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Feria tertia, 9 Februarii 2010, Tempus per annum, Hebdomada V per annum.


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Nos répétitions ont lieu tous les mardi soir, 20.45 au local des Petits Chanteurs de Versailles, 20 Av. de Normandie à Versailles (plan d'accès). N'hésitez pas à vous y joindre pour un essai, ou pour nous connaître. Nous recherchons activement et de façon urgente des voix de femmes. Débutant(e)s accepté(e)s ! Nous contacter.
 

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« Nous avons besoin dun nouveau mouvement liturgique, qui donne le jour au véritable héritage de Vatican II. »

Cardinal Ratzinger, Ma Vie, souvenirs.

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La vie (4/02/2010) : conseils pour le chant, par le P. Lelièvre

Écrit par Administrator   
05-02-2010

Le P. Lelièvre est le maître de choeur de Saint Pierre de Solesmes depuis 2003. Le magazine La Vie ces derniers jours l'a interviewé concernant les conseils qu'il a à donner pour la pratique du chant liturgique. Naturellement,son conseil utlime est d'apprendre le chant grégorien, "chant propre de la liturgie romaine".

http://www.choralies.fr/img/AC7_lelievre.jpgNé en 1964 à Fougères, Ille-et-Vilaine, a suivi un cursus au conservatoire de Rennes. Il a ensuite commencé en 1984 une carrière d'altiste en orchestre, principalement en Bretagne, à Paris et en Aquitaine. En 1989 il est parti au Mexique, à la Filarmonica de Jalisco. Pensant à la vie monastique, il est entré à l'abbaye de Solesmes en 1993. Moine-prêtre, il a été nommé maître de chœur en 2003. Depuis 2005, son travail fut la mise en place du nouvel antiphonaire. 

 

RP Dom Yves-Marie Lelièvre 

Mes conseils pour pratiquer le chant liturgique

 

http://www.lavie.fr/images/2010/02/01/2846_solesmes_440x260.jpg

 

Abbaye de Solesmes


1 Cultivez le silence
C’est paradoxalement mon premier conseil. Le silence est une vertu essentielle dans la vie bénédictine, car il crée l’espace d’accueil préalable à l’écoute. Or, le chant liturgique n’est rien d’autre que la parole de Dieu qui, débordant du cœur, devient chant. Cet apprentissage du silence peut se faire à travers des temps d’oraison, mais plus simplement dans la vie quotidienne. On peut, par exemple, être attentif à son attitude par rapport à ses interlocuteurs. Sommes-nous à l’écoute de ce qu’ils nous disent ? De même, on peut être attentif à ne pas systématiquement meubler les espaces de silence dans notre ordinaire en allumant la radio ou la télévision.

2 Demeurez dans l’attitude du disciple
Sachons apprendre des autres tout au long de notre vie. C’est particulièrement nécessaire pour l’apprentissage d’un chant sacré, qui demande une attention à ce qui nous est transmis : un travail sur la voix et le souffle d’après les indications qui nous sont données, la recherche d’une expression juste, débarrassée de tout ego. Cette attitude permet de se laisser émerveiller, toucher, surprendre par ce qu’on découvre. Émotions qui nourriront notre motivation.

3 Inscrivez-vous dans une chorale

La dimension communautaire de la pratique du chant est essentielle. La communauté nous forme et nous y faisons l’expérience d’une communion avec d’autres. Du moins tendons-nous vers celle-ci, et l’effort même que cela réclame de nous est déjà un intéressant travail sur soi.

4 Initiez-vous au grégorien

Il existe de nombreux chœurs grégoriens et des stages ponctuels au sein desquels on peut découvrir ce chant liturgique. Ayant traversé les siècles, il a le privilège de l’expérience. C’est pour cela que les Pères du concile Vatican II ont recommandé pour les célébrations liturgiques l’usage prioritaire de ce qu’ils nomment « le chant propre de la liturgie romaine ».

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IIIème dimanche de l'Avent : la joie de l'époux

Écrit par P. Michel Gitton   
16-12-2009

Merveilleuses perspectives que celles que trace ce dimanche le prophète Sophonie : « Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il dansera pour toi avec des cris de joie, comme aux jours de fête ». Quel Dieu est comme notre Dieu, grand, fort ... et amoureux ?

 

Il se trouvera bien des esprits chagrins pour dire que tout cela est de la poésie, que Dieu, étant "acte pur", se suffit largement à lui-même, qu’il a d’ailleurs la Trinité pour s’occuper et que, s’il veut bien s’intéresser aux hommes, c’est par pure bonté, sans qu’il retire lui-même rien de l’opération. Pas plus qu’il ne peut connaître de souffrance (et là je suis d’accord), il ne peut connaître de joie de notre fait. Là, j’ai plus de mal à penser à un amour, un vrai, pas une simple bienveillance distante, et qui serait indifférent à la réussite de sa jonction avec l’autre...

 

Ce qui me détourne de donner crédit au thème pourtant très à la mode de la "souffrance de Dieu", c’est l’incongruité de cette idée qu’on pourrait apporter à Dieu une réelle diminution de son être. Ce n’est pas dire qu’il est indifférent au mal et à la misère de ceux qu’il aime, mais cela signifie que sa réaction, si l’on peut dire, est toute entière active, qu’elle s’appelle dans la Bible "colère" (face au mal) et "miséricorde" (face à la misère). Pour ce qui est de la joie, Jésus lui-même parle de cette joie qui est dans le ciel (et on sait que quand il parle ainsi, c’est de Dieu qu’il nous entretient), quand un pécheur se convertit.

 

Comment Dieu peut-il à la fois tout avoir, être plénitude éternelle de bonheur, et désirer le lien avec sa petite créature jusqu’à connaître de la joie, lorsque celle-ci, hors de toute contrainte, revient à lui ? Ce point n’est pas facile, mais il est central dans la compréhension du dessein de Dieu. Seule la conviction que notre pauvre amour importe pour Dieu peut rendre compréhensible qu’il ait tout créé. Car le mouvement éternel des sphères, l’ordre de la nature, la variété presque infinie des êtres et des espèces peut bien réjouir notre regard, il n’apporte rien d’autre à Dieu que la démonstration de sa puissance et de son intelligence, démonstration dont il n’a au fond nul besoin.

 

Ce qui compte pour lui, c’est cet imprévu et cette nouveauté qu’apporte la liberté de ses créatures intelligentes (les anges et les hommes), là il trouve un écho de ce qu’il connaît dans sa relation éternelle avec son Fils, la joie de l’amour. Il nous faut absolument penser que cette réponse n’est jamais gagnée d’avance, qu’elle ne résulte d’aucune des composantes de la nature humaine, pas plus que la victoire d’un champion ou la qualité d’une interprétation musicale ne résultent de l’équipement dont l’un et l’autre disposent. Elle ne vient même pas de l’attraction que ne peuvent manquer d’exercer le Bien et le Beau absolus sur un être limité et imparfait, sinon notre amour ne serait que le mouvement irrésistible qui pousse le papillon à se jeter dans la flamme, c’est pourquoi Dieu ne cesse de tamiser sa lumière pour qu’elle ne nous éblouisse pas et ne nous mène pas à lui sans nous.

 

On a dit que l’existence de l’enfer était la plus grande preuve de l’amour de Dieu et je ne suis pas loin de partager ce sentiment. Si Dieu peut tous nous avoir à l’usure, parce qu’il est vraiment le meilleur et qu’il faudrait être bien bête pour ne pas finir par s’en apercevoir, toute cette histoire est absurde et sans intérêt. Comment aurait-il la joie de voir venir à lui le pécheur repenti, le martyr qui a tenu jusqu’au bout, l’humble combattant de la fidélité au quotidien, s’il pouvait se dire que c’est normal, que son amour a encore gagné, parce qu’il est le plus fort ?

 

Dieu s’étonne de la réponse que nous lui donnons. Bien sûr, il ne peut en être ainsi que parce que, délibérément, il a limité sa Toute-puissance, qu’il a voilé le regard de son Omniscience, qu’il a évidé une place près de Lui pour que nous l’occupions, à l’abri de rayonnement trop fort de son Absolu. Mais c’est bien à cette vision des choses que nous oblige l’Ecriture, elle qui n’a combattu les représentations mythologiques que pour mieux nous rendre sensibles l’inouï de son Amour.

