Nos répétitions ont lieu tous les mardi soir, 20.45 au local des Petits Chanteur de Versailles, 20 Av. de Normandie à Versailles (plan d'accès). N'hésitez pas à vous y joindre pour un essai, ou pour nous connaître. Nous recherchons activement et de façon urgente des voix de femmes. Débutant(e)s accepté(e)s ! Nous contacter.
Il faut bien en faire le constat : la liturgie est aujourd’hui à de rares exceptions près un sujet à problèmes. Il n’est pas acceptable de constater dans beaucoup de lieux de culte le grand écart entre une liturgie banale et plate, qui ne célèbre que ceux qui « l’animent » et une liturgie attachée à l’usage ancien, dans laquelle se réfugient tous ceux qui ne se satisfont pas de la première. Cette polarisation entre ces deux types de liturgie, nous l’avons souvent déplorée dans nos pages. C’est exactement dans nos paroisses et communautés, le sujet à ne pas aborder.
Dépassons la querelle « pro » ou « anti tridentine ».
Car tout se passe comme si, dans l’Eglise, on pouvait parler de tout, sauf de liturgie. La réflexion théologico-pastorale sur la liturgie a été stérilisée par des conflits incessants ; toutes les expériences « chimiques » qui sont tentées dans ce domaine aboutissent invariablement à un seul « précipité » : la querelle des « pro-tridentin » contre les « anti-tridentin ». Alors mettons les pieds dans le plat : la forme extraordinaire du rite romain, nous ne sommes ni pour, ni contre… (Bien au contraire !) Acceptons de parler de tout cela sans passion, avec objectivité, sans nous imaginer que cela provoquera de façon immédiate la guerre de Troie. Recherchons plutôt la vérité de l’essence du rite romain, qui ne se trouve ni dans l’usage préconciliaire (si les Pères Conciliaires, de façon unanime, ont voulu faire évoluer le rite romain, ce n’est pas sans raison !) ni dans la pratique réelle de la plupart des paroisses d’aujourd’hui (c’est bien notre constatation : il y a bien une crise de la liturgie).
La liturgie est la célébration de la Foi ; pour parvenir à son maximum de puissance de louange, elle a besoin d’être vraie, il lui faut être le vecteur d’une adoration « in Spiritu et Veritate ». Notre évêque, lors de son homélie de Pâques, a rappelé qu’il fallait avoir le courage d’être porteurs d’une vérité qui rend libres. La vérité, ce n’est pas forcément quelque chose qui blesse, qui choque, qui casse. Ce peut être aussi, dans une vision chrétienne, une illumination, un baume, une consolation. C’est la raison pour laquelle nous éviterons à tout prix de tomber dans une logique de polémique, nous érigeant en une sorte de « néo-sapinière », avec un esprit de parti comptant ses troupes.
Nous chercherons plutôt aujourd’hui ce qui peut aider concrètement les paroisses et autres communautés religieuses à sortir d’un marasme dont cette polarisation est à la fois une cause et une conséquence.
Le problème des rubriques.
Un des gros problèmes que nous connaissons actuellement provient des normes du rite romain, et plus particulièrement des rubriques. Nous savons que dans beaucoup d’endroits, la question du respect des rubriques a amené un comportement à la limite du pathologique pour beaucoup de clercs. A une certaine époque, celles-ci devinrent même le seul objet d’étude liturgique des séminaristes, et dont l’observation minutieuse et servile confinait à l’absurdité, voire au contresens. Cette éducation aux rubriques et aux seules rubriques avait certes le mérite d’étouffer dans l’œuf toute tentative de « créativité » mal venue. Les années 1950 à 1980 ont fait voler en éclat cette chape de plomb ; dans sa mise en œuvre concrète, la réforme liturgique qui a suivi le Concile Vatican II elle-même a recherché un allègement du corpus des indications pratiques pour la célébration, très consciente qu’on ne peut pas, pour favoriser l’esprit de la liturgie, se contenter de proposer des notes d’application sur des textes de livres officiels. L’ambition du Concile était de continuer et d’embellir les intuitions du mouvement liturgique, et d’amplifier, par le biais de l’autorité d’un Concile Œcuménique l’admirable enseignement de Pie XII dans Mediator Dei. Et pour cela, de donner aux fidèles comme aux clercs, la capacité de réellement entrer dans le sens de ce que célèbre l’Eglise.
Favoriser les coutumiers diocésains
Le Concile Vatican II avait aussi pour ambition de donner aux évêques leur véritable place dans le domaine de la liturgie : celle de gardien et d’ordonnateur… C’est une des raisons pour lesquelles il fallait justement laisser une place, au milieu du XX° siècle à la coutume liturgique diocésaine. En liturgie, comme en politique, tout est une question de balancier : après les compositions liturgiques néo gallicanes savamment décrédibilisées par la science de dom Guéranger , Saint Pie X avait donné un coup d’arrêt brutal à beaucoup d’initiatives liturgiques autonomes vis-à-vis de Rome, notamment au niveau musical. L’imposition du chant grégorien, par une sorte de décret unilatéral, à toute l’Eglise, non seulement correspondait peu à la pratique multiséculaire de l’Eglise (qui n’avait jusque là jamais eu un seul répertoire parfaitement unifié) mais encore fut très mal accueillie dans certaines zones géographiques et culturelles. Et c’est justement le concile Vatican II qui pour la première fois affirme solennellement et avec autorité que l’Eglise de rite romain a un chant propre, et que c’est le chant grégorien. Une nouveauté du 4 décembre 1963, qui a aussi correspondu à un résultat inverse de ce que souhaitaient les Pères du Concile. Nous savons bien que c’est justement sur les directives conciliaires que se sont appuyées un certain nombre d’ « a-liturges » pour refuser au répertoire grégorien la place de choix, la « place du prince » que lui avait octroyée l’autorité de Vatican II. Résultat inattendu, résultat imprédictible par les Pères Conciliaires, mais conséquences avec lesquelles nous devons bien vivre aujourd’hui. Toujours est-il que responsabilité aux évêques a été donnée pour la correcte application de la liturgie romaine, y compris avec les aménagements auxquels invite la relative brièveté des rubriques du missel post-conciliaire. Il est donc légitime de souhaiter et aider à la mise en œuvre d’un « coutumier », c'est-à-dire un recueil de recommandations valables pour le territoire et / ou la juridiction d’un ordinaire, pour aider, clarifier et même décider des options à retenir – parfois nombreuses – proposées par l’édition typique -, le tout dans une logique de continuité avec les usages et traditions rituelles des lieux auquel ce « coutumier » s’applique.
Il est tout à fait imaginable et logique, par exemple, qu’un évêque impose à ses curés la célébration de la Prière Euchristique n°1 les dimanches et solennités, le rite de l’aspersion, l’usage d’une grande messe chantée par dimanche et par paroisse (en plus d’autres messes, « lues »). La souplesse certaine des rubriques de l’édition typique du missel romain actuel, que d’aucuns qualifient de « laxisme » n’a pas à s’imposer jusqu’au niveau des paroisses, voire au niveau des simples fidèles (célébrant l’office divin, par exemple…).
Ce sont quelques exemples. Il y en aurait bien d’autres qui pourraient être adoptés. Cela fera l’objet d’une autre contribution dans nos pages !
Distinguer la messe lue de la messe chantée.
