Nos répétitions ont lieu tous les mardi soir, 20.45 au local des Petits Chanteurs de Versailles, 20 Av. de Normandie à Versailles (plan d'accès). N'hésitez pas à vous y joindre pour un essai, ou pour nous connaître. Nous recherchons activement et de façon urgente des voix de femmes. Débutant(e)s accepté(e)s ! Nous contacter.
Sainte-Anne de Kergonan a été fondée en 1897 par dix moines venus de Saint Pierre de Solesmes.La vie liturgique des frères de Sainte-Anne est dense et l'étude et la pratique du chant grégorien occupe une grande place. Mais les moines sont aussi céramistes, et cultivent un immense verger de pommes..."Dilatato corde" avec le coeur dilaté telle est la devise du père abbé, reprenant le prologue de la règle de saint Benoît.
Nul n’est sans doute en mesure de dire quel sera l’avenir de la réforme liturgique amorcée par Pie XII, poursuivie par Jean XXIII, voulue par le Concile Vatican II, mise en œuvre par Paul VI, retouchée par Jean-Paul II, et aujourd’hui si attaquée. Ceux qui croient savoir et émettent des jugements catégoriques en ce domaine (« elle est condamnée à disparaître tôt ou tard », « ses fruits merveilleux finiront par s’imposer » etc…) prouvent par là même qu’ils n’ont rien compris à la vie de l’Eglise, plus imprévue que nos projections et plus large que nos exclusives.
Mais, sans faire fond sur l’avenir que nous ignorons tous, nous pouvons déjà sur plus d’un demi siècle faire quelques réflexions utiles sur la manière, bien étonnante, dont les choses se sont passées et continuent d’évoluer.
Que s’est-il passé ?
On peut dire que l’idée moderne de « réforme », particulièrement lorsqu’elle est appliquée au domaine de la liturgie, suppose une notion de l’Eglise née après le Concile de Trente. Ce n’est pas que l’on ne parlait pas jusque là de Réforme, on en parlait même souvent, mais il s’agissait alors d’un renouvellement interne de l’Eglise, puisé aux sources de sa tradition, dans une conformité plus complète au dynamisme surnaturel qui l’habite, il s’agissait donc d’éliminer les adaptations au monde, qui surgissent sans cesse et par lesquelles l’Eglise se prend à ressembler à n’importe quelle société humaine. Or voilà que réforme s’entend de plus en plus comme recherche d’une adaptation plus grande aux nouvelles conditions de vie, aux données de la culture, aux besoins et aux attentes de l’"homme moderne", pour faciliter sa mission. Malgré tout, ces deux sens ne sont pas forcément contradictoires, car on peut penser qu’un progrès intérieur permettra aux hommes d’Eglise d’être plus libres pour faire les aménagements requis par les circonstances. On voit en tout cas que la constitution conciliaire Sacrosanctum Concilium sur la sainte liturgie les juxtapose dans son préambule : Puisque le saint Concile se propose de faire progresser la vie chrétienne de jour en jour chez les fidèles ; de mieux adapter aux nécessités de notre époque celles des institutions qui sont sujettes à des changements ; de favoriser tout ce qui peut contribuer à l’union de tous ceux qui croient au Christ, et de fortifier tout ce qui concourt à appeler tous les hommes dans le sein de l’Eglise, il estime qu’il lui revient à un titre particulier de veiller aussi à la restauration et au progrès de la liturgie. (1963 S C 1).
Quand on se propose de « réformer la liturgie » en ce sens, on suppose que l’Eglise est comme une armée rangée en bataille, docile aux ordres venus d’en haut, et où chacun est prêt à suivre les inflexions dictées par l’intérêt général, dont les supérieurs (en l’occurrence le Pape et la Curie romaine) sont les seuls interprètes autorisés. On n’a pas eu de peine à y faire correspondre une certaine notion de l’obéissance ecclésiale, d’inspiration ignacienne. Puisqu’il était entendu que la liturgie était du domaine de la discipline et non de la foi, chacun devait être prêt, quels que soient ses goûts, sa sensibilité, ses antécédents, à suivre ce qui était demandé sans se poser de questions. On pouvait autoriser demain ce qui était défendu hier, comme l’inverse d’ailleurs. Question de docilité à ce qui est demandé. On n’avait pas plus à retarder le mouvement qu’à l’anticiper, il fallait agir dans le sens souhaité par notre Sainte Mère l’Eglise hiérarchique. C’était cela être catholique, c’était cela être fidèle au Christ.
Or c’est cela qui est devenu problématique pour plusieurs raisons. Tout d’abord a surgi la résistance de certains à la « nouvelle messe », résistance qui s’est cristallisée autour de Mgr Lefebvre. Elle reposait au fond sur cette conviction que tout dans la liturgie n’était pas remis à l’arbitraire des réformes et qu’il y avait un noyau dur qu’on ne pouvait impunément bousculer, sans perdre la cohérence de la foi catholique. La question est évidemment de savoir si ce jugement portait seulement sur des dérives limitées ou sur le fond même de l’entreprise. Quoi qu’il en soit, la résistance fut longtemps incompréhensible à beaucoup qui n’y virent qu’une désobéissance, d’autant plus scandaleuse qu’elle émanait de ceux qui faisaient profession de fidèle docilité au Pontife Romain, mais une première brèche était faite dans la vision irénique d’une Eglise avançant en bon ordre au-devant d’un avenir radieux.
L’autre difficulté survint du fait du caractère chaotique de la réforme, qui multiplia les démarches ad experimentum, dans un chassé-croisé de permissions et de mises au point, avec des traductions malheureuses, avant que les choses ne se stabilisent peu à peu dans un cadre plus organisé, mais non exempt d’aberrations. L’idée d’une obéissance de tous à la loi liturgique en fut gravement atteinte. Que devait-on suivre ? L’édition typica publiée à Rome en latin ? L’édition française établie par la commission ad hoc, supervisée en principe par les évêques français et publiée avec l’aval de la Congrégation romaine pour le Culte divin ? Tant d’erreurs et de déformations s’y glissèrent que beaucoup de prêtres prirent l’habitude de modifier certaines rubriques, voire certains textes liturgiques. Quant aux simples fidèles, il aurait fallu pour qu’ils s’y retrouvassent remonter des piètres adaptations qu’on leur servait aux textes officiels, à commencer par les documents de Vatican II. Ils n’en avaient souvent pas le moyen. L’argument péremptoire de leurs pasteurs : « le Concile l’a voulu ainsi », ou « le Concile l’a interdit » suffisait le plus souvent à justifier les décisions les plus arbitraires. Beaucoup, malgré leur répugnance, finirent ainsi, par exemple, par accepter de communier debout et dans la main, croyant de bonne foi que c’était la volonté de l’Eglise, alors que Paul VI n’en avait concédé la permission à quelques épiscopats qu’avec beaucoup de restrictions, étant entendu que la pratique de l’Eglise devait rester inchangée sur ce point (« : sur les lèvres et à genoux »)…
La vision ignacienne d’une obéissance militaire en matière liturgique était donc doublement battue en brèche. Ce qui acheva peut-être de la rendre problématique, ce fut l’affirmation glissée tranquillement par Benoît XVI dans le Motu Proprio Summorum Pontificum (2007), selon laquelle la messe dans le rite tridentin, d’après le Missel de 1962, « n’a jamais été abrogée ». Jamais été abrogée ? Alors que tout le raisonnement employé pour défendre la réforme, c’était justement que le nouveau missel avait remplacé l’ancien, rendant caduque le rite antérieur. De là résultait son caractère obligatoire. Si un rite n’en remplace pas un autre, comme une disposition législative peut annuler la précédente, c’est qu’on n’est pas dans une optique purement juridique, où l’autorité compétente peut à sa guise modifier les données. C’est qu’il y a un ordre liturgique qui préexiste à toutes les dispositions légales et dont le législateur ne peut pas faire fi, même s’il a le pouvoir d’en orienter le cours.
