mai
16

A la messe : présider ou célébrer ?

Dans de nombreux communiqués de presse, dépêches ou articles de blogs, il semble y avoir une confusion : on annonce la messe du Nième dimanche ou pour la fête de Z. « présidée » par Mgr Y. Sous entendu : ce sera bien Mgr Y qui célébrera la messe, et cette messe sera concélébrée avec le P. O. et l’abbé P. Dans le langage général contemporain, nous finissons par avoir l’impresssion que les prêtres « président » les messes et ne les « célèbrent » pas (ou plus ?). Or c’est fautif, même si cette nomenclature est même revendiquée au nom de la réforme liturgique, car elle peut sous entendre une concélébration, ce qui était rarissime avant le Concile.


Soyons donc précis : dans l’absolu, une messe peut être présidée, par exemple par un prélat, sans être célébrée par lui. Le Cérémonial des Évêques de 1984 le prévoit (cf. CE num. 175 à 178), et l’excellent site ceremoniaire.net le mentionne :

Il existe des situations pastorales où il serait approprié qu’on voie l’évêque présider, sans être le célébrant principal de l’Eucharistie. Les funérailles des parents d’un prêtre, la messe de jubilé d’un prêtre sont des situations où cette forme de liturgie résout des questions pratiques d’étiquette et de bon sens pastoral. En de telles circonstances, le Cérémonial des évêques prévoit ce qu’on appelait jadis une « Messe en présence d’un haut prélat » .Un prêtre, en aucun cas un autre évêque, célèbre la liturgie de l’Eucharistie, tandis que l’évêque préside la liturgie de la Parole et donne la bénédiction finale.

Cette forme de célébration est également courante dans les monastères, où en fait l’abbé se contente de concélébrer mais préside, alors que c’est le moine « hebdomadier » qui est le célébrant (principal). Le président (en l’espèce l’abbé) qui n’est pas le célébrant (principal) donne alors la bénédiction finale et se place en dernier dans la procession de sortie. C’est la forme la plus minimaliste de présidence, sachant que pour une célébration pontificale, par exemple à la messe stationale d’un évêque dans sa cathédrale pour une célébration de 1er ordre (ex : la Pentecôte), il sera bienvenu – dans la mesure du possible et des compétences – de déployer tous les attributs de la « chapelle pontificale » à savoir les trois diacres, les portes insignes, le ou les chapiers assistants, ainsi que les quatre chantres en chape au lutrin.

Pour pousser plus loin la réflexion, on peut également constater que le mot « célébration » se réfère à une réalité sacramentelle, tandis que le mot de « présidence » renvoie à l’idée de préséance en dignité de la personne (le clerc) qui dirige la prière de tous. Pour la liturgie non sacramentelle, comme l’office divin, l’usage du rite romain donne une grand importance à la « présidence » et même à la préséance, puisqu’il faut que les antiennes et l’hymne soient entonnés dans l’ordre de dignité au chœur, lorsque ce dernier est précisément, « présidé », notamment pour les fêtes de premier ordre. L’usage est de faire entonner l’hymne, la première antienne et celle du cantique évangélique au président, les deux autres    antiennes étant entonnées par le premier et le second diacre. Notons au passage qu’il est assez curieux de voir certains clercs revendiquer une « présidence » pour la liturgie de la messe mais n’en plus vouloir en cas de célébration de la liturgie des heures, réduisant ainsi conséquemment l’office divin à une sorte de dévotion en commun, à la manière du chapelet, et non plus la prière de l’épouse à l’époux que décrit la Présentation Générale de la Liturgie des Heures (PGLH), qui même si elle n’est pas sacramentelle revêt cependant une importance capitale en tant qu’acte proprement liturgique et public.


A la messe célébrée pontificalement par l’évêque dans son diocèse, le président est assisté de ses diacres et des portes insignes.

Le langage liturgique de la plupart des gens, et disons le des journalistes et autres « communicants en Église » fait ainsi depuis maintenant quelques années une sorte de confusion entre deux notions à distinguer : « célébrer » n’est pas forcément « présider », et « présider » n’est pas forcément « célébrer ». Cela s’explique notamment par l’évolution des rubriques de la messe depuis la réforme liturgique, puisque justement le célébrant, ne se rendant à l’autel que pour le sacrifice eucharistique, est bien en position de « présidence » pour la liturgie de la parole – la partie non sacramentelle de la liturgie de la messe -, alors qu’avant le Concile, tout se déroulait à l’autel, y compris les lectures – sans même mention de l’assemblée présente qu’il ne s’agissait en aucun cas de diriger. Même l’Orate fratres dans le rite romain ne s’adresse en fait pas à l’assemblée mais au clergé présent au sanctuaire. Notons également que la façon actuelle de célébrer est bien en rapport étroit avec la forme de la messe pontificale (par essence « présidée au trône » par l’évêque) d’avant le Concile, puisque beaucoup de gestes et attitudes autrefois « pontificales » ont été introduites dans la façon ordinaire et actuelle de célébrer pour un simple prêtre, la plus marquante d’entre elles étant de célébrer « au siège » et non pas « à l’autel ».

Par ailleurs, l’office divin – liturgie des heures – peut donc dans l’absolu, en l’absence de prêtre – être « présidé » par un non prêtre, par exemple un diacre, ou même le cas échéant par un lecteur / acolyte (i.e. le sous-diacre cf. Ministeria Quaedam, 1972 et CIC. 230 § 3), parce qu’il n’est pas sacramentel. Celui qui préside signifie que l’assemblée est réunie pour la célébration au nom du Christ en tant qu’Église. Par contre, un non prêtre ne peut jamais présider une messe, même s’il ne célèbre pas le sacrement, puisque celui qui préside est supposé « diriger » la prière de tous, y compris de celui (ou ceux) qui (con)célèbre(ent) le sacrement eucharistique. Ces petites précisions sont importantes, pour ne pas laisser croire que c’est l’assemblée elle-même qui « célèbre l’eucharistie » tandis que le prêtre se contente de « présider » l’action de cette dernière, qui serait alors fondée à imaginer avoir une action relevant du sacerdoce ministériel et du sacerdoce commun. Cette manière de voir est malheureusement assez répandue et a même été dénoncée explicitement et même de manière assez
sèche par Redemptionis Sacramentum (2004).

