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Monthly Archives: mai 2007

Trouvailles romaines

A Rome, on trouve beaucoup de belles choses… Tout d'abord "Psallat Ecclesia, laudes iuxta vocem christifidelium", un receuil de chants pour toute l'année liturgique, édité par la librairie éditrice vaticane. Une belle couverture de cuir rouge, une typographie des partitions très fine. Du grand art : un livre qu'on aime toucher, et dans lequel on aime chanter ! Le tout pour 12 € !

 

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Voici un exemple d'une page pour l'Avent, vec les grandes antiennes O :  

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Ce livre, dans la lignée de l'ouvrage Iubilate Deo bien connu et paru  en 1975 à la demande du pape Paul VI, fait suite au grand jubilé de l'année 2000. Belle et bonne initiative que relève en plus l'excellente facture de l'ouvrage.

 

Un autre livre vraiment digne d'intérêt, qu'on ne trouve évidemment qu'à Rome : "Te Decet Laus, vesperale". Il s'agit d'un livre trouvé à la Basilique Sainte Cécile, qui regroupe l'ensemble des textes et partitions des vêpres du dimanche et fêtes de l'office romain (actuel, bien sûr) et les traductions en italien. Le livre est évidemment assez épais (934 pages). 

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Les partitions sont tirées de l'antiphonaire monastique de 1934, mais réparties non pas en fonction de l'office bénédictin mais de l'office romain. Quelques ajouts manuels (certains répons brefs) ont été faits. Ce livre suit la très officielle Liturgia Horarum mais y ajoute des mélodies. Concrètement, cela permet très facilement de chanter aux grandes occasions les vêpres en chant grégorien alors même qu'on attend toujours la parution  de l'antiphonale romanum rénové suite à Vatican II. On rêverait d'avoir l'équivalent de ce livre avec une traduction française. Peut être la Communauté Saint Martin proposera un tiré à part des Heures grégoriennes avec le même contenu que ce livre ?

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La qualité de l'ouvrage n'est malheureusement pas aussi bonne que le receuil précédent, "Psallat Ecclesia". On regrette en particulier la grossièreté des reproductions des partitions, ainsi que le manque de finesse des pages. La couverture est en plastique. Mais cette initiative, qui a du prendre énormément de temps à l'équipe de laïcs bénévole qui l'a réalisée (Fraternité Ste Françoise Romaine de Ponziani), valait la peine d'être mentionnée. 

Une séléction des meilleurs livres de chant grégorien.

On nous pose la question suivante : quels livres se procurer pour apprendre  le chant grégorien ?

Sujet difficile ! Essayons tout de même d'y répondre.

http://i2.wp.com/www.solesmes.com/images/livres/4001.jpg?resize=215%2C318Pour une première approche, un ouvrage de référence :

Dom Eugène Cardine,  Première année de chant grégorien, éditions de Solesmes.

Un très bon ouvrage qui donne des excellentes bases, rédigé de façon magistrale par le maître de la sémiologie et l'ancien professeur à l'institut pontifical de musique sacrée de Rome. C'est évidemment excellent, et à recommander chaudement.

 

 

 

 

 

 

Toujours pour l'aprentissage, on ne passera pas à côté du précis de Maurice Tillie :

L'image “http://i1.wp.com/g-ec2.images-amazon.com/images/I/51MMF6VFFXL._SS500_.jpg?resize=330%2C330” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. Livre assez complet, dans une optique "paroissiale", pour des choristes amateurs. Les articles sont puisés au meilleures sources, avec en particulier des éléments venus de Solesmes et du Chanoine Janneteau. Très utile et très bien fait, ce livre s'appuie sur les 25 ans d'expérience du choeur grégorien de Nantes.

Ce livre est en fait une collaboration entre différents auteurs, qui apportent chacun une compétence particulière. Il contient des approches théoriques autant que pratiques. Un livre hautement recommandable, et direxctement applicable à un pour un choeur comme le nôtre, qui dans le fonctionnement comme dans l'esprit, est très proche de celui de M. Tillie.