Les appellations « messe lue » et « messe chantée » fleurent bon la période «antéconciliaire »…. Et pourtant : cette notion n’apparaît pas vraiment dans l’ordo de la messe dite de Saint Pie V. C’est une introduction tardive de la deuxième moitié du XX° siècle, un héritage du mouvement liturgique dont Mediator Dei (encyclique de Pie XII) et surtout Sacrosanctum concilium (la constitution de la liturgie de Vatican II) se veulent les textes « guides ». La notion elle-même de messe chantée date de 1958, sous Jean XXIII (De Musica Sacra), le pape qui a convoqué le Concile. Cette distinction a été retenue dans un texte de l’époque même où le missel dit de Paul VI avait d’ores et déjà fini d’être élaboré (instruction Musicam sacram, 1967, 28 et instruction De Musica sacra, 1958). Cette distinction introduite dans l’immédiat avant concile et reprise abondamment dans les textes qui ont eu pour ambition une application de la Constitution conciliaire sur la liturgie, est dans la praxis antérieure (forme extraordinaire), absente et non applicable dans les mêmes termes. Et elle demeure une distinction fondamentale pour bien posséder l’ars celebrandi de la forme ordinaire.
De Musica Sacra :
Il y a deux sortes de messes ; la messe «chantée» et la messe «lue». La messe est dite «chantée» si le prêtre célébrant chante effectivement lui-même les parties que les rubriques prévoient devoir être chantées. Sinon, elle est «lue».
La messe chantée dans le rite romain, le prêtre chante tout : du signe de croix au Ite Missa Est, avec y compris l'Evangile (à moins que ce soit le diacre), les oraisons la préface et ... le canon. Et si c'est une messe chantée, il faut aussi que les autres fonctions ministérielles y tiennent leur place, et au premier chef la schola cantorum qui doit utiliser le propre de la messe.
Le point particulier c’est que le missel lui-même, et spécialement l’IGMR décrit surtout la messe lue, qui est la plus courante et la plus répandue. C'est pour cela qu'en cas de messe lue, on a un choix beaucoup plus vaste pour les chants de l'assemblée.
Instruction Musicam sacram :
Rien n'empêche que dans les messes lues on chante quelques parties du propre ou de l'ordinaire. Bien plus, un autre chant peut être parfois exécuté au début, à l'offertoire et à la communion, ainsi qu'à la fin de la messe. (...).
Mais ce n'est pas - disons - l'instanciation la plus authentique de la messe romaine.
Des exemples : à la messe lue, le psaume et la séquence ainsi que l'alléluia sont partie prenante du lectionnaire romain : c'est la raison pour laquelle l'alléluia est une acclamation avant l'Evangile et que le psaume comme la séquence ont des fonctions de lectures.
A la messe chantée, par contre, chacune des lectures est suivie d’une psalmodie ; le graduel est un répons à la première lecture, (un répons graduel). Au temps pascal, de façon systématique (sauf pendant l'octave de Pâques où on a Haec Dies) le répons après la première lecture est un répons non pas "graduel" mais un "répons alléluiatique". Cela veut dire qu'on chante un premier alléluia avec son verset après la première lecture, et un second répons alléluiatique après la 2° lecture. D'où une fonction littéralement différente des pièces du propreà la messe chantée, qui ne sont plus des lectures (il n'y a pas de psaume responsorial à la messe chantée). Bien plus : à la messe chantée, en semaine, il y a soit un répons graduel, soit un répons alléluiatique, mais pas les deux. On peut donc très bien avoir une messe chantée sans alléluia, même pendant l’octave de Pâques (où l’Eglise prend comme répons Haec Dies pendant toute la semaine…).... Allons encore plus loin : en Carême, le dimanche, on chante parfois un trait après la 2° lecture, donc avant l'Evangile. Au regard de la forme rituelle, c'est aussi une méditation de ce qui précède, puisqu'on voit des traits qui ont les mélodies strictement identiques (mélodies "centon") à celles des pièces que l'on chante à la vigile pascale (mélodie unique après chacune des 7 lectures / pro phéties). Par exemple à la fin de la lecture du passage de la Mer rouge, on chante le trait "Cantemus Domino", qui est l'exacte suite du passage biblique d'où est tirée la lecture. La Messe chantée se rapproche ainsibeaucoup dans son ordo de l’office divin. Ainsi, les Vigiles de Pâques et de la Pentecôte, lorsqu’elles sont célébrées, tiennent ainsi lieu d’office des lectures ou de "matines".
D'où la question épineuse de la contradiction entre deux livres officiels : le Graduale Romanum et l'IGMR sur la place de la séquence à la messe : avant ou après l'alléluia ? Le Graduale romanum place la séquence après l'alléluia, alors que l'IGMR explique sans équivoque possible qu'elle est avant. Dilemme ? Il ne s'agit pas seulement de se soumettre "perinde ac cadaver" à la rubrique. Il faut l'assentiment de l'intelligence et de la volonté ! Or, si on connaît la distinction entre la messe lue et la messe chantée, c'est facile de résoudre le problème : à la messe lue, c'est à dire la plupart des messes - malheureusement ! - aujourd'hui : la séquence se « lit » avant l'alléluia, (application de l'IGMR qui décrit la messe lue). A la messe chantée par contre, séquence après l'alléluia, puisqu'en fait le répons alléluiatique n'est pas une acclamation de l'Evangile mais un répons à la 2° lecture, et doit donc immédiatement suivre ce dernier, alors que la séquence « suit » le répons.
La messe chantée sous entend que le prêtre chante sa partie : il est vraiment cohérent, donc, si on a une schola qui chante l’ensemble du propre de la Messe, que le prêtre chante les oraisons et la préface (a minima). Evidemment, s’il est capable de chanter tout le reste (signe de croix, canon, et autres rites) c’est l’idéal. Pour entrer dans un « ré-enchantement » liturgique, il est même intéressant d’envisager de chanter également l’évangile (par un diacre dans l’idéal) et pourquoi pas les autres lectures. Il serait réellement dommage (mais cela a déjà été vu !) d’avoir une schola qui chante tout, mais un prêtre qui ne chante pas par exemple, les oraisons….
La question de la distinction entre liturgie chantée et liturgie lue est même aujourd’hui applicable à l’office divin, spécialement depuis la parution des Heures grégoriennes , qui n’est rien d’autre qu’une instance possible qu’un antiphonaire romain officiel dont la publication, désormais annoncée, n’est pas encore achevée. Les Heures grégoriennes ont bénéficié des plus hauts appuis (en particulier ceux du Cardinal Arinze, préfet de la congrégation du culte divin et de Mgr Le Gall, archevêque de Toulouse et président de la Commission liturgique à la CEF). Cet ouvrage en trois volumes qui regroupe l’ensemble des chants de l’office romain « ordinaire » diurne (c'est-à-dire à l’exception de l’office des lectures) a bénéficié d’un décret d’application le rendant utilisable non seulement pour la Communauté Saint Martin, qui a été le maître d’œuvre de ce travail gigantesque et inédit, mais pour toute l’Eglise. Et dans cet ouvrage il faut bien constater qu’il a été introduit des différences substantielles avec l’édition typique de Liturgia Horarum : dans le choix des antiennes, dans les rites de bénédiction et d’envoi, et même avec l’ajout (ad libitum) des versets psalmiques (dits « impécatoires ») pourtant omis dans LH à la demande de Paul VI. Les Heures grégoriennes, qui donnent une idée de ce que sera le futur Antiphonaire romain, ne sont donc pas simplement la « mise en musique » de Liturgia Horarum. C’est bien plus la conception renouvelée de l’office pour qu’il soit chanté au chœur, à l’usage des paroisses ordinaires, ce que n’est pas Liturgia Horarum, et donc ce que ne peut pas être les adaptations françaises de LH : Prière du Temps Présent et Liturgie des heures en 4 volumes.