 

Michel GITTON

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IIème dimanche de l'Avent : Jésus au risque de l'histoire

Écrit par P. Michel Gitton   
05-12-2009

           AN QUINZE DU REGNE de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode, prince de Galilée, son frère Philippe, prince du pays d’Iturée et de Trachonitide, Lysanias, prince d’Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie...

C’est comme cela que com-mence le récit de la vie pu-blique de Jésus en saint Luc. On croit un peu rêver. Pourquoi toutes ces précisions ? Quelle importance de savoir que Lysanias était prince d’Abilène en ces années-là ? Où est-ce d’ailleurs, Abilène ? Il y a toujours dans les évangiles des références incroyablement précises à des évènements microscopiques qui sont censés concerner le monde entier depuis les origines jusqu’à la fin : celui qui dispense des enseignements sublimes du genre "qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif; au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle" (Jean 4,14) est aussi celui qui est là, assis sur la margelle du puits de Sichem, "non loin de la terre donnée par Jacob à son fils Joseph"(Jean 4,5). Est-ce bien sérieux tout cela ? Un écrivain célèbre du siècle passé s’avouait séduit par la figure du Christ, mais il ajoutait que, s’il était prêt à prononcer toutes les paroles du Credo, il n’accepterait jamais l’incise "sous Ponce Pilate" qui liait l’aventure de Jésus à l’histoire commune des hommes. Dites-moi que votre Maître est un grand exemple, une figure de proue de l’humanité, je vous croirai, mais n’allez pas me faire admettre que ça s’est passé comme un banal évènement de l’histoire romaine...

Cet idéalisme a la vie dure. Je me souviens, il y a de cela quelques décennies, de cet excellent ecclésiastique qui était prêt à accepter toutes les remises en cause liées aux recherches historiques ou soi-disant telles et qui achevait avec un sourire désarmant, en nous expliquant que ce n’était pas grave, puisque "Dieu est esprit". Il ne prenait pas garde qu’il commettait ainsi un contre sens sur le mot esprit, qui ne veut pas dire dans l’Écriture "immatériel", mais source de vie. Mais surtout il prenait tranquille-ment son parti de ce que Dieu n’avait rien à faire avec les évènements du monde, qu’il n’y agissait pas, qu’il ne s’y faisait pas reconnaître. Comment pouvait-il dire après cela que le Verbe s’était fait chair ?

Par peur d’un démenti que leur infligeraient les faits, les exégètes spécialistes du Nouveau Testament (ou du moins certains d’entre eux) ont pris depuis longtemps une ligne prudente, faisant la part du feu. Si on leur annonçait demain qu’on a découvert à Jérusalem des ossements qui ont toutes les chances d’être ceux du Crucifié du Golgotha, ils auraient sans doute une dialectique toute prête pour expliquer qu’il ne faut pas exagérer l’importance des récits du tombeau vide, que de toute façon la Résurrection concerne un autre ordre de réalités, très loin de l’histoire qui est la nôtre, et que c’est même encore plus beau de croire ainsi, sans le support d’une évidence matérielle. Jésus n’a-t-il pas dit à Thomas : "heureux ceux qui croiront sans avoir vu" ?

Ce christianisme épuré, intellectualisé, qui ne repose sur rien de concret, qui se contente d’être un certain regard porté sur les évènements du passé et du présent, peut dérouler son discours en toute tranquillité, nul ne le contredira, mais il ne fait pas très sérieux, il ne bouscule pas la vie, c’est une théorie de plus, à côté des autres, sur Dieu et sur l’homme. La foi biblique est plus brutale, elle nous dit que Dieu a parlé, qu’il a fait sortir les Hébreux d’Égypte et qu’il a ouvert devant eux la Mer Rouge. Saint Paul, à l’autre bout, nous dit que si Jésus n’est pas ressuscité (et ressusciter, çà veut dire se redresser et marcher sur ses pieds), notre foi est "vaine", ou pour mieux dire vide. On ne pourra pas séparer cette foi de la réalité d’un certain nombre d’évènements qui se sont produits dans un temps précis et en un lieu précis et qui sont confiés maintenant à la mémoire de l’Église. De là vient le souci des évangélistes de s’informer exactement des faits, de les garder dans leur rugosité, en s’interdisant tout remaniement et toute harmonisation. De là l’extraordinaire fidélité de l’Église à ce qui a été rapporté aux origines.

Au moment où tant de publications paraissent de divers côtés pour nous expliquer qu’on connaît d’autant mieux Jésus-Christ, sa vraie personnalité, son histoire, qu’on est éloigné de l’Église, n’ayons pas peur de la confrontation. Il ne sert à rien de se réfugier dans l’indicible et l’indémontrable. Le Christ en s’incarnant a pris le risque de se livrer aussi au jugement de l’histoire. Mais là il n’a pas dit son dernier mot.


Michel GITTON

Dernière mise à jour : ( 05-12-2009 )
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Offertoire dans le rite romain : on en reparle...

Écrit par Administrator   
22-11-2009

On peut être d'accord ou pas d'accord : iln'empêche que pour mieux faire comprendre l'essence du rite romain, il importe de réfléchir, Et bien.... Mgr Raffin a défrayé la chronique récemment en indiquant qu'il ne comptait pas spécilement aller rencontrer les "tradis" de son diocèse. Probablement que toute sa pastorale ne tourne pas autour de l'application du Motu proprio "Summorum Pontificum". Cette "nouvelle" a paru déplaire à la fois aux blogs "perepiscopus " et "Summorum pontificum observatus" ; elle a été relevée également... par Golias, qui s'étonnait de voir un évêque peu suspect d'être en accord avec ses idées aller une fois n'est pas coutume, dans son sens.

 

http://annee.appel.free.fr/Ressources/Evenements/ordination.jpg

 

Parce que Mgr Raffin réfléchit et a des idées sur la liturgie. C'est Christophe de Saint Placide (Summorum pontificum observatus) qui redonne le texte de Mgr Raffin, paru dans un ouvrage publié aux éditions de l'Homme nouveau, "Autour de l'esprit de la liturgie" :

 http://img442.imageshack.us/img442/5115/mgrraffinoffertoire.jpg

 Le caractère hétéroclite et tardif des prières de l'offertoire dans l'ordo de 1962 de la messe romaine ? de quoi parle t'on ?

 Voici donc une comparaison systématique de l'ancien rite et du nouveau rite de l'offertoire. Dans la vieille liturgie, l'offertoire commençait avec une invitation à la prière faite par le prêtre: Oremus. Mais il n'y avait aucune oraison... Cet oremus invitait les fidèles plus à s'asseoir qu'à faire oraison. L'ordo actuel a restauré ici les "prières universelles" qui existaient autrefois dans de nombreux rites et que le rite romain n'avait conservées que dans la liturgie du Vendredi-saint. Le Concile est donc revenu à une tradition fort ancienne. Il y avait un choix à faire: soit supprimer l'oremus, qui n'avait plus de raison d'être, soit rétablir une prière venant logiquement après l'oremus. C'est la deuxième solution qui a été retenue, parce que plus conforme à la tradition liturgique,