 

 

 

 

 

 

 

Pour des choses plus aprofondies, on se munira d'un excellent ouvrage, écrit de façon particulièrement intéressante et émaillée de rappels historiques, dans la tradition solesmienne, par une moniale de Kergonan :

http://www.scholasaintmaur.net/img/cantabo_domino.jpg"Cantabo Domino", par Sr Emmanuel Pierre. C'est probablement l'ouvrage le meilleur qui est paru depuis 20 ans. accessible bien écrit, sérieux, c'est un cours complet. Il vaut vraiment la peine d'être acquis. En 343 pages, on a une vue d'ensemble, on rentre même dans des détails abordés dans aucun autre livre d'initiaition en ce qui concerne la rythmique. 

 Préfacé par dom Daniel Saulnier,successeur de dom Cardine à l'Institut Pontifical de Musique Sacrée de Rome, c'est probablement le manuel d'aprentissage qui fait aujourd'hui autorité. Il est vraiment de bonne qualité, et malheureusement pas assez connu dans les milieux grégorianistes. Sr Emmanuel Pierre montre dans ce livre sa connaissance et maîtrise très grande de l'art grégorien. Au recto, on y voit l'intérieur de la belle abbatiale Saint Michel de Kergonan, qui a malheureusement récemment été complètement détruite dans un incendie

 

 

http://www.scholasaintmaur.net/img/feretti_esthetique.jpgOn peut dire également des choses de livres plus techniques, pour les choristes et maîtres de choeur qui auraient déjà une première approche suffisante du chant grégorien :

 Dom Paolo Feretti, Esthétique grégorienne, traité des formes musicales du chant grégorien.

On aborde ici des règles générales sur la façon dont s'est développée la musique grégorienne et ses motifs, mélodies types et centons.

Très intéressant et émaillé d'exemples tirés du répertoire de la messe comme de l'office.

 

 Sur la question particulière de la modalité, on ne manquera pas l'ouvrage qui fait aujourd'hui autorité : Les modes grégoriens, par dom Daniel Saulnier.

Pour la sémiologie (l'étude des signes anciens de la notation musicale grégorienne, les neumes), on se référera évidemment à l'ouvrage célèbre de dom Cardine, Sémiologie grégorienne.

On pourra aussi consulter avec intérêt un livre paru récemment aux éditions Téqui, et qui, s'il est technique, n'est pas toujours abscons : Introduction à la théorie et à l'exécution du chant grégorien, par Enrique Merello-Guilleminot. Attention à ne pas se laisser abuser par le titre : ce n'est pas un livre pour débutants. Il faut posséder le solfège, la modalité et la sémiologie avant d'ouvrir ce livre, mais il est probablement plus accessible qu'un autre livre paru il ya quelques années mais vraiment difficile, Introduction à l'interprétation du chant grégorien par L. Agustoni et J.B. Göschl, traduit en français par dom Saulnier et édité à Solesmes.

L'image “http://i0.wp.com/ec1.images-amazon.com/images/I/51jNA26XX9L._SS500_.jpg?w=752” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.

Evidemment, cette liste n'est pas complète ; si vous connaissez d'autres livres qui vous ont paru pertinents pour apprendre facilement le chant grégorien et qui on une bonne rigueur à la fois interprétative et scientifique, nous sommes ouverts à toute suggestion en commentaire !  

Stage « Prière des heures » à la Pierre Qui Vire.

La Prière des heures

Vous la priez déjà ?

ou vous souhaitez la prier avec d'autres ?

Vous voulez "habiter" l'église de votre village, de votre quartier ?

 

Vous souhaitez être aidé(e) ?

Alors ce stage est pour vous !

du 9 au 15 juillet 2007


Abbaye Sainte Marie de la Pierre-qui-Vire
89630 ST LEGER VAUBAN

Tél : 03 86 33 19 20 – Fax : 03 86 32 22 33

Dans le Morvan,
à 20 km de la sortie "Avallon" de l'autoroute A6.
A mi-chemin (250 km) entre Paris et Lyon.
A 30 km de Vézelay.
TGV Paris-Montbard + autocar SNCF

 

 

Stage sous le signe du Partage

- Partager la prière de la communauté monastique

- Partager votre recherche avec la communauté qui vous accueille

Découvrir

- la structure de la Prière des heures
– la dynamique d'une Heure
– la richesse textuelle des Psaumes, des Hymnes

Pourquoi chanter ? Comment chanter ?