La langue
Une fois distinguée la messe lue de la messe chantée, nous nous heurtons assez vite à un obstacle : si on choisit de chanter le propre, ce dernier doit être pris dans l’Ordo Cantus Missae, qui est un livre en … latin. L’Ordo Cantus missae ? C’est peut être la première fois que vous entendez le titre de cet ouvrage. C’est tout simplement le livre officiel du rite romain qui fixe les textes de la messe chantée, qui peuvent être sensiblement différents de ceux de la messe lue (et dont les textes sont au Missel). A la messe lue nous avons au Missel une antienne d’introït et une antienne de communion, tandis qu’à la messe chantée, ce peut être des textes différents, et nous avons aussi les autres pièces du propre de la messe (graduel, alléluia, offertoire, et le cas échéant séquence). La seule instanciation crédible de l’Ordo Cantus Missae est aujourd’hui le Graduale Romanum (édition de 1974, ainsi que sa version Triplex), qui regroupe et propose un ordo pour toutes les pièces grégoriennes de la liturgie de la messe.
Il y a donc un véritable travail qu’il reste à faire : la composition de musique liturgique dont les textes y compris vernaculaires soient conformes à l’Ordo Cantus Missae, pour que nous puissions envisager dans le rite romain actuel d’avoir des messes chantées dans lesquelles il n’y ait pas uniquement du grégorien (pourquoi pas des répons en polyphonie et en vernaculaire ?) ; ce travail de fond a été réalisé dans les Eglises d’Orient qui ont adapté leurs textes liturgiques à de la musique plus contemporaine que le chant byzantin. Disons le : ce travail reste à faire pour le rite romain et il y a un certain nombre d’excellentes initiatives qui ont d’ores et déjà été réalisées en France, (parmi les quelles on peut citer les travaux du P. Gouzes , mais ce ne sont pas les seuls) il faudrait encore que ce travail bénéficie d’une bonne publicité. Le chant grégorien a la première place dans le rite romain : c’est dit et même proclamé par le Concile. Pourrait-on imaginer que le reste du répertoire liturgique se conforme, sur le modèle du chant grégorien, à son esprit et soit le creuset de nouvelles compositions liturgiques en langue vernaculaire ?
Première idée : un des bons moyens d’y parvenir est évidemment de sortir le chant grégorien du « ghetto traditionnaliste » dans lequel il est aujourd’hui confiné. Deuxième idée : de confronter le chant grégorien aux compositions liturgiques actuelles en langue vernaculaire pour que ces dernières s’ajustent à ce « répertoire d’une valeur inestimable », « chant sacré lié aux paroles » (Sacrosanctum Concilium). Troisième idée : composer des récitatifs pour les parties du prêtre à la messe en langue vernaculaire qui soient réellement en cohérence avec la modalité grégorienne, pour que ce dernier trouve naturellement sa place dans les célébrations paroissiales ordinaires. Ce serait appliquer strictement le Concile de mettre en œuvre ce chantier, et certainement pas « donner des gages » aux traditionnalistes.
En conclusion : Alors que commence l’année du prêtre, lancée par Benoît XVI lors de la fête du Sacré Cœur, sachons comprendre les signaux que nous donne le Siège apostolique. Dans l’immédiat après Vatican II, le clergé analysait les directions prises par l’Eglise de la façon suivante : les évêques avaient été privilégiés, puisqu’associés directement au gouvernement de l’Eglise universelle par l’instauration des structures synodales. Le rétablissement du diaconat permanent, y compris pour les hommes mariés, avait fait dire à certains que ces derniers avaient tous les avantages, sans aucun des inconvénients de la condition cléricale. Avec la sécularisation croissante des idées et des structures sociales, le statut du prêtre, lui même peu considéré par le Concile, s’est peu à peu déprécié, pour ne plus attirer du tout. Le Saint Père lance l’année du prêtre en fêtant le Sacré cœur. Reconsidérons pourquoi. Cette fête fut instaurée à la suite notamment des apparitions de Paray Le Monial à Ste Marguerite Marie : beaucoup de personnes ont noté le lien évident qui existe entre la façon dont se montre Notre Seigneur à Paray et la théologie janséniste triomphante à cette époque. Le fond de la doctrine janséniste est une conception erronée de la grâce, une mauvaise lecture de Saint Augustin, une théologie en réalité très proche de celle de Luther et même de Calvin, qui comme on le sait a abouti chez beaucoup de communautés protestantes à la diminution du rôle du prêtre lui-même, à la négation de sa position de médiateur, configuré au Christ, entre Dieu et l’homme, par l’opération des sacrements, en particulier ceux de la Sainte Eucharistie et de la Réconciliation et de la Pénitence - que les jansénistes évitaient de recevoir. Ces derniers méprisaient également les formes liturgiques solennelles, et la langue latine. Comment ne pas penser que notre pays a été durablement marqué par cette crise, et que justement la crise des vocations et la crise de la liturgie ne sont pas liées à un jansénisme théologico-doctrinal (et non plus politique, comme il le fut aussi au XVII°-XIX°) rampant qui continue de se frayer un chemin dans les âmes dans notre XXI° siècle ? Le Saint Père nous ouvre la voie : il nous invite, cette année, à rendre présent le Cœur de Jésus dans les Sacrements, et en particulier dans la Messe et la liturgie, par les mains de nos prêtres, que nous sommes invités à aimer et à honorer le caractère surnaturel.
Certificat de musique liturgique et cours de chant liturgique.
1. Le Certificat de Musique Liturgique
Publics visés
Le Certificat de Musique liturgique est proposé à des candidats qui possèdent déjà des compétences techniques sur le plan musical : chefs de chorale dans les paroisses ou les diocèses, chefs de choeur de communautés religieuses ou monastiques, musiciens (orgue ou autre) se préparant à des examens professionnels, responsables diocésains de musique liturgique.
Niveau requis
Cette formation de niveau supérieur conjugue théorie et pratique. Les candidats doivent posséder des compétences techniques sur le plan musical, soit dans la maîtrise d’un instrument, soit sur le plan du chant et/ou de la direction du chant choral. En conjuguant théorie et pratique, cette formation professionnalisante, assurée sous la responsabilité de l’Institut Supérieur de Liturgie, vise à former des acteurs au service de la liturgie, spécialisés en musique liturgique.
Parcours
La scolarité est établie sur deux années à mi-temps, correspondant à une année de formation.
Modalités
Chaque année, les étudiants participent à : - Un séminaire intensif (« la musique dans la liturgie ») de 10 journées de 6 heures le vendredi, soit 60 heures, durant le premier semestre (octobre à janvier). - Deux cours de liturgie choisis avec le Directeur de l’ISL dans le programme de l’ISL Il est possible d’aménager l’emploi du temps de telle manière que des cours de l’ISL soient suivis : * soit au cours du 1er semestre, afin de limiter les déplacements, parallèlement au séminaire « La musique dans la liturgie » * soit au cours du 2e semestre, pour étaler la charge de travail. L’obtention du Certificat de Musique Liturgique dans la liturgie implique :
la participation assidue aux enseignements ;
la rédaction d’un mémoire de 30 pages avec une bibliographie ;
une soutenance de mémoire.
Chaque année du Certificat de musique liturgique correspond à 30 crédits ECTS. L’ensemble de la formation donne donc 60 crédits, équivalant à une première année d’études ISL.