Il faudra sans doute du temps pour qu’on retrouve une attitude juste face à la législation liturgique, qui reste tout aussi nécessaire, mais qui ne peut pas tout dire à elle seule. Elle a d’autant plus de chance d’être suivie d’effet que son objectif reste limité et consiste non pas à créer de toute pièce une pratique nouvelle, mais à éliminer des abus de celles qui existent.
Et aujourd’hui ?
Mais, pour l’instant, la situation est celle qu’on vient de voir : une réforme à laquelle beaucoup se réfèrent toujours, mais en ne mettant pas le même contenu sous les mêmes mots, tandis que d’autres la rejettent plus ou moins complètement, se sentant autorisés à cela par certaines déclarations du Saint-Père, même s’il n’a jamais rien affirmé de tel. On peut dire qu’il y a dores et déjà trois positions en présence et pas seulement deux.
Il y a bien sûr ceux qui ont accueilli avec joie la possibilité de la célébration selon la forme extraordinaire du rite romain, soit parce qu’ils y ont toujours été attachés, soit parce qu’ils s’y sont ralliés peu à peu par lassitude, ayant fini par désespérer d’un redressement dans la forme ordinaire. En principe, pour ceux qui ont fait ce choix, tout est clair et limpide, encore que la référence au Missel de 1962 ne satisfasse pas tout le monde et que là encore une guerre des missels soit possible, dans un avenir plus ou moins lointain.
Il y a, en face, ceux pour qui la Réforme conciliaire, et surtout son « esprit », sont des dogmes intangibles, des conquêtes non négociables, même si dans la pratique ils ne suivent que de très loin le texte du Missel de 2002. Il est intéressant de chercher quelle fidélité ceux-ci revendiquent. Le plus souvent, c’est une fidélité négative : le rite liturgique se définit en grande partie en opposition à l’image qu’on se fait du passé, et tout ce qui peut faire référence à l’ordre ancien est perçu comme un retour en arrière, ou en tout cas comme quelque chose de blâmable. Telle paroisse s’insurge contre son curé qui veut faire chanter un chant en latin, tout renseignement pris il s’agit d’un refrain de Taizé, mais c’est égal : on n’a pas fait la révolution pour en venir à cela ! Je me suis pour ma part souvent demandé pourquoi beaucoup de gens étaient si persuadés que je disais la messe de saint Pie V, alors que, de notoriété publique, je célèbre la liturgie en français, face aux fidèles, et bien sûr selon l’ordo missae post-conciliaire. La réponse est claire : il suffit de mettre un peu de hiératisme, de suivre scrupuleusement les rubriques, de permettre aux fidèles de s’agenouiller pour la communion, pour être aussitôt classé comme un séide de Mgr Lefebvre ! La fidélité à l’esprit du Concile Vatican II passe par un style bon enfant, de perpétuelles adaptations, un constant face-à-face du prêtre et des fidèles. Certains ecclésiastiques qui célèbrent la messe selon les deux formes du rite latin se croient obligés, quand ils sont dans la forme ordinaire, de changer quelques mots dans la finale des oraisons, de dire bonjour et au revoir, d’aller porter la paix dans les rangs, de rester en chasuble à la fin pour serrer des mains. Rien de tout cela évidemment n’est dans la lettre du missel de 2002 et lui est même assez contraire, mais il n’empêche : c’est cela la messe d’aujourd’hui et, à défaut de rubriques écrites, celles-ci sont très contraignantes.
Enfin, il y a une position qui est loin d’être dominante, mais qui mérite d’être considérée. Elle est le fait de clercs et de laïcs qui ont accepté sans mauvaise grâce le Missel de Paul VI, voire qui n’ont connu que lui, qui y ont coulé leur piété, qui ont essayé d’en dégager toutes les richesses et qui s’étonnent de le voir traité comme il l’est d’un côté comme de l’autre. Pour eux, le respect des textes et des rubriques n’est pas facultatif, il est la condition pour se laisser peu à peu former intérieurement par la prière de l’Eglise. Ils ont constaté que la simplicité suggérée n’était pas la grise uniformité autour du minimum, que le missel prévoyait parfaitement des amplifications pour les jours plus solennels, que la génuflexion y avait gardé sa place, qu’il n’avait rien contre un grand concours de servants, qu’il avait conservé la structure propre aux offices de la Semaine Sainte, et même que l’emploi du latin au moins pour certaines parties y était conseillé etc.
Certes, ils ont dû constater, lorsqu’ils ont essayé de rendre à la liturgie toute son ampleur, que tout n’était pas dit dans le missel de 1969 revu en 2002, mille détails restaient à régler : on ne parlait pas au début au moins de la clochette au moment de la consécration, la bourse pour le corporal n’était plus mentionnée, on admettait que la grande hostie soit mise dans une coupelle avec les autres et pas nécessairement sur une patène, on ne décrivait pas les encensements, même s’il y était fait allusion, la manière de transmettre le baiser de paix n’était pas précisée, etc., etc. Ils ont pu croire un moment que ce silence valait une suppression pure et simple de l’usage ancien, Mais la Congrégation pour le culte divin s’est chargée de les détromper dans plusieurs de ces cas. Et ils ont peu à peu compris que si le missel « rénové » ne disait pas tout (le Ritus servandus qui accompagnait le missel ancien ne disait pas tout non plus, mais il entrait dans beaucoup plus de détails), il n’interdisait pas non plus tout ce dont il ne parlait pas. Une formule libératrice figure maintenant dans la Présentation du Missel Romain : « on sera attentif à ce qu’établissent cette Présentation générale et la pratique léguée du Rite romain » (PGMR § 42), ce qui ouvre incontestablement des perspectives. Pour tous ceux qui se sont engagés dans cette voie, le rite de 1969 n’est plus un aérolite, un commencement absolu, il faut le prendre dans une continuité, où il aménage sans doute des inflexions nouvelles, mais sans rupture. Il ne s’agit donc pas d’écrire de nouvelles rubriques, ni de faire un mixte des deux « formes » du rite romain, mais il faut avoir assez de discernement et de fidélité au véritable esprit liturgique pour retrouver cette continuité à l’œuvre dans le rituel que l’Eglise nous offre aujourd’hui. Telle est au moins la conviction de ceux qui, dans certains monastères et dans quelques églises françaises, ont cherché à donner à la liturgie « ordinaire » de l’Eglise une forme belle et cohérente, dans la fidélité à son histoire millénaire.