- le corps, l'aplomb, la respiration
– la technique vocale

La Parole de Dieu

- sa place
– sa profération

Quelles mises en oeuvre chez vous ?


Renseignements et inscription auprès du secrétariat du SNPLS
(entre 8h30 et 17h30)
Préciser "Session Liturgie des heures"

Tél : 01 43 25 40 00
fax : 01 40 46 87 29
Email : o.sarda@cnpl.cef.fr
Site internet : http://cnpl.cef.fr

A propos des finances :
Frais de séjour : 30 € par jour
Frais pédagogiques : 130 € dont 30 € d'arrhes

Chèques à libeller à l'ordre de l'Abbaye de la Pierre-qui-Vire.

 

Pentecôte : Veni Sancte Spiritus

L'image “http://i2.wp.com/bellelay.enc.sorbonne.fr/feuillet/237.jpg?resize=354%2C683” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.La fête de la Pentecôte marque, nous le savons tous, le terme du temps pascal. Dans le calendrier qui est maintenant le nôtre, il n’y a pas d’octave de la Pentecôte, ni de temps « après la Pentecôte ». La Pentecôte serait-elle une fête sans lendemain ?

C’est plutôt l’inverse. De tous les mystères de la vie du Christ, nous retenons un don particulier : à Noël, nous recevons l’Emmanuel, Dieu parmi nous, qui nous apporte la grâce toute fraîche de cette première insertion dans notre humanité ; au moment de Pâques, nous revivons le processus douloureux et triomphal par lequel il nous procure une existence nouvelle ; lors de l’Ascension, nous nous laissons aspirer avec lui par la vie du ciel. Tout cela bien sûr n’est pas limité à un jour ou à un temps, mais l’actualité liturgique vient configurer peu à peu notre vie et la conduire jusqu’à une ressemblance plus complète avec Jésus, qui se poursuit d’année en année. Avec la Pentecôte, il ne s’agit pas d’un mystère de la vie du Christ, ni d’un nouvel aspect de son œuvre, il s’agit de ce qui permet à tous les autres dons de nous parvenir et de devenir notre bien propre.

Le Saint Esprit ne vient pas en plus du reste, son action, qui est celle d’une personne divine à part entière, dispose notre nature humaine, comme elle a tissé l’humanité de Jésus dans le sein de Marie. Tous les autres mystères peuvent se modeler en nous parce qu’il y a eu d’abord et surtout cette imprégnation de l’Esprit, qui date, à vrai dire, de notre baptême, mais que chaque fête de la Pentecôte renouvelle et ravive en nous.

Il est bon que nous mesurions cette originalité de la fête de la Pentecôte, fête sans épaisseur, parce qu’elle transforme chaque instant en un point de tangence avec l’éternité bienheureuse. C’est probablement la raison qui a amené les auteurs de la Réforme liturgique à nous faire basculer tout d’un coup de la célébration de la Pentecôte au temps « sur l’année » (que nous nous refuserons, si vous le voulez bien, d’appeler ordinaire) : notre année liturgique, nos dimanches, nos semaines, nos célébrations petites et grandes sont le temps de la Pentecôte, le temps rendu possible par la Pentecôte, le temps où l’Esprit joue à travers les repères ordinaires pour en faire de l’extraordinaire.

Il est important de se persuader que nous allons plus que jamais après la Pentecôte vers ce remplissage de notre vie dans la lumière de l’Esprit. Tel est le vrai but de l’Incarnation et de la Rédemption : nous faire vivre de l’Esprit. Il ne servirait à rien que le Fils nous visite ou vienne régler nos dettes, si ce n’était pour faire de nous des partenaires, éveillés de l’intérieur par la grâce de l’Esprit. Le salut n’est un sauvetage que pour nous rétablir dans ce commerce aimant avec le Fils de Dieu, pour lequel nous avons été faits. Et il y faut cette spontanéité, cette légèreté intérieure, que seul le Saint Esprit peut mettre dans nos cœurs. La Loi n’est plus extérieure, elle devient notre mouvement le plus personnel de notre être, la réponse de l’aimée à l’Amant.