42 – Il est nécessaire de reconnaître que l’Église ne se forme pas par une décision humaine, mais qu’elle est convoquée par Dieu dans l’Esprit Saint et qu’elle répond par la foi à son appel gratuit: en effet, le mot ekklesia est en rapport avec klesis , qui signifie « appel ».[Cf. Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, Instruction Varietates legitimae, n. 22: AAS 87 (1995) p. 297.] On ne peut donc pas considérer le Sacrifice eucharistique dans le sens univoque de «concélébration» du prêtre avec le peuple qui est présent.[ Cf. Pie XII, Lettre encyclique Mediator Dei: AAS 39 (1947) p. 553.] Au contraire, l’Eucharistie célébrée par les prêtres est un don «qui dépasse radicalement le pouvoir de l’assemblée [ ... ]. Pour être véritablement une assemblée eucharistique, la communauté qui se réunit pour la célébration de l’Eucharistie a absolument besoin d’un prêtre ordonné qui la préside. D’autre part, la communauté n’est pas en mesure de se donner à elle-même son ministre ordonné».[ Jean-Paul II, Lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia, n. 29: AAS 95 (2003) p. 453; cf. Concile Œcuménique de Latran IV, 11-30 novembre 1215, chap. 1: DS 802; Concile Œcuménique de Trente, Session XXIII, 15 juillet 1563, Doctrine et canons sur la sacrée ordination, chap. 4: DS 1767-1770; Pie XII Lettre encyclique Mediator Dei: AAS 39 (1947) p. 553.] Il est nécessaire et urgent de tout mettre en œuvre pour écarter toute ambiguïté dans ce domaine, et apporter un remède aux difficultés qui ont surgi ces dernières années. Ainsi, il ne faut employer qu’avec prudence des expressions telles que «communauté célébrante» ou «assemblée célébrante», qui sont traduites dans d’autres langues modernes par «celebrating assembly», «asamblea celebrante», «assemblea celebrante», et d’autres de ce genre.

Sur ce sujet précis, et surlequel nous souhaiterions appeler l’attention de nos lecteurs et de tous ceux qui sont chargés de l’organisation de la liturgie dans les sanctuaires et paroisses, nous renvoyons à un excellent contre-exemple ici….

Rappelons enfin que plus un office liturgique est « présidé », précisément, moins le « président » agit et plus il est assisté par ses diacres au premier chef, mais aussi par les autres ministres. Si on pousse au bout de sa logique la notion de présidence liturgique, avouons le donc : il y a d’ordinaire que peu de messes rituellement « présidées », puisque dans énormément de cas, c’est même la forme la plus simple de la messe qui est retenue, avec le formulaire de la messe lue et non chantée. Pour éviter toute méprise ou incompréhension dommageable, il est donc préférable de dire que la messe sera célébrée par Mgr Y. et non pas seulement « présidée », à moins que le prélat en question ne célèbre pas (ce qui demeure rare, même si c’est possible, comme on l’a vu). Pourquoi ? Non seulement pour être précis dans les termes liturgiques que l’on emploie mais aussi pour ne pas laisser s’affadir la distinction nécessaire entre sacerdoce commun et sacerdoce ministériel, distinction indispensable au fleurissement des vocations de prêtres. Si on veut mentionner que c’est une messe concélébrée, on peut alors très bien le préciser : la messe sera célébrée par Mgr Y et concélébrée par le Père O et l’abbé P.

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mai
13

Quelques gestes du diacre à la messe


Le rite romain n’envisage pas la liturgie solennelle (aux solennités majeures, à la messe stationale de l’évêque) sans diacres. La tenue et les gestes du diacre soulignent la dimension théologique du ministère assumé par l’évêque, qui célèbre et préside in persona Christi capita, avec la plénitude du sacrement de l’ordre, et dont le diacre est, selon la tradition apostolique, le serviteur direct. Dans la liturgie, le diacre est donc le premier assistant du célébrant. Il est chargé de toutes les monitions, – qui par essence sont toujours très brèves – à l’assemblée : Avançons maintenant dans la paix, donnez-vous la paix, allez dans la paix, mais aussi de l’Évangile et surtout de la prière universelle qui est spécifiquement diaconale, tout comme l’Exsultet pascal.


L’extension des mains est réservée au(x) (con)célébrant(s), y compris pour le Notre Père ; le diacre demeure donc pour toutes ces actions les mains jointes le pouce droit croisé sur le pouce gauche, même pour l’Évangile ou en disant le Seigneur soit avec vous. À l’offertoire, il reçoit les offrandes et met le vin et l’eau dans le calice. À la prière eucharistique, comme l’acolyte, il reste debout à côté du célébrant jusqu’à l’épiclèse, puis s’agenouille sur les degrés de l’autel jusqu’à l’anamnèse. C’est à lui d’élever légèrement la chasuble du célébrant lorsqu’il élève l’hostie et le calice. Ce geste n’a pas de signification – au départ – symbolique. Il consiste simplement à faciliter le geste de l’élévation lorsqu’on utilise une chasuble de forme traditionnelle (typiquement la chasuble dite « cloche » et non pas la chasuble dite « romaine »).


À la doxologie finale, c’est lui seul qui prend le calice pour l’élever légèrement en signe d’offrande : en sa présence, aucun concélébrant ne prend quoi que ce soit sur l’autel pour l’élever. À la messe, seul le président donne la bénédiction, et comme il ne préside pas à la messe, il ne donne aucune bénédiction.

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mai
13

Quelques gestes des fidèles pendant la messe

Dans la célébration, l’assemblée est partie prenante de la liturgie et doit participer activement. L’expression Participatio actuosa de saint Pie X dans le motu proprio Tra le sollecitudini de 1903 et reprise mot pour mot par Vatican II serait rendue plus exactement en français par participation effective. En effet, si la liturgie est « l’œuvre du Christ-prêtre et de son corps qui est l’Église » (Sacrosanctum Concilium, 7), alors l’assemblée des baptisés, signe de l’Église participe de façon unanime, par des gestes rituels, au corps du Christ.


Les gestes prescrits par les textes ou l’usage étant peu connus, certains fidèles s’inspirent à tort de ceux du clergé au sanctuaire (célébrant, diacre, acolyte, lecteur). La tête n’étant pas le corps, et le sacerdoce commun étant distinct du sacerdoce ministériel, les gestes de l’assemblée ne sont pas ceux du clergé, avec lequel, rituellement, l’assemblée est au contraire en dialogue de prière. Mais les rubriques qui jusqu’en 1970 ne concernaient pas l’assemblée demeurent aujourd’hui imprécises à son sujet. Dans chaque diocèse, un coutumier approuvé par l’ordinaire peut préciser ce qui ne l’est pas ou promouvoir des usages locaux légitimes.

La position debout marque le respect envers l’autorité et la disponibilité pour l’action ; la position à genoux signifie l’adoration, la supplication, et la pénitence. La position assise exprime l’écoute et le recueillement. Le croisement des bras ou des jambes – explicitement proscrit dans les rites orientaux – est à éviter. On peut joindre les mains, en signe de recueillement

Le signe de croix marque le début de la prière. Réalisé les doigts joints et la paume ouverte, il est suffisamment ample pour imprimer sur tout le corps le signe du Christ. Il se fait également avec de l’eau bénite, en entrant dans l’église, en souvenir du baptême – mais pas en sortant. Avant l’écoute de l’Évangile, c’est un petit signe de croix qui est tracé, sans hâte, avec le pouce, sur le front, la bouche et le cœur.

Le Saint Sacrement est salué par la génuflexion lorsqu’on se rend en Sa présence, qu’on se retire, ou qu’on passe devant le lieu où Il se trouve. La génuflexion est due aussi à la Croix à partir de son dévoilement le vendredi saint (on parle de l’adoratio crucis) jusqu’à Pâques. La génuflexion n’est pas interchangeable avec l’inclination profonde. Elle est réalisée sans hâte, le corps et la tête droite, le genou droit devant toucher terre, sans pause.

