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Cardinal Ratzinger, Ma Vie, souvenirs.

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Importants changements liturgiques au Vatican (3ème épisode)

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Écrit par Administrator   
13-01-2008

 "(...) J'ai toujours voulu rester fidèle au concile Vatican II, cet aujourd'hui de l'Eglise, sans nostalgie pour un hier irrémédiablement passé, sans impatience pour un demain qui ne nous appartient pas." Cardinal J. Ratzinger, Entretien sur la foi, éd. Fayard, 1997, p. 17.

Ad Orientem. 

D'après certains, pourtant réputés de "sensibilité " liturgique opposée, la messe célébrée vers l'Orient ou "dos au peuple" est absolument impensable avec le Missel actuel...

Ce n'est manifestement pas l'idée de notre pape. Observons immédiatement que le missel actuel prévoit, dans ses rubriques, la possibilité de célébrer "dos au peuple".

Au numéro 124, le Missale Romanum de 2002 mentionne ainsi :

Cantu ad introitum expleto, omnibus stantibus, sacerdos et fideles signant se signo crucis. Sacerdos dicit: In nómine Patris, et Fílii, et Spíritus Sancti. Populus respondet: Amen. Deinde, versus ad populum et manus extendens, sacerdos eum salutat, una adhibita e formulis propositis. Potest etiam ipse sacerdos vel alius minister, brevissimis verbis introducere fideles in Missam illius diei.

"Versus ad populum". Ceci est bien la preuve que le cas peut très bien se présenter où justement, la messe est célébrée vers l'abside et non vers le peuple, puisque la rubrique le mentionne. C'est ainsi d'ailleurs qu'a célébré Benoît XVI, pontificalement, ce matin pour le Baptême du Seigneur dans la chapelle Sixtine. 

L'image “http://i271.photobucket.com/albums/jj129/jtzuhlsdorf/08_01_13_B16_baptism1.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

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 http://www.scholasaintmaur.net/img/autel_alabenedetto/papaadorientem6fr1.jpg

 Le pape a (détail ?) d'ailleurs célébré non pas en latin mais en Italien, peut être pour essayer de ne pas induire en erreur les gens : oui, c'est bien la "forme ordinaire" qu'il a célébré et même concélébrée ; ce n'est pas une façon pour lui, malgré toutes les bêtises que vont dire les journalistes, de "donner des gages aux traditionnalistes". La leçon est pour tous et chacun :

 « Après le Concile, qui lui-même ne mentionne pas de “se tourner vers le peuple”, on disposa partout de nouveaux autels, tant et si bien que l'orientation de la célébration “versus populum” parait être aujourd'hui la conséquence du renouveau liturgique voulu par le concile Vatican II. En fait l'orientation “versus populum” est l'effet le plus visible d'une transformation qui ne touche pas seulement l'aménagement extérieur de l'espace liturgique, mais implique une conception nouvelle de l'essence de la liturgie : la célébration d'un repas en commun. Cette notion résulte non seulement d'une fausse interprétation du sens de la basilique romaine et de la disposition de son autel, mais aussi d'une compréhension pour le moins approximative de ce que fut la sainte Cène » (Joseph, Cardinal Ratzinger, L’esprit de la liturgie, p. 65).

Bien évidemment, le Figaro s'est empressé de tomber (à dessein ?) dans ce piège ou dans cette incompréhension, comme le montre l'article ci dessous :

 

http://www.lefigaro.fr/medias/2008/01/13/cd25af3c-c1ef-11dc-884c-983bbe239fd0.jpg

 

Dans la Chapelle Sixtine, Benoît XVI a tourné le dos au fidèle à plusieurs reprises, une pratique courante de la liturgie ancienne qu'il a réhabilitée il y a six mois.

Benoît XVI rompt avec la tradition en vigueur depuis le Concile de Vatican II, et fait un pas vers celle, plus ancienne, du missel de Saint Pie V. Sous les majestueuses fresques de la Chapelle Sixtine, le pape a choisi de célébrer la messe non pas depuis l'autel situé face à l'Assemblée qu'utilisait Jean-Paul II, mais depuis celui plus ancien qui se trouve contre un mur, sous la fresque du Jugement dernier de Michel-Ange.

Mais, surtout, il a tourné à plusieurs reprises le dos à l'assemblée, une pratique abandonnée suite à la promulgation du missel de Paul VI en 1970 suite au Concile de Vatican II. Selon ce missel, le prêtre officie face aux fidèles et dans les langues vernaculaires.

Il y a six mois, Benoît XVI a lui-même réhabilité le missel de Saint Pie V, qui date de 1570, faisant un pas vers les catholiques traditionnalistes. Cette mise en œuvre inédite d'une pratique du rite ancien par le pape lui-même apparaît comme un nouveau geste à leur intention, même s'il a prononcé la liturgie en italien (conformément au nouveau rite) et non en latin.