Renouvelés par l’Esprit, nous avons certes encore à combattre. Notre humanité nouvelle, qui perce sous l’ancienne, tarde encore à prendre le dessus. C’est là la place des saintes larmes, de l’ascèse et de l’obéissance, tout cela dans la lumière de l’Esprit Saint. Mais c’est un autre chapitre…

Histoire du Christianisme – sous la direction d’Alain Corbin

Le christianisme imprègne, avec plus ou moins d’évidence, la vie quotidienne, les valeurs, les choix esthétiques de ceux-là mêmes qui l’ignorent. Il contribue au dessin du paysage des campagnes et des villes. Il fait parfois l’actualité. Le christianisme est surtout une religion révélée et incarnée, à ce titre il a été particulièrement modelé par l’histoire des hommes et l’a influencé à son tour. Comprendre l’Eglise et y vivre aujourd’hui nécessite de savoir par quels chemins elle est parvenue jusqu’à nous, quels ont été ses grands combats, ses grandes difficultés, ses grandes joies, ses grandes réalisations.

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Alain Corbin propose dans l’ouvrage qu’il a dirigé une introduction à l’histoire du christianisme. Introduction, car il faudrait plus d’un ouvrage pour décrire de  manière complète et détaillée les 2000 ans d’histoire que compte le christianisme. Cependant, plus qu’une simple introduction, c’est une véritable synthèse des évènements, des hommes et des impulsions qui ont profondément marqué l’Eglise et le christianisme.

Ce livre est d’ailleurs construit sur ce principe, présenter brièvement ces évènements, ces hommes, ces impulsions. Il est constitué de plus de quatre-vingt articles relativement brefs, au plus d’une dizaine de pages, écrits par des universitaires français et suisses.

 

Les auteurs distinguent quatre grandes périodes dans l’histoire de l’Eglise. Les premiers siècles de notre ère correspondent à la naissance et à la première expansion du christianisme. C’est la transformation d’une religion persécutée et marginale en une religion majoritaire transformant jusqu’aux règles de vie de la société de son temps. Le moyen âge voit l’expansion du christianisme en dehors de la culture romaine en Europe ainsi que la consolidation de la Foi et de la réflexion théologique. Les temps modernes, qui vont de la renaissance au siècle des lumières, sont marqués par la Réforme. Enfin, le monde contemporain et les difficultés éprouvées face à une évolution rapide du monde.  

Pour chacune d’elles, les auteurs donnent des repères temporels incontournables. Ils présentent les diverses situations géopolitiques que l’Eglise y rencontra, et développent les aspects qui ont influencé la vie de l’Eglise ou qui sont le fruit du Christianisme. Par exemple, le fondement des persécutions romaines et les avantages que les chrétiens ont su tirer de ce contexte politique hostile pour propager la foi et annoncer de la parole aux peuples de la terre ; ou encore la lente modification des mœurs en ce qui concerne le mariage, qui ne sera généralisé, et cela de manière imparfaite, qu’aux environs du X° siècle.

Ils présentent les grands hommes qui ont profondément marqué l’Eglise et le Christianisme au cours de chacune de ces périodes, comme saint Jérôme, saint Benoît ou encore saint Thomas d’Aquin. Ils présentent aussi les grandes divisions et les divergences qui les ont provoquées, le schisme d’orient, les grandes hérésies du moyen âge, vaudoise et cathares, l’hérésie protestante. Ils présentent enfin les conciles et leurs enjeux, ainsi que leur impact effectif sur l’histoire du christianisme.

 

La méthode est avant tout historique, ce qui a l’avantage indéniable de poser clairement la limite entre ce qui est d’ordre factuel et historique, et qu’aucun historien sérieux ne remettrait en doute, et ce qui relève de la foi. Le prix de la synthèse est le sentiment parfois que les auteurs n’ont pas donné leur juste place a telle ou telle personne, expérience mystique ou évènement. Cependant on ne peut leur reprocher de passer sous silence les aspects incontournables de cette histoire ou de mettre au premier plan d’autres qui sont secondaires. Il est important de noter la qualité de l’exposé des notions, et même de notions de théologie, de l’ouvrage.

 

Cet ouvrage reste une introduction qui permet seulement d’avoir une vue globale de l’histoire du christianisme, ce qui déjà n’est pas rien. Les indications bibliographiques permettront à celui qui le souhaite de trouver des ouvrages pour approfondir cette histoire de l’Eglise ainsi que l’un ou l’autre de ces points.