Les fidèles sont debout pendant les rites initiaux, pour les chants de l’ordinaire et les prières à voix haute du célébrant. À l’offertoire, on reste assis, jusqu’à la prière sur les offrandes.


Une fois debout, l’usage impose que l’on ne s’assoie pas tant que le célébrant n’est pas lui-même assis. L’Évangile étant écouté debout par le célébrant ou même proclamé par lui, toute l’assemblée l’est également, dès le moment où celui qui doit le lire se lève.

La position assise est appropriée pour les lectures, sauf pour l’Évangile, ainsi que pour la prière personnelle silencieuse. Pour l’homélie, l’usage a retenu la position assise, même si c’est le célébrant qui la prononce, debout, à l’ambon.

Les fidèles sont à genoux pendant toute la prière eucharistique (PGMR 43) de la fin du Sanctus jusqu’à la doxologie finale (« Par lui, avec lui et en lui »), ainsi qu’en prononçant Seigneur je ne suis pas digne avant la communion. La Présentation générale du missel romain précise « là où c’est la coutume ». Il faut souligner l’idée que l’habitude ne constitue pas la coutume, et que cette dernière est du ressort de l’ordinaire (l’évêque). En l’absence d’une précision contraire présente dans un document approuvé (un coutumier diocésain) c’est la loi générale qui s’applique (cf. Varietates legitimae, 1994). L’usage répandu de se mettre à genoux seulement entre l’épiclèse et l’anamnèse ne concerne en fait que le diacre et l’acolyte, qui sont au service du célébrant. L’agenouillement est aussi la position ordinaire pour recevoir la communion (cf. Mgr Marco Agostini, Osservatore Romano, 20 août 2010 et Instruction de la Sacrée Congrégation pour le Culte divin du 29 mai 1969). Là où ce n’est pas possible ou prévu, on privilégiera le geste d’adoration ordinaire (génuflexion) avant la réception du sacrement debout. On demeure à genoux après la réception de la communion, jusqu’au moment où le célébrant s’assoit avec tout le clergé, pour le silence prescrit après la réception du sacrement (PGMR 88). L’agenouillement est la position ordinaire pour la litanie des saints, sauf à la vigile pascale où on reste debout en signe de résurrection. L’usage prévoit un agenouillement pour certaines prières et certains versets ou strophes d’hymnes liturgiques : Veni Creator, Veni sancte Spiritus (Graduale romanum). L’agenouillement est aussi prescrit pour les oraisons sur le peuple (MR 616), les bénédictions en forme solennelle (MR 606) ou pontificales, en présence de l’évêque (CE 169).

Le geste très ancien de l’extension des mains, qui est une belle attitude dans la prière personnelle (attitude de l’orante), reste dans la liturgie réservé au célébrant. En agissant in persona Christi capita, il fait seul ce geste au nom de tous même pendant le Notre Père (MR 124).

L’inclination profonde est le geste de la vénération de l’autel (PGMR 274). Il est parfois remplacé pour les ministres non-ordonnés, et donc a fortiori pour les fidèles, par la génuflexion, ce qui n’est pas précisé mais souvent préférable pour des raisons pastorales : prescrire la génuflexion au moment où le Saint Sacrement est sur l’autel et l’inclination profonde dans les autres cas amène souvent des erreurs de la part des jeunes servants ou des autres ministres, et suscite l’incompréhension des fidèles qui n’entrevoient pas la signification des gestes, surtout si le tabernacle est dans le sanctuaire. L’inclination est d’ailleurs difficile à effectuer de façon harmonieuse : il s’agit d’incliner le corps en penchant le torse depuis la ceinture, jusqu’à la position horizontale, puis de se redresser immédiatement. L’inclination profonde est requise par l’usage lors des bénédictions finales en forme simple ainsi que par les textes (MR 18) lors du Credo aux mots Par l’Esprit Saint, Il a pris chair de la Vierge Marie, et S’est fait homme, sauf si la génuflexion est prescrite, comme à
Noël et à l’Annonciation (MR 153 et 739).

Les textes (PGMR 275a, CE 68a) prévoient l’inclination de la tête au nom de Jésus, de la bienheureuse Vierge Marie, et du saint en l’honneur duquel on célèbre.

On se frappe la poitrine au rite pénitentiel (le mea culpa) ainsi que lors du Seigneur je ne suis pas digne avant la communion (les fidèles sont alors ordinairement à genoux, PGMR 43). L’usage de faire également ce geste d’humilité à l’Agnus est n’est pas rare. Le texte officiel du missel a une portée universelle ; ce geste ayant dans certaines cultures la signification inverse de celle qu’on lui attribue en Europe, les rubriques liturgiques sont volontairement imprécises à son encontre. Il doit pourtant dans nos régions être encouragé.

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mai
07

Du bon usage de la liturgie (4) : la préparation pénitentielle

Rappel : en 1999, le Centre National de Pastorale liturgique (CNPL) faisait paraître un essai de cérémonial, avec des parties mystagogiques, concernant une « bonne » interprétation des rubriques et des usages liturgiques : « Du bon usage de la liturgie« . Nous en faisons une lecture commentée. Le texte original est en italique. Notre commentaire est en rouge.

Rappels – La Troisième formule

Mettons-nous bien d’accord! Il y a un peu plus de vingt-cinq ans
[On voit par cette ligne que le livre « Du Bon usage » a vraiment vieilli. Mais notre propos ici est justement renforcé que la plupart des gens en restent à une compréhension du rite romain d'après Vatican II qui est imbibé de beaucoup d'affirmations péremptoires contenues dans ce livre issu d'une instance officielle, et qu'il faudra bien tôt ou tard corriger de façon ferme.] que commençait l’application de la réforme liturgique issue du deuxième Concile du Vatican. Depuis ce temps, des habitudes se sont prises, des façons de faire se sont installées, vis-à-vis desquelles il est indispensable que nous portions un regard critique. L’enjeu n’est pas de l’ordre de la censure, mais de la fidélité. [Nous sommes d'ailleurs convaincus que beaucoup de fidèles ont bien avancé dans le sens de la fidélité, aidés notamment en cela par une compréhension renouvelée des rites grâce notamment à tous les efforts dans la célébration mais aussi les catéchèses liturgiques faites par Benoît XVI.]

Sans doute faut-il à cet effet et par tous les moyens (bulletins diocésains et paroissiaux, homélies, réunions liturgiques, etc.) réintroduire dans notre vie chrétienne la pratique ancienne des «catéchèses mystagogiques», c’est-à-dire l’explication détaillée du sens des rites liturgiques que nous vivons, pour en mieux saisir le mystère. [Les catéchèses mystagogiques, nous en avons parlé encore récemment sur notre site en ce qui concerne le dimanche In Albis]


QUELQUES RAPPELS SUR LA PRÉPARATION PÉNITENTIELLE


1. Contrairement à ce que l’on entend souvent dire, la préparation pénitentielle ne forme pas un rite en elle-même: elle n’est pas un rite pénitentiel, mais fait partie d’un ensemble rituel que l’Ordo Missae appelle «l’ouverture de la célébration
». [Nous l'avons déjà écrit mais en réalité, il s'agit non pas des « rites d'ouverture » mais des « rites initiaux ». Nuance sémantique, certes mais qui a son importance. Par ailleurs, ce n'est pas une « préparation » pénitentielle mais un « acte » pénitentiel. C'est-à-dire que nous ne sommes pas uniquement dans une démarche psychologique, mais bien dans l'action de reconnaître les fautes que nous avons commises, avec une gestuelle… Nous reviendrons là-dessus.] Cela ne signifie pas qu’elle soit secondaire, mais veut dire qu’elle n’est pas un tout en elle-même: elle est une partie de quelque chose qui est plus grand qu’elle.