- L'offrande du pain et la prière "Suscipe".
Suscipe, sancte Pater, omnipotens aeterne Deus, hanc immaculatam bostiam, quam ego, indignus famulus tuus, offero tibi Deo meo vivo et vero, pro innumerabilibus peccatis, et offensionibus, et negligentiis meis, et pro omnubus circumstantibus, sed et pro omnibus fidelibus christianis, vivis atque defunctis, ut mihi et illis proficiat ad salutem in vitam aetemam. Amen.
Recevez, Père saint, Dieu éternel et tout-puissant, cette offrande sans tache que moi, votre indigne serviteur, je vous présente à vous, mon Dieu vivant et vrai, pour mes péchés, offenses et négligences sans nombre, pour tous ceux qui m'entourent, ainsi que pour tous les fidèles vivants et morts: qu'elle serve à mon salut et au leur pour la vie éternelle. Amen. Cette prière ne fait pas partie de la liturgie romaine: on peut dire qu'elle n'est pas "traditionnelle". On peut faire plusieurs remarques à son sujet: elle utilise la première personne du singulier, ce qui est contraire aux habitudes du rite romain qui, lui, utilise habituellement la première personne du pluriel. Cette utilisation de la première personne du singulier s'explique parfaitement il s'agit d'une prière privée qu'on retrouve au IXème siècle non pas dans un missel "romain", mais dans le Liber Precationum (c'est-à-dire le "livre de prières") de Charles-le-Chauve (875-877).
Cette prière contient des germes d'erreurs théologiques. En effet, elle conduit à attribuer à un simple morceau de pain -désigné ici sous les termes d' "hostie sans tache"- une vertu incroyable, puisqu'on lui attribue le pouvoir d'agir pour le salut des vivants et des morts. Vatican II l’a donc supprimé ce qui pouvait être cause d'erreur et a opté pour une formule plus simple, plus proche de la Tradition romaine comme on le verra plus loin :
Benedictus es. Domine, Deus universi, quia de tua largitate accepimus panem, quem tibi offerimus, fructum terrae et operis manuum hominum, ex quo nobis fiet panis vitae.
Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes; nous te le présentons: il deviendra le pain de la vie.Cette formule reprise également dans l'offrande du vin, est inspirée des bénédictions juives. On peut donc penser que le Christ les a prononcées le jour de l'institution de l'Eucharistie, puis à nouveau devant les disciples d'Emmaüs, etc... C'est donc effectivement parfaitement traditionnel !
- la prière dite pendant que le célébrant verse l'eau dans le calice.
Deus qui humanae subtantiae dignitatem mirabiliter condisti, et mirabilius reformasttida nobis, per huius aquae et vini mysterium eius divinitatis esse consortes, qui humanitatis nostrae fieri dignatus est particeps, Iesus christus, filius tuus, Dominus noster : qui tecum vivit et regnat in unitate spiritus Sanct, Deus, per omnia saecula saeculorum. Amen.

Dieu qui, d'une manière admirable, avez créé la nature humaine dans sa noblesse, et l'avez restaurée d'une manière plus admirable encore, accordez-nous, selon le mystère de cette eau et de ce vin, de prendre part à la divinité de celui qui a daigné partager notre humanité, Jésus-Christ votre Fils, notre Seigneur qui, étant Dieu, vit et règne avec vous et l'unité du Saint-Esprit, dans tous les siècles des siècles. Amen.

Voici une magnifique prière qui accompagne l'un des plus anciens rites liturgiques: le mélange de l'eau et du vin. Cette prière est véritablement "romaine"... Mais ici, elle n'est pas à sa place : il s'agit d'une ancienne oraison que trois sacramentaires romains (les ancêtres de notre actuel missel) proposaient pour la fête de Noël. C'est ici tout le sens du mystère de l'Incarnation qui ci évoqué; cette oraison a simplement été "complétée" par les mots "per huius aquae et vini mysterium", afin qu'elle puisse mieux "coller" avec le rite d'offertoire. Le missel romain dans son édition de 1969 a abrégé cette prière pour ne conserver que les paroles qui éclairent le rite : Per huius aquae et vini mysterium eius divinitatis esse consortes, qui humanitatis nostrae fieri dignatus est particeps. Comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l'Alliance, puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité. Ce ne sont que les paroles centrales de l'ancienne prière qui ont été conservée pour souligner le geste que fait le célébrant; le développement plus théologique, issu de la célébration du mystère de l'Incarnation, a été laissé de côté: il n'avait pas véritablement sa place dans le rite d'offertoire dont les gestes se suffisent à eux-mêmes.
- L'offrande du vin et la prière "Offerimus tibi".
Avant le Concile, le célébrant disait la prière suivante en élevant un peu le calice au-dessus de l'autel :
Offerimus tibi, Domine, calicem salutaris, tuant deprecantes clementiam, ut in conspectu divinae Maiestatis tuae, pro nostra et totius mundi salute, cum odore suavitatis ascendat. Amen.

Nous vous offrons, Seigneur, le calice du salut, et nous demandons à votre bonté qu'il s'élève en parfum agréable devant votre divine Majesté, pour notre saint et celui du monde entier. Amen.

Cette prière qui, dans l'ancien missel, est dite à la première personne du pluriel et fait symétrie avec la prière d'offrande du pain "Suscipe sancte Pater", ne se rencontre qu'à partir du Xlème siècle dans certains missels dits "romains".Nul ne peut nier qu'elle contient quelques "maladresses" qu'il convenait de corriger :
- le calice est désigné sous les mots "calice du salut", alors que la consécration n'a pas encore eu lieu;on demande à Dieu que ce calice soit offert "pour notre salut"... ce qui revient à attribuer au vin un pouvoir qu'il n'a pas ; la formule double et amoindrit d'autant l'Orate fratres qui sera dit à la fin du rite d'offertoire. On voit nettement que ces prières d'offertoire sont des décalques de formules qui seront dites au cours de la Prière eucharistique: il était nécessaire de les revoir si l'on voulait que la liturgie ait une réelle cohérence et ne soit pas le support d'approximations théologiques. La restauration conciliaire a simplement conduit à supprimer cette prière pour la remplacer par la formule déjà employée au moment de l'offrande du pain, avec la réponse du peuple si l'antienne d'offertoire n'est pas chantée :

Benedictus es, Domine, Deus universi, quia de tua largitate accepimus vinum, quod tibi offerimus, fructum vitis et operis manuum hominum, ex quo nobis fiet potus spiritalis.


Tu es béni. Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes; nous te le présentons: il deviendra le vin du Royaume éternel.


- L'invocation du Saint-Esprit: la prière "In spiritu humilitalis" et la prière "Veni Sanctificator".

Dans l'ancien rite de la messe, après l'offrande du vin se trouvaient deux prières. La première était dite par le prêtre incliné en signe d'humilité:In spiritu bumilitatis et in anima contrito suscipiamur a te. Domine ; et sic fiat sacrificium nostrum in conspectu tuo hodie, ut placeat tibi, Domine Deus.
Voyez l'humilité de nos âmes et le repentir de nos coeurs: accueillez-nous. Seigneur; et que notre sacrifice s'accomplisse devant vous de telle manière qu'il vous soit agréable, Seigneur Dieu.

La seconde prière, qui s'enchaîne, est une invocation au Saint-Esprit :
Veni, Sancficator, onmipotens aeterne Deus, et benedic hoc sacrificium tuo sancto nomini praeparatum.


Venez, Sanctificateur, Dieu éternel et tout-puissant, et bénissez ce sacrifice préparé pour votre saint Nom.


La première prière apparaît dans le rite d'offertoire au Xlème siècle; elle est donc relativement tardive. Quant à la seconde prière -l'invocation au Saint-Esprit-, d'inspiration peut-être gallicane, on la trouve dès le IXème siècle dans le Missel de Stowe; mais elle ne sera introduite dans le Pontifical romain qu'au XIIIème siècle. Elle rappelle un passage du 2ème Livre des Macchabées (2, 10).On retrouve, ici encore, l'erreur relevée plus haut, à savoir celle qui consiste à confondre le rite d'offertoire avec le "sacrifice": en effet, la prière adressée au Saint - Esprit ne ressemble-t-elle pas à l'épiclèse que l'on trouve dans la Prière eucharistique, c'est-à-dire à la formule invoquant l'intervention de l'Esprit - Saint pour réaliser la consécration du pain et du vin ? Toutes ces prières ont été introduites dans notre ancienne liturgie au moyen-age (vers le XIIème siècle), lorsque les fidèles ne se sont plus contentés d'un rite simple: la messe s'est alors surchargée d'un groupe de signes et d'oraisons qui, plus tard, seront considérés comme faisant partie du rite romain originel. Le pape Innocent III (1198-1216) tentera bien de ramener les rites à leur simplicité primitive, mais en vain... Ce qui prouve qu'à cette époque déjà, l'obéissance en matière de liturgie n'était pas toujours de mise. La restauration liturgique a remis les choses en ordre pour éviter toute confusion: elle a conservé la première prière (In spiritu humilitatis...) mais a supprimé la seconde (Veni, sanctificator...).