Bien malin qui pourrait dire ce qui est devant nous. On peut imaginer bien des schémas de sortie de crise. Le Saint Esprit a sans doute ses plans. Mais on sait qu’il agit rarement par à-coups et ruptures. C’est pourquoi il serait quand même étonnant que l’Eglise se déjuge au point de rayer d’un trait de plume tout ce qui s’est fait depuis cinquante ans avec sa bénédiction la plus officielle, mais il faudra sans doute encore du temps pour que se dégagent les conditions d’un renouveau et que le tri s’opère entre le bon grain et l’ivraie. Cela n’empêche pas, en attendant, de travailler…
Lors de l’inauguration du congrès du diocèse de Rome le 15 juin dernier, Benoît XVI a prononcé un discours qui reprend les idées maîtresses de sa pensée liturgique, qu’il a exposées à de nombreuses reprises alors qu’il n’était encore que Cardinal, dans des ouvrages comme la Célébration de la foi ou l’Esprit de la liturgie.
Nous reproduisons ici un extrait particulièrement significatif, avec des mises en gras et des commentaires.
Source : http://zenit.org/article-24769?l=french
Discours de Benoît XVI pour l'inauguration du congrès du diocèse de Rome
« La messe, célébrée dans le respect des normes liturgiques[le pape parle ici du respect des normes – les rubriques et la PGMR, bien sûr mais aussi, conformément à cette dernière, la conformité avec l’usage reçu, la « pratique léguée » – ce qui ne fait pas uniquement partie des rubriques du missel mais qui est conforme au rite] et avec une valorisation adéquate de la richesse des signes et des gestes, [on comprend bien ici aussi que le Saint Père parle de tous les efforts nécessaires et pour favoriser, - dans l’ensemble comme dans le détail ! – le culte divin, au-delà de la question de la validité ou de l’invalidité sacramatelle]favorise et promeut la croissance de la foi eucharistique. Dans la célébration eucharistique, nous n'inventons pas[une pique à la « créativité liturgique » ?] quelque chose, mais nous entrons dans une réalité qui nous précède, [une référence à la notion d’herméneutique de rupture contre l’herméneutique de réforme ?] et qui embrasse même le ciel et la terre, et donc également le passé, le futur et le présent. Cette ouverture universelle, [cette notion d’ouverture de la célébration communautaire, « l’ici et maintenant » liturgique qui est aussi « l’ici et maintenant » du théâtre est évidemment rendu à plein par l’usage d’une langue elle-même à prétention universelle, le latin… ] cette rencontre avec tous les fils et les filles de Dieu constitue la grandeur de l'Eucharistie : nous allons à la rencontre de la réalité de Dieu présent dans le corps et le sang du ressuscité parmi nous. [La liturgie, c’est notre marche vers Dieu, tandis que le sacrement, c’est la marche de Dieu vers nous. C’est pourquoi pour la réception la plus fructueuse possible du sacrement, Dieu désire notre « participatio actuosa ».] C'est pourquoi les prescriptions liturgiques dictées par l'Eglise ne sont pas des choses extérieures, [Le prêtre, les célébrants, la schola, les lecteurs, les acolytes, l’assemblée, endossent un « rôle » la liturgie qui n’est pas le « leur » ; pour autant, en vérité, ce comportement n’est pas extérieur, mais au contraire est à plein la révélation de ce qu’ils sont sous le regard de Dieu, dans la grâce du baptême (sacerdoce commun) ou de l’ordre (sacerdoce ministériel)] mais expriment de façon concrète la réalité de la révélation du corps et du sang du Christ [c’est pourquoi la liturgie est faite de signes tangibles, de véritables matières : des cierges en cire, des lumières naturelles, des fleurs coupées… La liturgie n’est pas un exercice psychique, une « composition de lieu » comme dans la « devotio moderna » du XVIème siècle] et ainsi, la prière révèle la foi selon l'antique principe lex orandi-lex credendi. C'est pourquoi nous pouvons dire que « la meilleure catéchèse sur l'Eucharistie est l'Eucharistie elle-même bien célébrée ». (Benoît XVI, Exhort. apost. post-synodale Sacramentum caritatis, 64). [La liturgie, dans une certaine mesure comme les sacrements agit ex opere operato… Il ne faut pas « commenter » la liturgie : il faut être surpris par le mystère, et puis le comprendre, dans la lumière de la Foi.] Il est nécessaire que dans la liturgie ressorte avec clarté la dimension transcendante, celle du Mystère, de la rencontre avec le Divin, qui illumine et élève également la dimension « horizontale », c'est-à-dire le lien de communion et de solidarité qui existe entre ceux qui appartiennent à l'Église. En effet, lorsque cette dernière domine, on ne comprend pas pleinement la beauté, la profondeur, et l'importance du mystère célébré. [une pique contre les célébrations trop plates et « horizontales »… Et une référence à un thème cher au Saint Père : le regard de tous, célébrant et assemblée, vers la croix.] Chers frères dans le sacerdoce, l'évêque vous a confié, le jour de votre ordination sacerdotale, le devoir de présider l'Eucharistie. Ayez toujours à cœur l'exercice de cette mission : célébrer les mystères divins avec une intense participation intérieure, afin que les hommes et les femmes de notre temps puissent être sanctifiés, mis en contact avec Dieu, vérité absolue et amour éternel. » [Amen :!]
Joseph Fadelle, auteur du "Prix à payer", ex musulman chiite irakien, interviewé par l'AED.
Vous pouvez commander Le prix à payer (éd. de l’œuvre, 224.p) -soit par courrier : AED - 29 rue du Louvre 78750 MAREIL MARLY (merci de joindre votre règlement 18€+3€ frais de port) -soit dans la rubrique boutique
Quelle relation avez-vous aujourd’hui avec votre famille ?
Je suis toujours recherché en Irak, que ce soit par ma famille ou le gouvernement. Ma famille ne sait pas que j’habite en France. Je ne pense pas qu’elle ait saisi le caractère irréversible de ma conversion. Pour la première prise de contact avec un de mes frères, trois ans après mon arrivée, je suis allé en Belgique pour téléphoner, afin de ne pas être repéré. Nous avons des échanges fraternels, mais nous n’abordons pas du tout le sujet de la foi et de la spiritualité. La question que pose mon frère sans arrêt est « comment vis-tu ? De quoi vis-tu ? ». Il n’y a pas d’animosité avec ce frère, mais nous ne parlons pas de religion. Il se demande, d’un point de vue pratique, comment je parviens à vivre. Je n’ai jamais travaillé en Irak, je n’avais pas besoin. Mon frère sait que vivre à l’étranger sans avoir un savoir-faire particulier est très difficile. En effet, c’est très dur. Mon frère me dit « reviens, tu auras tout, tu auras une maison, nous pourrons t’aider. » En revanche, je sens que les autres ne chercheront pas à prendre contact. Un de mes frères est devenu athée suite à ma conversion. Je n’ai plus de contact avec lui, mais je voudrais qu’il connaisse la lumière du Christ. Mais pourrais-je lui souhaiter le calvaire que j’ai connu ?
Comment fonctionne le principe de la fatwa ?