2. Si curieux que cela puisse paraître, la préparation pénitentielle avec toute l’assemblée est une création de Vatican II. Rappelons que dans l’Ordo de saint Pie V, à la grand-messe, le prêtre célébrant était seul avec ses acolytes à réciter le Confiteor en arrivant au bas de l’autel. [En réalité, ce n'était pas la question : les choses sont beaucoup plus prosaïques. L'ordo dit de « Saint Pie V » ne prend pas en compte l'idée qu'il y a une assemblée. Donc, évidemment, l'ordo ancien ne prévoit pas de faire réciter le confiteor à une assemblée… Qui n'existe pas !] Pendant ce temps était chanté l’Introït puis le Kyrie qui est une acclamation au Seigneur miséricordieux et non un acte pénitentiel. [Oui et il faut le redire. Le Kyrie lui-même ne fait pas partie de l'acte pénitentiel] Vatican II a voulu que ce soit toute l’assemblée qui, au début de la célébration, confesse devant Dieu qu’elle est faite de pécheurs et proclame la miséricorde de Dieu.

3. A en juger par ce qui se passe dans nos célébrations, on croirait qu’il n’y a que deux formules de préparation pénitentielle: le «Je confesse à Dieu» et la triple invocation. Or il existe quatre possibilités. Qu’est devenue la deuxième formule, courte mais puissante: «Seigneur, accorde-nous ton pardon»? Qu’est devenue surtout l’aspersion? Trop d’Asperges me systématiques l’ont sans doute écartée au début; mais il est temps d’y revenir. [Rappelons que le rite de l'aspersion est réservé aux dimanches, en signe du baptême, c'est à dire de Pâques qui est une fête de dimanche qui et commémorée par la liturgie de chaque dimanche. Cela n'a pas de sens de reprendre le rite de l'aspersion en semaine. L'ensemble de la liturgie – et pas seulement de la liturgie de la messe – du dimanche est en relation avec Pâques, comme en témoigne par exemple aux vêpres le chant du psaume de la sortie d'Égypte 113, au rite romain] Il est temps surtout de revenir à une alternance des autres possibilités selon les périodes liturgiques ou les occasions. L’aspersion au Temps pascal, par exemple, a un sens pénitentiel lié au baptême, [Pas seulement au temps pascal : le reste de l'année aussi…] de la plus forte expression.

Ajoutons que d’après la dernière édition du Missel romain en français (le petit missel carré d’autel, 1978), la troisième possibilité, celle de la triple invocation, a trois formulaires, et non un seul, et qu’on peut en choisir d’autres, puisque le missel indique: «ces invocations ou d’autres». [Alors évidemment, depuis l'édition typique latine du missel qui date de 2002, et qui ne contient pas ces options, on doit probablement considérer cette remarque comme nulle et non avenue.]

4. La Préparation pénitentielle s’achève par ce que l’Ordo appelle la «prière pour le pardon» que prononce le prêtre: «Que Dieu tout-puissant nous fasse miséricorde…» Il ne s’agit pas d’une formule d’absolution sacramentelle au sens strict, mais il est bien clair que le prêtre ne parle pas ici pour ne rien dire et que c’est bien le pardon de Dieu qui est offert à chaque membre de l’assemblée. Cela nous rappelle que si le recours au sacrement de pénitence et de réconciliation est requis pour les fautes graves, l’Église dispose de bien d’autres moyens pour apporter le pardon de Dieu aux chrétiens qui se reconnaissent pécheurs. Celui-ci en est un; les fidèles doivent le savoir.

LE CAS DE LA TROISIÈME FORMULE


La troisième formule est celle qui comporte les trois invocations et qui semble de loin la plus utilisée.
[Comme si elle était la plus adaptée… Or nous le verrons, il n'en est rien. Bien au contraire.] C’est celle également qui permet le mieux une certaine adaptation selon, notamment, les lectures du jour. [Comme dans plusieurs passages de cet opuscule « le bon usage », il faut probablement considérer cette dernière phrase comme de trop . Rien dans l'édition typique du missel n'autorise ici une adaptation d'aucune sorte. Ce n'est pas le lieu. « L'équipe liturgique » n'a pas à « composer » une « prière pénitentielle adaptée aux lectures du jour ». Ce qui est curieux d'ailleurs, c'est que dans l'absolu le formulaire du dimanche ne contient pas que des lectures, mais a une antienne d'introït, de communion, trois prières propres : collecte, sur les offrandes et post communion, parfois une préface propre voire un communicantes ou même un hanc igitur propre. Mais jamais les tentatives de créativité des équipes liturgiques ne s'exercent sur autre chose que les lectures bibliques. Ce qui en dit long sur les présupposés qui alimentent l'esprit de ceux qui « préparent » les liturgies dominicales… ]

Mais grand Dieu, miséricorde (c’est le cas de le dire!), que s’est-il passé? Comment en une vingtaine d’années seulement, ce qui est une invocation au Seigneur («Seigneur Jésus…, O Christ…, Seigneur…») et un rappel de ce qu’il a fait pour nous sauver a-t-il pu devenir cette espèce d’examen de conscience maladivement narcissique, où l’on ne cesse de se regarder au lieu de le regarder, Lui? «Nous n’avons pas…, nous n’avons pas su…, nous avons oublié de…» Et quoi d’autre encore? [Bref : le Bon usage reconnaît que cette idée de « prière pénitentielle » qui a fini par s'imposer un peu partout, et qui est une adaptation française du missel puisque rien de tel n'apparaît dans l'édition typique est nulle et non avenue. Un rappel opportun : la raison pour laquelle la 3ème formule n'est pas à privilégier, c'est que de façon antique le Kyrie est traditionnellement attaché à une litanie (comme par exemple la litanie des saints). Que c'était le cri lancé dans l'antique Rome par ceux qui assistaient au triomphe du général. Que c'est concrètement impossible à traduire correctement du grec au français… Et que c'est une acclamation qui est beaucoup plus proche rituellement du Gloria que l'on chantera juste après. La preuve, il n'y a rituellement aucune pause requise entre le chant du Kyrie et celui du Gloria ; au contraire les deux chants doivent s'enchaîner pour justement ne pas laisser le narcissisme du retour sur soi nous faire oublier la présence glorieuse du Christ qui vient visiter Son peuple. L'utilisation de la 3ème formule oblige d'ailleurs à proférer la prière d'absolution – bien sûr non sacramentelle - entre ces deux chants : ce qui est contraire à la dynamique du rite. La 3ème formule si elle est licite, est dans la plupart des cas victime d'une jansénisation rituelle. Nous la déconseillons donc à cause de toutes les difficultés et les abus qu'elle entraîne…]

Ces données concernant la préparation pénitentielle doivent rejoindre chaque lieu, chaque équipe, chaque chrétien, prêtre ou laïc, qui prépare une célébration. Comment? Grâce à vous, lecteurs soucieux que la loi de notre prière liturgique soit la loi de notre foi: Lex orandi, lex credendi.


