je ne suis pas entrée ! [Moi non plus, chère Christine…]
Par Christine Pedotti

J’avais pourtant préparé mon coup de longue date : une longue robe rouge, très élégamment ceinturée, un chapeau et des chaussures assortis… Mais ça n’a pas suffi, je ne serai pas la 116e cardinale de ce conclave, et ceci pour une simple anomalie chromosomique ! [1 fois]
J’avais pourtant préparé mon coup de longue date : une longue robe rouge, très élégamment ceinturée, un chapeau et des chaussures assortis… Il n’y avait que pour les dentelles que j’avais hésité. Ordinairement, je les porte dessous, or, il semble que selon les usages locaux, il faut les porter dessus. Je m’en suis rapportée au vieux proverbe : « When in Rome, do as the Romans do », « à Rome, fais comme les Romains ». Et puisque je suis à Rome…

Mais ça n’a pas suffi, je ne serai pas la 116e cardinale de ce conclave, et ceci pour une simple anomalie chromosomique ! [2 fois. Quelle anomalie chromosomique, chère Christine ? Vous ne me paraissez pas souffrir de handicap, en tout cas d’handicap physique… ? Nous vous expliquerez vous ?] Certes, on me fera observer que, surtout, je n’ai pas été « créée » – c’est le terme adéquat – « cardinale » par l’un des derniers papes. C’est très juste. Mais précisément, n’est-ce pas là que se situe le problème ?

DES CARDINALES

Pourquoi le pape n’appelle-t-il autour de lui, en son conseil, que des hommes ? [Pourquoi le Christ n’a t’il appelé, que des apôtres, et pas des apôtresses ? C’est vrai que c’est scandaleux. Ce sera donc une discussion que vous aurez chère Christine, avec le Christ lui même lorsque vous le rencontrerez, à l’heure de votre mort. Vous pourrez alors aisément, je pense, Lui reprocher son grand manque de liberté intérieure.] On me rétorquera qu’il appelle des évêques et que, jusqu’à plus ample informé, il n’y a parmi les évêques, prêtres et diacres de l’Église catholique aucune femme. [Ni dans les églises orientales dont le christianisme reconnaît la validité des ordres. Bref, en fait il n’y a même validement aucun évêque, prêtre ou diacre femme tout court…]

Cette impossibilité d’appeler des femmes à l’ordination s’appuierait sur une solide tradition qui viendrait de Jésus lui-même. [Oui, en effet il faudrait utiliser ‘indicatif, pas le conditionnel. Jean Paul II a tout de même été explicite sur ce point, en engageant son infaillibilité pontificale sur cette question. ] On pourrait en discuter, [et bien non, justement. On ne devrait plus en discuter, cette question a justement été réglée de façon définitive.] mais ce n’est pas notre sujet. En effet, ce sont ces cardinaux qui pourraient éventuellement être aussi des cardinales. [Non.]

Que dit la tradition ? Originellement, les cardinaux sont le clergé de Rome, donc, bien évidemment des hommes ordonnés, évêques, prêtres, diacres… [Oui, voici la vértiable tradition qui nous vient des apôtres, qui a présidé à l’election de tous les successeurs de Pierre, depuis l’origine… La seule tradition, la vraie.] Mais, il y a un gros MAIS. Dans le passé, cette tradition a changé. Pendant des siècles, des cardinaux ont été désignés, qui n’étaient nullement prêtres ou évêques. [Il y avait aussi des abbés de commende, des évêques qui n’étaient que bénéficiaires des revenus  et non pas clercs. Bref, pas forcément la période la plus reluisante de l’histoire de l’Eglise. Il y a eu pendant un moment, et jusqu’au XXème siècle, une possibilité pour le pouvoir politique de s’opposer à l’élection d’un pape… Vous voulez aussi remettre ça au goût du jour, sous prétexte que la tradition a changé ? Soyons sérieux. On n’en est plus là, fort heureusement. Vous êtes friande de la série Borgia de Canal+ ? Vous ne voulez tout de même pas qu’on revienne en arrière, tout de même ? Je ne vous savais pas aussi conservatrice … Par ailleurs si on est vraiment sérieux, on sait bien par principe que si une tradition « a changé » c’est que justement cette « petite » tradition n’était pas en conformité avec la (grande) Tradition] Les Français se souviennent du cardinal Mazarin, exemple d’un cardinal qui n’était pas prêtre. Il n’avait reçu que les ordres mineurs. Aujourd’hui, ces ordres mineurs (lecteur, acolyte) sont toujours conférés à des laïcs. [Depuis Paul VI, le pape de Vatican II, il y a eu une réforme des ordres… Le lectorat et l’acolytat ne sont plus des ordres – même mineurs – mais des ministères institués laïcs. Et en plus de ça ils sont réservés aux hommes. Oui oui. Dans la liturgie d’après le Concile, celle que vous devriez connaître, la lecture de la messe est supposée être faite par un lecteur institué, forcément homme. C’était la volonté de Paul VI, oui oui, le pape de Vatican II. Motu proprio Ministeria Quaedam… Bref, essayez de mettre à jour vos connaissances, vous avez 50 ans de retard. J’ai la conviction que justement si on appliquait correctement le désir de Vatican II sur le lectorat et l’acolytat, vous seriez la première à vous plaindre d’un soit disant machisme, puisque mécaniquement, madame Michu ne pourrait plus être « lecteuse » à la messe.]