La fatwa prononcée contre moi, par la plus haute autorité chiite, est valable à vie. Elle ne peut être levée que si je déclare mon appartenance à l’islam. Tout chiite obéit à cette fatwa comme à une parole de Dieu. La fatwa peut être exécutée n’importe où. Si un chiite me repère et fait le lien avec la fatwa, il se sent investi d’une mission. S’il n’exécute pas la fatwa, il va en enfer. S’il le fait il va au paradis, et il a le droit à 72 vierges. Quant aux sunnites, ils ne vont pas obéir à une fatwa chiite, mais ils ont un hadith très clair « quiconque quitte l’islam, son sang sera versé ». A la limite, les sunnites n’ont pas besoin de fatwa. Le fait que j’aie quitté l’islam suffit à me condamner à leurs yeux.
La fatwa ne peut-elle pas être suspendue par une autorité supérieure, disons, internationale ?
Effectivement, on peut se demander ce que font les organisations internationales. Je suis allé en Jordanie pour présenter un dossier au HCR (Haut Commissariat aux Réfugiés, organe des Nations Unies), en disant : « je suis en danger en Irak, je suis en danger en Jordanie, donnez-moi un visa pour que je parte». La fatwa était connue, mon nom était connu. Ils savaient que je ne pouvais pas franchir les frontières. Au HCR je suis tombé sur un musulman algérien qui n’a pas voulu m’accorder le statut de réfugié politique. Il a réagi en tant que musulman et non en tant qu’employé du HCR. Il a finalement donné le statut de réfugié politique à ma femme et mes enfants. Mais il a tenté de me faire arrêter et me faire juger en tant que participant aux gazages des Kurdes (au vu de mon âge et mon service militaire !). Lorsque la consule de France l’a contacté à mon sujet, il l’a invitée à la méfiance, en disant que j’avais eu des liens avec la police de Saddam et qu’il ne fallait surtout pas m’envoyer en France ! Il a voulu me décrédibiliser aux yeux de tous.
Pourquoi témoigner aujourd’hui ? Révéler la fatwa qui pèse sur vous signifie augmenter les risques… ?
Ce que je souhaite, en parlant de cette fatwa, c’est abroger l’islam. Détruire l’islam est mon but, mon objectif, et mon profond souhait. Mais il ne faut pas que ça reste le mien. Il doit devenir celui de toute l’humanité. A travers mon témoignage, je souhaite faire connaître l’islam, je veux que les gens sachent la vérité. C’est plus important que tout. Le courage ou la peur n’interviennent pas. Je veux évidemment distinguer ‘islam’ et ‘musulmans’. L’islam est redoutable. Regardez ce qui est écrit dans le Coran. Il dit qu’il faut tuer ceux qui ne sont pas de cette religion. Surtout les gens du Livre, à savoir les chrétiens et les juifs. Mais les musulmans sont nos frères. Il faut les aimer et les aider à se débarrasser de l’islam.
Comment percevez-vous l’islam ?
Il y a une hypocrisie dans l’islam. Tant qu’il n’est pas majoritaire, il est doux. Mais il garde en tête la domination. L’islam ne peut pas être dominé. C’est une forteresse intouchable ! Nous sommes dans la peur. Vous en France, vous ne pouvez rien dire sur l’islam alors qu’on peut parler de l’Eglise en mal. Demandez aux musulmans de France, qui prônent l’islam tolérant, s’ils sont sincères avec eux-mêmes. Ils doivent pousser à fond l’analyse du Coran. S’ils pensent ce qui est écrit, ils sont dangereux ! Le prophète a lancé une religion à la Mecque où il y avait des chrétiens, des juifs et des païens. Un guerrier, qui essaie de rassembler autour de lui, le fait en fonction de la position qu’il a : quand il est en position faible, il appelle à la paix et à l’amour ; quand il domine, il appelle à tuer. Mahomet a dit : « Dites ce que les autres veulent entendre et comme ça, développez-vous ». Les imams qui étudient le Coran arrivent à un seuil où ils se rendent compte de son incohérence ; mais ils sont dans des positions telles, par leur rang social par exemple, qu’ils ont peur. Ils peuvent aussi subir des menaces de mort. S’ils réagissent, ils seront persécutés. Par ailleurs, beaucoup de ceux qui font des études ne sont musulmans que sur le papier.
Quelle vision aviez-vous des chrétiens avant de vous convertir ?
A l’époque, je n’étais pas au courant des persécutions antichrétiennes qui pouvaient avoir lieu dans le monde. Si on m’avait appelé, moi, en me disant de tuer les non-musulmans, j’aurais été le premier à le faire. On est dans cette logique-là. Dans notre esprit, les chrétiens sont impurs. Si un musulman tue un musulman, il mérite d’être tué. Si un musulman tue un chrétien, rien du tout. Le sang d’un musulman est beaucoup plus précieux que celui d’un mécréant.
Il faut savoir que l’islam a été créé par Mahomet, un bandit qui barrait les routes pour voler les gens. Que peut-on attendre de son système ? L’intelligence des musulmans est endormie. Je voudrais les réveiller. En lisant le Coran, j’ai été dégoûté de la vision de Dieu que donne l’islam. Et j’ai été révolté d’attribuer les propos de Mahomet à Dieu. Mais j’ai gardé la foi en un Dieu créateur. J’ai découvert le message d’amour de l’Evangile, et j’ai adhéré. L’Amour est le centième nom de Dieu.
Avez-vous des liens avec d’autres musulmans qui sont dans votre situation ?
Par Internet, j’ai discuté avec un irakien musulman en Syrie. Il est en train de cheminer. Il est en voie de conversion. Je sens que je dois le suivre. Je l’ai mis en contact avec un Irakien chaldéen en Syrie. La première étape est que l’islam s’effondre. Après il faut apporter la Bonne Nouvelle.
Ils sont un certain nombre, en Irak, en Syrie, en Egypte, en Jordanie, en Arabie Saoudite, au Koweït, au Qatar. Ils vivent leur chrétienté à travers Internet, via des pseudonymes. Par internet, ils peuvent se présenter et échanger. Dans leurs milieux, même si quelqu’un proche d’eux vit la même chose, ils sont isolés. Ils se méfient de tout le monde. Il n’y a que par Internet qu’ils peuvent échanger. Ils sont parfois les uns à côté des autres sans se connaître, à trembler de peur, alors que l’Eglise ferme les portes. Je comprends l’attitude de l’Eglise. Les églises peuvent être brûlées et détruites à la moindre allégation de prosélytisme. Je comprends la responsabilité qu’elles ont. C’est tout le troupeau qui peut en payer les conséquences.
Votre famille vous a tout de même transmis de belles choses, à commencer par les qualités qui vous ont permis de traverser tout cela ?
Effectivement, tout ce qui m’a été transmis en dehors de l’islam est quelque chose de très beau. J’en suis très reconnaissant à ma famille. C’est toute une tradition, un rang social. Dans ma famille, tout le monde me respectait. Les gens me saluaient en m’embrassant la main. J’ai été élevé par mon père, dont je devais reprendre le rang : je ne devais pas crier, je devais parler doucement, je ne devais pas sourire ou rire. Je n’ai pas joué comme les autres enfants. J’avais toujours le sentiment d’être supérieur aux autres. J’étais aussi orgueilleux. D’où mon horreur lorsqu’on m’a demandé de partager la cellule d’un chrétien. Quand je remonte dans mon histoire, je suis un descendant du prophète. Mais si on remonte encore plus haut, on voit que le prophète est issu d’un milieu chrétien. Je retourne aujourd’hui à des racines antérieures. Je le souhaite à tout le monde. Il faut dépasser l’erreur de Mahomet.