En tout cas ce qu’il faudrait retenir, c’est que justement le Kyrie ne fait pas partie de la préparation pénitentielle. Cela a donc plusieurs conséquences : la première, c’est que si on utilise par exemple le dimanche le rite de l’aspersion (le répertoire grégorien propose l’antienne Vidi Aquam au temps pascal et l’antienne Asperges me le reste de l’année), cela ne veut pas dire que l’on supprime automatiquement le Kyrie. Le célébrant peut même asperger les fidèles pendant le Kyrie en cas de besoin. Le répertoire grégorien propose ainsi un Kyrie de forme ornée pour les dimanches du temps pascal… C’est bien le signe qu’on peut l’utiliser ! Sinon, il ne serait même pas dans le livre officiel des chants du rite romain, parce que l’aspersion est fortement conseillée le dimanche surtout au temps pascal. La remarque vaut la peine d’être précisée : plusieurs fois des prêtres « formés » (!) nous ont expliqué que pour que ce soir « plus liturgique », il « fallait » supprimer le Kyrie. Mais de quelle liturgie parle t’on ? Deuxièmement, comme on l’a vu, le chant du Kyrie ne peut jamais tenir la place de l’acte pénitentiel qui n’est jamais
ad libitum (optionnel) à la messe. Enfin, il faut tout de même préciser que l’acte pénitentiel qui est préféré en dehors du dimanche – c’est-à-dire les jours ordinaires – c’est bien le Confiteor, puisque c’est lui qui systématiquement est en choix 1 dans le missel. Nous ne nous étendrons pas sur le fait que la traduction française est bien pauvre par rapport à l’original latin, mais nous insisterons sur le fait qu’il est juste de s’incliner en signe de pénitence, et de se frapper la poitrine par trois fois à Mea culpa, Mea culpa, Mea maxima culpa si l’on célèbre en latin ou à « Oui j’ai vraiment péché » si on célèbre en Français. Encore une fois, ce n’est pas parce que la rubrique ne le mentionne pas que c’est interdit. Bien au contraire, c’est un geste immémorial en occident, qui est concrètement entièrement dans la culture, et qui doit donc être favorisé. Si le missel dans ses rubriques laisse une place légitime à l’inculturation de certains gestes, cela ne signifie certainement pas qu’il favorise la déculturation des usages reçus. Et ce geste en fait indéniablement partie.

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mai
06

Exceptionnelles nouvelles ressources disponibles pour le chant

Le site web du choeur « Ad Dominum » propose des tirages en grand format du propre et de l’ordinaire de la messe pour un bon nombre de dimanches. Jusque là, rien de particulier… sauf :
- que la notation carrée propose une graphie restituée des strophae, oriscus, et autres notes, de façon très proche de l’antiphonale monasticum de 2005.
- que sont présents en dessous des portées, une graphie très lisible des neumes de Saint Gall.
- que les modifications mélodiques sont proposées optionnellement, ce qui n’oblige pas le chœur à réapprendre une mélodie qu’il a parfois acquise d’oreille.

Bref, un travail remarquable, directement utilisable pour permettre aux chantres l’interprétation des pièces grégoriennes de la messe autour d’un lutrin, et sur une partition tout à fait dans l’esprit d’une restitution musicale du répertoire de la messe qui met en valeur à la fois le sens des mots et les avancées de la compréhension des manuscrits les plus authentiques. C’est en quelque sorte un bon complément – mais pour la messe – au travail déjà accompli pour les répons de l’office nocturne par le site gregofacsimil que nous avons déjà mentionné dans nos pages.

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Extrait du site web du choeur « Ad Dominum » :

Notes explicatives :

La notation carrée reprend rigoureusement les mélodies de l’éd. vaticane.

- Des « corrections » mélodiques, fondées sur les indications manuscrites ou travaux musicologiques, sont parfois suggérées au-dessus. Pour ce faire j’ai utilisé la police Meinrad apte à écrire la notation carrée et disponible gratuitement ici.

- la notation neumatique est celle de saint-Gall.

- tout ce travail n’aurait pu exister sans l’immense travail préalable d’Anton Stingl, sur le site duquel, Gregor & Taube, j’ai pu puiser presque systématiquement le document pdf de base à partir duquel j’ai moi-même retravaillé la mise en page. Qu’il trouve ici l’expression fraternelle de ma vive reconnaissance pour son grand travail et sa générosité à mettre à disposition ces ressources !

- lorsque ce document de base manquait, j’ai moi-même copié la page correspondante du PDF du Graduale romanum et ajouté un à un chaque signe de la notation de Saint-Gall, ceux-ci ayant été scannés et enregistrés au préalable, afin d’en faire une base de donnée utilisable à souhait.

- Toute mention d’erreur, ou d’amélioration bienvenue !

Nous sommes donc en présence d’un travail qui est entièrement dans la lignée des idées et du combat de dom Cardine, osb, infatigable militant de la cause de la sémiologie, innovateur en terme de partitions puisque le premier, il nota sur son graduel en notes carrées les signes neumatiques de l’école de S. Gall et de Laon (le graduel neumé) dont un facsimilé est disponible aux éditions de Solesmes.
Nous sommes également en présence d’une tradition de restitution qui fait suite au travaux de dom Gajard (on peut consulter les propositions de restitutions des mélodies du répertorie grégorien – y compris celles concernant le propre de la Messe dans le livre publié par Solesmes en 1985 sous le titre « les plus belles mélodies grégoriennes commentées par Dom Gajard ».
Le site web du choeur « Ad Dominum » prend par exemple la graphie de la tristropha telle qu’elle est présente dans le Graduale romanum de 1975 pour certaines pièces dite « propres à l’ordre de Saint Benoît » et qui sont en fait les mélodies restituées exactes :
subvenite

Graduale Triplex, p. 878 : répons Subvenite.

Et évidemment, toute cette réflexion musicale s’inscrit à plein dans les travaux successifs récents de Solesmes notamment ceux de dom Claire qui fit supprimmer la plupart des épisèmes verticaux des partitions du psalterium monasticum et du Liber Hymnarius ainsi évidemment que ceux qui ont présidé à la parution de l’office (Antiphonale monasticum, Antiphonale romanum, et Les heures grégoriennes) qui ont cette notation avec oriscus, strophae, punctum losangés en ascension, etc… et pour les pièces les plus complexes (répons prolixes) également les neumes de Saint Gall, exactement de la même manière. Bref cette belle initiative – et surtout ce travail énorme ! qui n’est encore disponible que partiellement – permet aux chœurs paroissiaux de bénéficier de tout le matériau musical et neumatique en conformité avec les avancées d’interprétation permises aujourd’hui par la sémiologie, le tout dans le paradigme musicologique qui a présidé au premier mouvement liturgique ou en tout cas de sa partie musicale initiée par dom Guéranger lui même (Chanoine Gontier, Méthode raisonnée de Plain Chant, et dom Pothier, pour l’édition de 1908 du Graduale Romanum).