Année 2009-2010
1er semestre Séminaire « La musique dans la liturgie » : 6h (9h30-17h00) 10 vendredis entre octobre et janvier. Programme prévisionnel : 1) Le musicien au service de la liturgie, Introduction générale 2) Histoire de la musique en liturgie, Rémy CAMPOS, Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris (12 h) 3) Chant grégorien et monodie, Daniel SAULNIER, osb, Institut Pontifical de Musique Sacrée (Rome) et Abbaye de Solesmes (12 h) 4) Le chant d’assemblée dans la liturgie contemporaine, Pierre BARTHEZ, Institut de Musique Sacrée, Toulouse (12 h) 5) Pratiques musicales en liturgie, Emmanuel BELLANGER, ISTA (12 h) Séance de synthèse avec l’ensemble des enseignants et P. PRETOT (6 h)
2e semestre Deux cours de liturgie au choix : 4 heures par semaine. Exemples :
Ecritures et liturgie
La parole proclamée, annoncée, prêchée
Temps et année liturgique
Liturgie et prière chrétienne
La liturgie : source de vie chrétienne
Etc…
Les inscriptions se font à partir du mois de mai, mais il est encore possible de s’inscrire en septembre. Tarifs : normal : 1130 euros ; Réduit : 978 euros ; Formation continue : 1695 euros
2. Le cours de chant liturgique Parallèlement et en lien avec le Certificat de Musique Liturgique, est proposé au cours du premier semestre de l’année 2009-2010, un cours de chant liturgique. Cette formation alternera des cours de chant grégorien et de chant d’assemblée. Elle sera proposée sous la forme de 10 journées de 10h00 à 17h30, le samedi. Ces journées s’achèveront par la célébration des vêpres dans l’Eglise St Joseph des Carmes, à 17h45, la préparation de ces célébrations vespérales faisant partie intégrante de la pédagogie du cours.
Enseignants (en alternance): Dom Daniel Saulnier, osb, moine de Solesmes, professeur à l’Institut Pontifical de Musique Sacrée à Rome Laetitia Trouvé, Chef du choeur diocésain de Paris, Membre de la commission diocésaine de Musique Liturgique, Enseignante à l’école cathédrale (Samedis Musicaux), Direction des orchestres du conservatoire du Ve arrondissement, du conservatoire de Vincennes, de l'Ensemble Oya Kephale et de l'Orchestre Symphonique du COGE.
La traduction liturgique du passage de la deuxième Epître aux Corinthiens que nous entendons cette semaine ne nous aide pas beaucoup et elle est même, il faut le dire, un peu bizarre. En réalité, saint Paul ne dit pas que nous ne devons plus chercher à connaître Jésus sur le plan humain, ce serait bien curieux, puisqu’il est un homme et qu’il le reste, même dans sa gloire. L’Apôtre nous avertit de ne pas comprendre « charnellement » le Christ, la chair étant ici opposée (comme souvent chez saint Paul) à l’Esprit Saint : ce qui est « charnel » n’est pas le côté matériel des choses, à côté de l’activité de l’esprit (l’âme), mais c’est la nature humaine laissée à elle-même, influencée par le péché et séparée de Dieu qui seul peut la vivifier. Comprendre Jésus ainsi, ce serait le prendre pour un homme comme un autre, le ramener à la mesure générale, refuser de le voir dans sa dimension transcendante.
C’est assez répandu aujourd’hui. Ne dit-on pas couramment : Jésus doit avoir eu des tentations comme tout le monde ? Et pourquoi n’aurait-il pas eu aussi des doutes ? Une liaison avec Marie Madeleine ? Des frères et des sœurs nés de Marie ? Pourquoi pas ? C’est tellement plus simple, tellement plus rassurant pour notre médiocrité. Il y a même des chrétiens, ou prétendus tels, pour admettre que c’est encore plus beau comme cela ! Jésus ne domine l’humanité de toute sa hauteur, non seulement il est devenu l’un de nous, mais il a pataugé dans nos marécages. Quelle victoire !
Seulement, à soutenir ce genre de thèse, on manifeste aussitôt que le Christ n’a plus aucun intérêt. De l’humain, simplement humain, nous en avons tant qu’on veut. Notre seul espoir avec lui, c’est que cela va changer. S’il est radicalement sur le même plan que nous, nous n’avons rien gagné et notre horizon reste tout aussi bouché. Le malin plaisir avec lequel on essaie d’abaisser Jésus ne peut que le rendre banal et enlever ainsi tout intérêt à la religion qui se réclame de lui.
Il reste à comprendre Jésus « dans l’Esprit », le voir par en haut. Ce qui ne signifie nullement qu’on va l’idéaliser et en faire un personnage sans attache avec la terre. On ne fera pas l’économie de son abaissement, de sa venue très simple parmi nous, des limites qu’il a voulu assumer, de sa mort infamante sur la Croix. Mais toutes ces faiblesses nous les verrons comme les moyens qu’il a pris librement pour se donner à nous, tout en restant lui-même, c’est-à-dire le Fils bien aimé du Père. Et c’est cela qui est intéressant. Il a une manière à lui de se faire pauvre, dépendant, souffrant, une manière qui est proprement divine, et qui manifeste jusqu’où va son amour des hommes et son obéissance au Père. Nous verrons sa personnalité dans ce qu’elle a d’unique, sans rien d’inhumain, de forcé, de démesuré, nous communierons à ses sentiments, qui sont de vrais sentiments d’homme, mais dans une beauté, une justesse, une profondeur qui ne sont réellement pas de ce monde.
Regarder Jésus, c’est le voir comme le voit le Père, avec l’admiration qui pousse celui-ci à s’écrier au moment du Baptême : « celui-ci, c’est mon Fils bien aimé, celui en qui j’ai mis tout mon amour, toute ma complaisance ! » Et l’Esprit n’est pas loin, qui manifeste d’un joyeux coup d’aile l’accord inouï existant entre le Fils et le Père. C’est cet Esprit qui nous a été donné, c’est lui qui peut nous permettre de « voir » à notre tour Jésus. Dans la bonne lumière.
ABBAYE SAINT-PIERRE DE SOLESMES - JOURNEES MONASTIQUES DE SPIRITUALITE
Session de formation à la Marbrerie, du 31 août au 3 septembre 2009
THEME DE LA SESSION :
« VIVRE LA LITURGIE DE L’EUCHARISTIE »
« L'Eucharistie, présence salvifique de Jésus dans la com-munauté des fidèles et nourriture spirituelle pour elle, est ce que l'Église peut avoir de plus précieux dans sa marche au long de l'histoire. » Jean Paul II, ECCLESIA DE EUCHARISTIA, n° 9
Le cadre de la session est la vie du monastère, et principalement sa vie liturgique. 7 h 30 Louanges du matin (Laudes) 10 h 00 Eucharistie 13 h 00 Office de Sexte 13 h 50 Office de None 17 h 00 Louanges du soir (Vêpres) 20 h 30 Office de Complies.
Hébergement : - Pour les messieurs, possibilité de demander un accueil à l’hôtellerie, dans les conditions habituelles. - Pour les dames ou les couples, s’adresser au P. Hôtelier. - Il y a aussi la possibilité pour ceux qui n’habitent pas loin de loger chez eux. Participation aux frais : La participation aux frais de la session est entièrement libre.