Comment se passe votre intégration en France ?
Aujourd’hui, je suis Français, j’aime la France, ce pays qui m’a accueilli. Je lui suis reconnaissant de cet accueil. Elle est la fille ainée de l’Eglise. En Irak pour aller à la messe, c’était très dur. Quand je suis arrivé en France, toutes les églises étaient ouvertes, j’allais plusieurs fois par jour à la messe, au chapelet…vous ne vous rendez pas compte ! Il fallait rattraper le temps perdu.
Au tout début, j’ai eu l’occasion d’assister à une messe au Val de Grâce, avec des chants en grégorien. C’était magnifique. Je découvrais la langue de l’Eglise. J’ai trouvé cela de toute beauté. Je ne comprenais pas, mais ça me pénétrait, ça me faisait prier.
Propos recueillis par Raphaelle Autric et Anne Thélot
Ces Master classes sont organisées avec le soutien de l'association Dienne Patrimoine, dans un but culturel et de préservation du patrimoine artistique médiéval.
Ces journées ne sont pas confessionnelles et elles sont ouvertes à tous choristes, hommes et femmes, désireux de s'initier ou de se perfectionner en chant grégorien. Elles seront suivies par la mise en œuvre des pièces étudiées dans le contexte naturel du chant grégorien qui est la liturgie (*), dans un magnifique édifice du Moyen-Age : l'église romane de Dienne.
* : Les Master classes seront donc suivies par la célébration de la liturgie selon l'ordo actuel du rite romain, postérieur au Concile Vatican II (ou "forme ordinaire").
L'encadrement est assuré par :
Michel LAIZE, claveciniste et spécialiste de musique ancienne,
François-Xavier PONS, maître de choeur de la Schola Saint-Maur, choeur grégorien mixte.
L'objectif de ces Master classes est de faire progresser les participants dans la maîtrise du chant grégorien, en prenant comme base de travail les offices romains du 15 Août, fête de l'Assomption de la Vierge Marie, à savoir :
Les Premières Vêpres
Les Complies
Les Vigiles (office de la nuit)
La Messe du jour
Les Vêpres du jour
L'ensemble de ces offices représente environ 6 heures de chant.
En plus du travail de chant autour de la préparation des offices, Michel Laizé proposera un enseignement sur la modalité et sur la polyphonie improvisée basée sur les mélodies grégoriennes des offices du 15 Août.
Les 4 journées de travail seront toutes bâties sur le même modèle :
9h - 13h : travail de chant en 2 groupes (débutants/expérimentés) - éventuellement subdivision des deux groupes en hommes/femmes
14h - 18h : randonnée à thème, facultative
18h - 19h30 : atelier polyphonie improvisée
20h30 - 22h : conférence en relation avec l'art roman et le chant grégorien
Pour ceux qui le souhaitent : office des Complies, chanté en grégorien
A l'occasion de ces Master classes, et pour répondre à un besoin exprimé par certains, la Schola Saint-Maur, proposera une formation au chant de la messe (en français et en latin), pour les prêtres et futurs prêtres. Cette formation aura lieu, l'après-midi, à la place de la randonnée, pour ceux qui désirent la suivre.
L'hébergement et la restauration sont à la charge des participants ; un hébergement en gite municipal sera proposé (pension complète 30€ par jour). Réservation et renseignements au 04 71 20 80 04, de 14h à 17h. Il existe d'autres possibilités d'hébergement sur place :
L'organisation prendra en charge les frais des maîtres de choeur et des conférenciers ; il sera demandé à chaque choriste une participation de 40€, pour la fourniture des documents de travail et les frais d'organisation.
Les inscriptions formelles sont ouvertes. Le nombre de place étant limité à 20, il est temps de s'inscrire, surtout pour pouvoir bénéficier d'un hébergement : inscription
Voici le texte de la petite conférence prononcée à Villars les Dombes à l'occasion du week end de la Pentecôte, juste avant le chant des IIes Vêpres de la solennité, dans l'église de Saint Paul de Varax.
Le Chant grégorien dans la vie d’une paroisse ordinaire.
Il y a maintenant presque deux siècles, voici ce que nous enseignait dom Guéranger, restaurateur de la vie monastique et de la liturgie romaine en France, dans sa Préface à son ouvrage majeur, l’année liturgique.
"La prière est pour l'homme le premier des biens. Elle est sa lumière, sa nourriture, sa vie même, puisqu'elle le met en rapport avec Dieu, qui est lumière, nourriture et vie. Mais, de nous-mêmes, nous ne savons pas prier comme il faut ; il est nécessaire que nous nous adressions à Jésus-Christ, et que nous lui disions comme les apôtres : Seigneur, enseignez-nous à prier. Lui seul peut délier la langue des muets, rendre disserte la bouche des enfants, et il fait ce prodige en envoyant son Esprit de grâce et de prière, qui prend plaisir à aider notre faiblesse, suppliant en nous par un gémissement inénarrable."
"Or, sur cette terre, c'est dans la sainte Église que réside ce divin Esprit, il est descendu vers elle comme un souffle impétueux, en même temps qu'il apparaissait sous l'emblème expressif de langues enflammées. Depuis lors, il fait sa demeure dans cette heureuse Épouse ; il est le principe de ses mouvements ; il lui impose ses demandes, ses vœux, ses cantiques de louange, son enthousiasme et ses soupirs. De là vient que depuis dix-huit siècles, elle ne se tait ni le jour, ni la nuit ; et sa voix est toujours mélodieuse, sa parole va toujours au cœur de l'Époux.
Tantôt, sous l'impression de cet Esprit qui anima le divin psalmiste et les prophètes, elle puise dans les livres de l'ancien peuple le thème de ses chants ; tantôt, fille et sœur des saints apôtres, elle entonne les cantiques insérés aux livres de la Nouvelle Alliance ; tantôt enfin, se souvenant qu'elle aussi a reçu la trompette et la harpe, elle donne passage à l'Esprit qui l'anime, et chante à son tour un cantique nouveau ; de cette triple source émane l'élément divin qu'on nomme la liturgie."
Certains diront peut être ici que c’est un texte daté, qui n’est plus applicable aujourd’hui, et qui devrait, comme beaucoup de textes chrétiens datant d’avant 1970, être relégué aux oubliettes de l’histoire. Et pourtant : dom Guéranger est pleinement actuel. Initiateur du mouvement liturgique qui a abouti à l’Encyclique de Pie XII (Mediator Dei) et à la constitution dogmatique de Vatican II sur la liturgie (Sacrosanctum Concilium), il fut au XIXème siècle le prophète d’un renouveau de la liturgie qui depuis 4 siècles était en lente déconfiture.