Merci à eux et Deo Gratias !

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avr
27

Latin d’Eglise, latin de cuisine ? Latin mystique.

On nous fait le reproche d’aimer le latin ecclésiastique. Un latin qui non seulement n’est plus enseigné dans sa forme classique au collège ou au lycée mais qui est même méprisé par l’Eglise, malgré la volonté expresse du magistère, des Conclies et des papes, mais qui en plus de cela ne serait en find e compte qu’un mauvais sabir décadent, aussi décadent que la période de dérgadation culturelle qui l’a vu naître : l’antiquité tardive et le moyen-âge…. Et bien non : le chant grégorien, nous l’aimons aussi à cause de la langue qu’il chante. Laissez là nous au moins, si votre esprit obtu refuse de la goûter…

jerome

Extrait de Le latin mystique, les poêtes de l’antiphonaire et la symbolique au moyen-âge, Rémy de Gourmont, 1892.

Les ordinaires historiques de la littérature latine se clôturent sous la main des cuistres scandalisés, vers le quatrième siècle. Claudien, mentionné par condescendance, le compilateur orthodoxe, craint d’avoir été un peu loin et conseille, en épilogue, une relecture de l’Épître aux Pisons. Pour de telles gens, pour tous les professeurs, universitaires ou ecclésiastiques, franchir cette approximative date, c’est blasphémer, c’est attenter à une religion, c’est introduire dans le Canon les Apocryphes : — pas d’herbes fraîches : du foin. Pendant que ceux-là broutent au râtelier classique, quelques indépendants, libérés de l’étable et reprenant, comme l’Ane d’Apulée, la forme humaine, se mirent à botaniser parmi les vastes prés de la poésie latine : de ces chercheurs le plus mémorable fut Ebert, dont l’œuvre sûre s’arrête malheureusement à l’époque carlovingienne ; d’antres recueillirent des documents, prouvèrent une bonne volonté. L’ouvrage d’Ebert est un monument d’érudition et de critique directe ; les études que nous entreprenons à sa suite sont un travail, non d’érudition, mais de littérature, où l’exactitude a été priée, non la science ; le plan selon lequel elles se développeront est assez modeste : on voudrait établir une anthologie de la poésie latine du troisième au quatorzième siècle et entremêler de notes les citations et les traductions. Aucun des textes qui seront mis en français n’avaient encore été interprétés selon la méthode littéraire-littérale et la plupart n’avaient jamais été traduits : à ce point de vue, et aussi par son ensemble et sa logique, ce travail aura donc un intérêt certain pour tous ceux qui ne sont pas atteints de misonéisme qui ont échappé à l’incuriosité de ce siècle, à sa stupidité, à son incapacité spirituelle.

C’est à l’époque précise où on la délaisse que la langue latine commence à offrir çà et là les séductions de la décomposition stylistique, à s’exprimer non plus en un immuable jargon de rhéteur, mais selon le tempérament personnel d’orientaux ou de barbares étrangers à la discipline romaine, — jusqu’à ce que la victoire définitive des idiomes populaires la relègue au musée des instruments oratoires. Définitive, cette victoire, mais combien tardive : longtemps les deux langues, la mère et la fille, vécurent côte à côte dans les pays romans, parlées l’une et l’autre par de différents clients : le Libéra qui est du onzième siècle est écrit en une langue aussi vivante que la Chanson de Roland, et encore au quatorzième siècle, après l’expansion prodigieuse du français, le latin avait gardé des fidèles, qui n’auraient su formuler selon la mode du plus grand nombre ni leurs pensées, ni leurs prières. Ce latin, méprisamment connu sous le nom de latin d’église, est, nous semble-t-il, un peu plus attirant que celui d’Horace, et l’âme de ces ascètes plus riche d’idéalité que celle du vieux podagre égoïste et sournois. Seule, que Ton soit croyant ou non, seule la littérature mystique convient à notre immense fatigue, et pour nous qui ne prévoyons qu’un au-delà de misères de plus en plus sûrement, do plus en plus rapidement réalisé, nous voulons nous borner à la connaissance de nous-mêmes et des obscurs rêves contradictoires, qui se donnent rendez- vous en nos âmes éprises de jadis. Horace, pour ce dessein, ni Térence, ne nous sera d’aucun secours et de préférence nous nous adresserons à la Psychomachie de Prudence, aux Séquences de sainte Hildegarde, aux Rhythmes de saint Bernard, — mais cela sans nier la valeur, dite par les siècles, de spontanés tels que Catulle, ce Verlaine; de tendrement tragiques tels que Virgile; de roués, comme Ovide; de philosophes, comme Lucrèce. Il s’agit moins de détruire les vieilles admirations que d’en créer d’autres. Mystiques, barbares, ou décadents , il les a bien jugés, cet ermite (auquel ne convient que peu le De Laude Eremi de saint Eucher), — et cela serait une surprise pour qui ne connaîtrait pas l’absolue conscience littéraire de M. Huysmans, qu’en dix-huit pages sur ces ténébreux auteurs, l’épluchage le plus minutieux ne puisse trouver une épithète ou une glose, qui ne soit d’une merveilleuse précision. Ébert lui a été un bon guide. Ni pour la première période de cette littérature oubliée, ni pour la seconde, plus inconnue encore, nous n’avons cru nécessaires de bien particuliers détails biographiques. Moines, prêtres, évêques, ces poètes, à part quelques-uns, comme Théodulphe, comme saint Bernard, menèrent les vies les plus obscures et les plus monotones, des vies qui, écourtées, rapidement résumées, apparaîtraient toutes les mêmes, sans aventures, sans événements, sans presque de relations avec l’extérieur.

Un fait général surprend, c’est qu’à partir des environs du onzième siècle, presque tous les poètes, presque tous les écrivains sont des abbés de monastère ou des évêques : une poésie très différente de la poésie monacale allemande, très différente aussi des inspirations mystiques des Franciscains et des Dominicains, une poésie surgit, parénétique et sermonnaire, lyrique et pastorale. La surprise, c’est de voir qu’en des temps mal réputés, les évêques étaient choisis parmi les doctes, les doués de talent et d’indépendance d’esprit, parmi les dignes, — tandis qu’à cette heure ces fonctions très hautes sont uniquement conférées aux plus adroits quémandeurs, que les évêques ne sont plus que des préfets en robe violette, aussi peu mystiques que les autres. Les dixième et onzième siècles, c’est l’époque, avec les évêques, les abbés et les moines, de la séquence, de l’allitération et de la rime intérieure; c’est, depuis Godeschalk et les séquentiaires anonymes, une langue nouvelle, d’une simplicité magnifiquement compliquée par des musiciens barbares, que l’amour désordonné du verbe induit parfois aux trouvailles harmoniques les plus inattendues.