Renseignements :
P. Hôtelier : 02 43 95 03 08 02 43 95 03 28 Courriel :
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Consulter également www.solesmes.com Adresse postale : Abbaye Saint Pierre 72300 SOLESMESCONFERENCES
Lundi 31 août :
11H20 : Accueil des participants, prière d’ouverture et présentation du thème. 1ère Conférence : De la Cène à la Célébration actuelle de l’Eucharistie. Par : dom Daniel de Reynal
15H30 - 2ième Conférence : L’Eucharistie comme assemblée du Peuple de Dieu. Par : dom Jean Philippe Duval
17H45 - 3ième Conférence : Préparation et suites de la célébration eucharistique. Par : dom Jean Philippe Lemaire, Prieur.
Mardi 1 septembre : 11H30 - 4ième Conférence : Célébration et concélébration de l’Eucharistie. Par : dom Philippe Jobert
15H30 - 5ième Conférence : L’édifice sacré et ses composantes (Autel, livres, cierges, encens, etc…). Par : dom Thierry Barbeau, Sous-Prieur
17H45 - 6ième Conférence : Les rites d’ouverture de la célébration eucharistique (procession, chant, préparation pénitentielle…). Par : dom Guy Frénod
Mercredi 2 septembre : 11H30 - 7ième Conférence : Liturgie de la Parole (Lectures, psaume, acclamation, homélie, profession de foi…) ar : dom Michael Bozell
15H30 - 8ième Conférence : L’offertoire (offrandes, prière, quête, intentions et honoraires de messes..) par : dom Daniel de Reynal
17H45 - 9ième Conférence : Préfaces et Prières eucharistiques. Par : Dom Bertrand Gamelin Jeudi 3 septembre : 11H30 - 10ieme Conférence : Le don échangé de la paix Par : dom Paul Debout
17H00 - 11ième conférence : Le Pater et la communion sacramentelle. Par : dom Bertrand Gamelin
Le dimanche 7 juin 2009, nous avons chanté la messe de la Trinité à Saint Quentin les Sources (ville nouvelle de Sait Quentin en Yvelines).
Deux particularités à cette messe :
- à la place du graduel, l'Eglise propose ad libitum le chant d'une hymne responsoriale, du VII° mode, du plus bel effet.
- la communion est comme souvent un écho à l'Evangile (en référence à ce qu'affirme Vatican II qui décrit la table de la Parole et du Sacrifice), est aussi chantée à l'Ascension, et le vendredi de l'octave de Pâques. C'est la finale de l'Evangile de Saint Matthieu.
Ci dessous vous trouverez les textres traduits de cette messe et diverses ressources (partitions pour orgue ).
Antienne d’introït : Tob. 12. 6; Ps. 8. 2
A/. Benedícta sit sancta Trínitas, atque indivísa únitas: confitébimur ei, quia fecit nobíscum misericórdiam suam. Ps. Dómine Dóminus noster; quam admirábile est nomen tuum in univérsa terra.
A/. Bénie soit la sainte Trinité et son indivisible Unité, glorifions-la de ce qu'elle a manifesté envers nous sa miséricorde. V/.Seigneur, ô Seigneur, que ton nom est admirable par toute la terre.
Et benedictum nomen gloriae tuae, quod est sanctum.
Et laudabilis et gloriosus in saecula.
Benedictus es in templo sancto gloriae tuae.
Et laudabilis et gloriosus in saecula.
Benedictus es super thronum sanctum regni tui.
Et laudabilis et gloriosus in saecula.
Benedictus es super sceptrum divinitatis tuae.
Et laudabilis et gloriosus in saecula.
Benedictus es qui sedes super Cherubim, intuens abyssos.
Et laudabilis et gloriosus in saecula.
Benedictus es qui ambulas super pennas ventorum, et super undas maris.
Et laudabilis et gloriosus in saecula.
Benedicant te omnes Angeli et Sancti toi.
Et laudent te, et glorificent in saecula.
Benedicant te caeli, terra, mare et omnia quae in eis sunt.
Et laudent te, et glorificent in saecula.
Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto.
Et laudabilis et gloriosus in saecula.
Sicut erat in principio, et nunc et semper et in saecula saeculorum. Amen.
Et laudabili et glorioso in saecula.
Benedictus es, Domine Deus patrum nostrorum.
Et laudabilis et gloriosus in saecula.
Tu es béni, Seigneur, Dieu de nos pères.
Digne d'être loué et exalté à jamais.
Béni est ton nom de gloire et de sainteté.
Digne d'être loué et exalté à jamais.
Tu es béni dans ton temple saint et glorieux.
Digne d'être loué et exalté à jamais.
Tu es béni sur le trône saint de ta royauté.
Digne d'être loué et exalté à jamais.
Tu es béni à cause de la puissance de ta divinité.
Digne d'être loué et exalté à jamais.
Tu es béni, toi qui sièges au-dessus des Chérubins, toi qui sondes les abîmes.
Digne d'être loué et exalté à jamais.
Tu es béni, toi qui marches sur les ailes des vents et sur les flots de la mer.
Digne d'être loué et exalté à jamais.
Que te bénissent, tous tes Anges et tous tes Saints.
Qu'ils te louent et t'exaltent à jamais.
Que te bénissent, les cieux, la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent.
Qu'ils te louent et t'exaltent à jamais.
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit.
A Celui qui est digne d'être loué et exalté à jamais.
Comme il était au commencement, et maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles. Amen.
A Celui qui est digne d'être loué et exalté à jamais.
Tu es béni, Seigneur, Dieu de nos pères.
Digne d'être loué et exalté à jamais.
R/. Allelúia. Dan. 3. 52
V/.Benedíctus es, Dómine Deus patrum nostrórum, et laudábilis in sæcula.
R/. Alléluia.
V/. Tu es béni, Seigneur Dieu de nos pères, et digne de louange à jamais.
Offertoire : Tob. 12. 6
Benedíctus sit Deus Pater, unigenitúsque Dei Fílius, Sanctus quoque Spíritus: quia fecit nobíscum misericórdiam suam.
Béni soit Dieu le Père et le Fils unique de Dieu ainsi que l'Esprit Saint, pour avoir manifesté envers nous leur miséricorde.
Antienne de communion (Mt 28, 18-19)
A/. Data est mihi omnis potestas in caelo et in terra alleluia : euntes, docete omnes gentes baptizantes eos in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti, alleluia, alleluia.
A/. Tout pouboir m’a été donné au ciel et sur la terre, alléluia : allez, ensignez toutes les nations et baprisez les aunom du Père, du Fils et du Saint Esprit, alleluia, alleluia.
Gregorian Chant and Solesmes are inseperably connected. In fact, if it hadn't been for the monastery and the untiring work that generations of priors and monks have devoted to the restauration of the chant from a state of "degeneration", it would maybe not evoke the magic it still does today - even within those who don't call themselves men (or women) of faith. The road of the monks, who have braved all kinds of natual and political disturbances in a history of almost a thousand years, has led the music back to its roots, but all the while they have seized every tool of modern life to let the world know about their endeavours. Among them is an excellent website and - more importantly - a huge collection of recordings, which are all still available and which continues to grow. A new series was started pretty recently, which saw the monks take full control of the packaging, which is now as luxurious and beautiful as anything available in a record store. As an introduction to this treasure chest of the centuries, we talked to Frere Michael Bozell about Gregorian Chant, the CD project and life at Solesmes.
Hi! How are you? Where are you? Hello, Tobias. I am well, though somewhat tired after a long Lent in which the monks eat very little, observe even greater silence, pray hard, and work. I am presently in my sun-flooded cell at Solesmes.
When did the project of recording these chants take shape? What today is called the Solesmes/Nocturne Collection was actually begun in 1978. We do things over long periods of time in monasteries. Some work (like the restoration of Gregorian Chant) goes on for more than 100 years. We have time.
