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Qui a ressuscité Jésus ?

Écrit par P. Michel Gitton   
09-04-2009

QUI A RESSUSCITÉ JÉSUS ?

 

 

C’est bien une question. En tout cas, beaucoup de gens se la posent. La réponse première et évidente est : le Père, c’est le Père qui a ressuscité son Fils. Saint Pierre, dans sa présentation de la foi au centurion Corneille, telle que nous la rapporte la première lecture de ce jour, déclare explicitement : « ils l’ont fait mourir en le fixant sur une poutre de bois. Et voici que Dieu l’a ressuscité le troisième jour ». Les choses sont claires : les juifs ont accusé Jésus de blasphème parce qu’il se disait Fils de Dieu, ils ont contribué à le mettre à mort. Dieu son Père est intervenu et a révisé le procès en réhabilitant son Fils par la Résurrection. Le Christ avait refusé de se défendre, il avait remis sa vie à son Père, le Père a répondu en lui rendant la vie et une vie surabondante. Dieu « n’a pas laissé son juste voir la corruption », comme le dit le psaume 15 (16) verset 10, sans cesse repris et cité après la Résurrection.

 

Pourtant, en disant cela on n’a pas tout dit. On n’a pas encore envisagé le rôle de l’Esprit Saint. C’est saint Paul qui nous éclaire là-dessus : « si l'Esprit de Celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité Jésus Christ d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels, par son Esprit qui habite en vous »  (Romains 8,11). Bien sûr, c’est toujours le Père qui est envisagé comme l’auteur de la Résurrection, celle du Christ et la nôtre, mais il est clair que l’Esprit est l’agent de cette transformation : il habite déjà le cœur des croyants (comme il habitait le cœur de Jésus) et un jour il rayonnera plus complètement et atteindra leur corps.

 

Reste à nous affronter à une série de textes qui curieusement attribuent à Jésus lui-même la Résurrection, tous chez saint Jean. « Détruisez ce temple et en trois jours je le rebâtirai » (Jn 2,19) et, au cas où nous n’aurions pas compris, l’Evangéliste (2,21) ajoute : « le Temple dont il parlait, c’était son corps ». Et aussi : « (ma vie), personne ne me l'enlève mais je m'en dessaisis de moi-même; j'ai le pouvoir de m'en dessaisir et j'ai le pouvoir de la reprendre »  (Jean 10,17). Comment comprendre ? Si Jésus est mort, il ne peut plus rien, il n’a plus qu’à attendre de Dieu son Père une vie qu’il ne peut se donner à lui-même, puisque c’est cela la condition de l’homme qu’il a délibérément assumée.

 

Pourtant, comme Dieu, le Fils « donne la vie » (Jean 5,26 ; 6,33 ; 10,28 ; 17,2), à l’égal du Père. « Ce que fait le Père le Fils le fait pareillement » (Jean 5,19). On peut donc penser qu’il donne aussi la vie à son corps humain resté dans le tombeau. C’est la solution de saint Augustin, et elle a certainement sa part de vérité.

 

Mais on peut sans doute aller plus loin en suivant saint Jean qui nous fait entrer au plus près de la conscience humaine du Sauveur. Celui-ci ne cherche pas à éterniser sa vie, en la soustrayant à la mort ou en s’assurant par un moyen de puissance la maîtrise de l’avenir. En ce sens, il se « dessaisit » de sa vie, complètement, entre les mains du Père. Mais, justement, le don est si complet, la certitude est si grande d’avoir tout remis, que Jésus touche presque déjà le but. Cette Résurrection, le Fils en dispose déjà, dans la mesure de son union au Père. Pour lui, tout demander à son Père, c’est déjà tout obtenir, donner sa vie, c’est la recevoir.

 

Alors, en ce sens, oui, Jésus a barre sur la mort, il peut anticiper sur les évènements et annoncer sa Résurrection comme un fait aussi réel que la Croix. Mais n’oublions pas que celui qui domine ainsi les évènements est aussi celui a crié sa souffrance à Gethsémani et demandé de l’aide. Le même.

Michel GITTON

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Citation :

« L'anaphore de la Tradition Apostolique de saint Hippolyte, a été composée à Rome au début du IIIe siècle. Elle a servi pendant plus d'un millénaire dans la lointaine Ethiopie. On l'a introduite aujourd'hui dans le Missel Romain. Eh bien, cela me paraît plus digne de l'homme du XXe siècle que les âneries qu'on peut entendre aujourd'hui dans certaines églises. L'essentiel d'une liturgie, ce n'est pas d'être d'un siècle ou d'une nation, c'est d'être chrétienne, c'est-à-dire d'être l'expression de la foi de l'Eglise qui est de tous les temps ».

Dom B. BOTTE, Le mouvement liturgique, Témoignages et souvenirs, Paris 1973, p. 37-38 

 
 
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