VIIème dimanche de Pâques : Je vois les cieux ouverts.

Il a bien de la chance, Etienne, de voir les choses aussi clairement ! Il faut dire qu’il en a bien besoin, dans les circonstances où il se trouve: il va être tout simplement lapidé.

 

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Comment se fait-il que dans notre vie chrétienne, il y a des moments où nous voyons, – pas toujours avec une parfaite netteté, mais quand même suffisamment, pour nous embarquer à la suite de Jésus, pour faire des choix, pour risquer notre avenir sur la fidélité à sa volonté et qu’à d’autres, tout cela nous semble si lointain et que, au mieux, nous suivons, parce que nous nous y sommes engagés, mais sans plus de clarté ?

La même réalité existe d’ailleurs dans nos relations à nos proches. Je ne pense pas décrier l’amour conjugal en disant que la fidélité n’est pas toujours le ciel sur la terre et que l’on peut être attaché à son conjoint, sans retrouver toujours la ferveur des premiers jours. Pourtant il serait très imprudent d’en prendre son parti et de se dire que ce sera toujours ainsi. L’usure et la lassitude ne sont alors pas loin. S’il faut certes redire que l’amour est dans la volonté et pas toujours dans le sentiment, il ne faut pas toujours tirer sur la seule volonté, sans se redonner à soi-même des raisons qui justifient le choix qu’on a fait et qui donnent de la beauté et de la noblesse à la situation présente, il faut surtout donner à l’autre l’occasion de montrer les ressources inépuisables qui sont en lui (elle), pour rendre à ce lien sa joie et sa nouveauté.

C’est un peu pareil avec le Seigneur. On ne peut se contenter de le suivre, distraitement et avec ennui ; notre fidélité ne lui ferait guère plaisir et il y a en outre des chances qu’elle ne résisterait pas bien longtemps à une tentation un peu forte. On ne vit pas toujours de devoirs, surtout quand ils sont devenus des habitudes. Il faut vivre et pour cela voir où va notre vie, savoir que nous avons choisi le bon parti et que, même s’il faut avaler, en attendant, des amertumes en tout genre, ce n’est pas cela l’horizon qui nous attend.

 

Aux apôtres qui allaient être témoins de son agonie, Jésus a fait goûter la pure joie de la Transfiguration. Là, ils ont vu, et pas seulement su abstraitement, que leur Maître était le Fils bien aimé du Père. Une grâce du même ordre est faite à Etienne au moment de son martyre, pour le soutenir jusqu’au  bout dans le don de sa vie.

 

Pouvons-nous demander la même chose ? Toute proportion gardée oui, si cette demande n’est une forme larvée d’incrédulité, une façon de s’assurer de l’option qu’on a prise. La lumière ne sera jamais donnée qu’à celui qui s’est risqué jusqu’au bout dans le don de lui-même, sans mettre de conditions. « A celui qui a, on lui donnera » (Luc 19,26). Une réclamation sans amour n’obtiendra jamais satisfaction, mais à ceux qui sont entrés dans le jeu de la prodigalité, qui sont sortis de leur moi pour aller à la rencontre de la volonté de Dieu, d’étonnantes confirmations seront données, imprévues, désarmantes, infiniment délicates.

On raconte qu’un moine du désert, qui avait beaucoup travaillé pour aider ses compagnons au moment de la moisson, n’en avait reçu cette année-là aucune gratitude, c’est ainsi qu’on l’avait laissé repartir le ventre vide et le gosier à sec après un longue journée passée dans les champs à ramasser les gerbes, et, comme il rentrait dans sa cellule, bien décidé à offrir tout cela au Seigneur sans se plaindre, voilà que soudain une caravane du désert vint à passer et des visiteurs venus de nulle part déversèrent devant lui des mets savoureux qu’il était bien loin d’attendre. « Seigneur, disait-il, j’ai à peine commencé à te servir et déjà tu me combles de biens ! » Le Seigneur a ses tendresses-là pour ses bien-aimés qui souffrent pour lui.