- rite du lavement des mains du célébrant.
A la messe solennelle, le lavement des mains fait suite à l'encensement de l'autel;" à la messe simple (ou lue !) il se fait tout de suite après que le célébrant ait dit la prière "in spiritu humilitalis... ".Le sens mystique du lavement des mains -ou plutôt des doigts- est souligné dès le IVème siècle. S. Cyrille de Jérusalem écrit; "Ce geste indique que nous devons être purs de tout péché. Ce sont nos mains qui agissent; laver nos mains n'est autre chose que purifier nos actions". Faisant allusion au geste de Pilate, un autre auteur écrit; "Prenons garde que chacun de nous puisse dire en toute vérité: je suis innocent du sang de Jésus-Christ".
Dans l'ordo en usage avant le Concile, le prêtre se lavait les doigts en récitant le Psaume 25 partir du verset qui commence par les mots "Lavabo inter innocentes manus meas" (Je me lave les mains comme ceux qui sont innocents) et qui ont donné à ce rite le nom de "Lavabo":
Lavabo inter innocentes manus meas: et circumdabo altan tuum. Domine: ut audiam vocem laudis, et ennarem universa mirabilia tua. Domine, dilexi decorem domus tuae. Ne perdas cum impiis, Deus, animam meam, et cum vins sanguinum vitam meam: in quorum manibus iniquitates sunt.- dextera eorum repleta est muneribus. Ega autem in innotientia mea ingressus sum.- redime me, et misenre mei. Pes meus stetit in directio : in Ecclesiis benedicam te, Domine. Gloria Patri et Filio et Spiritui Sancto; sicut erat in principio, et nunc et semper, et in saecula saeculorum. Amen.

Je me lave les mains comme ceux qui sont innocents, et je me tiens, Seigneur, devant ton autel pour faite entendre mon chant de louange et proclamer chacune de tes merveilles. Seigneur, j'aime la beauté de ta maison, et le lieu de gloire où tu habites. Mon Dieu, ne condamne pas mon âme avec celle des pécheuis; ne m'enlève pas la vie comme aux criminels. C'est de leurs mains encore tacîiées de crimes qu'ils viennent t'apporter leurs offrandes. Je me présente en toute innocence: sauve-moi, aie pitié de moi. Avec fermeté j'ai marché dans le droit chemin; devant toute l'Eglise je te bénirai, Seigneur. Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Comme il était au commencement, maintenant et toujours, dans les siècles des siècles. Amen.

Ces paroles n'accompagnent le geste da lavement des mains que depuis le Xlème siècle. On remarquera que, si les premiers mots de la prière correspondent bien au rite effectué, le reste du psaume ne se rapporte guère à l'action liturgique. C'est pour cette raison que la restauration liturgique voulue par Vatican II a corrigé la prière. Une nouveauté de plus, rétorqueront certains? Pas si sûr : l'histoire de la liturgie nous enseigne que, primitivement, le célébrant ne disait que le verset "Lavabo " en se lavant les doigts, coutume que l'on retrouve dans la liturgie dominicaine, laquelle n'a conservé que les trois premiers versets du Psaume 25.

En d'autres endroits où l'on célébrait selon le rite romain, ce n'était pas le Psaume 25 qui était récité mais quelques versets du Psaume 50: "Amplius lava me ab iniquitate meae...". C'est donc ce Psaume 50, correspondant parfaitement à la tradition liturgique, qui a été repris à la suite de Vatican II.
Désormais, le célébrant récite une formule plus brève qui souligne mieux le geste liturgique:
Lava me. Domine, ab iniquitate meae, et a peccato meo munda me.
Lave-moi de mes fautes. Seigneur, et purifie-moi de mon péché.

-L'oraison "Suscipe sancta Trinitas".
Dans le rite en usage avant le Concile, sitôt que le célébrant avait fini de se laver les doigts, il revenait au centre de l'autel où, les mains jointes et un peu incliné, il disait une dernière grande oraison:
Suscipe sancta trinitas, hanc oblationem, quam tibi offerimus ob memoriam passionis, resurrectionis et ascensionis Iesu Christi Domini nostri, et in honorem beatae Mariae semper Virginis, et beati Iohannis Baptistae, et sanctorum apostolorum Petri et Pauli, et istorum, et omnium sanctorum ; ut illis proficiat ad honorem, nobis autem ad salutem ; et ili pro nobis intercedere dignentur in caelis, quorum memoriam agimus in terris. Per eumdem Christum Dominum nostrum. Amen.

Recevez, Trinité sainte, cette offrande (ou "oblation") que nous vous présentons en mémoire de la Passion, de la Résurrection et de l'Ascension de Jésus-Christ notre Seigneur, en l'honneur également de la bienheureuse Marie toujours Vierge, de saint Jean-Baptiste, des saints Apôtres Pierre et Paul, des saints dont les reliques sont ici, et de tous les saints. Qu'elle soit pour eux une source d'honneur et pour nous une cause de salut; et qu'ils daignent intercéder pour nous au ciel, eux dont nous célébrons la mémoire sur cette terre. Par le Christ notre Seigneur. Amen.

Cette prière s'adresse à la Trinité: on la retrouve, sous des formes semblables, dans certaines liturgies orientales, mais pas dans le rite romain; elle est plutôt d'inspiration gallicane. Une fois encore, on attribue à la simple offrande du pain et du vin le pouvoir de nous garantir le salut; ne subsiste-t-il pas alors le risque d'amoindrir la portée de la Consécration par laquelle le Corps et le Sang du Christ deviennent les seuls moyens véritables du salut? Cette oraison n'existe pas dans la liturgie des Chartreux, ce qui prouve qu'au Xlème siècle, elle ne fait pas encore partie des différentes formes prises par la liturgie romaine. Par contre, la liturgie dominicaine connaît cette prière à quelques variantes près. Comme on sait que les Dominicains ont conservé des rites en usage au Xlllème siècle dans la majorité des églises de France, on peut penser que l'oraison "Suscipe sancta Trinitas" a été introduite dans la liturgie au Moyen-Age.

Dans son "Micrologus", Bemold de Constance" - qui, soit dit en passant, s'indigne contre les excès dont il est témoin dans la liturgie - indique qu'au Xlème siècle, l'oraison en question ne fait pas partie de la liturgie ; si elle est récitée par certains, ce n'est qu'en vertu d'une dévotion. Comme on peut le remarquer, l'oraison Suscipe sancta Trinitas anticipe la Prière eucharistique. Comme la prière "Unde et memores" et comme le "Communicantes" du "Canon romain", elle évoque les grands mystères du salut et fait appel à l'intercession des saints. Il est nécessaire, pour mieux comprendre le sens de cette oraison qui achève le rite d'offertoire, de dire ici un mot au sujet des "dyptiques".

Dans une lettre datée de 416, Innocent Ier reproche à l'évêque Decentins de Gubbio de faire lire les noms des offrants avant que les offrandes ne soient recommandées à Dieu par le célébrant II s'agit ici d'une allusion à la coutume non romaine de donner, en lien avec l'Oratio fidelium ("Prières universelles rétablies par Vatican II), les noms de ceux qu'on voulait rappeler: les saints locaux, mais aussi les vivants et les défunts. Des listes de personnes figuraient ainsi sur des "dyptiques". A cette coutume en usage dans les Gaules, Innocent Ier oppose l'usage romain qui fait lire les noms uniquement au cours du Canon de la messe. Lorsque la liturgie romaine va s'implanter en Gaule tout en faisant sienne des usages gallicans (VIIIème – IXème siècle), la lecture des "dyptiques" avant le Canon est encore en usage. C'est Charlemagne qui, par une ordonnance, va supprimer cet usage en 789. Or, vers le XIII° siècle apparaissent, dans les livres servant à la célébration de l'Eucharistie, des séries de prières commençant toutes par les mots "Suscipe sancta Trinitas... ". II n'est pas interdit de penser que ces séries d'oraisons constituent une suppléance de la vieille habitude gallicane de citer des noms à la messe, en dehors du Canon. Par la suite, cette prière finira par s'imposer: à Rome, au XIII° siècle, on adopte une formule de Suscipe qui était employée à Amiens et à Biasca et qui s'était répandue un peu partout. Enfin, s'appuyant sur les travaux du Concile de Trente, S. Pie V finira par insérer le Suscipe sancta Trinitas dans le Missel romain imprimé.
C'est ainsi qu'en liturgie, du "non romain" peut finir par devenir du "romain" et passer ainsi pour "vraiment traditionnel". La réforme liturgique faite à la suite de Vatican II a purement et simplement supprimé cette oraison qui ne faisait pas vraiment partie du rite d'offertoire, qui avait été introduite assez tardivement dans la liturgie romaine, et qui avait fini par embarrasser bien des historiens et des théologiens.