Gregorian Chant has a tradition of remaining secluded and something personal to a monastery. What motivation was it that made you decide to make these recordings available to a wider audience? Yes. We are contemplative monks. We decide to leave the world, to enclose ourselves in a place of seclusion and silence. This we do in order to open our minds and hearts to God. And when you open your mind to the divine, it opens –truly- to all humankind. We love the world and all people. This is why we have wanted to share the beauty and utter uniqueness of the Chant with others. Now with our Internet site , www.solesmes.com we can reach many, many people without being too distracted from our life of adoration.
Recording a series of several CDs is a difficult and time-intensive project. How did you go about the organisational part of the affair? As I said, we have taken years and years to do this. About one recording every year or two. The technicians came to Solesmes, and during one week we recorded each disk in our church which has extraordinary acoustics, making the ancient melodies vibrate deeply and fully. These recording sessions do rustle our routine but we quickly return to our monastic mode when they are over.
When looking at these beautifully packaged albums, I have the strong feeling that it was especially important to you to offer a complete package of aural and visual beauty – correct? Yes. God is Beauty. Prayer is beauty. The Chant is beauty. It was important for us that the albums themselves be beautiful. Not just to the eye, but even to the touch. The texts (Latin, French and English) were worked on repeatedly so as to give, even in the language, a sense of wonder. But obviously, the most captivating thing about the albums is the Chant.
The CDs are mainly organised according to Christian Liturgy. How would you describe the musical differences between, for example, the “Paques” and the “Noel”-chants to a layman? Not so easy. The Chant cannot fully be understood without an understanding of the mysteries they evoke. I am not saying you cannot be overpowered by the beauty of the Chant if you are not a believer (many, many people come to listen to our chants and love them, without being Christians, or even believers of any sort). But I am saying that to understand the fullness of the message, and the subtle differences between mysteries, you have to know something about them. And it is much, much fuller when you live these mysteries through faith. But that is another matter. Paques (Easter) is filled with a serenity that blossoms after the torments of the Passion. It is life springing from death. Noel (Christmas) has a child-like tenderness, a sparkle which springs from the wonder of the Incarnation: God is born into the world, and this Child is its Saviour. They are both joyful, but with different tonalities.
Every monastery has its own way of interpreting these chants. What would you say is the special characteristic of the “Solesmes”-sound? It’s hard to say. I once noted a review, written from New York as I recall, comparing the interpretation of Silos (in Spain) to Solesmes. The writer said that Silos´ rendition was “earthy” whereas ours was “celestial”. It is true that we have always been regarded as accomplished artists, and the word “elegance” often accompanies comment on our chant. A journalist from the UK visiting our church for Easter about 10 years ago was disappointed and judged our sound as “saccharine”. Not very complimentary. What makes the assessment more difficult is that our style, though fundamentally the same, has evolved over the decades. Our first recording were done in 1930 (one of the records of this collection is called “Solesmes 1930), and the sound of the choir is much more rugged and forceful. Now the styles is very fluid and refined. But it is the same “Solesmes” interpretation.
The booklet to the “Florilege”-CD mentions that Gregorian Chant had lost its identity in the 19th century. What has Solesmes done to try to win it back? It would take me pages and pages to answer that fully. The Chant was unrecognisable in the 19th century. It sounded awful and heavy. Through much labour, and comparative work and imagination, the monks here have “restored” the Chant to what it must have sounded like. The melodies have been restored by very scientific methods which even I do not quite understand. In the 1980´s the Japanese were allowed to restore the Sistine Chapel with Michelangelo’s frescoes. When they were done, an explosion of fresh colours appeared. The restoration of the Chant is a little like that.
What do Gregorian chants mean to you personally? It is prayer. It is talking to God. It is listening to God, because almost every word of the Chant comes from the Bible: it is inspired, and lifts us out of ourselves. The texts come from so long ago. They come from above us and beyond us. They take us out of ourselves and into Life and Love. The music is also, undoubtedly, inspired. Where does it come from? It has never really been surpassed as a purely melodic and rhythmic commentary of Scripture. It is other-worldly. It is on the edge of silence, a sonorous continuation of silence. It is born in silence and leads us back to it.
While modern music seems to put a special emphasis on “progress” and the word “new”, Gregorian Chant has a tradition of centuries. Do you take comfort in the fact that you are in fact singing the same pieces as hundreds of voices in a long chain of monks at Solesmes before you? Thousands and thousands of men and women have sung these chants. In most European countries and even elsewhere. Men and women of every conceivable background and character. We have all found solace and uplifting strength in this prayer. That it is as old as the land gives us such strength and assurance. But it is also always new. I don´t know why. Maybe because it is pure. Purity is close to newness. Purity never grows old. Gregorian Chant is both ancient and pure.
What is your position on contemporary electronics projects, which have combined Gregorian Chant with other music - is it, to you, okay to combine these melodies, which were originally conceived to remain only vocal, with instruments? I don´t really care, I guess. Modern technology can take any image, any sound, no matter how sacred, how religious, and use it for other ends. This does not change the essential worth of the sacred art forms themselves. Christians are accustomed to having the most sacred things misused. We cannot change this by complaining. We should simply continue to concentrate on our use of these forms.
We already briefly talked about the movie “The Big Silence”, being shown in Germany at the moment and your own DVD – how do you see the relationship between silence and music in monasterial life? Music is, in a monastery, an audio representation of our inner silence. If it is more than that or other than that, it is superfluous and harmful. It should only signify what is happening in the silence of our souls, which is considerable. Please don´t ask me what souls are.
What, would you say, can Gregorian Chant mean to people outside of a monastery? It can awaken curiosity. Many people have come to the spiritual and even Christian dimension of life through the Chant. The Chant is a formidable language that speaks to people of all cultures and clearly overflows beyond Christianity. It evokes that dimension of reality which is spirit. It hints at the dimensions or reality which totally surpasses reality as we see and touch it. There is so much more, Tobias, than what our senses perceive. The Chant suggests this other world that co-exists with the one most people are content to live in. Maybe they are not content, but they often stop there. The Chant beckons them into the awesome universe of the spirit.
Are there any more CDs planned? We have, right now, around 30 CDs on the market ; besides the Nocturne/Solesmes Collection, there is the Universal/Solesmes Collection – found also on our website. When you and your readers have bought all of them come back to me with that question…But, yes, we will continue to record.
Can you tell us just a little bit about the daily life at Solesmes? What is the hardest part and what is most satisfying? One of the hardest parts is getting up VERY early in the morning, and it is quite late as I finish this interview. The sun set long ago, the brothers are asleep, and I must sleep too. Tomorrow we begin our singing again at 5. So, I cannot expound any longer. (Again, there is a Frequently Asked Questions on our website that throws light on our daily life.) What is satisfying is to know in your gut that you do something that mysteriously has an effect on the world. Monks believe that their lives help the world. Years ago, my father said that my prayers had not averted this or that disaster or tragedy. I answered: “Yes, but we firmly believe that things would be worse without our sacrifice and prayer.” People who have faith – whatever their faith may be – understand. (And my father, a man of deep, deep faith, said, “Yes!”)
à l’Abbaye de SOLESMES pour un approfondissement de la vie chrétienne à l’école de Saint Benoît
Journées de prière liturgique et personnelle , pour hommes de 18 à 35 ans; vie de travail également : enseignements, lectures ; travail manuel ; temps de repos et de détente aussi, avec d’autres jeunes.