 

Etienne voit les cieux ouverts, c’est-à-dire comprend que l’expérience humaine est ouverte sur une autre dimension, et que le Christ n’a pas disparu au ciel pour s’y faire oublier. Il le voit debout (et pas « assis », comme c’est plus souvent le cas) à la droite du Père, en train de se lever pour intervenir, ce qu’il fera clairement au moment de son retour, mais qu’il amorce quand il s’agit de soutenir un de ses martyrs et de le justifier face à ses agresseurs.

 

Oui, les cieux sont ouverts, à nous d’ouvrir les yeux !

 

Michel GITTON

La charte des chanteurs liturgiques.

            Après la Charte des organistes parue en novembre 2000, voici la « Charte des chanteurs liturgiques », élaborée par la Commission épiscopale de Liturgie, en collaboration avec le Service National de Pastorale Liturgique et Sacramentelle et trois de ses associations partenaires : l’ANCOLI (chorales liturgiques), l’ASA (animateurs de chant) et les PUERI CANTORES (Petits Chanteurs).

 

Pourquoi une « charte » des chanteurs ?

 

« Les chanteurs, une chance pour une paroisse ! ».

 

            Cette affirmation finale de la nouvelle charte est à rapprocher d’un article paru dans la revue « Eglise qui Chante » il y a une vingtaine d’année et qui débutait par ce cri du cœur souvent entendu à l’époque : « Une chorale, ah non, Dieu merci ! ».

 Faire tomber les préjugés en éclairant les esprits, telle est la première raison d’être de ce document épiscopal qui voudrait donner à tous les membres de l’Assemblée un moyen de célébrer réellement « en  communion » dans l’action liturgique.

 

            Pour répondre à ce besoin, la charte, en 11 articles et 2 annexes, informe d’une manière précise non seulement sur la place de la chorale (dans la paroisse  comme à l’intérieur de l’église), mais aussi et surtout sur les raisons d’être du chant en liturgie et sur la nature même de ce qu’elle appelle la « Voix de l’Assemblée ».

En voici les éléments essentiels :

 

La Voix de l’Assemblée. (§ 1)

(Les chiffres entre parenthèses renvoient aux différents paragraphes  de la charte).

 

            « Parce que l’Assemblée chrétienne incarne la voix du Christ, elle est une réalité sainte qu’il faut vénérer comme telle. »(1.1)

Ce rappel initial d’une des grandes affirmations du Concile Vatican II montre l’infinie noblesse de la prière liturgique où « nul ne peut revendiquer de monopoliser tous les actes de chants » Et le document précise : « loin d’être une foule indistincte, l’assemblée est composée de membres qui apportent, à tous, leur compétence particulière. Ainsi, la liturgie ressemble à une œuvre symphonique où la mise en œuvre des chants se fait sur plusieurs plans sonores :  le chant de tous, le chant du groupe de chant, la chant du Président (prêtre ou diacre), du psalmiste, des autres solistes… » » (1.2)

Ces affirmations nous permettent de prendre conscience d’un fait essentiel : la chorale n’est pas en compétition avec l’Assemblée (en « concert » au sens étymologique du mot). La chorale fait partie de l’Assemblée, et cette réalité, quand elle est admise par tous, permet de résoudre (presque) tous les problèmes.

Ainsi, tout le monde ne chante pas tout (1.3). Et, de fait, les chants liturgiques présentent des formes très diverses (psalmodies, litanies, chants à refrain) qui demandent presque toujours un dialogue entre les participants, dialogue très intéressant pour donner vie à la mise en œuvre et briser l’uniformité génératrice d’ennui. L’assemblée peut même participer par l’écoute à condition, bien sûr, que ceux qui chantent en son nom apportent à la prière un support de qualité.

           

           

La voix dans la liturgie 2).

 

            « On ne prêtera donc jamais assez attention à la qualité de la voix »(2.1), de la voix parlée,  moyen pour Dieu de faire entendre sa Parole.(Hébreux 1,1-2), mais surtout de la voix chantée qui nous fait passer à une autre dimension. La voix chantée ouvre et amplifie le texte : « La voix chantée fait entendre l’inouï du verbe de Dieu. »  (2.1)

 

            Mais attention ! une belle voix ne suffit pas : c’est l’intention qui est perçue par les autres fidèles qui, naturellement,  reproduisent le modèle vocal. Il est donc recommandé aux acteurs chantants de travailler leur voix dans l’esprit de la liturgie, avec une « noble simplicité ». « Une intonation  juste et belle  conduit efficacement vers le mystère célébré. » (2.3)