Pour le reste, entre les deux missels un seul mot est changé : le missel de 1969 (nous en sommes actuellement au missel de 2002) a supprimmé l'amen qui conclut la prière "Orate fratres".

 

 

Dernière mise à jour : ( 22-11-2009 )
Lire la suite... [Offertoire dans le rite romain : on en reparle...]
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Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat

Écrit par Administrator   
21-11-2009
Le XXXIVème dimanche de l'année, c'est la solennité du Christ-roi. Le répertoire grégorien connaît une litanie dont la musique est très simple, un véritable chant de foule. En voici un enregistrement :
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Ces "acclamations carolingiennes" sont notamment couramment utilisées pour la Messe d'intronisation du souverain pontife.... Mais évidemment, elles sont utilisables pour d'autres occasions... Et pourquoi pas pour la célébration du Christ Roi, qui marque la fin de l'année liturgique ?

La XXXIVème semaine de l'année, l'Eglise chante également à l'office la séquence Dies Irae, à cause de la forte teneur eschatologique de ses paroles :

Jour de colère, que ce jour là Où le monde sera réduit en cendres, Selon les oracles de David et de la Sibylle.

Quelle terreur nous envahira, Lorsque le juge viendra Pour délivrer son impitoyable sentence !

La trompette répandant un son étrange, parmi les sépulcres de tous pays, rassemblera tous les hommes devant le trône.

La Mort sera stupéfaite, comme la Nature, quand ressuscitera la créature, pour être jugée d'après ses réponses.

Un livre écrit sera fourni dans lequel tout sera contenu par quoi le Monde sera jugé.

Quand le Juge donc tiendra séance, tout ce qui est caché apparaîtra, et rien d'impuni ne restera.

Que, pauvre de moi, alors dirai-je ? Quel protecteur demanderai-je, quand à peine le juste sera secouru ?

Roi de terrible majesté, qui sauvez, ceux à sauver, par votre grâce, sauvez-moi, source de piété.

Souvenez-vous, Jésus si doux, que je suis la cause de votre route ; ne me perdez pas en ce jour.

En me cherchant vous vous êtes assis fatigué, me rachetant par la Croix, la Passion, que tant de travaux ne soient pas vains.

Juste Juge de votre vengeance, faites-moi don de la rémission avant le jour du jugement.

Je gémis comme un coupable, la faute rougit mon visage, au suppliant, pardonnez Seigneur.

Vous qui avez absous Marie(-Madeleine), et, au bon larron, exaucé les vœux, à moi aussi vous rendez l'espoir.

Mes prières ne sont pas dignes (d'être exaucées,) mais vous, si bon, faites par votre bonté que jamais je ne brûle dans le feu.

Entre les brebis placez-moi, que des boucs je sois séparé, en me plaçant à votre droite.

Confondus, les maudits, aux flammes âcres assignés, appellez-moi avec les bénis.

Je prie suppliant et incliné, le cœur contrit comme de la cendre, prenez soin de ma fin.

Jour de larmes que ce jour là, où ressuscitera, de la poussière, pour le jugement, l'homme coupable. À celui-là donc, pardonnez, ô Dieu. Doux Jésus Seigneur, donnez-leur le repos. Amen.

Ce texte si marquant, a été mis en musique par Mozart ou Verdi. Mais sa version la plus marquante reste celle, grégorienne, que l'Eglise utilise comme hymne à tous ls offices majeurs de la XXXIVème semaine (vigiles/ office des lectures, laudes et vêpres) :

Cette mélodie, comme ces paroles, qui ont tant marqué la liturgie romaine, ne doivent pas être perdues. Certains, à juste titre, considèrent qu'elles font partie du patrimoine mondial de l'humanité.. Chantons donc Dies Irae, la semaine prochaine !

Dernière mise à jour : ( 21-11-2009 )
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Interprétation... suite.

Écrit par Administrator   
21-11-2009

Pour faire suite à notre article sur l'interprétation , une excellente synthèse de principes de base est disponible sur Pro Liturgia : nous en reproduisons le texte ci dessous :

L'INTERPRETATION DU CHANT GREGORIEN: QUELQUES CONSEILS...
Elements de réponse aux questions posées par une internaute.

 

http://www.christusrex.org/www2/cantgreg/partituras/in_ad_levavi.gif


Le problème de l'apprentissage et de l'interprétation du grégorien qui se pose au sein de certaines chorales est complexe. Que répondre aux personnes qui posent des questions à ce sujet? D'abord, on peut dire qu'il n'y a aucune "méthode" d'apprentissage et d'interprétation pleinement satisfaisante ou parfaite: tout dépend aussi, pour une bonne partie, du chef de choeur.
La méthode d'interprétation sont basées sur ce qu'on apprenait jusque dans les années 1960: le comptage et la décomposition en unités neumatiques. C'est quelque chose qui peut être très utile pour le déchiffrage d'une pièce et pour unifier les voix. Cependant, ça peut aussi donner un grégorien qui manque de vie, de chaleur, d'élan. Aussi est-il souvent nécessaire de dépasser cette méthode pour donner davantage de liberté au chant (c'est surtout vrai pour les pièces ornées).
La base de tout le grégorien réside dans un principe très simple: il s'agit de chanter intelligemment les mots et les phrases. Pour cela, il faut voir que ce qui est essentiel, c'est l'accent verbal: toutes les lignes mélodiques du grégorien sont construites autour de l'accent verbal. C'est lui qui doit "chanter", c'est lui qui doit permettre de structurer les mélodies.
Un exemple: dans l'introït du 1er dimanche de l'Avent, considérons les paroles du début "Ad te levavi". Celui qui se limite au comptage mettra un ictus rythmique sur le podatus de "LEvavi". Or l'accent verbal du mot se trouve sur la syllabe "leVAvi" (il y a d'ailleurs un petit accent ajouté sur la syllabe du mot). L'ictus peut conduire ici à faire des choses fausses: en effet, il ne faut pas appuyer la première syllabe du mot (LE), mais faire chanter la deuxième syllabe (VA); cette "musicalité" de la syllabe accentuée est préparée par la syllabe qui précède (LE) et rejaillit, mais en se reposant, sur la syllabe qui suit (VI).
Même chose pour les mots suivants: l'accent est sur "A" de "animam" (d'ailleurs cette syllabe est épanouie par la montée mélodique) et on ne refait plus d'accent sur les autres syllabes... même si le comptage pousserait à remettre un ictus sur le podatus de "MAM".
Idem pour le mot "meam": l'accent est sur "ME", puis l'éclairage de la syllabe suivante "AM" se fait par la lumière de l'accent.
Attention! L'accent verbal latin est quelque chose de léger, de chantant: il ne faut donc jamais l'alourdir ou le frapper sous prétexte de vouloir bien le faire.
Il y a dans cette même pièce de l'Avent un autre exemple intéressant. C'est le mot "neque". On trouve une seule note sur "NE" et sept notes sur "QUE" (plus un point mora au sujet duquel il y aurait beaucoup à dire!) Généralement, le "NE" est sacrifié par les choristes, et l'on entend surtout le "QUE"... Or la syllabe accentuée reste bel est bien "NE". Comment interpréter alors? Il faut éviter de précipiter cette première syllabe "NE", et ensuite il faut alléger la tenue sur "QUE", ce que confirme d'ailleurs l'écriture des manuscrits anciens qui, sur les trois notes groupées signale une tristropha (légère) et non une trivirga (plus "solide").
Allons un peut plus loin et considérons la montée quilismatique sur "inimici". Le quilisma indiquait assez souvent, à l'origine, l'emplacement d'un demi-ton qui pouvait faire problème (ici, si/do) et il marquait une sorte d'élan de la montée (amplification?). Or si l'on marque très "scolairement" le point mora de la première note, on aura toutes les chances - ou plutôt les risques - de briser cet élan.
Certes, pour faire un bon élan, il faut bien prendre appui sur quelques chose... à condition de ne pas rester coller dessus! L'élan doit donc être judicieusement réparti sur les quatre notes de la syllabe "MI" en sorte que tout vienne s'épanouir sur la dernière note do.
Ce ne sont là que quelques indications. Tout maître de choeur devra aussi tenir compte des possibilités des ses choristes et de l'acoutisque de l'église. L'essentiel n'est-il pas d'abord de faire un grégorien vivant qui suscite la joie de s'unir à la prière chantée de l'Eglise?