 

 

 



Non, le Figaro a tort. Le pape ne rompt avec aucune tradition, et surtout pas avec Vatican II. Le Concile n'a jamais demandé que l'on célèbre exclusivement face au peuple, ni le missel romain y compris dans ses éditions les plus récentes (editio typica tertia 2002). Il est d'ailleurs tout à fait vain et même ridicule de chercher à interpréter les changements liturgiques au Vatican comme une sorte de manoeuvre politico-médiatique. Il est cependant exact qu'il s'agit en l'espèce d'une véritable évolution de coutume, puisque ce signe qui était cher au Cardinal Ratzinger notamment dans son livre sur la liturgie de 2001 n'a été que peu employé par ses prédecesseurs, comme le prouve cette photo dans la même chapelle sixtine :

 

 

http://www.scholasaintmaur.net/img/autel_alabenedetto/2006-01-22%20Swiss%20Sistine%20Chapel%2008.jpg

 

 Herméneutique de continuité ; La chapelle sixtine à travers les âges.

 http://www.scholasaintmaur.net/img/autel_alabenedetto/Pre-sistina.JPG

http://www.scholasaintmaur.net/img/autel_alabenedetto/c3_3.jpg

L'image “http://www.scholasaintmaur.net/img/autel_alabenedetto/papaadorientem1ex0.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

 

Dernière mise à jour : ( 13-01-2008 )
 
Discussion (posts)
admin
Importants changements liturgiques au Vatican (3ème épisode)
Jan 14 2008 12:12:08
Ce sujet traite du contenu de l'article: Importants changements liturgiques au Vatican (3ème épisode)

Le Figaro a tort, mais heureusement, La Croix propose un commentaire beaucoup plus nuancé :

Benoît XVI a célébré une messe «dos au peuple»


Le pape entend montrer, en utilisant des éléments de la tradition liturgique préconciliaire, que Vatican II et le nouveau Missel ne s’inscrivent pas en rupture mais dans la continuité de l’ancien rite.

Benoît XVI a-t-il célébré dimanche 13 janvier en rite tridentin ?
Non, mais pour la première fois, dimanche 13 janvier, dans la chapelle Sixtine, le pape a publiquement célébré la messe dos au peuple, face à l’autel, suivant donc la tradition préconciliaire. Pour cette célébration, où, comme chaque année, le pape baptise des enfants, on a donc utilisé l’ancien autel de la chapelle, qui se trouve contre le mur, sous la fresque du jugement dernier de Michel-Ange. Durant tout le pontificat de Jean-Paul II, et les premières années de celui de Benoît XVI, les responsables de la célébration avaient recours à un autel mobile en bois, placé au milieu du chœur.

Pourquoi une messe dos au peuple ?
Une note rendue publique par le Bureau des célébrations liturgiques pontificales donne une explication esthétique : il s’agit « de ne pas altérer la beauté et l’harmonie de ce joyau architectural, en préservant sa structure du point de vue de la célébration ». Le Bureau des célébrations précise que, pour le reste, la messe s’est déroulée « selon le Missel ordinaire, introduit par Paul VI, après le concile Vatican II ». En réalité, depuis la nomination du nouveau cérémoniaire, Mgr Guido Marini, les célébrations pontificales donnent un espace de plus en plus large aux traditions liturgiques préconciliaires.

L’ancien trône pontifical a été ressorti pour les célébrations, et se trouve sur le côté droit et non plus au centre. D’autres éléments, chandeliers, crucifix posés sur l’autel, ont aussi été réintroduits, tout comme les vêtements liturgiques, empruntés à une tradition plus ancienne.

Quel est l’objectif poursuivi par Benoît XVI ?
Le pape veut montrer la voie pour une évolution liturgique. Selon Benoît XVI, en effet, Vatican II n’a pas introduit de rupture dans la liturgie. Le motu proprio de juillet 2007 visait ainsi non seulement à libéraliser la messe en rite tridentin, mais aussi à ce que l’ancien rite puisse influencer le rite de Paul VI. Dans l’esprit du pape, cela devrait permettre de préserver la liturgie d’innovations qu’il juge excessives.

