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La messe (dite "de Paul VI") en latin et en chant grégorien, pourquoi pas ?
Écrit par Admin
28-05-2006
Voici un livre qui, avec l'aide de Dieu, fera date : Denis Crouan, le docteur en théologie catholique bien connu de Pro Liturgia n'hésite pas ici à mettre les pieds dans le plat. Il nous parle de la messe latine, oui, bien sûr, mais avec l'ordo actuel (2002), c'est à dire tout simplement ni la messe de S. Pie V, ni la Messe de Paul VI, mais la messe selon le missel promulgué par Jean-Paul II !
L'avons-nous assez souligné sur ce site web ? Peut être pas : il est tout à fait légitime de célébrer la messe entièrement en chant grégorien mais aussi entièrement en latin. Et c'est tout à fait conforme au concile Vatican II !
Mais ceci est bien connu par nos lecteurs. Ce qu'ils ne connaissent pas forcément, c'est justement que tout cela a un réel sens notamment pastoral. Oui, vous avez bien lu, pastoral.
A la veille de la Pentecôte, qui est justement la fête linguistique par excellence, nous ne résistons pas à la tentation de vous donner un avant goût de cet excellent ouvrage, qu'il faut vous précipiter d'aller acheter chez Téqui, dont la librairie est près de la place S. Sulpice, à Paris, en face de la Procure !
Or, un phénomène proche de celui qui s’est déroulé la première Pentecôte peut se produire, toutes proportions gardées, quand une langue telle que le latin (ou tout autre langue ancienne traditionnellement utilisée dans un cadre rituel) est mise au service de la liturgie : chaque fidèle traduit spontanément cette langue en un langage personnel. Certes, cette sorte de traduction n’offre aucune garantie du point de vue grammatical ni du point de vue du sens exact des paroles entendues, mais au fond, peu importe puisqu’il ne s’agit pas tant d’obtenir une transposition exacte du texte que d’obtenir une saisie de la parole liturgique qui, tout en demeurant toujours juste puisqu’elle vient de l’Église, peut varier infiniment selon la grâce reçue, selon les dispositions personnelles, selon les circonstances et les besoins secrets de l’âme. La traduction dont il est question ici a ceci de particulier qu’elle se situe sur le plan mystique, spirituel : là où chaque âme a toutes les bonnes raisons d’être touchée individuellement. On me permettra d’illustrer ici mon propos à l’aide d’une histoire vécue. Dans un village d’Alsace où j’étais organiste, il y avait un vieux chantre fidèle parmi les fidèles, et entièrement dévoué à la paroisse depuis de très longues années. N’ayant fréquenté que l’école communale, il ne savait évidemment pas le latin. Or, un jour qu’il était monté à la tribune de l’église paroissiale pour chanter une messe de Requiem à l’occasion du décès d’une paroissienne, il fut meurtri jusqu’au fond de l’âme en apprenant que le nouveau curé, qui venait tout juste d’être nommé dans la paroisse, ne voulait plus qu’on chante en grégorien la messe des funérailles comme cela s’était toujours fait jusqu’alors. Refermant avec tristesse son livre de messe plein d’images pieuses et dont les pages se décollaient à force d’avoir été tournées et retournées, le vieux chantre se pencha vers moi, alors que j’étais déjà en train de préluder aux claviers de l’orgue, et me dit à l’oreille, en dialecte alsacien (car, vu son âge, il ne s’exprimait avec facilité qu’en dialecte) : « Si on ne chante pas la messe des défunts en latin comme on a toujours fait, alors je ne comprendrai plus rien…»
Et oui : une justesse pénétrante d'analyse qui fait voler en éclat les revendications pastoralo-bobo de beaucoup d'équipes d'animation pastorales (EAP). Et qui peut être renforcée par une anecdote vécue tout simplement par un maître de choeur grégorianiste de la région parisienne : Pâques 2006, à la fin de l'introït "Resurrexi", une dame - noire (je n'écris pas pas "de couleur") - originaire d'Afrique de l'ouest (parce que cette paroisse n'était pas une paroisse cossue et bourgeoise de l'ouest parisien) me dit : "j'espère que vous allez chanter autre chose en latin, quand même". Et à la fin de la messe (seuls l'introït, la séquence et la communion avaient été chantés en grégorien), furieuse : "quand même, je ne comprends pas, chez nous - au village - nous avons droit à toute la messe en latin et en chant grégorien !". Et je peux vous assurer que non seulement elle connaissait mais qu'en plus elle a uni sa voix au chant de chacune des trois pièces du propre, sans la partition ! Par coeur, c'est à dire de façon on ne peut plus conforme à la plus haute tradition grégorienne...
Alors, le chant grégorien, élitiste ? Ce sont les personnes réputées les plus "humbles" qui en redemandent ! Faisons cesser la désinformation sur la question. Le monde attend que l'Eglise redevienne une société de louange. Les plus démunis socialement sont manifestement loin d'être les plus démunis spirituellement... Saint Exupéry décrivait, la veille de sa mort : "il n’y a qu’un problème, un seul de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles, faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. Si j'avais la foi, il est bien certain que je ne supporterais plus que Solesmes.". Certains disent que leur problème a eux, précisément, c'est qu'ils ont la Foi. Et qu'ils sont donc bien près de ne plus supporter que Solesmes. Comme je les comprends !