 

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Solennité du Christ-Roi

Écrit par P. Michel Gitton   
21-11-2009

          LA question de Pilate qui le presse de dire s’il est roi oui ou non, Jésus répond : « tu le dis (et tu as raison de le dire) : je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité ».

Venu dans le monde pour exercer la royauté ou pour rendre témoignage à la vérité ? Qu’est-ce ces deux choses ont à voir ensemble ? Les politiques s’occupent du possible, il ont à gérer le bien commun et ce n’est déjà pas mince affaire, ils n’ont pas en charge en plus la vérité. C’est aux savants et aux philosophes de s’en occuper et aux juges de vérifier que les témoignages y correspondent... Notre scepticisme devant les discours des hommes politiques vient de la conviction qu’ils n’ont pas grand-chose à voir avec la vérité. Ce qu’on en attend, c’est qu’ils atteignent leur but, qu’ils soient efficaces pour ramasser des voix ou conclure des alliances, pas beaucoup plus...
 
 http://farm1.static.flickr.com/147/410303421_66c3065712.jpg
 
La récente encyclique du Pape Benoît XVI, qui s’intitule de façon significative : Caritas in Veritate (la charité en vérité), révèle la place que devrait occuper la vérité dans la recherche du bien commun des sociétés humaines : « En aidant les hommes à aller au-delà de leurs opinions et de leurs sensations subjectives, la vérité leur permet de dépasser les déterminismes culturels et historiques et de se rencontrer dans la reconnaissance de la subs-tance et de la valeur des choses. La vérité ouvre et unit les intelligences dans le lógos de l’amour » (n.4).

Ceux qui n’ont vu dans la politique qu’une technique, et dans le discours qu’une arme ou un outil pour arriver à ses fins, n’ont pas vraiment servi ceux dont ils avaient la charge. A l’extrême, on a aperçu dans les régimes totalitaires comment la vérité pouvait être prise en otage par un système et se dénaturer. Le discours du parti est au service de sa « ligne » et donc épouse les contours d’une stratégie de pouvoir. Peut être vrai un jour ce qui était faux la veille et réciproquement, selon les besoins   du moment. Staline pouvait dicter  à la biologie ses conclusions, via Lyssenko, et répandre ainsi une vérité officielle que nul ne pouvait contredire.

La première résistance à l’oppression a toujours été de refuser d’être complice du mensonge, quelque prix qu’il faille payer pour en sortir. Le pape est en train de nous expliquer que la vérité est une donnée essentielle pour une politique respectueuse de l’homme. Elle seule peut faire l’unité au-delà des intérêts qui s’affrontent. Si des hommes de tendances et d’appartenances différentes arrivent à tomber d’accord sur un bien nécessaire à tous, si, au lieu de céder à la contrainte ou au rapport de forces, ils rendent ensemble les armes à une vérité plus haute, tout le monde sort grandi de l’expérience. C’est cette vérité, qui n’a rien d’une prison d’idée ou d’un système, qui rend l’homme libre, parce qu’elle le fait sortir des à-peu-près et des compromis, pour se situer personnellement face à ce que Benoît XVI appelle la substance et la valeur des choses.
Le Christ est bien ce roi, dont la mission essentielle est de porter témoignage à la Vérité de son Père. Nul autre que lui ne l’a payé aussi cher. Mais, à ce prix, il a acquis le droit de la dire aux hommes et aux sociétés et de leur apprendre ainsi ce qui peut les faire grandir. Les hommes ont plus besoin de vérité que de pain.


Michel GITTON

Dernière mise à jour : ( 01-12-2009 )
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XXXIIIème dimanche per annum : Il attend que ses ennemis soient mis sous ses pieds

Écrit par P. Michel Gitton   
18-11-2009
         AVEC ÇA, nous voilà bien avancés ! Le monde continue, l’histoire s’écrit jour après jour, les hom-mes naissent et meurent et tout cela jusqu’à quand ? Jus-qu’à ce que tous les ennemis du Christ soient réduits à né-ant ! Drôle de pers-pectives ! L’histoire serait elle le champ de bataille où Dieu réglerait ses comptes par-dessus nos têtes ? Nous aimerions quelque chose de plus positif, qu’on nous parle de progrès, de monde en croissance, de construction du Royaume, que sais-je encore ?

Pourtant pas moyen d’avoir une vision totale de l’histoire en mettant en dehors ce côté d’affrontement entre le Christ et celui que saint Jean appelle « le Prince de ce monde ». Ce titre est, à vrai dire, surprenant et je me souviens que la première fois que je l’ai entendu à 9 ans au catéchisme, j’ai cru qu’on me parlait de Jésus. Eh bien non, il y a bien un être créé par Dieu, un être splendide et fait pour la lumière, qui un jour s’est dressé contre le projet de celui-ci, et qui maintenant dispose du pouvoir qui lui avait été confié pour contrarier l’œuvre du Créateur. Sans entra-ver complètement la Providence divine qui continue d’agir sur les marges, il pèse de toute sa puissance sur ce cosmos qui était son apanage, afin de troubler et de retarder les hommes que Dieu aime et dont il veut faire ses fils. Pas besoin de chercher d’autre explication aux catastrophes petites et grandes qui surgissent de ci delà et sont si souvent l’occasion de scandale (comment Dieu peut-il permettre des choses pareilles ?). Lui exulte devant cette méprise dont il est l’auteur, n’est-il pas le « Satan », l’accusateur, qui accuse autant Dieu devant les hommes, que les hommes devant Dieu (relisez les premiers chapitres du livre de Job) ?

Seulement les jours de son règne sont comptés, car il a pris un coup sur la tête dont il ne se remettra pas. Le Fils est venu chez nous et il a revêtu notre chair pour nous délivrer de sa tyran-nie : il a pu le défier en face, sur son terrain, en ce monde dont Satan se croyait le maître. Il lui a présenté un adversaire en apparence désarmé, un petit d’homme, dans lequel l’autre était prêt à reconnaître un être supérieur, mais qu’il pensait faire plier comme les autres, par la souffrance... Et il n’y est pas arrivé, il a dû lâcher sa proie et avec elle beaucoup d’autres qu’il retenait captif dans les enfers...

Pourtant il n’est pas complètement réduit à l’impuissance. L’Apocalypse nous dit qu’après avoir échoué devant l’enfant de la Femme, « le dragon porta le combat contre le reste de sa descendance, ceux qui observent les commandements de Dieu et gardent le témoignage de Jésus. » (Apocalypse 12,16). Dans sa rage désespérée, il s’en prend par priorité aux disciples du Christ et c’est l’histoire des persécutions qui depuis l’aurore du christianisme sévissent sur la face de la terre. Mais cela aussi cessera, un jour les trompettes du Jugement sonneront et le démon et ses anges, défaits en un ultime combat, seront engloutis dans l’étang de feu (Apocalypse 20,10).

