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Nous avons déjà souligné dans nos pages notre franche préférence pour les ornements dits « gothiques », qui sont tout simplement en réalité la forme traditionnelle des ornements de la liturgie dans les rites latins, et parmi eux, en particulier, de notre rite, le rite romain. Dans l’épisode précédent, nous écrivions quelques lignes sur l’aube , qui est le « vêtement commun des ministres », c'est-à-dire de tous ceux qui on un service à accomplir au sanctuaire. (Rappel : le « sanctuaire » n’est pas à confondre avec le « chœur » : le sanctuaire, c’est là où se place le clergé pour officier, auprès de l’autel, du trône pontifical, du siège du célébrant ; à l’entrée du sanctuaire, comme partie prenante de ce dernier, l’ambon, d’où est notamment chanté l’Evangile ; le chœur quant à lui, c’est l’endroit où le placent les ministres pour le chant « choral » de la liturgie. Le chœur est souvent, dans l’arrangement classique des églises, distinct du sanctuaire ; dans les grandes églises avec chapitres, basiliques, cathédrales, le chœur est meublé de stalles). L’amict : prononcer « ami ». Avant de revêtir l'aube, si elle n'entoure pas parfaitement le col de l'habit commun, on revêtira l'amict. (Présentation Générale du Missel romain). Le Missel précise que si l'aube recouvre le col de l'habit commun, il n'est pas nécessaire. Il faut bien constater que dans beaucoup de cas, nos ministres considèrent que l'aube couvre toujours le col de l'habit commun ; mais ce n'est souvent pas exactement le cas... Cette pièce de tissu carrée, reliée de deux cordons fins, permet de cacher le col de l’habit commun. Il se place autour de cou après avoir brièvement été imposé sur la tête ;
l’Eglise y voit le symbole du « casque du salut » : (Eph 6,17) | Gáleam salútis assúmite et gládium Spíritus, quod est verbum Dei; | Prenez aussi le casque du salut, et le glaive de l'Esprit, qui est la parole de Dieu. | (1 Thess 5,8) | Nos autem, qui diéi sumus, sóbrii simus, indúti lorícam fídei et caritátis et gáleam spem salútis; | Pour nous qui sommes du jour, soyons sobres, prenant pour cuirasse la foi et la charité, et pour casque l'espérance du salut. | Dans le code des rubriques du missel romain dans son édition de 1962, des prières sont proposées pour la vêture de l’aube et de l’amict ; ce sont de belles prières, que l’on peut tout à fait continuer à utliser: | Cum lavat manus, dicat : | En se lavant les mains, le prêtre dit : | Da, Domine, virtutem manibus meis ad abstergendam omnem maculam ; ut sine pollutione mentis et corporis valeam tibi servire. | Ad amictum, dum ponitur super caput, dicat : | En posant l’amict sur la tête, il dit : | Impone, Domine, capiti meo galeam salutis, ad expugnandos diabolicos incursus. | Ad albam, cum ea induitur : | Pendant qu’il revêt l’aube : | Dealba me, Domine, et munda cor meum ; ut, in Sanguine Agni dealbatus, gaudiis perfruar sempiternis. | Ad cingulum, dum se cingit : | En se ceignant avec le cordon : | Præcinge me, Domine, cingulo puritatis, et exstingue in lumbis meis humorem libidinis ; ut maneat in me virtus continentiæ et castitatis. Pour solenniser certaines célébrations, il est de coutume dans les rites latins, spécialement lorsqu’on utilise des ornements de forme traditionnelle (c'est-à-dire antérieurs au XVII° siècle) de « parer » l’amict et l’aube. Ceci est valable pour tous les ministres, ordonnés, institués, ou extraordinaires. L’usage d’aubes et amicts parés est courant dans certaines régions (Espagne, Grande-Bretagne, spécialement pour les rites anglo-catholiques), mais aussi le rite de Milan (ambrosien). Pour le rite romain, particulièrement en France, cet usage est malheureusement assez rare, à cause de la prééminence au XIXème et XXème siècles de la mode liturgique « baroque », privilégiant le raidissement des chasubles (et leur forme en « boîte à violon » et l’ouverture du côté des dalmatiques, et l’extraordinaire croissance de . Pour autant, le parement des aubes a une signification symbolique ; il est de tradition en certains lieux en Espagne, que les ministres qui chantent la Passion le Vendredi Saint soient revêtus d’aubes parées de rouge, pour rappeler les plaies du Christ ; de façon générale, le parement est aussi porté par le célébrant (prêtre ou évêque), le diacre et dans certains cas, d’autres ministres. C’est une coutume très intéressante, qui mériterait d’être davantage utilisée dans nos régions !
Quelques images parlantes d'aubes et amicts parés, dans le rite romain ou d'autres rites latins :
Usage dominicain
Fraternité Saint Pierre, Australie (forme estraordinaire du rite romain). Notez la chasuble sublime
Une aube de prêtre parée. 
Le Cardinal Shuster, avec une aube parée. 
Diacre dominicain, en aube et amict paré (avant le Concile).
Image du XV° siècle : un ministre de l'autel avec un amict paré. 
Messe de Saint Martin : chasuble et dalmatique de forme traditionnelle, aubes et amicts parés. On distingue très bien la dalmaticelle du prélat sous la chasuble.
Usages anglo-catholiques : acolytes en aubes et amicts parés.
Usages anglo-catholiques (anglicans) : acolytes et cruciféraire en aubes et amict parés. Le cruciféraire porte une tunique (et non une dalmatique de forme traditionnelle. 
Usage anglo-catholique contemporain. 
Cathédrale de Séville : acolytes en tuniques, amicts et aubes parés. |