Alors, il est vrai que le code de droit canonique de 1983 [celui qu’a promulgué le bienheureux Jean-Paul II… ] a précisé que désormais, il faudrait être évêque pour devenir cardinal. [Ce n’est pas ça :  à sa création, le cardinal est ordonné évêque, s’il ne l’est pas. Et en plus il y a toujours des exceptions, comme le Cardinal Vanhoye, immense exégète et expert en écriture sainte au Concile, créé par Benoît XVI, qui a demandé et obtenu de rester prêtre. Mais il n’a jamais été électeur.] Mais dans la longue tradition de l’Église, ce qu’on a fait en 1983, on peut le défaire en 2013, surtout qu’il ne s’agit ni de la foi ni des mœurs, mais d’une simple question juridique sur le gouvernement de l’Église. [Vous vous trompez. La grande Tradition c’est que les cardinaux sont membres du clergé de Rome, donc ordonnés.]

Afin de montrer à quel point l’habitude de choisir les cardinaux parmi les évêques est récente, on peut rappeler que le dernier cardinal « laïc » est mort en 1927. [Si vous revendiquez cela, c’est que quelque part vous allez contre le désir de réforme qui a justement initié Vatican II. En fait vous êtes traditionaliste ou quoi ? ] On dit [oui, bon, les rumeurs… hein… ] aussi que Paul VI a proposé la pourpre à Jacques Maritain – qui a refusé – mais qu’il avait créé Jean Guitton cardinal in petto (en secret). [In petto ça veut dire sur le champs. Créer un cardinal en secret, c’est « in pectore ». Tant que vous êtes à Rome, profitez pour prendre deux ou trois cours de latin…] Les deux hommes étaient des laïcs… comme moi. Mais des hommes… [Pour rappel, un homme n’est pas une femme et une femme n’est pas un homme… J’ai l’impression qu’il faut quand même le rappeler, malgré l’idéologie dominante, la théorie du gender et la propagande pour le « mariage » des homosexuels… ]

Je propose donc de restaurer officiellement l’ancienne tradition du cardinalat pour des personnes éminentes et non ordonnées. [Ce n’est pas une tradition, mais ce fut une décadence, heureusement réformée.] Quelques grands hommes d’abord, et quelques années plus tard (la progressivité est pédagogique) de grandes femmes. Et le tour est joué. [Quel tour ? Quelle utilité ? Pourquoi ? Quelle justification ? Bref, Christine, quels arguments ? Je n’en vois aucun…] Il et elles seront électeurs et électrices. Si on ne change pas la règle, ils ne pourront désigner que quelqu’un qui pourra devenir évêque de Rome, donc pour l’instant, [comment ça « pour l’instant » ? Quand on prend ses désirs pour la réalité, quand on en vient à tordre la rationnalité pour qu’elle se plie à ses fantasmes, ça s’appelle l’idéologie.] un homme célibataire.

LE PAPE N’EST PAS LA REINE D’ANGLETERRE

Voilà qui m’amène à parler des femmes. Parce que, quand même, voir ces 115 hommes en robe rouge et dentelles entrer en conclave, tous plus vieux que moi (et je ne suis plus une perdrix de l’année), [m’enfin Christine, pourquoi dites vous ça ? Je vous assure que vous ne faites pas votre âge. Et votre énergie, votre pugnacité…. Vous semblez avoir… 22 ans, non ?] ça fait un choc.

Évidemment, si on considère ce rite comme une sorte de folklore désuet, ça peut prêter à sourire. La papauté, avec ses étranges coutumes et ses cérémonies d’un autre âge, c’est un peu comme la monarchie anglaise : on se moque un peu, mais on reste fasciné devant sa télé.

Mais si, comme moi, on croit que l’Église n’est pas un conservatoire des traditions et arts religieux, [curieux,juste auparavant, vous nous expliquiez vouloir restaurer ce que vous appelez « une tradition »… ] mais le porte-voix d’une bonne nouvelle de fraternité et d’espérance pour toute l’humanité, [oui oui, et précisément, c’est pour cela que les pratiques électives de l’Eglise ne s’aligneront pas sur celles du monde] alors, le spectacle de ces hommes en rouge est, quelles que soient leurs qualités personnelles, désolant. [Mais alors pourquoi donc rêvez vous d’être parmi eux ? Manque un peu de rationnel, votre discours…]

Bon, allez, il faut se remonter le moral ! En attendant la prochaine fumée noire, je vais faire un truc de fille : profiter que je suis à Rome pour me trouver une belle paire de chaussures rouges. [Vous êtes à Rome : profitez plutôt d’être tout près du collège cardinalice pour vous unir à lui par la prière : Veni Creator. Texte, musique et traduction ici ]

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