 

 

Les acteurs chantant et leur rôle. (§ 3)

 

            Les membres des chorales s’acquittent d’un véritable ministère liturgique. C’est ce qu’affirme la Constitution sur la sainte liturgie de Vatican II (n°29). Cela signifie qu’ils contribuent à exprimer « les grandes attitudes de la foi prévues par les rites : la louange, la supplication, la méditation… »

            «Pour les chanteurs, l’ajustement aux rites est requis autant que la justice musicale. Le groupe de chant est au service des rites : il ne chante pas pendant la messe, il chante la messe. » (3.2)          

Et les groupes les plus modestes peuvent rendre ce service au même titre que les plus renommés, « car le sublime se perçoit aussi dans les comportements les plus humbles chargés de vérité humaines » (3.2).

 

Les liens avec les autres acteurs (§ 5).

 

            Le groupe de chant ayant pour mission de favoriser la participation de tous à la célébration, il s’en acquittera d’autant mieux qu’il aura des liens étroits et réguliers avec les autres acteurs de la liturgie pour que la place de chacun soit bien définie, comprise et acceptée.

Les liens avec le curé, les équipes liturgiques, les instrumentistes, les autres fidèles faciliteront en outre une bonne mise en œuvre des chants et une élaboration concertée du répertoire.

            Les relations avec les autres chorales du secteur, et les autres activités paroissiales permettront d’élargir les horizons et de mettre en synergie ceux qui célèbrent la foi avec ceux qui l’annoncent et ceux qui la traduisent par des gestes de solidarité.

Enfin le Service diocésain de musique liturgique sera toujours présent comme source de répertoire et de formations. Dans le domaine du chant comme pour toute action pastorale, « le lien diocésain est essentiel ».(5.6)

 

La Formation (chapitre 6).

 

            Chacun le sait, la joie de chanter ensemble et la bonne volonté sont précieuses, mais ne suffisent pas. On apprend à lire la musique comme à maîtriser son souffle ou à placer sa voix.

Le chanteur liturgique doit aussi se familiariser avec la signification des rites pour pouvoir les vivre en vérité.  La charte décrit donc les différentes composantes des formations souhaitables (liturgiques, musicales,  humaines, spirituelles, ecclésiales) pour les choristes, les chantres, les chefs de chœur.

On remarque que le groupe de chant lui-même, lorsqu’il est bien dirigé, dispense une partie de cette formation (écoute des autres, maîtrise de soi, gratuité de l’effort) et que si « l’assiduité aux dimanches doit trouver des fondements spirituels », la pratique dominicale elle-même et l’habitude, en répétition, de travailler les textes aussi bien que la musique, permet de progresser dans ce domaine.    

           

 

Le chef de chœur. (§7et 8)

Ces chapitres s’adressent en fait à toutes les personnes ayant une responsabilité dans le choix et la mise en œuvre du répertoire liturgique.             

           

            Une attention toute particulière est évidemment apportée au chef de chœur dont les qualités conditionnent non seulement la survie de la chorale mais aussi la réussite de son intégration dans la paroisse. La charte rappelle opportunément les aptitudes nécessaires à cette responsabilité liturgique : connaissances des rites (7.1), capacité à analyser une partition, à évaluer sa convenance liturgique (7.2), sens des relations humaines (7.3).

 

             Enfin, le document souligne deux devoirs importants envers l’Eglise :

          

            Le chef de chœur se réfère aux normes liturgiques et met en œuvre le projet de l’Eglise, et non le sien (8.1)

L’importance de sa fonction demande qu’il forme d’autres personnes pour assurer sa relève. Il a donc le souci d’établir des liens avec les groupes de jeunes de la paroisse et les lieux de formation musicale de la région.