Cette victoire est celle du Christ, mais elle est aussi la nôtre, car c’est la fidélité de chaque disciple de Jésus, qui, en fermant la bouche au Démon, a préparé son éviction définitive. Ce monde, où il régnait par la lâcheté de tous, lui est devenu en partie étranger. Lui qui excellait à passer inaperçu et à s’infiltrer partout est obligé de se montrer au grand jour et de consommer ainsi sa défaite, car la lumière ne lui convient décidément pas et, quand il jette le masque, ses prestiges n’ont plus d’effet. Il se révèle un "tigre en papier" qui ne peut soutenir ses prétentions.

Voilà une manière qui en vaut bien une autre de se représenter l’avancée du Règne de Dieu. En tout cas, elle nous ouvre les yeux sur la réalité présente du combat où nous sommes engagés.                                
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Le grégorien au quotidien

Écrit par Administrator   
07-11-2009

Pour progresser en chant grégorien, il faut en faire un peu tout les jours.

Un des bons moyens, c'est l'office divin. Faites l'effort de chanter un office par jour ! Les laudes, les vêpres, ou alors une petite heure (tierce, sexte, none ou complies). Pour cela, les Heures Grégoriennes de la Communauté Saint Martin sont un grand secours.

Sinon, une autre piste, simple : le benedicite.

Le site "new liturgical movement" propose la mise en musique de l'oraison de bénédiction du repas.

 

http://japhy.perlmonk.org/TCR/BenedicDomine.jpg

Vous pouvez aussi trouver à Solesmes un petit livret bleu très court, qui tient dans la paume de la main, qui propose : une antienne par temps liturgique (sur un ton de psalmodie in directum très simple) Kyrie, Pater et une oraison qui varie seloin les temps, avec bien sûr, partitions et traduction française.

Très simple. Très bon. Très facile. Pourquoi s'en priver ?

http://www.solesmes.com/images/livres/3018.jpg

Après avoir rappelé que le Seigneur consacra cette coutume à la Cène et à Emmaüs, que la bénédiction de Dieu sur la nourriture appelle le chrétien à se souvenir des pauvres et à donner au repas une dimension fraternelle, le De Benedictionibus (Livre des bénédictions) du Rituale Romanum présente un large choix de prières de la table, liées aux temps liturgiques. Tout en conservant leur structure en harmonie avec notre Office, nos prières de la table ont été renouvelées dans ce sens. Leurs formules ont été enrichies en s'inspirant du Rituale et de sources anciennes. Bénédictions et oraisons sont réparties sur deux semaines au temps ordinaire. Les célébrations du sanctoral s'intègrent dans les autres temps liturgiques ; elles participent en effet à leur esprit, même si en Carême par exemple elles peuvent suspendre le jeûne. On utilise une prière spéciale pour la collation du soir des jours de jeûne ; mais à midi, on garde les formules normales.

La formule des bénédictions comporte quelquefois un signe de croix qui n'est tracé que par un prêtre ou un diacre. On peut le faire même si le texte ne l'indique pas.

 

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XXXIIème dimanche per annum : un don pas très raisonnable

Écrit par P. Michel Gitton   
06-11-2009

Il y a des gens pour dire, devant l’exemple des saints de jadis ou des âmes ferventes de notre époque, « le Bon Dieu n’en demande pas tant ! » Il est facile de se mettre à la place de Dieu et de décider pour lui ce qui est raisonnable et ne l’est pas. Mais une choses est sure : l’amour n’est pas raisonnable, entendons pas là qu’il n’a rien à faire des mesures étriquées où on voudrait l’enfermer. Comme l’être aimé requiert tout son soin, tous ses vœux, celui qui aime ne peut tolérer d’être arrêté par la considération de son intérêt à lui, par la vue mesquine des inconvénients qu’il risque de rencontrer sur sa route. Il marchera des heures entières sous la pluie pour chercher le médicament qui permettra à ce petit être qui tousse de respirer et de se reposer enfin.

 

C’est une maladie de notre monde que le zèle pour Dieu soit tout de suite suspecté d’excès et de sombre fanatisme : les pèlerins qui arrivent à Fatima à genoux, les capucins qui marchent pieds nus par tous les temps, les moines grecs qui jeûnent et se privent même de boire pendant une partie de la journée malgré la chaleur ambiante nous paraissent d’un autre âge. Et pourtant Jésus a bel et bien fait l’éloge de cette femme qui, de son indigence a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre (Marc 12,44). Ne devait-elle pas garder quelques ressources en cas d’hospitalisation ou pour aider son prochain ? Ce n’est pas Jésus qui le lui conseille, apparemment

 

Certes le christianisme n’a jamais accepté que le zèle des renonçants aille jusqu’à certains excès destructeurs : la castration d’Origène, certaines excentricités des moines « stylites » (c.a.d. vivant sur une colonne), tout cela a été en son temps refusé, voire condamné. Mais jamais l’Eglise ne s’est pas reconnue le droit de réprimer les saintes ardeurs de ses enfants qui se sentaient portés à donner beaucoup pour l’amour de Jésus, elle a béni les instruments de pénitence qui ne mettent pas la santé en danger mais frottent la chair, elle a admis les recluses qui peuplaient jadis les combles de nos églises etc... En ces temps où la ferveur se refroidit et où un certain vieillissement guète nos sociétés, on est tenté de regarder d’un mauvais œil tout ce qui tranche avec la médiocrité générale. N’entrons pas dans cette voie, même si nous devons, pour nous-mêmes, faire montre de prudence et nous contenter de toutes petites choses pour ne pas compromettre notre santé.

 

La gratuité de ces sacrifices petits et grands fait partie de leur valeur. Ne disons pas, comme Judas devant les prodigalités de Marie (Magdeleine ?) : « avec cet argent on aurait pu soulager les pauvres » (Jean 12,5). Les grands pénitents ne sont pas les derniers à se pencher sur la misère des pauvres, mais leur charité tire sa source de cet amour préférentiel pour Jésus, mûri dans le silence et l’offrande cachée. Bien sûr, le Christ n’a besoin de rien de tout ce que nous pouvons lui donner et nos privations ne lui apportent rien, mais le don fait pour lui intensifie l’amour entre lui et nous, il unifie notre être autour de cette quête du Bien-Aimé, il fortifie notre volonté et nous permet de donner corps au désir qui nous habite... Il sera temps ensuite d’aller dans les squats et les stations de métro au-devant de nos frères pauvres, avec le feu dans le cœur...

 

Vous ne voulez pas essayer ?

 

Michel GITTON

Dernière mise à jour : ( 06-11-2009 )
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Toussaint

Écrit par Mgr Lantheaume   
01-11-2009
Tous les Saints. La Toussaint.

Fête de la multitude s’il en faut, la Toussaint est quand même une belle solennité. Elle célèbre la victoire de ceux qui ont « gagné la course ». C’est le triomphe et la gloire de la pléthore de saints qui nous précèdent au ciel : les trônes, les dominations, les Archanges et les Anges, les Patriarches, les Prophètes, les Apôtres, les Martyrs, les Docteurs, les Confesseurs, les Vierges, les Religieux et les Religieuses, les missionnaires etc… tous ces saints sont là-haut, et intercèdent pour nous, en notre faveur, auprès de la Majesté Divine. Ils nous obtiennent des grâces insignes. Dans un chant de louange éternelle, ils partagent la Gloire des Elus et jouissent de la vision béatifique, de cette béatitude éternelle que rien sur terre ne peut égaler… ! oui, les Saint voient Dieu. Voir Dieu, quel bonheur.

Et nous dans tous ça… ?
Nous sommes saints par notre baptême. Mais « en puissance », et donc pas « en actes ». Nous ne serons vraiment saints en acte, in actu, seulement au Ciel… ! Car le Ciel est la patrie des Saints.

La sainteté effraie parfois, elle décourage souvent. Parce qu’elle suppose le sacrifice, et pas n’importe lequel : le sacrifice du don de soi. Du don total. Radical. La radicalité fait peur, on lui donne le joli sobriquet « d’intégrisme », ou bien on lui affuble le caractère « d’identitaire ». Un prêtre qui cherche la sainteté, en raison de la radicalité que la sainteté emporte, est appelé aujourd’hui « prêtre identitaire »… or, on le sait ; la malice de ces qualificatifs abscons passera avec la niaiserie des hommes qui l’ont forgée… ! "Par où les saints passent, Dieu passe avec eux" dit le Saint Curé d'Ars. Les malicieux on les oublie, les saints on s'en souvient...!