L’objection éternelle et professorale contre de tels poètes, contre tous les poètes de ces temps, c’est ce qu’on dénomme, en termes de maître répétiteur ou d’académicien, l’incorrection de leur latin, c’est-à-dire la non-conformité de leur lexique et de leur grammaire avec les règles verbales et syntaxiques d’usage aux temps augustes, aux siècles n°0 et n° 1, aux deux siècles qui contiennent, précèdent ou suivent le règne du premier imperator romain. Il ne faut pas mentir ; quelques-unes s’efforcent vers cette écriture type : ce sont les médiocres, les anti-poètes, les versificateurs, humbles abréviateurs et centonistes. D’autres écrivent le latin que l’on parlait de leur temps, du moins le latin littéraire tel qu’il s’était incessamment modifié de livre en livre : là leur mérite et leur intérêt. Il demeure difficile de le faire admettre. C’est le bon M. Hauréau, irréprochable savant, mais classique naïvement servile, geignant que les vers de Théodulphe offrent « beaucoup de locutions inconnues au siècle d’Auguste ». C’est un autre, navré qu’Abbon (Abbo le Courbé) néglige la césure, — loi émanée de Dieu même, loi primordiale, règle incréée. C’est un autre reconnaissant en une thèse doctorale à Marins Victor, une louable verbalité classique. C’est encore M. Hauréau félicitant un carlovingien, le grammairien Smaragde d’une langue « sobre d’images, plus sobre encore de subtilités ou de trivialités mystiques ». Et c’est le même encore qui nous affirme : « L’art gothique est élégant, subtil, ingénieux, mais il manque de style », — sottise que devait rééditer Renan. Pas plus que le respect du vocabulaire, ne nous séduit le culte de la prosodie. Le poète, s’il n’est lui-même, ce qui importe peu, créateur de règles, admet celles que lui dicte son temps, ou bien les récuse et n’en reçoit aucunes : des querelles, sont, à ce sujet, bien vaines ; il faut le prendre tel que sa fantaisie l’a façonné.

Plus urgente encore cette nécessaire bonne volonté, quand il s’agit d’une versification aussi factice que la latine, factice même aux années de sa gloire, toute grecque, importée violemment, insensible à des oreilles latines faites seulement pour la numération, l’allitération, la rime, l’assonance. Selon la plus stricte littéralité, on entre avec le christianisme dans un nouvel univers : les idées sont baptisées, et les mots.

« C’est, dit en son étude très savante sur Grégoire de Nazianze, M. A. Grenier, un des rares dévots de l’art rénové, c’est une langue neuve, indépendante, caractérisée, faite pour des sentiments nouveaux, ne relevant d’aucune grammaire classique, d’aucun modèle, imprégnée d’hébraïsmes, abondante en locutions et en images populaires, dure et barbare, mais grande dans sa dureté, et souvent d’une grâce divine dans sa barbarie. Elle se forma comme le métal de Corinthe, merveilleux alliage dont on ignore les proportions, dans l’incendie et la fusion du vieux monde. Se souvient-on de Virgile, d’Horace, d’Ovide, en écoutant le Pange lingua ? Pense-t-on à Didon ou à Ariane, en lisant le Salve Regina ? » Cette langue rigoureusement neuve, le texte latin de la Vulgate la contient toute et c’est là que vinrent, l’un après l’autre, puiser tous les écrivains mystiques, — et cette langue est au latin classique ce que Notre-Dame est au Parthénon, ce qu’un poème de pierres et de larmes est à une ode de Pindare, ce que le Calvaire est aux jeux Pythiques, ce que Marie est à Diane. Hello, en son livre, l’Homme, dit cela avec la simplicité de celai qui profère l’incontestable et le définitif : « Quant à saint Jérôme, il a créé le magnifique idiome dans lequel il a parlé. Tacite et Juvénal sont les balbutiements humains de la langue que saint Jérôme a parlée divinement. »

06

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avr
23

Sonnons le glas.

Le 23 avril 2013, à 17:05, l’assemblée nationale a adopté en seconde lecture par 331 voix contre 225 (566 votants) le projet de loi dit « mariage pour tous » autorisant le mariage et l’adoption pour les personnes de même sexe.

Glas et Répons Libera me. Interprété ici par les moines de l’abbaye d’En Calcat.

 

 

Libera me, Domine, de morte aeterna, in die illa tremenda.
Quando caeli movendi sunt et terra.
Dum veneris judicare saeculum per ignem.

V – Tremens factus sum ego, et timeo, dum discussio venerit, atque
ventura ira.

Quando caeli movendi sunt et terra.

V – Dies illa, dies irae, calamitatis et miseriae,
dies magna et amara valde.

Dum veneris judicare saeculum per ignem.

V – Requiem aeternam dona eis Domine
et lux perpetua luceat eis.

Psalmus 129

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avr
09

Le Habemus papam avec les séminaristes français de Rome

A revoir sur le site de France 2 : Le Habémus papam avec les séminaristes français de Rome. On pourra noter une petite phrase très bien vue de l’un d’entre eux : ce qui est important, ce n’est pas la prêtrise des femmes, ce qui est d’actualité, c’est de rendre l’Eglise attractive. Et .. Séquence suivante : classe de chant grégorien ! CQFD ! JE ne sais pas si dans la réflexion du journaliste ces deux éléments étaient à relier entre eux mais en tout cas, quant à nous, le lien nous le faisons…

Rappelons que le séminaire français de Rome fut un lieu très important pour le chant grégorien, puisque ce sont les séminaristes français qui contribuèrent, via la visite de moines de Solesmes, à la ville éternelle de se réapproprier le chant propre du rite romain à l’époque de la controverse franco germanique sur les mélodies authentiques.

Les plus anciens d’entre nous reconnaîtront également la brillante prestation de M. l’abbé Guillaume Dupont, diacre, (et assidu à la classe de chant grégorien dans al vidéo !) avec qui nous avons partagé les moments très forts du Triduum pascal à Saint Quentin Les Sources, avec l’abbé Bruno Bettoli, le curé de l’époque. Nous sommes nombreux à avoir une nostalgie certaine pour ces moments particuliers de grâce, d’une célébration de la liturgie entièrement conforme à la liturgie romaine dans sa forme ordinaire, sans hésitation aucune à déployer convenablement le rite dans une cohérence d’ensemble comme dans les détails les plus porteurs. Souvenez vous : http://www.scholasaintmaur.net/apprendre-a-prier/samedi-saint-et-dimanche-de-paques/

L’abbé Dupont sera ordonné prêtre en juin prochain, prions pour lui.

