1er dimanche de carême

LE DELUGE N’EST PAS POUR DEMAIN

 

 

En ce premier dimanche de Carême, on pense, comme de bien entendu, à l’Evangile des Tentations, on sait que ce dimanche est toujours consacré à méditer la démarche de Jésus qui va au désert en une sainte quarantaine, pour nous y entraîner à notre tour. La surprise en cette année « B », c’est de trouver dans l’évangile selon saint Marc une manière bien originale de nous décrire l’aventure, les tentations de Satan n’y sont guère détaillées, par contre Jésus semble transformer ce désert en un nouveau paradis terrestre : « il vivait parmi les bêtes sauvages (qui ne devaient donc pas être si sauvages que cela) et les anges le servaient ». De quoi nous faire réfléchir…

 

La première lecture, elle, est consacrée à Noé, c’est une trace de l’ancienne disposition des lectures de matines, qui déployait toute l’histoire du salut depuis Adam jusqu’à Jésus-Christ entre le dimanche de la Septuagésime et celui des Rameaux. Mais là, l’histoire commence avec Noé qui marque effectivement comme un nouveau départ entre Dieu et les hommes, redépart sanctionné par une alliance en forme, où Dieu accepte de se lier unilatéralement.

 

Ce qui est en jeu, c’est la pérennité de la nature. Dieu ne bousculera plus l’ordre cosmique, comme il l’a fait au moment du Déluge. Le cadre restera inchangé, même si l’alliance entre Dieu et les hommes connaîtra encore bien des péripéties. En ces temps de craintes pour l’avenir de la planète, voilà une assurance qui a son poids. Certes Dieu ne nous épargnera pas de connaître les conséquences de nos bêtises, ceux qui sèment le vent récolteront la tempête, etc… Mais les conséquences du désordre introduit par l’homme n’iront pas jusqu’à mettre en péril l’avenir de l’humanité. L’aventure ira maintenant jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’au retour du Christ qui changera ce monde sans justice en une terre nouvelle et en des cieux nouveaux, où le mal sera définitivement vaincu.

 

 

Il y a une belle constance de la part de Dieu de continuer à s’intéresser à cette petite créature souvent si décevante et à vouloir jusqu’au bout la défendre contre elle-même. Il n’a pas cessé d’espérer nous gagner à son projet d’amour. Et, comme il nous connaît bien, il sait qu’il y a un minimum de sécurité qui nous est nécessaire pour avancer. Alors, de sa main puissante, il arrête les bouleversements introduits par la révolte des anges et le péché des hommes, quand ceux-ci menacent de précipiter l’ensemble dans le néant. Car l’absurdité du mal tend de lui-même à l’extrême et il y a longtemps que notre terre serait un astre mort, ravagé par la folie humaine, déserté par les bons anges, si Dieu n’avait pas mis une limite à ce déferlement.

 

Il me semble que ces temps où nous vivons nous administrent surabondamment la preuve de cette action limitatrice de Dieu. Deux guerres mondiales ont pourtant montré où pouvait aller la puissance de destruction aux mains de l’homme. Le péril nucléaire a plané pendant trente ans au moins sur la tête de l’humanité et ce n’est peut-être pas fini, le péril bactériologique et le péril climatique ont pris maintenant le relais, on sait les menaces qui pèsent sur l’eau et sur l’alimentation, des épidémies encore insoupçonnées nous menacent peut-être… Mais l’aventure continue. Le Christ est présent chaque dimanche sur nos autels. L’Eglise est, comme les premiers chrétiens en avaient la vive conviction, le paratonnerre qui détourne les fléaux qui menacent l’humanité.

 

Certes, le monde va mal, mais il continuera de nous porter jusqu’à ce que Dieu décide de nous ouvrir les portes de son Royaume. N’ayons pas peur ! Même nos cheveux sont comptés, nous dit Jésus. Rien ne nous arrivera qui nous détournerait de lui et nous réduirait à néant. Courage !

 

Michel GITTON

 

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