Et l’une des principales œuvres qu’il a initiée fut justement un travail de fond sur le chant grégorien. A son époque réduit au « plain chant », le répertoire de l’Eglise romaine était défiguré par des principes musicaux et liturgiques qui avaient fini par le rendre spirituellement infécond, spécialement en France. Dom Guéranger, ce combattant de la liturgie et de la doctrine – certains le surnommaient « dom Guerroyer » - a fini par obtenir gain de cause au travers de l’un de ses successeurs comme abbé de Solesmes, dom Delatte, par le Motu proprio de Saint Pie X sur la musique sacrée, qui désigne le chant grégorien comme chant propre de la liturgie romaine, et qui introduit au début du XXème siècle la notion de participatio actuosa, reprise par le Concile Vatican II, et que l’on a souvent improprement traduit par « participation active ». Dans l’idée des initiateurs et de promoteurs du premier « mouvement liturgique », la « participation actuosa », c’est la participation « effective » qui inclut la participation par l’écoute, par le goût de la Parole divine, et pas forcément par sa locution.
Regardons l’état où en était la liturgie il y a 100 ans : formellement cléricalisée, elle était l’apanage exclusif de certains ministres qui s’étant approprié indument la prière de tous les baptisés reléguaient ces derniers dans certaines dévotions extraliturgiques ou a liturgiques. Ce qui est évidemment tout à fait contraire à l’idée même d’une prière de l’Eglise qui dans l’absolu non seulement est nécessaire, mais pourrait suffir à la piété des fidèles : Ecoutons encore dom Guéranger :
La prière de l’Église est donc la plus agréable à l’oreille et au cœur de Dieu, et, partant, la plus puissante. Heureux donc celui qui prie avec l’Église, qui associe ses vœux particuliers à ceux de cette Épouse, chérie de l’Époux et toujours exaucée ! Et c’est pourquoi le Seigneur Jésus nous a appris à dire notre Père, et non mon Père ; donnez-nous, pardonnez-nous, délivrez-nous, et non donnez-moi, pardonnez-moi, délivrez-moi. Aussi pendant plus dé mille ans, voyons-nous que l’Église, qui prie dans ses temples sept fois le jour et encore au milieu de la nuit, ne priait point seule. Les peuples lui faisaient compagnie, et se nourrissaient avec délices de la manne cachée sous les paroles et les mystères de la divine liturgie. Initiés ainsi au cycle divin des mystères de l’année chrétienne, les fidèles, attentifs à l’Esprit, savaient les secrets de la vie éternelle ; et sans autre préparation, un homme était souvent choisi par les pontifes pour devenir prêtre ou pontife lui-même, afin de répandre sur le peuple chrétien les trésors de doctrine et d’amour qu’il avait amassés à leur source.
Vous comprenez bien : sans autre préparation…. La liturgie chrétienne est un vecteur de la grâce, un sacramentel tellement puissant, qu’elle suffit à infuser la grâce de la vocation dans le cœur et l’âme d’un homme que l’Eglise appelle aux ordres. Mais mieux que cela : elle forme également l’intelligence et l’âme diaconale, sacerdotale, épiscopale d’un fidèle baptisé.
Je pourrais m’arrêter là, vous avez compris. La liturgie est nécessaire à la piété baptismale ; et son chant propre, le chant grégorien, est reconnu par le magistère comme le chant propre de ce vecteur de grâces. Ce n’est pas uniquement « pour les tradis » ou « pour les moines ». c’est le cœur de notre culture musicale, c’est le corps de notre héritage cultuel, c’est l’âme de notre pratique rituelle. Votre paroisse mérite le chant grégorien.
Notre situation culturelle et liturgique est catastrophique. Nous ne savons plus, nous ne parvenons plus en ce début de XXIème siècle à nous abreuver à cette source de salut. Notre situation française en particulier est particulièrement préoccupante. Le répertoire du chant de l’Eglise a été proprement jeté dehors, et avec lui, toute la piété vivifiante de l’enseignement de notre mère, l’Eglise. Ce ne fut pas le désir de Vatican II : bien au contraire. C’est le 4 décembre 1963 que le chant grégorien est officiellement devenu à part entière le chant propre de l’Eglise romaine. On peut honnêtement considérer qu’avant Vatican II, le chant grégorien était un répertoire parmi d’autres. Il est a depuis la « première place », ou plutôt devrait on dire la place du Prince, la place d’honneur.
Comment, dès lors, le retrouver le réintroduire dans une pratique à la fois extra monastique et extra traditionaliste ? Deux remarques préliminaires. C’est indument que les traditionalistes le revendiquent avec ce que l’on appelle la « liturgie tridentine » ou la « forme extraordinaire du rite romain ». Il faut bien dire que c’est depuis le concile de Trente (je ne dis pas « à cause du Concile de Trente ») que justement le chant grégorien s’est perdu… C’est également indument qu’on le limite aux cloîtres : même si le grégorien a été fortement conservé dans les monastères, il est avant tout un chant basilical, un chant séculier, un chant de splendeur et de catéchèse. C’est la raison pour laquelle il ne plaisait pas à S. Bernard de Cîteaux, qu’il a raboté. Le chant cistercien est monodique et en latin, s’écrit avec des notes carrées, mais ce n’est pas du chant grégorien.
Le chant grégorien est un répertoire pour des grandes églises, cathédrales, basiliques, sanctuaires, qui mêle à la splendeur de son expression une retenue chrétienne et disons même christique. : il ravive chez les baptisés la grâce de la prière qui –étant le premier des biens – est l’expression ordinaire des vertus théologales.
Concrètement ? Comme c’est difficile de sortir de nos habitudes pour recoller à la coutume de la prière et au premier chef de la prière liturgique. Le grégorien n’est pas beau s’il n’est pas bien chanté. Il ne peut donc pas être simplement susurré, comme si on craignait d’offenser je ne sais quelle règle dogmatique en cas de faute de solfège, d’accent, de prosodie. Le fidèle, qu’il soit chantre ou simplement écoutant, devient participant effectif à la liturgie si il incarne la Parole de Dieu. Depuis Vatican II, nous cherchons en tant que catholiques, à mieux ouvrir notre cœur au trésor des Ecritures. Rappelons que justement c’est dans la liturgie que le livre devient parole de Dieu, et que la liturgie a besoin de l’Ecriture sainte tout comme l’Ecriture sainte a besoin de la liturgie pour devenir Parole. Dom Guéranger allait encore plus loin : « Dieu a tant aimé le monde, qu'il lui a donné son Fils unique (Jn 3, 16) pour l'instruire dans l'accomplissement de l'œuvre liturgique. » (Les Institutions liturgiques)
Il faut donc chanter. Même imparfaitement, même si on a manqué de temps pour répéter, même si on sait que l’on fera des fautes. Je ne dis pas qu’il faut être négligeant : Mais le Seigneur voit nos efforts, voit l’ouverture de notre cœur à la grâce, et sait que nous voulons faire bien. Les habitudes, surtout mauvaises, ne font pas une coutume liturgique. Nous sommes beaucoup trop influencés par les chœurs professionnels ou les enregistrements entendus qui donnent un idéal d’interprétation malheureusement parfaitement non atteignable pour un chœur paroissial. Parfois par manque de temps il faut accepter de ne pas chanter tout le propre de la Messe par exemple… Mais allons plus loin : de façon très pratique, il me semble qu’on ne peut pas prétendre faire du chant grégorien de façon régulière dans un contexte paroissial si l’on se tient à une vision strictement monastique de la liturgie. C’est ainsi que nous ne pouvons que rarement nous permettre le luxe de l’exclusivité du répertoire. Le Concile nous demande de considérer avec bienveillance, à côté du chant propre de l’Eglise qui a la première place (il aurait mieux valu traduire « la place d’honneur », « la place du prince ».