Ici : répétition pour le Te Deum du séminaire français.

sfr

La vidéo est ici : Il était une foi (France 2)http://www.france2.fr/emissions/13h15-le-samedi-le-dimanche/diffusions/31-03-2013_49392

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avr
04

Quasimodo geniti infantes

Dimanche de Quasimodo, dimanche in Albis, dimanche de la Miséricorde, dimanche dans l’octave de Pâques, II° dimanche de Pâques…

Nous avons un grand nombre d’appellations pour le dimanche qui suit Pâques. Il a en effet une résonnance particulière dans la liturgie, à laquelle nos contemporains sont pourtant parfois indifférents, ou du moins non alertés…

Il est vrai que l’appellation officielle est Dominica II Paschae seu de divina Misericordia. Jean-Paul II a fait changer l’appellation en 2000 en référence notamment à la dévotion au cœur miséricordieux de Jésus et aux enseignements de Sœur Faustine. Au niveau liturgique, rien de ce qui concerne la Miséricorde n’est ajouté ou changé en 2000. Il faut cependant noter qu’à ce jour est effectivement attaché une dévotion spéciale à la Miséricorde ainsi qu’une indulgence. Mais la dévotion étant distincte de la liturgie…

Ce qui marque plus particulièrement au niveau liturgique la miséricorde ce jour là, en fait (et cela ne date pas de 2000), c’est l’introduction de la collecte (Dieu d’éternelle miséricorde) :

Deus misericórdiæ sempitérnæ, qui in ipso paschális festi recúrsu fidem sacrátæ tibi plebis accéndis, auge grátiam quam dedísti, ut digna omnes intellegéntia comprehéndant quo lavácro ablúti, quo Spíritu regeneráti, quo sánguine sunt redémpti. Per Dóminum.

Dieu d’éternelle miséricorde, qui par le retour de ces fêtes pascales elles-mêmes enflammes la foi de ton peuple consacré, augmente la grâce que tu [lui] as donnée pour que tous par une intelligence juste, comprennent par quel baptême ils ont été purifiés, par quel Esprit ils ont été régénérés et par quel sang ils ont été rachetés. Par notre Seigneur.

 

La collecte, si elle introduit à la notion de Miséricorde, est surtout une explication de cette coutume très belle et très ancienne d’enseignement des néophytes par l’évêque. Et la Miséricorde ici évoquée, c’est bien celle attachée au baptême. Nous sommes donc résolument dans une dynamique liturgique pascale, et plus exactement celle de l’octave de Pâques, avec le rang de priorité qui lui est afférent.

Il était de coutume de faire des catéchèses « mystagogiques » dans la semaine de Pâques : les néophytes, en vêtements blancs, devaient suivre de façon intense un enseignement sur la Foi et les sacrements donné par l’évêque après leur baptême. On considérait qu’ils ne pouvaient tirer vraiment profit de ces enseignements qu’une fois leur intelligence libérée de la contrainte du péché originel. * *Effectivement, si le péché (y compris originel) nous coupe de la grâce, et que la Foi est un don de la grâce, on voit mal comment croire « efficacement » alors qu’on est attaché au péché. C’est la raison pour laquelle on appelle le dimanche qui suit Pâques (c’est à dire le deuxième dimanche de Pâques, dans l’octave) non seulement le « dimanche de la miséricorde » (cf. la collecte du jour ci dessous) mais aussi le dimanche « In albis » parce que les catéchumènes, après ces catéchèses, déposaient leur vêtement blanc.

Ce jour là, l’Eglise chante à la Messe « Quasimodo » à l’introït, et chante à nouveau la séquence Victimae ( ce qui est nouveau depuis la réforme de la semaine sainte – et une excellente chose, on ne se lasse pas de cette mélodie !).

http://www.christusrex.org/www2/cantgreg/partituras/in_quasi_modo.gif

* catéchisme de l’Eglise catholique : Foi et Baptême

1253 Le Baptême est le sacrement de la foi (cf. Mc 16, 16). Mais la foi a besoin de la communauté des croyants. Ce n’est que dans la foi de l’Église que chacun des fidèles peut croire. La foi qui est requise pour le Baptême n’est pas une foi parfaite et mûre, mais un début qui est appelé à se développer. Au catéchumène ou à son parrain on demande :  » Que demandez-vous à l’Église de Dieu ?  » Et il répond :  » La foi ! « .

1254 Chez tous les baptisés, enfants ou adultes, la foi doit croître après le Baptême. C’est pour cela que l’Église célèbre chaque année, dans la nuit pascale, le renouvellement des promesses du Baptême. La préparation au Baptême ne mène qu’au seuil de la vie nouvelle. Le Baptême est la source de la vie nouvelle dans le Christ de laquelle jaillit toute la vie chrétienne.

 

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mar
27

Ténèbres du Samedi Saint

Célébration des Ténèbres vendredi 29 mars, vendredi saint à 21 heures à la cathédrale Saint Charles, 42000 Saint Etienne.

Vu sur le site du diocèse de Saint-Etienne, ici.

La célébration des « Ténèbres »
Le samedi saint est un jour sans sacrements, à part celui de la réconciliation et de la pénitence. L’absence d’Eucharistie (la communion n’est conférée qu’en cas d’urgence, en tant que viatique), de baptêmes (qui attendent la grande nuit de Pâques), ou d’autres manifestations de notre salut laissent la place à une magnifique célébration : celles des « Ténèbres ».

chandelierdecore

L’Église a la coutume de joindre en une seule célébration liturgique les heures nocturnes et la première des heures du jour, c’est-à-dire l’office des Vigiles, appelé aussi Matines, et celui des Laudes.

Une coutume ancrée depuis des siècles consiste en l’extinction de quatorze cierges sur un chandelier triangulaire, un par un à la fin de chaque psaume. Les quatorze premiers cierges symbolisent l’abandon progressif du Christ par les apôtres à l’agonie, puis pendant la Passion, jusqu’à l’ultime solitude du Christ au tombeau, où Il n’est même plus accompagné par les Saintes Femmes. A la fin de la quinzième et ultime psalmodie, le dernier cierge est déplacé quelques instants derrière l’autel, puis on le fait réapparaître, pour symboliser le Christ ressuscitant.

L’Église, pendant cette longue veille, se lamente durant le premier nocturne avec le prophète Jérémie, mais elle sait que le Rédempteur ressuscite au matin de Pâques : homélie antique du grand et saint samedi pour le deuxième nocturne, et l’Épître aux Hébreux pour le troisième nocturne.

Attente douloureuse, mais attente dans l’espérance, que vous êtes invités à vivre vendredi saint au soir à la cathédrale Saint Charles (un livret latin-français sera distribué à chacun).

L’office des Ténèbres du Samedi Saint sera également célébré à l’église St Lubin, 47, rue Gambetta 78120 Rambouillet 9h30. Les chants seront assurés par la Schola Saint Maur / Ile de France. 

A noter également, célébration du vendredi Saint à Chaville le 29 Mars à 20h30 avec la schola Saint Maur Ile de France, la  schola de Sèvres, et la Schola de Ville d’Avray.

Vous pourrez également suivre les Ténèbres en direct de monastères ou d’autres endroits, en direct sur Radiophonium Spes, la radio 100% chant grégorien de Radio Espérance.

Pour une explication plus détaillée de cet office très particulier, nous renvoyons à notre page de l’année dernière, qui contient beaucoup de détails.

 NB : vous êtes membre du clergé, ou grégorianiste, et vous désirez prier avec nous et toute l’Eglise cet office des Ténèbres, n’hésitez pas à vous joindre à nous (habit de choeur pour le clergé). Nous vous accueillons volontiers, et nous vous fournirons tous les textes et partitions.

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