Mais la sainteté n’effraie pas ceux qui désirent vraiment le devenir. La sainteté c’est un devenir, une progression, une conquête. On « devient » saint. La sainteté, on peut l’obtenir, comme le dit Thérèse à ses novices « en ramassant une aiguille par terre ». Tout est dans l’intensité de l’amour qu’on met à poser un acte. La sainteté ne consiste pas à accomplir des prouesses, des exploits et il ne s’agit pas non plus de se faire connaître. La plupart des saints n’ont rien commis, ni n’étaient connus. Beaucoup n’ont rien produit,ni rien écrit… ! Charles de Foucauld, le petit frère du désert, n’a rien fondé de son vivant, et sa fécondité spirituelle a été très prolifique bien après son « martyr ». Thérèse, enfermée dans son carmel, n’a rien « fait », sinon d’écrire… ! La sainteté ne consiste pas seulement dans le miracle, les choses éclatantes. Elle est dans le quotidien. « Aux extases mystiques, je préfère la monotonie des sacrifices obscurs » dit Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face… !

La sainteté consiste à accomplir les choses ordinaires d’une manière extraordinaire. De mettre beaucoup d’amour dans le moindre acte. C’est ça être un saint. Un vrai !

Mais pour arriver à ce bonheur sans fin, il faut consentir à de multiples sacrifices, et parfois verser le sang. Voilà encore pourquoi la sainteté peut parfois sembler ardue. Or, si elle est apparaît difficile, c’est aussi parce que notre société postmoderne et son lot d’inepties, de billevesées et d’aberrations, établit une équation entre « difficile » et « impossible ». La mentalité actuelle essaie tant bien que mal de nous faire accroire que ce qui est « difficile » est « impossible ». Cette assimilation de la difficulté à l’impossibilité est le fruit exécrable de la modernité (un de plus, avec la dictature).

Evidemment la sainteté fait peur, parce qu’il n'y a pas de sainteté sans renoncement et sans combat spirituel. Le progrès spirituel implique l'ascèse et la mortification qui conduisent graduellement à vivre dans la paix et la joie des béatitudes.

Dans les rangs chrétiens on trouve beaucoup d’âmes qui se morfondent de ne point être de saintes âmes, à défaut d’êtres des âmes saintes. En effet, comme l’a dit Léon Bloy dans « la Femme pauvre » (1887) : « il n’y a qu’une tristesse, c’est de ne pas être des saints ». Mais cette tristesse se transforme en joie, lorsqu’on comprend que la vraie sainteté accomplie et réalisée n’est qu’au ciel et que sur terre, nous nous entraînons, nous progressons, et que nous sommes en « devenir ». Nous comprenons qu’ici-bas, nous serons toujours grevés de cet état peccamineux hérité de nos premiers parents.

Si certains se désolent de ne point « arriver » à être des saints, d’autres en revanche « feignent » de l’être. Des âmes qui savent tout de Dieu, qui ont tout compris de Dieu, qui ont déjà été justifiées, qui se sont « auto-justifiées »… !
L’apparence de la sainteté est ce qu’il y a de pire. C’est en général bien sulfureux. Le démon est fort pour cela. Au reste, Blaise Pascal l’a décrit : « qui fait l’ange, fait la bête »… ! L’apparence angélique que se donnent certaines âmes, n’est qu’un vernis qui « craque » lorsqu’on « provoque » un peu les choses.
« Je hais la feintise » disait la Petite Thérèse. Cette « feintise » une fois décelée, « explose » littéralement, et montre son vrai visage… !

Voilà pourquoi il y a une distinction fondamentale entre « être un saint », et « se prendre pour un saint ». Celui qui est saint ne le sait pas (l’on n’est saint vraiment qu’au ciel) il n’a pas conscience de l’être sinon qu’il est un grand pécheur. Celui qui pense être "un saint" doit immédiatement se confesser ou se convertir... !

Les deux écueils sont à éviter, à savoir la présomption de sainteté ou l’idée selon laquelle il est impossible de devenir « saint » parce que c’est difficile. Ces deux attitudes relèvent d’une manière toute pélagienne de concevoir les choses. Le découragement face à la sainteté ou la présomption de sainteté suppose que l’âme ne s’appuie que sur ses propres forces pour y arriver. Or, Dieu étant source de toute grâce, lui seul, nous fait participer de sa Sainteté. Et il nous montre que la vraie sainteté, la vraie perfection ne vient pas de nous. Jésus Christ nous dit « soyez parfaits COMME votre Père céleste est parfait » (Mt. V, 48). Ἔσεσθε οὖν ὑμεῖς τέλειοι ὡς ὁ πατὴρ ὑμῶν ὁ οὐράνιος τέλειός ἐστιν

« sicut Pater vester caelestis ».

Le mot le plus important est COMME. « Sicut », ce petit mot aussi insignifiant soit-il, est la clef de tout. Nous devons être saints, « comme » Dieu est saint et parfait, et non pas comme nous le pensons. Dieu se propose comme modèle de la « sainteté ». Nous devons être saints COMME lui il l’est et non pas comme nous, nous pensons l’être. En général, au lieu de chercher à imiter la sainteté de Dieu, nous nous construisons des échafaudages fragiles et orgueilleux en « imaginant » notre propre sainteté, selon des critères qui sont nôtres… !

Or c’est lui la source de toute sainteté et de toute grâce. Il est le modèle, l’exemple, le chemin, la voie à suivre. Saint Pierre dans son épître répondra aux paroles de Saint Matthieu : "Soyez saints, parce que je suis Saint" (1P II, 11).

http://photos-d.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc3/hs104.snc3/15135_1243268810710_1499042912_680431_2249921_n.jpgDieu nous appelle tous à cette intime union avec Lui, dans un « accord de sainteté » où nous réglons notre vie sur la sienne qui est sainte, et même si des grâces spéciales ou des signes extraordinaires de cette vie mystique sont seulement accordés à certains, ceci a pour but de manifester le don gratuit fait à tous.

Si les chrétiens, dûment baptisés, pouvaient bien saisir la portée de la sainteté à laquelle ils sont appelés, ils s’emploieraient davantage à grandir « en sagesse et en âge » de cette sainteté dont le 2ème Concile du Vatican parle avec justesse et justice dans LG39-40 : « Cunctis proinde perspicuum est, omnes christifideles cuiuscumque status vel ordinis ad vitae christianae plenitudinem et caritatis perfectionem vocari, qua sanctitate, in societate quoque terrena, humanior vivendi modus promovetur ». La richesse de cet enseignement magistériel est éblouissante ! Et partant, la sainteté, ainsi conçue est une « affaire accessible à tous » est à la portée de tous comme le rappelle le Concile Vatican II… ! Car c’est ce qu’elle a toujours été ! Non pas une chose « réservée » à des élites, à une caste, à une classe ! Comme les juifs de l’ancien testament… !

La sainteté est ouverte à tous, offerte à tous, donnée, partagée, proposée et aidée, supplée, élevée… pour qu’un jour nous puissions partager la Gloire des Elus, celle qui ne se flétrit pas, la couronne immortelle, la joie parfaite, l’immense don de la vie éternelle… la béatitude infinie. Vive la Toussaint. Vive la fête de TOUS les saints.
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Nous ne retrouverons l'unité dans la liturgie que lorsque nous cesserons de la considérer comme l'affaire de la communauté, que lorsque nous arrêterons de penser que nous devons avant tout nous exprimer dans une liturgie qui ne serait plus que représentation de nous-mêmes. Nous avons à nouveau à apprendre qu'elle nous introduit dans le coeur de l'Eglise de tous les temps, en laquelle le Seigneur lui-même se donne à nous. Il n'y a pas de liturgie sans foi.

Benoît XVI,  Discours. 

 
 
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