Ecclesia cantum gregorianum agnoscit ut liturgiae romanae proprium: qui ideo in actionibus liturgicis, ceteris paribus, principem locum obtineat. Alia genera Musicae sacrae, praesertim vero polyphonia, in celebrandis divinis Officiis minime excluduntur, dummodo spiritui actionis liturgicae respondeant, ad normam art. 30.
Le répertoire du cantique populaire, ainsi que la polyphonie n’ont pas au même titre cette ‘place d’honneur’. Pourtant, ils sont tous deux à favoriser intelligemment. Nous ne prenons pas ça comme une contrainte, mais comme une obéissance à ce qu’est la liturgie, qui encourage à enchâsser, à côté du joyau que constitue une antienne d’introït ou de communion, le chant d’un bon cantique en français. De la même façon, il peut être intéressant de chanter après la messe, lors de la procession de sortie, un beau cantique en action de grâces… Notre « A Toi la gloire » de la messe du jour de Pâques 2009 en la cathédrale de Versailles avait pu ainsi défrayer la chronique, notamment sur le célèbre « Blog » de Patrice de Plunkett.
Le grégorien, on le néglige souvent, c’est bien sûr la liturgie de la Messe ; nous ne négligeons cependant pas la liturgie des heures. Nous avons la chance depuis maintenant une année de disposer des Heures grégoriennes, éditées par la Communauté Saint Martin, dont on ne dira jamais suffisamment de bien : c’est un véritable antiphonaire romain latin-français… Nous avons désormais la possibilité de chanter l’ensemble de l’office diurne, de laudes aux complies, entièrement en grégorien, et même s’il le faut avec une psalmodie en français, si cela « chagrine » trop. C’est un moyen formidable de promouvoir le grégorien mais aussi et surtout la liturgie, dont l’office est resté jusqu’ici un parent pauvre. Et pourtant... Dans l’intuition de Paul VI, la réforme de l’office devait provoquer laréappropriation par le fidèle de la célébration de la louange publique des heures. C’est en passe de changer : c’est un moyen tout à fait admis aujourd’hui pour remplacer les « ADAP », tout en restant très exactement dans « ce que fait l’Eglise », et sans prétendre replacer aucunement le sacrifice eucharistique.
La liturgie des heures, en particulier, est proprement le « privilège et le devoir du baptisé ». Nous allons chanter les vêpres dans quelques instants. Ce n’est pas pour singer les moines, ou faire de notre assemblée une sorte de coup d’état sur les privilèges sacerdotaux. C’est simplement pour exercer notre sacerdoce baptismal – notion ô combien incomprise dans notre époque polarisée en une théologie traditionaliste d’un côté ou progressiste de l’autre :
« La venue du fils de Dieu sur terre eut encore une autre conséquence. Quoi qu’il en soit du motif de l’Incarnation, elle atteignit aussitôt ce résultat : d’associer à l’œuvre liturgique des créatures intelligentes, élevées à l’état surnaturel, et pour lesquelles le fils de Dieu devait pousser la condescendance jusqu’à se faire non seulement holocauste, mais hostie pour le péché, effaçant leurs fautes, réparant toutes les erreurs ; de telle sorte que ces créatures concourussent désormais à son propre sacrifice, comme les membres d’un seul corps dont il est le chef : In qua voluntate sanctificati sumus per obaltionem corporis Iesu Christi semel (Col 10,10). (…) Ainsi le souverain pontificat est éternel et son exercice est à jamais : non seulement dans la personne adorable du fils de Dieu, mais encore dans la tribu sacerdotale dont il est le chef, « genus electum, regale sacerdotium, race choisie, sacerdoce royal », où tous sont prêtres, bien qu’à des degrés divers, et tous appelés à concélébrer avec le Pontife souverain. » (madame Cécile Bruyère, abbesse de Solesmes, La vie spirituelle et l’oraison, « Il n’y a qu’une seule liturgie »)
On est surpris de voir dans ces quelques phrases de l’abbesse de Solesmes, (dont la pensée claire, limpide et forte, lui mériterait le titre de « Sainte Thérèse d’Avila du XIXème siècle » si elle était davantage connue), une réflexion théologique qui ne fut formellement définie par le magistère qu’au moment de Vatican II. Pour elle, comme moniale, la « concélébration » concerne évidemment non pas la Sainte Messe (elle n’a jamais revendiqué le sacerdoce – ministériel - des femmes !) mais la célébration de l’office divin, la liturgie des heures… N’étant pas ordonnée, elle le revendique donc pour les laïcs, pour les simples baptisées que sont les filles de Saint Benoît. Mais aussi pour nous…. ! On est encore plus surpris de constater à quel point, au-delà de cette fulgurance théologique prophétique (qui anticipe d’un siècle Vatican II !), sa pensée est applicable égalment de façon très pratique, pour le chant grégorien. En effet, la meilleure école, méthode, moyen d’apprentissage de chant grégorien est justement aussi l’office divin : avec la psalmodie, nous apprenons la prononciation, la prosodie, les intervalles, la modalité, des récitatifs, des pièces d’abord simples puis complexes. L’office divin, c’est le chant grégorien à la portée des paroisses. L’office divin, c’est également une excellente occasion de replacer le chant propre de l’Eglise de façon quotidienne, au cœur de notre piété. L’office divin en grégorienc’est enfin facile et atteignable…. Pourquoi attendre ?
Reste évidemment la question du latin. M. le curé a été bien plus brillant sur la question ce matin dans son homélie que je ne pourrais l’être, je n’insiste donc pas. Rêvons cependant à une nouvelle pentecôte pour l’Eglise : le don des langues, nous l’avons au travers de du latin qui transcende cultures, âges et nations. Le latin fut un instrument privilégié de la pensée occidentale ; il pourrait le redevenir : n’hésitons donc pas à faire de la langue latine le compagnon de notre vie chrétienne : Vatican II l’a promu, mais les pères du concile n’ont pas été écoutés. Le Saint Père a fait sa première homélie entant que souverain pontife en latin : pourquoi ne pas nous aussi, très simplement, pédagogiquement, susciter un engouement pour une langue qui a formé la conscience et la réflexions de générations et de générations. Elle est et demeure la langue de l’Eglise : ne la méprisons pas… Ce n’est pas seulement une langue « de cuisine », mais une vraie langue véhiculaire, avec une multiplicité de niveaux. Prions donc en latin ; la langue de S. Jérôme est simple et donne le goût d’une appropriation progressive d’un vocabulaire et de tournures de phrases qui sont plus avancées. En particulier, expérimentons à plein les textes sublimes des collectes du rite romain, donc la concision, la pertinence théologique et la brièveté sont des modèles littéraires sont on ne veut plus se priver une fois que l’on y a gouté. Des récentes publications notamment à Solesmes (la collection des commentaires des collectes du temps ordinaire, du Carême, etc…. par dom Hala) ont donné de bonnes initiations à ce niveau de langue. Nous avons un pape musicien, un pape latiniste, un pape liturgiste. Suivons-le sans état d’âme : c’est maintenant le temps pour agir, le tempsopportun… N’attendons plus !