Trois périodes, au choix, sont proposées, pour 2009 :
Pentecôte : du vendredi 29 mai (soir), au 2 juin (matin) St Benoît : du jeudi 9 juillet (soir), au lundi 13 (matin) Toussaint : du vendredi 30 octobre (soir), au mardi 3 novembre (matin)
Inscriptions : P. Hôtelier : Abbaye St Pierre – 72300 SOLESMES hospessolesmes.com 02 43 95 03 08
Nous irons cette année célébrer la Fête Dieu à Provins, à l’invitation du P. Gitton, recteur de la basilique Saint Quiriace et fondateur de la Communauté Ain Karem.
Provins est une cité médiévale et sa basilique est un monument classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cet édifice est doté d’un magnifique chœur avec stalles. Peut-on rêver mieux pour la liturgie ?
La joie dont parle Jésus dans ses derniers entretiens avec ses Apôtres est une joie très spéciale, ce n’est pas celle d’un succès éclatant, ou d’une nouvelle inespérée qui nous parviendrait, c’est une joie qui ne se découvre qu’à l’intérieur d’une relation de confiance avec un être qu’on aime. Elle (il) nous avait dit: « je serai là à t’attendre » et, de fait, contre toute probabilité, en dépit des vents contraires et des grèves qui paralysent les transports, elle est là (il est là) sur le quai. Nous n’en croyons pas nos yeux, notre gorge se noue... Que dire après cela ? La plénitude de joie énoncée par le Christ est de ce type, il nous avait dit qu’il ne nous laisserait pas orphelins, que son départ serait suivi d’un inexplicable retour et il est là dans le Cénacle, pour nous.
Tout dans la Résurrection est de ce modèle. Resurrexitsicut dixit (« il est ressuscité, comme il l’avait dit ») nous répète le Regina cæli. Qu’il l’ait dit, qu’il nous l’ait laissé entrevoir, confère à cet évènement une tonalité incomparable. Nous comprenons qu’il a su d’avance beaucoup de choses, qu’il a voulu nous en faire part, que nous pouvons faire vraiment fond sur sa parole, que son amour est solide, qu’il n’y aura aucune circonstance qui maintenant nous séparera de lui...
Cette même connivence entre amoureux se marque à plusieurs reprises dans la lettre de saint Jean. Tenez, par exemple, le passage que nous lisons ce dimanche : « nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, à ce qu’il nous donne part à son Esprit ». Nous reconnaissons, cela veut dire que c’est un signe, au cas où nous en douterions. Etrange signe en vérité, pas beaucoup plus évident que la réalité à laquelle il sert de signe ! Comment savoir que nous avons part à son Esprit ? Pourtant c’est ce qui est dit : au cas où nous douterions d’être « en lui » et lui « en nous », si nous avions oublié sa promesse, il faudrait descendre dans notre cœur et voir ce qui se passe. Oui, dans ce cas, rappelons-nous, cette douce conduction, ce pétillement de joie à l’audition de certaines de ses paroles, cette résolution soudaine et courageuse qui ne nous ressemble guère, cette crainte de lui déplaire, ce moment où nous sommes dits que cela vaudrait la peine de tout donner, et mille choses encore, assez inexplicables, au fond de nous. N’y aurait-il pas quelqu’un derrière tout cela, pourquoi pas le Seigneur Saint Esprit ? Vous voyez la conclusion ?
Encore plus nette, encore plus éclairante est la scène qui nous est rapportée dans les Actes des Apôtres. Il s’agit d’un évènement improbable : la désignation d’un douzième apôtre, après le départ de Judas. Le Christ n’a rien prescrit, semble-t-il, pour compléter le collège apostolique. Que vont faire les Onze ? Comment comprendre la pensée de Jésus ? On ne va pas agir à sa place, on ne va pas non plus laisser les choses en l’état faute de consignes précises, mais on va s’efforcer d’entrer précisément dans ce que veut Jésus. Il faut beaucoup d’amour pour cela, car il s’agit de prolonger la pensée du Maître, deviner ce qui correspond exactement à ce qu’il attend, le faire sous son regard, avec crainte et tremblement, mais avec audace aussi, car il ne s’agit pas non plus d’hésiter et de laisser passer l’occasion au moment d’engager l’avenir. Il me semble que rien ne définit mieux l’attitude de l’Eglise devant son Seigneur ressuscité que cette docilité aimante de l’Epouse, qui se sait responsable, qui se veut active, entreprenante même, mais qui garde toujours les yeux fixés sur le Christ.
Homélie prononcée par le RP Dom Perrin, osb, de l'abbaye de Kergonan, à l'occasion des funérailles de M. Maurice Tillie.
+ Homélie pour les funérailles de Monsieur Maurice Tillie
Eglise Saint-Clément, Nantes
Le vendredi 22 mai 2008
Nous le fêtions hier ! le Christ monté aux cieux siège désormais à la droite du Père. Saint Paul écrit aux Éphésiens : « Nous qui étions morts par suite de nos fautes, il nous a fait revivre avec le Christ, avec lui il nous a ressuscités et fait asseoir aux cieux dans le Christ Jésus » (Ep 2, 5-6). La droite du Père, le sein du Père : voici le lieu divin où le Christ, vainqueur de la mort, a transporté son humanité sainte et, avec elle, en espérance, chacun de ses frères les hommes. C'est là que nous aspirons à le suivre, que nous le suivons déjà par le désir et la prière. Et nous prenons par la foi le chemin qui fut le sien, le glorieux chemin de l'obéissance et de l'humilité (cf. Règle de saint Benoît, chapitres 5 & 7) qui, par la Passion et par la Croix, introduit l'Église dans la gloire de la résurrection bienheureuse (Prologue de la Règle de saint Benoît, v. 50).
« Maintenant, chante Siméon, tu peux laisser ton serviteur s'en aller dans la paix, selon ta Parole. » (Lc 2, 29). C'est en chantant que le vieillard Siméon quitte ce monde pour entrer dans la vie véritable. Il passe des chants de la terre à la symphonie du ciel, des choeurs de la liturgie d'ici-bas à ceux de la louange éternelle. Et Jésus, l'enfant qui porte la lumière pour les nations et la gloire d'Israël son peuple (Lc 2, 32), Jésus, le Fils élevé de terre sur la croix en signe de contradiction pour la chute et le relèvement d'un grand nombre (Lc 2, 34), Jésus lui-même écrit la partition de l'unique liturgie du ciel et de la terre, ce « cantique de louange... qui, selon l'enseignement du Concile Vatican II, se chante éternellement dans les demeures célestes » (Sacrosanctum concilium 83).
Nous pourrions dire sans exagération que c'est en chantant et en faisant chanter que notre ami Maurice Tillie est passé de ce monde à notre Père du ciel. N'entendions-nous pas sa voix tandis que nous chantions, dimanche dernier les pièces si suggestives du Sixième Dimanche de Pâques ?
Vocem iucunditatis, c'étaient les premiers mots de l'introït : « Faites entendre une voix pleine de joie, car le Seigneur a libéré son peuple ». La voix de Maurice Tillie me frappa encore par son timbre et son énergie alors qu'au terme d'une visite que nous lui rendions, mon père Abbé et moi, en février dernier à la maison Roz Arvor, nous entonnions ensemble quelques pièces du Graduel. Comme en témoignent d'anciens enregistrements des Lamentations de Jérémie réalisés à l'abbaye de Timadeuc, la voix du jeune disciple du Père Fabien, le maître des novices et maître de choeur qui le marqua tant, avait été très belle.