Dans la lettre aux évêques qui accompagne le motu proprio, il estimait que « les deux formes d’usage du rite romain peuvent s’enrichir réciproquement ». « Dans la célébration de la messe selon le Missel de Paul VI, pourra être manifestée de façon plus forte que cela ne l’a été souvent fait jusqu’à présent cette sacralité qui attire de nombreuses personnes vers le rite ancien. » Car « il n’y a aucune contradiction entre l’une et l’autre édition du Missale Romanum : l’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste. »

ISABELLE DE GAULMYN (à Rome)
#23
admin
Re:Importants changements liturgiques au Vatican (
Jan 14 2008 12:28:22
Le Figaro a changé son article et en propose désormais un nettement plus juste ; il reste malheureusement encore en titre cette idée de "geste en faveur des traditionnalistes". Ca peut peut-être encore changer ?
#24
admin
Re:Importants changements liturgiques au Vatican (
Feb 03 2008 11:00:56
L'opinion de Loïc Mérian (La Nef) :

Les dernières journées liturgiques du CIEL à Rome ont permis de constater la nette inflexion dans le discours et la pratique vaticane sur les questions liturgiques : la nomination d’un cérémoniaire papal aux positions très conservatrices, le retour du chant grégorien dans les cérémonies à Saint-Pierre de Rome, la nomination d’un nouveau maître de chapelle attaché au grégorien et à la polyphonie sacrée, les modifications positives dans les célébrations du pape lui-même lors de la messe pour les cardinaux défunts ou au consistoire (ornements, arrangement de l’autel), la volonté d’instituer une autorité en matière de musique sacrée (ce que réclame avec ardeur Mgr Miserachs, le président de l’institut pontifical de musique sacrée venu clore les travaux du CIEL), la célébration dans les basiliques romaines en octobre de messes solennelles avec des orchestres jouant les chefs-d’œuvre de la musique sacrée chrétienne. À côté de ces remises en ordre pratiques, les mises au point intellectuelles commencent à se multiplier. Avec le changement de directeur à l’Osservatore Romano, le ton des articles change lui aussi. C’est ainsi que les travaux du CIEL ont été honorés de pages dans les éditions italiennes, françaises et allemandes. Ce sont également les articles récents réhabilitant le théologien Romano Amerio ou évoquant Don Nicola Bux, qui est intervenu dans un colloque du CIEL à Oxford l’an dernier.

Enfin on ne saurait oublier les nombreuses interventions du secrétaire de la Congrégation pour le Culte divin, Mgr Malcolm Ranjith, aussi bien dans l’Osservatore Romano, qu’à l’agence Fides ou sur le site d’information Petrus. Ses mots très durs sur la désobéissance des évêques qui s’opposent ou limitent l’application du Motu proprio ont fait grand bruit : ils reflètent la pensée actuellement dominante à Rome devant les abus liturgiques persistants, malgré les directives pontificales répétées, abus en grande partie cause de l’émergence du courant traditionaliste.
Ainsi, Mgr Randjith déclarait le 6 novembre à Petrus : « Franchement, je ne comprends pas ces formes d’éloignement et, pourrait-on dire, de rébellion contre le pape. J’invite tout le monde, surtout les Pasteurs, à obéir au pape, qui est le successeur de Pierre. Les Évêques, en particulier, ont juré fidélité au Pontife : qu’ils soient cohérents et fidèles à leur engagement ». La volonté clairement exprimée du pape à ses collaborateurs est sans ambiguïté : la célébration de la forme extraordinaire du rite romain doit être répandue et doit être connue du clergé et des séminaristes parce qu’elle fait partie du patrimoine de l’Église et qu’elle doit inspirer la célébration de la forme ordinaire. « Cette décision n’est pas, comme le disent certains, un retour au passé, mais le besoin de rééquilibrer de manière intègre les aspects éternels, transcendants et célestes avec les aspects terrestres et communautaires de la liturgie », a ajouté Mgr Ranjith à l’agence Fides le 17 novembre.
C’est dans cet esprit que plusieurs séminaires américains ont décidé de réintroduire l’enseignement de la forme extraordinaire dans leur crusus de formation, et c’est également une décision en cours au niveau de l’épiscopat néerlandais. Il n’appartient pas à de simples laïcs d’opposer les uns aux autres mais lorsque nous constatons la contradiction manifeste, répétée, entre les textes du pape, des congrégations romaines, et des célébrations ou des directives qui sont régulièrement imposées aux fidèles, on ne peut que choisir la fidélité au siège de Pierre, en priant pour que chacun comprenne enfin le sens de ces appels insistants de Rome à un respect inconditionnel des règles liturgiques qui sont comme un écrin précieux à la présence du Christ parmi nous. C’est cette continuité essentielle entre la foi de l’Église et la pratique liturgique que le pape nous invite à redécouvrir.
#25


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Citation :

«La liturgie - comme la poésie - est splendeur gratuite, gaspillage délicat, plus nécessaire que l'utile. Elle est réglée par des formes harmonieuses et des rythmes qui, s'inspirant de la création, la dépassent dans l'extase. En réalité, la poésie s'est toujours fixé comme cible idéale la liturgie et il semble inévitable que, la poésie régressant de la vision à la chronique, la liturgie ait à en subir aussi l'offense.»

Cristina Campo 

 
 
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