Un très beau site web vient d'être mis en ligne : le site de l'abbaye Sainte Cécile de Solesmes. Certains ne le savent peut être pas, mais le bourg de Solesmes comporte deux abbayes bénédictines, dont une, moins connue que l'autre, de moniales, fondé par Dom Guéranger et dont la fondatrice, Mère Cécile Bruyère, fut une figure exceptionnelle du monachisme en France bien sûr mais aussi à l'étranger. Ce site est donc à voir de toute urgence, très riche en contenu, photos, textes etc... A ne pas manquer !
« La vocation et la mission d’une moniale de clôture sont d’être le signe de l’union exclusive de l’Église-épouse avec son Seigneur aimé par-dessus tout. »
(Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique ; Instruction sur la vie contemplative et la clôture des moniales Verbi Sponsa, n° 1)
La vie monastique est organisée pour la prière :
En Église, avec l’Église, et pour toute l’Église, la moniale est appelée à croître dans un échange amoureux avec le Seigneur, dans une prière continuelle qui, à certains moments de la journée, se fait plus exclusive et assidue, qu’il s’agisse de sa forme publique, la prière liturgique, ou de cette autre forme de rencontre du Seigneur, plus discrète et silencieuse, qu’est la prière personnelle.
Sept fois le jour et une fois la nuit, les moniales se réunissent pour célébrer la prière de l’Église : à l’Office des Laudes, au petit matin, elles font monter vers le Seigneur la louange de la création tout entière ; les Offices de Prime, Tierce, Sexte et None, au fil de la matinée et au début de l’après-midi, leur permettent de rythmer le temps et le travail par une attention plus soutenue à la présence de Dieu et de célébrer les diverses heures de la Rédemption. En fin d’après-midi, alors que le soleil tend à disparaître, l’Office des Vêpres donne aux moniales de chanter le Christ, lumière indéfectible, et de rendre grâce pour la journée écoulée en s’unissant au Magnificat de la Vierge Marie.
À l’Office des Complies, elles demandent la protection du Seigneur pour les heures de la nuit. Au cours de l’Office des Vigiles, enfin, elles font mémoire des grandes œuvres accomplies par Dieu durant la nuit, notamment la nuit pascale, et veillent dans l’attente de la venue du Seigneur.
Ces Offices liturgiques entourent la célébration de l’Eucharistie, comme l’or enchâsse un diamant et le fait resplendir. Centre et sommet de la journée, l’Eucharistie est chantée dans la beauté desmélodies grégoriennes et de la liturgie rénovée selon les directives du Concile VaticanII.
Dans la liturgie, tout l’être, corps et âme, est appelé à prendre part à la louange du Créateur, par la beauté du chant et des cérémonies.
“Moines et moniales sont les chantres de la beauté de Dieu. Chanter Dieu, louer Dieu et contempler sa beauté sans tache, c’est tout l’art du moine.” (Mère Cécile Bruyère)
Vénération de l'autel : Spiritus Domini replevit orbem terrarum.
Aspersion : Vidi aquam egredientem.
Gloria in excelsis ; derrière : le "grand choeur". Devant, assis sur le banc : le "petit choeur' !
Homélie : Cf. Dom Guéranger (l'année liturgique)
Dans l'ivresse sacrée qu'il inspire aux cent vingt disciples, [l’Esprit-Saint] leur a conféré le don d'entendre toutes langues et de se faire entendre eux-mêmes en toute langue. A l'instant même, dans un transport sublime, ils s'essayent à parler tous les idiomes de la terre, et leur langue, comme leur oreille, se prête non seulement sans effort, mais avec délices, à cette plénitude de la parole qui va rétablir la communion des hommes entre eux. L'Esprit d'amour a fait cesser en un moment la séparation de Babel, et la fraternité première reparaît dans l'unité du langage. Partout on entendra exprimer une même foi dans la langue de chaque peuple, et ainsi le miracle de la Pentecôte, renouvelé et transformé, vous accompagnera toujours, ô Eglise ! et demeurera l'un de vos principaux caractères. C'est ce qui fait dire au grand docteur saint Augustin parlant aux fidèles, ces paroles admirables : « L'Eglise répandue parmi les nations parle toutes les langues. Qu'est cette Eglise, sinon le corps du Christ ? Dans ce corps vous êtes un membre. Etant donc membre d'un corps qui parle toutes les langues, vous avez droit de vous considérer vous-même comme participant au même don » Durant les siècles de foi, la sainte Eglise, source unique de tout véritable progrès dans l'humanité, avait fait plus encore ; elle était parvenue à réunir dans une même forme de langage les peuples qu'elle avait conquis. La langue latine fut longtemps le lien du monde civilisé. En dépit des distances, les relations de peuple à peuple, les communications de la science, les affaires même des particuliers lui étaient confiées ; l'homme qui parlait cette langue n'était étranger nulle part dans tout l'Occident et au delà.
Après un petit pélerinage à Ars, pour prier les Saint curé pour nos prêtres, petite conférence : chant grégorien et vie paroissiale (église de Saint Paul de Varax)
2es vêpres de la Pentecôte : Deus in adiutorium meum intende (Saint Paul deVarax) : Les Heures gréogriennes / Antiphonale romanum II - 2009.
Hymne de la pentecôte: Veni Creator Spiritus (la première strophe se chante à genoux)
Psalmodie : Ps 109, Ps 113 A, cantique de l'Apocalypse.
Encensement de l'autel au Magnificat.
Petite photo souvenir après les laudes, au pied de la bienheureuse Vierge Marie
Après le chant des laudes (Les Heures grégoriennes)
messe votive du Saint Esprit (lundi de Pentecôte à Marlieux). L'Evangile.
Consécration (NB : il s'agit bien de la forme ordinaire du rite romain)
Communion : Factus est repente de caelo sonus.
Barbecue paroissial et familial
Que des bonnes choses !
Dans la bonne humeur, avec le don Camillo du XXIème siècle... M. le curé en casquette !
2 futurs membres de la schola.
Un peu fatigué, après 2 jours de liturgie intense !
On a esquissé dans trop de livres ou de commentaires sur la messe une théorie de l'offertoire absolument fantaisiste. A lire ces développements, on croirait que le sacrifice de la messe consiste seulement, ou surtout, en une présentation au Christ de nos "sacrifices", c'est-à-dire de toutes les peines acceptées patiemment, de tous les efforts poursuivis généreusement, etc... On s'abuse ici sur le sens du mot sacrifice et l'on confond un emploi rhétorique de ce mot dans la piété du XVIIIe et du XIXe siècle avec son emploi théologique traditionnel. La vérité est qu'il ne s'agit pas d'offrir au Christ ce que nous appelons nos "sacrifices", mais d'offrir à Dieu le sien, l'oblation du Crucifié qui seule nous sauve et nous réconcilie et qui seule peut communiquer quelque valeur à ce que nous-mêmes nous ferons ensuite. Il y a là une interversion des valeurs qui aboutirait logiquement au pur pélagianisme. En tous cas, son résultat immédiat est de naturaliser brutalement notre notion de la messe.