C'est aussi l'abbé Berto qui rappelait : "Le seul luxe des pauvres, c'est le luxe en religion ; Chartres est à eux, Reims est à eux, on ne paie rien pour entrer. Le grégorien aussi est à eux, moyennant qu'on le leur apprenne; c'est cela, servir les pauvres ! "
Un évènement pour les paroisses et les communautés désireuses de célébrer la Liturgie des Heures.
Les voici : enfin, la parution des « Heures Grégoriennes » est officiellement annoncée ! C’est avec un immense plaisir et une joie non dissimulée que nous nous faisons le relais d’une excellente initiative dont la Communauté Saint Martin est à l’origine.
Un travail époustouflant.
Nous parlons en connaissance de causenous avons eu entre les mains la version transitoire de cet ouvrage et suivi pas à pas le travail minutieux de sa mise en page. En 3 volumes (2 pour le temporal, un pour le sanctoral), fruit des efforts conjugués de la Communauté Saint Martin (Conception, recherches, édition), de l’atelier de Paléographie de l’abbaye S. Pierre de Solesmes (édition critique de l’Antiphonale Romanum) et de l’abbaye S. Joseph de Clairval – Flavigny (mise en page représentant des heures et des heures de travail), sans compter tous ceux qui se sont attelés à la traduction exacte de l’ensemble des Preces, la parution de cet ouvrage correspond à travail inédit en France et dans le monde jusqu’à aujourd’hui. Le résultat est – il faut bien le dire – époustouflant, et nous n’exagérons rien.
Un format de livre conçu par des praticiens de la liturgie
Non seulement l’idée de proposer un livre de référence pour le chant de la liturgie des heures en grégorien et en français est remarquable, mais on se rend compte très vite, en prenant en main un des volumes, qu’il a été conçu par des praticiens de la liturgie. Quiconque connaît par exemple l’antiphonaire monastique sait parfaitement la difficulté qu’il peut y avoir, pour un laïc "dans le monde", à « jongler » entre les volumes, lorsqu’il y en a un pour l’ordinaire, un pour les antiennes des cantiques évangéliques, un autre pour les leçons brèves, un pour les hymnes et enfin un dernier pour les Preces… Avec les « heures grégoriennes », rien de tel : tout ce dont vous avez besoin tient dans le volume que vous avez entre les mains le temps de la cérémonie. C’est donc un véritable antiphonaire latin-français, officieux, mais contenant tout ce dont vous avez besoin pour les offices du jour. C’est le complément idéal, pour l'office, par exemple du désormais célèbre Missel Grégorien Latin – Français édité par Solesmes. L’aspect « pratique » d’un livre liturgique est essentiel. Dans la prière, et a fortiori dans la prière liturgique, le rapport physique de la personne à son livre de prière est essentiel.
Une application immédiate et directe pour les paroisses et communautés religieuses
Dernier avantage non négligeable : son prix ! En période de souscription les trois volumes sont proposés à 165 €. Soit 55 € par volume (TTC). Par rapport au contenu du volume et à sa qualité, inutile de souligné que … C’est littéralement donné. Que l’on compare avec les 4 volumes de Liturgia Horarum, vendus par la Librairie Editrice Vaticane 60,90 € pièce , l’ensemble vous revient à plus de 240 €… Sans les traductions françaises. Sans les partitions ! Autre comparaison, Les 4 volumes de la « Liturgie des Heures » en Français, vous seront facturés par l'éditeur 50,50 € pièce , soit l’ensemble pour environ 200 €… Sans le Latin, sans la musique. Par ailleurs, si vous voulez avoir une chance de chanter, il vous faudra acheter en plus pour 55 € un livre intitulé « Chanter l’Office » , dans lequel des mélodies sur les proposition françaises des hymnes et antiennes sont disponibles... Soit 260 €. L'ensemble des 4 volumes de La Liturgie des Heures, est proposé chez Alapage pour 293 €. C'est donc, pour la Commnauté Saint Martin, tout sauf une opération financière juteuse...
Pour les paroisses et les communautés : faire connaissance avec le patrimoine du chant propre de l’Eglise romaine.
Certains pourront se demander s’il est bien raisonnable, aujourd’hui au XXI° siècle de se lancer dans l’édition d’un livre liturgique en latin – français, alors même que le latin n’est plus ou presque plus enseigné dans les écoles, et que le grégorien a depuis 40 ans pratiquement disparu de toutes les paroisses. D’autres pourraient se demander si, après tout, les quelques paroisses ou communautés qui seraient toujours intéressées par le chant grégorien ne pourraient pas tout simplement continuer à utiliser des livres anciens tels que le Paroissien romain n°800, qui contient la plupart des choses nécessaires à la célébration « paroissiale » de l’office divin en chant grégorien, modulo quelques adaptations, s’il on tient à respecter l’ordo de l’office romain tel qu’il a été défini à la suite du Concile. Ou alors, tou simplement, adopter la forme extraordinaire du rite romain... Ce serait plus simple ?