Il y avait la voix du chanteur, mais aussi celle du maître de choeur, qui pouvait se faire autoritaire quand il fallait entraîner les troupes, mais qui s'adoucissait vite quand la détente revenait. Alors le corps se soulevait, dans un mouvement de danse, pour épouser le rythme, dire la souplesse d'un levé et la douceur forte et sereine d'un posé. Le rythme, c'est l'homme, et le maître de choeur le sait mieux que tout autre. Il a son rythme à lui et, à mesure qu'il gagne en expérience, il sait de mieux en mieux l'infuser dans le groupe qu'il dirige. Les voix se mobilisent tandis que les yeux suivent le geste, et que les chanteurs entrent dans le rayonnement de la présence de celui qui les guide. Les choristes se laissent attirer dans un mouvement où les voix s'unissent et les âmes se joignent pour devenir une seule parole chantée, une seule louange, un seul acte de culte. La monodie grégorienne, dans sa simplicité austère et grandiose, a su trouver le secret de fondre dans l'unité les voix multiples des croyants pour laisser résonner le timbre unique qui est, selon l'enseignement de saint Augustin, la voix du Christ Total, la Tête et les membres unis dans une même Parole, un même chant, adressés au Père dans l'Esprit.
Pour porter plus loin, la voix du maître de choeur se fit voix de l'enseignant et de l'apôtre. Des stages, des enregistrements, des émissions de radio, un manuel, un DVD, un bulletin et, pour soutenir cette oeuvre polymorphe toujours ouverte aux possibilités nouvelles, une des associations les plus anciennes et les plus dynamiques de France : quel porte-voix, pour notre ami ! Il s'était entièrement dévoué à la cause du grégorien, non pour défendre la « sensibilité » particulière d'un groupe de croyants vite jugés un peu nostalgiques ou esthètes, mais parce qu'il avait la conviction d'un enjeu de foi pour la vie de l'Église. Le chant liturgique n'est pas un simple décor plus ou moins réussi dans les célébrations chrétiennes, mais il est, comme l'enseigne Vatican II, « partie nécessaire ou intégrante de la liturgie solennelle » (Sacrosanctum concilium 113). Comprenons, et aidons les autres à comprendre, que le chant sacré fait partie du « culte en esprit et en vérité », qu'il a une telle dignité que le même Concile a pu dire qu'il est un trésor « d'une valeur inestimable qui l'emporte sur les autres arts » (Ibid.) . C'est dans la ligne de Vatican II que Maurice Tillie a toujours situé son action. En fils de l'Église, il considérait, tout d'abord, que Dieu a droit au chant le plus beau dont la communauté concrète – qu'elle soit paroisse ou communauté – est capable ; ensuite, que le peuple de Dieu a le droit, selon la parole fondatrice de saint Pie X, à « prier sur de la beauté » ; et, enfin, que le chant grégorien, trésor millénaire que la culture de nos sociétés laïques salue comme un patrimoine d'humanité, doit continuer d'offrir aux communautés chrétiennes le secours inégalé de sa perfection musicale et de sa justesse théologale. Pour cela il fallait former, briser les préjugés tenaces, persuader doucement et fortement, préparer un avenir au delà des dérives d'une époque, transmettre une flamme reçue des anciens et que les plus jeunes générations ont hâte de recevoir, comme le démontre leur participation significative et enthousiaste aux stages annuels.
Fructus vester maneat : « Que votre fruit demeure ! » C'était le dernier mot de la communion de ce même Sixième Dimanche. Le Christ rappelait à ses disciples : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis et qui vous ai institués pour que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn 15, 16). Dieu seul donne la fécondité, Dieu seul conduit à leur terme les fruits. C'est de lui que, dans son humilité foncière, Maurice Tillie attendait le succès de son oeuvre. Son arme principale était la prière, une prière qui, avec le temps, se simplifiait et se pacifiait. J'en fus témoin à Noël dernier alors qu'il était venu passer les fêtes liturgiques dans notre abbaye. Selon le mot de saint Benoît, le maître de sa jeunesse, avec le progrès dans la foi et les oeuvres bonnes, « le coeur se dilate et l'on se met à courir avec une ineffable douceur d'amour dans la voie des commandements de Dieu » (Prologue de la Règle de saint Benoît, v. 49). Dans sa participation active à notre liturgie par une écoute recueillie et fervente, il avait dépassé l'attention aux détails de l'interprétation – auxquels il était pourtant si sensible – pour rejoindre une simplicité d'enfant, ce regard contemplatif qui n'est pas la privilège d'une élite, mais l'épanouissement normal de l'âme chrétienne au contact des réalités saintes, dans la douce familiarité des mystères de la liturgie.
Déjà fatigué, il pressentait peut-être le terme prochain, l'appel à rejoindre sa chère Épouse, de doux souvenir. Pourtant il parlait de ce trentième anniversaire, de sa succession, de sa retraite définitive (ou presque !), et toutes ses forces se mobilisaient vers cet objectif. L'épreuve sonna très vite en ce début d'année. Il connut de grandes souffrances, mais aussi des moments d'apaisement. Il s'abandonnait entre les mains de Dieu, sensible aux multiples témoignages d'amitié, profondément touché par le dévouement quasi filial, plein de délicatesse, d'ingéniosité et d'affection, d'un ami et de sa famille.
Tandis que nous accompagnons la dépouille de notre ami vers son repos terrestre, notre prière monte vers Dieu. La voix humble et puissante de nos âmes se laisse saisir par l'Esprit du Ressuscité. Nous demandons au Père sa miséricorde pour son serviteur. Nous rendons grâce pour tout ce que Dieu a accompli avec lui, pour nous et pour l'Église. Et nous implorons avec les mots de Jésus : « Que le fruit de cette vie demeure, dans le temps et dans l'éternité ! » Fructus maneat ! Amen.
Nous recevions hier, en ce VI° dimanche de Pâques, ce message du R.P. Dom Xavier Perrin, de Kergonan. Puisse Dieu accueillir en Sa lumière notre ami Maurice Tillie, pour qu’il chante avec son Seigneur, « Vocem iucunditatis ».
Maurice Tillie, président fondateur de l'Association Grégorienne de Nantes, est décédé ce matin. Il avait été atteint en janvier d'un grave leucémie. Rentré chez lui fin avril, il avait été hospitalisé à nouveau vendredi dernier. Un ami fidèle était auprès de lui lors de son décès. Veuf sans enfant, Maurice Tillie s'était consacré tout entier à la cause du chant grégorien, prière chantée de l'Eglise. Il était chevalier des Arts et des Lettres.
Que le Seigneur l'associe à la plénitude de la Liturgie éternelle ! Dans l'espérance de la Résurrection.
fr. Xavier Perrin, maître de choeur de l'Abbaye de Kergonan
« Les mélodies grégoriennes de forme ornée sont irremplaçables. Et elles sont caractéristiques. De certains Introïts émane un charme qui créée le climat de la célébration, liée au temps liturgique et à la fête. (…) Certains graduels, offertoires, ou communions sont des perles précieuses qui alimentent profondément la piété des fidèles.(…) Chantés comme il faut, avec sentiment et compétence par une schola ou même par un chantre vraiment qualifié, dans le silence recueilli et méditatif de l’assemblée, ils émeuvent profondément et unissent à Dieu. Lorsque l’on a toutes les possibilités de bien éxécuter ce répertoire, ce serait une erreur de l’abandonner pour des mélodies plus simples ou populaires. »
P. Bugnini, secrétaire du Consilium pour l’application de la Constitution sur la liturgie de Vatican II