 

                                                       §      §

 

Ce rapide survol ne dispense pas les responsables concernés de lire l’intégralité du document et même de le travailler en groupe. Le texte complet de la charte est disponible à l'adresse suivante : http://cnpl.cef.fr/musique/Charte_Chanteurs.htm

 

VIème dimanche de Pâques : FAIRE CONFIANCE A L’EGLISE

La page des Actes des Apôtres qui nous est lue cette semaine est de grande conséquence pour notre manière de vivre dans l’Eglise. Perpétuellement, il y a en elle des choses qui nous heurtent, nous dérangent et nous font douter qu’elle soit réellement animée par l’Esprit Saint. Nous craignons de voir certaines vérités escamotées, certaines conduites acceptées, certains courants l’emporter. Et nous nous disons, sans trop oser nous l’avouer, que l’herbe serait peut-être plus verte ailleurs, et qu’en tout cas, il ne faudrait pas tout accepter, se défendre, peut-être demain résister.

Saint Paul a eu sans doute cette tentation en voyant l’Eglise-mère de Jérusalem si peu sensible à ce qui lui semblait à lui l’avenir de l’Evangile : ces païens qui frappaient à la porte et qu’il s’agissait d’accueillir sans leur imposer le fardeau des observances judaïques. En pensant à Jacques, le gardien de la tradition des tout débuts, resté si proche de l’enracinement juif de Jésus, en pensant à Pierre soucieux de ne pas mécontenter les communautés principalement hébraïques dont il avait la charge, il a dû penser que jamais les choses n’évolueraient et qu’il était le seul à bien voir la question. Or il a eu le courage de soumettre son enseignement au jugement des apôtres et des anciens, comme il le dit, « je montai [à Jérusalem] à la suite d'une révélation et je leur exposai l'Evangile que je prêche parmi les païens (…) de peur de courir ou d'avoir couru en vain ». (Galates 4,2). Merveilleuse phrase ! Il est conscient de ne pas être seul devant la mission et au contraire d’agir en étroite collaboration avec Jésus. Si son œuvre n’est que la sienne, elle n’a pas beaucoup de valeur et elle est condamnée à mourir, il a « couru en vain ». S’il la soumet à l’Eglise, il la remet au Seigneur qui saura bien en tirer ce qu’il veut.

Or le miracle se produit : tous et jusqu’à Jacques, reconnaissent l’œuvre accomplie par Paul et lui donnent raison dans sa manière de traiter les non-juifs. Ils encadrent sans doute cette approbation de quelques règles destinées à assurer la communion entre juifs et non-juifs dans l’Eglise, mais le principe est sauf : les nouveaux convertis issus du paganisme ne seront pas obligés de se faire circoncire. Saint Paul est confirmé dans sa mission.

Cette confiance doit nous animer, lorsque nous avons à œuvrer avec l’Eglise. Si ce que nous avons aperçu est juste et vrai, si l’appel entendu vient de Dieu, nous n’avons rien à craindre en nous remettant entre les mains de l’Eglise (sous réserve de le faire avec discernement et de ne pas demander à nos supérieurs de trancher sur tout). Dieu qui inspire son Eglise saura bien nous faire parvenir la réponse. Parfois celle-ci sera surprenante et c’est dans un deuxième temps que l’encouragement viendra. Mais la volonté de clarté ne peut être que payante.

C’est cette confiance surnaturelle qui a manqué à Luther, quand il a eu peur que les valeurs dont il se pensait investi ne soient pas assez prises en compte par l’Eglise romaine, et qu’il a cherché des garanties pour échapper à son jugement. C’est cette même confiance qui a fait défaut à Mgr Lefebvre en 1988, quand il a craint que l’accord signé avec le pape Jean-Paul II ne soit qu’un piège, une manière de lui enlever ses dernières armes, sans lui donner d’assurance pour l’avenir.

Il n’est pas facile de faire confiance quand on voit l’Eglise si humaine, si exposée aux calculs politiques, aux intrigues et aux compromis. Mais c’est l’Eglise du Christ et notre docilité peut certainement contribuer à lui conférer cette beauté et cette assurance, qui attireront à elle tous les peules de la terre.

Michel GITTON

Humour : Sauvez les chatons !

 
A partir d’aujourd’hui, pour chaque abus liturgique perpétré,
nous abattrons froidement un chaton.
Vous seul(e) pouvez faire cesser le massacre…
Boycottez les abus liturgiques, dès aujourd’hui ! 

Question :  Quelle différence il y a t’il entre un terroriste et un liturgiste ?

Réponse : Avec un liturgiste, il est inutile d’essayer de négocier.