Mais ce serait se tromper sur le véritable objectif de ce livre, qui est tout simplement l’application dans la Foi des demandes du Saint Père et des directives du Concile Vatican II, Concile œcuménique qui pour, la première fois depuis les débuts de l’histoire du rite romain, a « canonisé » un répertoire musical comme le chant propre de ce dernier, le 4 décembre 1963, dans la Constitution « De Sacra Liturgia ». Le Concile avait demandé que soit révisés les livres de chant grégorien et qu’on en fasse paraître une nouvelle édition. C’est exactement ce que fait la Communauté Saint Martin, avec un sens de l’à propos exceptionnel, à l’heure où justement à Rome, dans le sillage de Benoît XVI, on assiste à l’éclosion du « nouveau mouvement liturgique » qu’appelait de ses vœux le Cardinal Ratzinger.
Le sens du chant grégorien dans les paroisses aujourd’hui.
Lancer une nouvelle édition en chant grégorien avec la forme ordinaire du rite romain est un pari pour la Communauté Saint Martin. Pour rappel, cette communauté de prêtres, fondée par l’abbé Guérin dans les années 1970 a eu une intuition profonde : vivre en tant que prêtres et diacres diocésains (ils ne sont pas religieux) au service des évêques, un ministère pastoral en communauté.
Et dans cette vie communautaire le plus souvent en paroisse, la liturgie a une place centrale ; elle a toujours été particulièrement soignée à la Communauté Saint Martin, dans son expression latine ou française, mais toujours dans la forme ordinaire du rite romain. Parce qu’« ordinaire » ne signifie pas « banal » ou « commun », mais « conforme à l’ordre des choses ». Et le ministère pastoral dans les paroisses de province, c’est l’enracinement quotidien dans une réalité d’une population aux contacts avec la sécularisation croissante. La liturgie dans son expression authentique vient au secours de la spiritualité du ministre, qui puise dans ses textes, ses gestes et ses chants la force de mener le troupeau ; elle est également aussi pour le troupeau lui-même le lieu d’une expression qui dépasse la petite expression subjective et locale d’une communauté paroissiale, puisque ces gestes, ces mots (latins) et ce chant (grégorien) sont justement ceux de l’Eglise universelle.
Quiconque a déjà expérimenté le chant grégorien dans une paroisse « lambda » s’est rendu compte de sa force d’évocation, de son adaptation naturelle à ce qu’il fait exprimer dans la prière ; il est frappant de constater que malgré toutes les tentatives des siècles passés, le chant grégorien conserve une pertinence non démentie depuis le VIII° ou le IX° siècle. Prophétique, le chant grégorien, qui « dépasse infiniment la musique » (dom Joseph Gajard) a pour fonction de donner une expression cultuelle et culturelle qui dépasse également infiniment les frontières des pays, mais aussi celles des classes sociales. Il fallait donc que le chant grégorien ne fût pas réservé aux moines. Et la Communauté Saint Martin, prêtres diocésains sans complexes mais bien ans leur époque, font ce beau cadeau à toute l’Eglise d’expression francophone (en attendant que ce travail de titan soit adapté en d’autres langues). Parce qu’il faut le mentionner : les responsables du projet de la Communauté avaient demandé une approbation pour l’utilisation interne de ce travail à la Congrégation du Culte divin ; et c’est un décret d’application qu’a donné, avec grand enthousiasme, par le Préfet de cette congrégation, le Cardinal Francis Arinze, afin que cet ouvrage pût être utilisé par tous. Sachons donc en profiter !
Les Heures Grégoriennes, attendues par beaucoup d’entre vous, sont enfin disponibles ! En souscrivant (jusqu’au 31 mai 2008) ou en nous adressant votre commande, vous recevrez Les Heures Grégoriennes dès leur parution en novembre 2008.
Offre de lancement : 165 € (10% de remise) Une souscription est ouverte jusqu’au 31 mai 2008, par laquelle nous vous proposons d’acquérir les trois volumes dès maintenant en bénéficiant d’un tarif préférentiel de 165 € (au lieu de 195 €).
Tarif normal : 195 € les 3 volumes Afin que nul ne soit empêché de participer à la prière de l’Église, Les Heures grégoriennes sont proposées au prix compétitif de 195 € les 3 volumes.
Tarif de soutien : 220 € les 3 volumes À ceux qui désirent aider la communauté Saint-Martin dans cette œuvre au service de l’Église et de la liturgie, nous proposons un tarif de soutien : 220 € les 3 volumes.
COMMUNAUTÉ SAINT-MARTIN 53 rue du Château – B. P. 34 F- 41121 CANDÉ-SUR-BEUVRON www. communautesaintmartin.org
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Citation :
Je suis convaincu que les dégâts que nous avons subis en ces vingt années ne sont pas dus au "vrai" Concile, mais au déchaînement, à l'intérieur de l'Eglise, de forces latentes agressives et centrifuges ; et à l'extérieur, à l'impact d'une révolution culturelle en Occident (...) avec son idéologie libéralo-radicale de type individualiste, rationaliste et hédoniste.